Le Temps Retrouvé


Avant même de faire ma présentation humoristique inversée lors de l’Agile Tour 2012 (j’écrirai un long article sur l’événement dans quelques jours), j’avais réalisé les limites de cette présentation inversée:

  • elle peut choquer certaines personnes (entre nous, c’est le but, je voulais faire une présentation qui ne soit pas seulement intellectuelle mais produise un effet électrochoc, j’espère y être arrivé)
  • l’explication des conseils serait survolée

J’ai demandé aux participants quelle présentation ils voulaient voir, et bien évidemment, ils ont choisi la version humoristique inversée. Je n’avais pas imaginé que j’aurais fini ma présentation en 30 minutes !

Aujourd’hui, j’ai compris comment j’aurais dû la présenter: une première passe rapide sur les conseils en mode inversé, puis une seconde passe sur les conseils en mode direct. Ce sera pour la prochaine fois…

Aujourd’hui, je vais revenir en détail sur mes conseils, pour compléter ma présentation. J’espère que ces détails vous permettront de comprendre mieux ces conseils.

Comme me l’a rappelé un participant: cette présentation peut être utile à tout le monde et est en dehors de toute méthodologie.
Mon opticien n’arrête pas de m’en parler à chaque fois que je passe le voir, cela a changé sa vie.

Comment mieux m’organiser

Je dresse une liste visuelle des tâches à faire

L’intérêt de dresser une liste visuelle (avec des post-it) est de solliciter mes sens principaux qui sont la vue, le toucher et le cerveau (pour moi, le cerveau est le 6ème sens, en fait, ma vraie « réalité » se situe au niveau du nombril, j’en reparlerai un jour si j’aborde la spiritualité).
Nous sommes tous construits pour utiliser tous nos sens, alors il faut les solliciter pour être plus efficaces.

Je découpe/time-boxe les tâches longues

Au lieu de me lancer dans un gros chantier, j’essaye de définir des étapes plus courtes, afin d’avoir le sentiment d’avancer.
Afin d’utiliser l’effet Zeigarnik pleinement, je commence par les tâches les plus faciles, ce qui m’encouragera pour la suite.
Je commence toujours par de petites victoires, plutôt que d’essuyer une grosse défaite.

Je définis mes valeurs personnelles et objectifs à long terme (goal driven)

L’être humain n’est pas câblé pour faire des tâches, nous ne sommes pas task-driven.
C’est en cela que réside le problème de GTD, c’est très difficile à utiliser dans la durée, parce que cela va à l’encontre de nos capacités, cela demande de l’effort parce que ce n’est pas naturel.
Pour un groupe, il faut au contraire être task-driven, sinon tout le monde part dans toutes les directions.
Avant toute chose, j’essaye de définir mes valeurs personnelles et mes objectifs à long terme (sachant que ces objectifs changent régulièrement).
Une fois définis, j’essaye de rester honnête avec moi-même, et ça c’est super dur.
Comme j’ai très peur de mes interactions avec les autres (mon image intérieure est que je suis quelqu’un de bien, mais en fait la réalité est bien différente), je me bride inconsciemment, et je suis capable d’accepter des choses que je ne veux pas faire, afin de préserver mon image intérieure.

Je ne cherche pas à tout faire: je refuse, je délègue ou je renonce

J’apprends à ne pas tout faire.
Si je pouvais tout faire tout seul, je n’aurais besoin de personne.
Malheureusement, j’ai toujours beaucoup trop de choses à faire.
Alors comment s’y prendre ?
Trois solutions:

  1. je refuse: c’est le plus difficile. Je dois apprendre à dire non.
    Comme mon image de moi-même est idéalisée, j’ai tendance à faire des choses que je déteste, mais qui me permettent de conforter mon image intérieure. La première étape est de regarder la réalité, de voir que je me mens tout le temps. La seconde étape est d’avoir le courage d’agir pour arrêter de me mentir.
  2. je délègue: c’est une façon élégante de refuser.
    Plutôt que de dire non, je peux assigner ma tâche à quelqu’un d’autre si je suis vraiment trop débordé. Dans ce cas, j’essaye de ne pas forcer la personne à faire exactement de la façon que je veux, mais je lui explique quelle qualité de travail j’attends.
  3. je renonce: je dois abandonner l’idée de faire tout ce que j’ai prévu de faire.
    J’ai commencé récemment à faire une liste de ce que je voulais faire de ma vie, et j’ai dû abandonner un grand nombre de mes objectifs: je n’avais pas assez d’une vie pour tous les faire !

J’utilise une seule échéance (date butoir)

Utiliser plusieurs dates butoirs augmente les conséquences de l’effet Zeigarnik.
Si je dois travailler sur plusieurs gros chantiers, que je dois rendre mardi et jeudi, je subdivise ces chantiers et je les répartis de manière à sentir la progression.
Rien n’est plus frustrant que de ne pas savoir où on en est et ce qui reste à faire.
Quand il s’agit d’un seul chantier, c’est facile à gérer, mais quand j’en ai plusieurs, la planification est importante.
Je me fixe donc l’objectif le plus proche, et j’essaye de finir 100% du chantier 1 et 20% du chantier 2 par exemple.

Je fais une revue de mes actions finies régulièrement: est-ce que je vais dans la bonne direction ?

Est-ce que ce que je fais me permet d’aller dans ma direction ?
Est-ce que je ne suis pas en train de me perdre ?

Comment mieux travailler

En début de journée, je me fixe un objectif à terminer avant la fin de la journée

J’aime expliquer que cette habitude a changé ma vie.
Avant toute chose, je décide ce que je veux avoir atteint avant le soir.
Je n’essaye pas de m’assigner des dizaines de tâches, juste une seule, celle qui donnera du sens à ma journée.
En général, tout le monde va conspirer pour me faire échouer mon objectif quotidien, en venant interagir avec moi et en me sollicitant dans des directions différentes.
J’essaye de garder mon cap, afin d’arriver à mon objectif.
Cette prise de décision aide aussi à apprendre à refuser.
Bien évidemment, si quelque chose de plus important que ce que j’ai à faire apparaît, j’ai le droit de changer mon objectif quotidien.

Je travaille à mon rythme : je m’isole, je définis mes priorités et je négocie l’imprévu

Comme je l’ai dit juste au-dessus, tout le monde conspire pour m’imposer son rythme.
Je dois apprendre à trouver le mien, et à le respecter.
Là encore, 3 solutions:

  1. je m’isole: en évitant les interactions, je peux travailler beaucoup plus vite.
    S’isoler n’est pas toujours évident, surtout dans les open-space, qui sont des endroits très stressants, cf feng-shui
  2. je définis mes priorités: les priorités changent tout le temps, je m’adapte à ce changement
  3. je négocie l’imprévu: quand quelque chose que je ne peux éviter apparaît, je négocie un délai.
    Par exemple, mon big boss me demande un rapport super détaillé pour le début de l’après-midi juste avant midi, je tente de gagner un délai: ça t’irait dans une semaine ? Cette négociation permet de tâter le terrain et d’obtenir une marge de manoeuvre réaliste.

Je ne fais qu’une seule tâche à la fois, et je la finis avant d’en commencer une autre

Pour réduire l’effet Zeigarnik et donc le stress, je ne commence pas plusieurs tâches en même temps.
Ce qui coûte cher est la bascule entre les tâches.
Un très bon exemple de multi-tâche qui ne fonctionne pas, c’est quand je conduis une voiture.
La conduite d’un véhicule m’oblige à utiliser tous mes sens (vue, toucher, ouïe, cerveau), je dirais que ça me prend 80% de ma bande passante du cerveau.
Ecouter de la musique me prend environ 10%, mais téléphoner m’en prend 50%.
Quand je téléphone et que je conduis à la fois, je dépasse les capacités de mon cerveau (et je ne crois pas que l’être humain utilise seulement 10% de ses capacités, c’est une grosse connerie).

Je réduis le nombre de mes tâches commencées

Toujours l’effet Zeigarnik: le stress augmente avec le nombre de tâches ouvertes.

Je fais des pauses, je me fais plaisir

Mon cerveau a besoin de phases à 0%.
La société actuelle essaye de nous faire croire qu’on peut être à 100% tout le temps, mais c’est impossible !
Je ne m’étendrai pas sur ce sujet, je sens que je vais m’énerver…

Si une tâche prend moins de 5 minutes, je la fais tout de suite

Du simple bon sens !
Je dois passer un appel ? Je le fais tout de suite, afin de ne plus y penser.

Je groupe les tâches similaires

Je dois passer plusieurs appels ?
Je les passe l’un après l’autre.
Notre cerveau sait économiser nos ressources quand nous faisons des tâches similaires consécutivement. Profitons de nos capacités pour nous simplifier la vie !

Quand c’est possible, je travaille à deux

Ce n’est pas toujours possible, mais travailler à deux permet de faire les choses bien mieux, parce qu’il se crée une sorte de cercle vertueux de collaboration.

Je prends ces habitudes

Bien évidemment, il est impossible de tout faire en même temps.
La prise d’une seule habitude demande au moins 2 mois, à se concentrer sur cette habitude (cela a été mesuré par des expériences).
2 mois peuvent paraître longs, mais ça fait des années que chacun de nous a pris de mauvaises habitudes, et le changement, ce n’est pas instantané, il faut du temps pour ancrer tout cela.

Voilà, je ne décrirai pas les derniers conseils, mais ceux-là peuvent déjà vous aider grandement.
Pour ceux qui n’étaient pas là, voici ma présentation:
Le Temps Retrouvé – Agile France 2012

Pitch « Le Temps Retrouvé »


Toujours pour l’Agile France 2012, voici le pitch de ma présentation sur l’organisation du temps de travail: http://conf.agile-france.org/?speakers=a-la-conquete-du-temps-perdu

Là encore, j’ai complètement changé l’angle d’attaque de ma présentation.
Le titre est notamment devenu « Le Temps Retrouvé », pour bien montrer l’opposition à la précédente présentation: « A la Recherche du Temps Perdu ».

Plus qu’une méthodologie, je vais vous présenter une vraie philosophie de vie.
Je vais vous aider à devenir un winner, un vrai gagnant, et vous démontrer que la présentation précédente était une approche de perdant.

Beaucoup de méthodes proposent une amélioration jusqu’à un facteur 10 en productivité, moi, je vais vous présenter une méthode qui est 100 fois plus efficace !
Elle fonctionne vraiment, puisque je l’applique.
Je vais vous présenter mes 5 valeurs fondamentales A.P.E.R.O.

Note sérieuse: ma présentation va essayer d’expliquer par l’humour comment mieux s’organiser.
L’être humain a tendance à faire le contraire de ce qu’on lui dit, donc une présentation inversée devrait avoir plus d’impact qu’une présentation normale.
La présentation d’un point de vue « workaholic » permettra aux participants de prendre conscience de leur propre comportement.

Pitch « Créativité Agile »


L’Agile France 2012 approche à grands pas, puisqu’elle aura lieu les 24 et 25 mai qui viennent.

Pour l’occasion, j’ai revu complètement ma présentation sur la créativité agile.
J’ai décidé de ne pas publier la nouvelle version, il faudra venir me voir si vous êtes intéressé.

Cette présentation va essayer de vous faire comprendre comment devenir plus créatif, à la fois individuellement et en groupe.

Voici le sommaire de ma présentation:

  1. définition de la créativité
  2. comment tuer la créativité
  3. les obstacles individuels à la créativité
  4. les 2 grands secrets de la créativité
  5. les mythes de l’innovation
  6. comment innover
  7. les niveaux d’invention

Ensuite, nous appliquerons la méthodologie BACS à un problème dont je n’ai pas la solution: je compte sur les participants pour en trouver une !

Finalement, si nous avons le temps, j’aborderai TRIZ, ASIT et quelques techniques amusantes pour être plus créatif.

La Santé Mentale au Travail


Aujourd’hui, je vais être très direct, je vais raconter une partie très intime de ma vie, je vais probablement vous choquer.

Suite à ma matinée chez Google, je réalise à quel point la santé mentale est un enjeu complètement ignoré par les entreprises, par les employés et par les promoteurs de l’agilité.
Ce n’est même pas mentionné dans les principes agiles sous-jacents:
http://agilemanifesto.org/iso/fr/principles.html

La santé mentale, c’est le premier enjeu de nos métiers informatiques (notre cerveau, c’est notre outil de travail !) et c’est l’apport principal de l’agilité.

Et je ne vais pas vous exposer une vision Bisounours de l’agilité, où tout le monde est heureux et gambade dans l’herbe verte en riant.
Lisez l’excellent article sur la pensée Bisounours ici: http://www.mafeco.fr/?q=node/197

Quelques chiffres

L’idée de cet article m’est venue après avoir lu cet article:
http://santeautravail.wordpress.com/2010/11/26/organisations-du-travail-et-consequences-en-termes-de-conditions-et-sante-au-travail/
Les organisations simples ou apprenantes sont celles où les salariés souffrent le moins.
Les organisations tayloriennes ou de type Lean sont celles où ils souffrent le plus.

Faites le rapprochement avec cet article sur Google:
http://www.latribune.fr/technos-medias/internet/20120116trib000678207/comment-google-manage-ses-salaries-sur-excel.html

Ca donne à réfléchir !

Le management actuel

Le management actuel est focalisé uniquement sur les chiffres.
Ce management par les chiffres ignore complètement la nature humaine des employés et les traite comme des machines, je dirais même des machines à sous.

Oui, je suis d’accord: les chiffres sont importants, mais seulement au plus haut niveau de la hiérarchie !
Tout en bas de l’échelle nous avons les ouvriers, je veux dire les informaticiens, et appliquer les chiffres aux humains est une erreur (tu fais partie des 5% d’under-performers, qu’as-tu à dire pour ta défense ?).

L’agilité est là pour remettre un peu d’humanité dans le management, mais combien d’entreprises détournent Scrum (qui est vendu comme un outil pour améliorer la productivité) afin de le soumettre aux chiffres et oublient au passage les valeurs agiles ?

Santé mentale

Je vais vous parler de santé mentale, et plus exactement de la mienne, vous comprendrez mieux où je veux en venir.

Tout a commencé pour moi à 20 ans dans le jeu vidéo. Relisez mon article sur la motivation, où j’explique mon parcours avant.

A l’époque, j’avais raté mes études, et je voulais à tout prix montrer à ma mère que je valais quelque chose, je me suis donc investi à fond dans ce qui m’intéressait le plus à l’époque: la programmation.
En 1984, c’était encore tout récent, et il fallait tout découvrir.
Je me souviens que j’apprenais à programmer en désassemblant du 6502, et j’avais désassemblé dans un cahier la ROM de mon Oric (je n’avais pas d’imprimante), je passais mon temps à optimiser ce code. J’avais acheté The Art of Computer Programming et j’adorais le lire, bien que je n’y comprenais pas grand chose.

J’étais passionné

J’avais décidé de gagner ma vie avec ma passion, et j’avais trouvé l’annonce d’une société qui cherchait des programmeurs en freelance pour convertir des logiciels éducatifs écrits en Basic. La société s’appelait EH Services, et elle est devenue plus tard Titus Software.
J’étais un excellent programmeur à l’époque, et comme je trouvais le travail trop facile, j’avais demandé à convertir les programmes les plus difficiles, ce qui a rendu mon travail plus intéressant.
Ensuite, Titus m’a embauché quand ils ont commencé à écrire des jeux vidéo. J’ai travaillé sur leur premier jeu: The One.
A l’époque, tout le monde travaillait 10 heures par jour, et on n’hésitait pas à passer des nuits blanches s’il le fallait. Personne ne savait pourquoi, mais on faisait ça par habitude.
J’étais célibataire (je ne pensais même pas au sexe, à cause de mon investissement sur l’informatique), je n’avais pas d’amis en dehors du boulot, je ne prenais pas de vacances (à quoi ça sert, hein ?) alors je ne faisais que travailler.

Bref, j’étais parti pour finir à l’asile

En 1987, j’ai fait un an d’armée, ce qui m’a donné un peu de répit, en me sortant de cet environnement destructeur.
A mon retour d’armée, j’ai recommencé à travailler de manière obsessionnelle, puis j’ai rencontré Philippe Pamart, et nous avions le projet de créer notre propre entreprise. Donc nous avons démissionné ensemble de Titus, et je l’ai hébergé chez ma mère, le temps que nous fassions quelques projets en freelance, puis que nous abandonnions notre projet commun.

Là encore, travail et encore travail.
Mon estime de moi diminuait progressivement.
J’avais de gros passages à vide, qui augmentaient avec le temps.
J’allais de boîte en boîte, de plus en plus déprimé.
Mon humeur était changeante, mais je n’avais jamais fumé ni pris de drogue, d’alcool ou de médicaments (peut-être cela m’aurait-il permis de supporter plus longtemps mon mal-être).

J’ignore comment j’ai tenu 8 ans comme cela, mais je répétais mon comportement destructeur dans chaque entreprise, favorisé par le mode de fonctionnement des jeux vidéo à l’époque, qui ressemble étrangement à celui de Google: l’ultra-performance et la productivité.

A ce moment de ma vie, je n’arrivais plus du tout à communiquer avec personne, en particulier avec les femmes. J’avais essayé d’avoir des relations sexuelles avec des prostituées, c’était pas la joie.

Burn-out total

A 28 ans, en dehors de mon travail (j’étais payé une misère en plus), je n’avais rien dans ma vie.
J’étais au fond du trou.
Je n’avais plus guère le choix: soit le suicide, soit accepter ma folie: mon père s’était fait interner 12 fois pour cause de dépression, donc je devais être fou, parce qu’il était bien connu que c’est héréditaire.
J’ai hésité entre un psychiatre et un psychanalyste.
Je suis allé voir un psychanalyste, et il m’a demandé de repasser dans un mois.
C’est long un mois quand on est mal. Je suppose qu’il faisait le coup à chacun de ses patients pour vérifier leur motivation.
Un mois plus tard, j’y suis retourné parce que j’étais vraiment très très mal.

Dès le début de mon travail sur moi, beaucoup de choses ont disparu, comme ma sensation de barre au niveau du plexus solaire, puis les limites mentales que je m’étais fixées.
Mes relations avec les gens ont pris plusieurs mois pour devenir à peu près « normales ».
Je raconterai la suite dans un prochain article, quand j’aborderai la psychanalyse, et comment ça fonctionne.
18 ans après, je suis là à écrire sur mon blog, essayant tous les jours de devenir un peu moins prisonnier de mon mental.

Les leçons à retenir

Je dois avouer que je suis probablement un cas extrême.
En général, la famille ou les amis vous aident à éviter de tomber dans de telles extrémités, mais dans mon cas, je n’avais pas eu de garde-fou.

Quelles sont les leçons à retenir de ma triste vie ?

1) Le travail n’est pas la chose la plus importante de notre vie

Les gens aiment leur travail, mais le management fait tout pour les en dégouter.
Personne (sauf peut-être un chômeur longue durée) ne dit: le but de ma vie, c’est de travailler !

Le travail n’est pas un but dans la vie, c’est un moyen, tout comme l’argent.
Le but de notre vie est d’être heureux, quelle que soit la forme de notre bonheur.

Dans la société française actuelle, on glorifie des gens qui sont des workaholics, des malades du travail. J’en ai croisé pas mal dans mon parcours, mais je vois leur addiction, j’entends leurs fausses justifications, et cela me rappelle ce que j’étais.
Si au moins ils étaient heureux avec leur travail !

Ce qu’il y a de dangereux, c’est que les jeunes peuvent supporter une charge de travail énorme, mais ils ne savent pas qu’ils vont le payer après 40 ans, une fois leurs illusions perdues.

Je me souviens d’un ami qui prenait des anti-dépresseurs pour tenir le coup. J’ai appris sa mort d’une maladie rare quelques années plus tard, serait-ce lié ?
Je me souviens d’un ami qui se drogue sans arrêt, en fumant ses pétards au boulot (oui, c’est un artiste !). Je l’ai revu récemment, il est plus malheureux que jamais et n’a toujours pas commencé à se remettre en cause.
Je me souviens d’un reportage sur Microsoft, où un ancien employé était riche, mais il avait trop travaillé, il avait tout donné, il n’arrivait plus à rien faire. Il était millionnaire mais malheureux.

Je vois des gens qui boivent ou se droguent pour tenir le coup, ils ne peuvent plus s’arrêter de boire ou de se droguer.

2) Reposez-vous !

Les vacances, ce n’est pas pour répéter le schéma du travail: toujours à 100%.
Il nous faut avoir des périodes à 0% !!
Je connais bien le burn-out, c’est un compagnon depuis longtemps.
Je suis favorable aux 35 heures, pas pour l’excuse bidon de créer des emplois (je ne crois pas que ça fonctionne), mais parce que cela nous permet de nous reposer et d’être encore plus efficace !
Si je programme 10 heures par jour, je vais juste me fatiguer et ne plus récupérer au bout d’un moment. Les activités intellectuelles ne peuvent pas occuper toute une journée.
Le repos recharge les batteries de notre cerveau, et est essentiel pour avancer.

3) Faites l’amour régulièrement

L’amour, c’est la chose qui nous permet le plus de nous épanouir.
La seule vraie façon de faire l’amour, c’est de chercher à donner du plaisir à son partenaire.
Si vous n’êtes pas dans le don, ce n’est pas de l’amour, c’est juste du sexe, le sexe ne permet pas de nous épanouir et peut devenir une addiction.
Un de mes amis se vantait de fréquenter des prostituées, il est tombé amoureux et est parti vivre son amour à l’autre bout de la Terre.

4) Ayez une activité en dehors du travail

Ayez une activité créative ou physique, l’essentiel est de se donner du temps pour oublier le travail.
La santé mentale, c’est aussi de réduire le flot de pensées, et d’arrêter de penser au travail, en se focalisant sur autre chose.
Activité implique « actif », pas « passif ».
Lire est actif, regarder la télé est passif.
Je vous recommande fortement 30 minutes de course à pied, plutôt que 3 heures de TF1.

5) Soyez honnête à votre travail, dans le respect des autres

Nous passons la plus grande partie de notre vie au travail (dans mon cas, 12 heures par jour, si je compte les transports).
Vos collègues ont probablement les mêmes préoccupations que vous, ce ne sont pas toujours des ennemis (bien que j’ai croisé pas mal de tyrans, pas toujours faciles à identifier, ils ne s’en rendent souvent pas compte eux-mêmes).

Interagir honnêtement permet d’influencer en profondeur les gens autour de vous, ils sont plus honnêtes avec vous (même s’ils ne sont pas d’accord avec vous).
Attention à ne pas faire que communiquer, vous êtes payé pour produire quelque chose de concret pas pour discuter, sinon contactez-moi tout de suite, je veux venir travailler chez vous !

6) Au travail, votre équipe peut vous aider à vous épanouir

La rétrospective a été LA grande découverte de ma vie au travail.
C’est la chose qui m’a fait comprendre et apprécier l’agilité.
Elle permet de changer complètement la dynamique d’un groupe et le comportement des individus.
Je crois fortement dans le pouvoir du changement grâce au groupe.
Les individus donnent au groupe, et reçoivent en retour.
Il faut juste leur donner envie de donner au groupe.

7) Remettez-vous en cause

J’ai assisté des groupes avec des rétrospectives, et j’ai vu certaines personnes changer complètement en adoptant une posture honnête de remise en cause.
Le fait de remettre en cause l’existant les libère littéralement.
Elles arrêtent de se sentir victimes de leur travail, et cherchent à améliorer les choses, sans attendre que quelqu’un d’autre ne trouve une solution à leurs problèmes.

Rien n’est jamais acquis, tout change tout le temps.
Accueillir ce changement incessant est une valeur agile.
L’approche incrémentale est essentielle: je me concentre sur ce qui a le plus d’importance aujourd’hui pour la suite, tout en surveillant où je dois aller.

Conclusion

L’approche humaniste de l’agilité apporte une vraie réponse à cette thématique de santé mentale, en prenant en compte la partie humaine de chaque individu.
La rétrospective est la façon de faire émerger cette partie, si le facilitateur ne se contente pas simplement d’améliorer le processus (ce qui est malheureusement la seule préconisation des méthodologies).
L’honnêteté dans l’équipe permet de faire en sorte que tout s’améliore, au moins en aidant les individus à changer d’attitude.

Et en fin de compte, si l’individu fonctionne sainement, il se pose moins de questions et devient beaucoup plus productif !