Bilan de vie


J’aurai 47 ans dans un mois.
Aujourd’hui, je vais faire un bilan de ma vie, et je vais en profiter pour me vanter un peu.

Mon enfance

Très jeune, j’ai compris que j’étais très différent des autres enfants. J’avais des centres d’intérêt différents (j’étais fasciné par les mots, mon livre de chevet était un dictionnaire), je sentais que j’étais plus intelligent que les enfants de mon âge, j’avais soif d’apprendre.

Je pense que j’étais un enfant surdoué, mais mes capacités intellectuelles m’ont juste encouragé à ne rien faire, ou plus exactement à stocker de la connaissance, et comme je m’ennuyais, je n’apprenais que ce qui m’intéressait.

L’effort

Après avoir raté mes études entre autres à cause de ma paresse (le talent ne compensera jamais le travail), j’ai dû apprendre à faire des efforts.
Pour mes parents, l’effort était la chose la plus importante au monde, je suis maintenant certain qu’ils avaient tort.

J’ai surtout travaillé n’importe comment, en y mettant une énergie folle, et en sacrifiant toutes les relations sociales.
Avec le recul, je pense que j’étais Asperger (une forme d’autisme).

Des résultats

J’ai fait des tas de choses dans ma vie, en voici un rapide résumé:

  • j’ai commencé à faire des jeux vidéo à 20 ans, j’ai dû travailler sur plus de 30 jeux pendant 18 ans
  • j’ai écrit des démos sur Atari ST, afin d’améliorer mes connaissances techniques
  • j’ai organisé et participé à des concours internationaux de programmation (je suis un spécialiste des problèmes NP complets)
  • en 1999, j’ai lancé un des premiers projets de calcul distribué
  • en 2003, j’ai établi le record de la plus grande grille de mots croisés sans case noire
  • en 2004, j’ai abandonné le jeu vidéo pour recommencer ma carrière à zéro, je travaille pour Augure depuis
  • en 2008, j’ai été champion de France de mots fléchés
  • en 2008, j’ai commencé à évangéliser l’agilité
  • en 2010, j’ai commencé à être conférencier
  • en 2012, je commence à être formateur

Quel gâchis !

Mais curieusement, je me sens ridicule d’avoir autant travaillé pour si peu (j’ai gagné peu d’argent par rapport à mes efforts).

Oui, j’ai accumulé des connaissances techniques, mais j’ai toujours ignoré les humains, parce que j’étais plus fasciné par les ordinateurs et surtout par ma propre capacité à concevoir des programmes.

Bien sûr, j’ai beaucoup programmé dans ma vie, mais je débute à peine dans les relations humaines.
J’ai dû apprendre les bases, puisque je ne les avais pas, et je constate que peu de gens maîtrisent ces bases, puisqu’ils les ont apprises seuls au fur et à mesure de leur vie. Je dois avouer que j’en tire une certaine fierté.

Du changement, toujours du changement

Il y a 7 mois, j’ai découvert que j’étais intolérant au gluten, ce qui me causait les symptômes de la colopathie fonctionnelle. En une semaine de régime sans gluten, ma vie a radicalement changé.
Des scientifiques ont prouvé que la colopathie (en anglais Irritable Bowel Syndrome) réduisait l’intelligence émotionnelle, et c’est un fait que je constate tous les jours: mon intelligence émotionnelle a énormément progressé ces derniers mois.

Mais le plus grand changement de ma vie a eu lieu il y a 4 ans.
A ce moment-là, ma femme est tombée dans un escalier et se trouve dans un fauteuil roulant depuis, puis je suis devenu champion de France de mots fléchés (ce qu’on appelle « peak performance » en psychologie positive).
Quelque chose s’est déclenché en moi, et, alors que j’avais été introverti depuis mon enfance, je suis devenu extraverti en quelques mois. J’ai commencé à acquérir de la confiance en moi et à prendre des responsabilités à la fois dans ma vie et dans mon travail, et surtout j’ai commencé à être plus honnête, ce blog en est une des preuves.

Le bilan

Quatre ans plus tard, le constat que je peux faire est le suivant:

la sagesse ne s’apprend pas

Toutes les connaissances acquises durant toute ma vie n’ont pas fait de moi un homme plus sage, mais un homme plus instruit.
La sagesse a commencé à apparaître quand j’ai arrêté de courir après les connaissances externes, quand j’ai commencé à réordonner ma vie en profondeur, en éliminant tout ce qui est inutile (c’est l’approche agile « Lean ») et en donnant du sens à ma vie.

Je suis souvent surpris par ma façon d’agir, qui n’a rien à voir avec ce que j’avais appris ou vu ailleurs.
Je me surprends chaque jour à dépasser mes limites qui me semblaient fixées, et le plus incroyable est que j’ai l’impression que je suis spectateur de ma vie, c’est à dire que tout cela se fait sans effort de ma part.

Voilà, j’espère que vous arrêterez de courir après les connaissances, et que vous commencerez à réaliser la sagesse en vous, en étant plus honnêtes et spontanés chaque jour.
Bon courage !

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8 réflexions sur “Bilan de vie

  1. Merci pour cette franchise et cette honnêteté.
    Merci pur ce témoignage, qui peut aider.
    Je rajouterai quelque chose à ta phrase :
    La sagesse ne s’apprend pas … dans les livres !
    De fait, elle n’est issue que du vécu; elle s’apprend, mais pas comme une leçon de math ou du « par cœur ».
    Bonne continuation sur ce chemin.
    Amicalement

    • Salut Rémy !

      A l’origine, je voulais écrire un article sur l’effet Zeigarnik, mais je ne sais pas ce qui m’a pris, je me suis lancé dans l’écriture de cet article.

      Pour la sagesse, tu as raison, elle ne s’apprend pas dans les livres, mais en fait, je ne crois pas qu’elle puisse « s’apprendre ».
      Je veux dire: je suis quelqu’un qui pense beaucoup, et c’est depuis que j’ai arrêté de raisonner que toute la sagesse ressort. J’avoue que j’ignore d’où cela vient, ça sort spontanément, et parfois ça me surprend. C’est très curieux et difficile à expliquer.;.

      Bon, je retourne à l’écriture de mon article sur Zeigarnik (je présenterai 2 autres effets psychologiques très importants pour l’agilité).

      JC

  2. Pingback: Bilan de vie | Psychologie Agile | Méthodes Agiles et User Experience, Agile-UX | Scoop.it

  3. Salut JC,

    Belle surprise que cet élan d’échange introspectif :
    Je suis l’autre dit le miroir de l’un 🙂

    Pour ma part, je dirais deux choses :
    – Je sais que je ne sais rien ou quasiment pas grand chose.
    – Le langage est une approximation de nos pensées qui sont elles-mêmes empruntes d’imprécisions et prisonnières d’un double carcan, culturels et évènementiels. Donc chacun interprète tes mots, moi le premier, ou ceux des autres avec sa propre lecture « erronée ou imparfaite ».

    pour la sagesse : j’aurais tendance à dire qu’elle s’acquiert, car je suis plus sage qu’avant ( certes rien de plus facile quand je pense à mon pécule de départ, quasi nul de sagesse, livré à mes pulsions, mes affects et mes envies sans distinction ni recul ) et j’ajouterai qu’elle s’acquiert aussi bien dans les livres ( heureusement que l’écriture existe pour pouvoir « prendre connaissance » des idées des humains qui nous ont précédé et ce malgré leur disparition au moment où on accède à leurs pensées ) que dans les échanges avec autrui ( ce qui me semble négatif, c’est toute approche radicale, excluante, bref le positif se situerait plutôt dans l’équilibre et la diversité )

    pour l’autisme ou le surdouïsme : qu’est que la norme et qu’est ce que le réel ? une simple question de point de vue de l’observateur ?

    je ne suis pas surdoué mais j’ai été un très bon élève car parfaitement scolaire ( je voulais très certainement exister aux yeux des miens par la note… par la première place ) qu’est ce qu’il en reste ? un isolement plus ou moins important au cours de cette période et en contrepartie une connaissance, de type générale ( en tous les cas certainement quelques miettes ) mais pour répondre aux principales questions que mon cerveau est capable de soulever ? pas grand chose…
    alors une seule chose me semble aujourd’hui intéressante, en quoi ce que je fais me rend meilleur ? ( meilleur au sens de juste avec moi-même, ce qui est le préambule pour être juste avec les autres ), avec la précision que le plus dur n’étant pas de le faire mais de penser à me le dire le plus souvent possible…

    bref je ne sais pas grand chose mais il faut faire attention aux affirmations catégoriques ( l’effort ne sert à rien )

    et n’oublions pas une chose : nous pouvons nous permettre de cogitater car nous vivons dans un temps et un espace privilégié pour le faire, ce qui n’est pas cas de la moitié de la population humaine actuelle… qui doit déjà résoudre : qu’est ce que je vais bouffer ou faire bouffer aux miens aujourd’hui et demain… où est donc la véritable sagesse, hors du contexte de notre situation à un instant T

    je conclurai avec des « mots-croisés » :
    ( l’humain AGILE demandant à l’AIGLE )
    Quand le singe songe, il s’ange ?
    un camarade de JE, a ajouté à ma phrase : quand le singe songe c’est signe de gnose )

    LC

    ps ( Pour Sourire ) :
    Relire Lewis Carroll avec le langage volatile est très intéressant sur l’autre du miroir 🙂

    • Salut Laurent !

      Je suis heureux de voir que tu as apprécié mon article, même si tu n’es pas d’accord avec.

      Je constate que tu t’es lancé dans une voie de poésie. Pour ma part, je n’ai pas l’âme d’un artiste, bien que je sois créatif dans l’écriture (à la fois dans mes programmes et dans mes phrases), et tu dois savoir que j’aime jouer avec les mots.

      Comme tu as dû le sentir, mon écriture est très proche de ma parole, j’essaye de développer un style très personnel, en pratiquant l’honnêteté, même si ça me coûte parfois (et en ce moment, c’est dur).

      >bref je ne sais pas grand chose mais il faut faire attention aux affirmations catégoriques ( l’effort ne sert à rien )
      Oui, tu as raison, mais j’ai été tellement dans l’effort pendant longtemps que je vois ça comme quelque chose de dérisoire, mais c’est quand même quelque chose d’important.

      L’essentiel dans la vie est vraiment de se concentrer sur la qualité. Je ne sais pas si tu te souviens, mais j’étais obsédé par la beauté du code, il fallait que ce soit une œuvre d’art, alors que tous les programmeurs de jeux à l’époque se contentaient que « ça tourne ».
      Pour moi, il fallait que tout soit parfait, je ne voulais pas de demie-mesure. Ce souci de qualité à chaque étape ressort toujours dans le produit final, même s’il ne se voit pas. Je ressens toujours quand un programme est « bricolé ».

      Je perçois ce souci de qualité dans ton travail, j’espère que tu n’es plus perfectionniste, et que tu arrives tout de même à faire des choses qui te plaisent.
      Si tu passes un jour sur Paris, je serai ravi de déjeuner avec toi.

      JC

      • on essaiera de se caler un déjeuner ( je vais de temps en temps du côté de Levallois-perret, métro Anatole France )

        la poésie est bien plus que la « beauté » des mots-idées, c’est un point du vue intérieur du monde extérieur, qui en conscience, oblige à voir au delà du voile que notre cerveau pose sur la réalité, de part ses limitations et surtout sa paresse…

        tu aimes les mots, et je comprends cela, depuis tout jeune je me suis amusé avec les mots inversés et les codes « secrets »
        as-tu été explorer la « langue des oiseaux » ou langues des philosophes ?
        la règle principale est l’ana-logie permet d’amusante relation….
        un outil est l’ana-gramme

        deux exemples :
        le graal est : un saint bol qui contient du sang de jesus
        en volatile on obtient
        le graal est : un symbole qui contient du sens « divin »

        l’ego, je, lego, jeu,
        l’ENJEU de l’homme est l’ANGE ( un pote en ciel ;P )
        il doit pour y atteindre passer par GEAN(T), mais un je-ant intérieur ( ce géant doit se séparer de son EGO, sa tête surdimensionnée, cette LUNE souriante que l’on voit dans le ciel, jean de lune etc…. pierre-O-T ) et non extérieur…
        les contes pour « enfant », c’est à dire ceux qui ne sont pas encore adultes, au sens qui n’ont pas encore grandi intérieurement, sont truffés d’exemple volatiles car ce sont des « guides » du chemin intérieur.

        Qu’est ce qu’un mot ? un mal ( des mots = des maux ) ?
        qui décide de nommer telle ou telle chose ?
        avec quel agencement de briques-lettres ?
        une lettre qu’est ce que c’est ? un dessin-dessein
        une étrange entité, issu de l’UN-conscient ?
        la lettre contient l’être

        un exemple : la lettre i ( 9 ieme de l’alphabet de la langue FRANCHE, le neuf, nouveau, la lettre foetus / il faut une échelle H pour l’atteindre, et si on rate l’UN, on chute à nouveau, on J… )
        le point = le germe du UN, et un trait = l’espace/temps ( la chute dans la verticalité cosmos/terre )
        i, en langue verte ( autre terme de langage volatile ) est l’esprit « divin » ( bon ce mot est piégé car énormément d’affects et de connotations s’y rattachent )
        avec i on peut définir le dessin représentatif de l’astre solaire ( le symbole de la « quest-ion » intérieure ) le point est le centre, ce centre que l’on doit recentrer en nous, et le trait son rayon )
        or l’avoir humain que nous sommes, est une dissociation entre intérieur et extérieur, entre esprit et corps, entre le point et le trait, nous devons pour ETRE, réunir les DEUX en UN,
        réussir la vraie « croissance », celle intérieure, vert-icale, pour que i devienne I ( le i majuscule ) qui se confond alors avec le UN romain

        l’UN-conscient en conscience 🙂

        bref, tout ceci en mot à expérimenter, seront interprétés avec ton expérience, ton vécu

        l’important comme je le disais, qu’est ce que cela change en nous ? suis-je meilleur ?

        en tous cas, si je prend le chemin de JESUS, l’amour du JE remis à sa place pour permettre l’amour des autres ( qui sont moi ;P ), alors je pourrais mettre « i » à sa place et je pourrais de JESUS devenir JESUIS

        bon, j’en suis loin, l’important est surtout d’être sur le chemin

        Bon jour-né

        natureL

  4. Je ne suis pas (encore une fois) tout à fait de ton avis !
    Comme toi, je suis un programmeur.
    Comme toi, j’ai ennormément travaillé.
    Comme toi, je n’ai pas de diplome d’ingénieur (juste le bac).
    Commet toi à tes début je ne me suis jamais soucié des rapport humains.
    Et contrairement à toi je pense que ma vie est une réussite de bout en bout. Sentimentale, professionnelle, développement personnel, famille, etc.
    Contrairement à toi, je pense que tu avais les bonnes bases pour réussir et que le travail est indispensable à cette réussite. Mais sans la maitrise la puissance n’est rien, il te manquait juste cette maitrise.

    • Salut Eric !

      Tu as tout à fait raison d’avoir un avis différent, par contre, tu n’as absolument rien compris à mon article !

      Nulle part, je n’ai mentionné de réussite ou d’échec, je ne vois pas pourquoi tu extrapoles cela ???
      Je n’ai aucune idée si j’ai réussi ou si j’ai raté ma vie, je ne vois pas comment tu pourrais le dire à ma place !
      J’ai beaucoup travaillé et je suis devenu un excellent programmeur, j’ai connu l’amour avec ma femme, j’essaye de faire prendre conscience aux gens autour de moi, et je pense que je suis heureux malgré la dureté de ma vie.

      Le concept de réussite ou d’échec est tout à fait relatif. Une réussite extérieure peut être un échec intérieur, et un échec extérieur peut être une réussite intérieure.
      Je regrette que peu d’individus (et encore moins de sociétés) apprennent de leurs erreurs, alors qu’elles leur coûtent très cher !
      Je fais et je ferai toujours des erreurs, mais est-ce que je suis assez lucide pour apprendre la leçon de cette erreur pour ne plus la reproduire ? Certaines personnes reproduisent les mêmes erreurs encore et encore…

      Enfin, je me fous que tu considères que ta vie soit une réussite, l’essentiel est que tu sois heureux.
      Si tu es heureux, alors c’est l’essentiel. Attention toutefois aux retournements de situation tardifs. Si ton début de vie a été facile, la fin de ta vie risque d’être plus difficile à vivre.
      D’après ce que je sais de toi, je ne crois pas que tu aies eu une vie facile, donc je pense que tu as déjà passé le plus dur, ce qui est mon cas.
      Maintenant, je n’ai plus que du bonheur !

      Et pour finir, si tu crois que tu maîtrises quoi que ce soit, tu te goures à un point que tu ne peux pas imaginer: tout change à chaque instant !
      Dans mon cas, je ne maîtrise rien du tout, j’essaye juste de réagir aux opportunités qui se présentent à moi, mais je n’attends pas passivement: je fais en sorte que les opportunités apparaissent.

      JC

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