La Connaissance de Soi (deuxième partie)


Aujourd’hui, je vais aborder l’ouverture d’esprit, qui est le deuxième niveau de motivation d’être.

L’ouverture d’esprit, c’est la capacité d’accepter la réalité telle qu’elle est, et en l’occurrence, en découvrant nos propres filtres de perception de la réalité.

Je tiens à signaler que ce que j’écris sur ce blog n’est pas un processus psychanalytique, c’est juste un compte-rendu d’expérience, ne cherchez pas à rationaliser !
Attention, je vais être très intime et je vais probablement paraître « original ». Si vous êtes choqué, c’est que certaines choses vous accrochent encore, profitez-en pour faire un examen intérieur.

Le contexte

Depuis tout petit, j’avais développé mon intellect à l’extrême, en abordant le monde de manière mathématique.
Mon intellect s’était développé de manière disproportionnée, c’est à dire en sacrifiant tout le reste: relations humaines (ou plus exactement les autres), mon corps, etc…
A 28 ans, je tournais en rond depuis déjà plusieurs années, à la fois à cause de mon stress chronique et du fait que j’avais fait le tour de ce que je pouvais atteindre de manière logique.
J’ai donc abordé la psychanalyse comme un nouveau challenge intellectuel, pour résoudre mon mal-être.

Très rapidement, j’ai commencé à réaliser que je m’étais fixé des limites inconsciemment, et j’ai fait le douloureux travail de les détruire (je travaille encore dessus).
Je suis allé très loin dans ce travail, et je vais essayer de partager mon expérience.

La peur

Les premières limites qui me sont apparues étaient mes peurs.
J’avais peur des autres, j’avais le vertige, etc…
Beaucoup de gens sont capables d’identifier leurs peurs, mais très peu cherchent à les dépasser.
Dans mon cas, j’ai vite compris qu’il fallait passer le cap de mes peurs.

Pour la peur des autres, j’ai compris qu’il y avait en fait plusieurs peurs:

  • la peur d’être seul face à quelqu’un (c’est à dire l’intimité)
  • la peur du groupe
  • la peur de déplaire

Pour l’intimité, j’ai commencé à parler avec des gens de manière intime (la psychanalyse m’a beaucoup aidé), jusqu’à me sentir dégagé de cette peur.

Pour le groupe, ce fut un long travail. J’ai appris à m’intégrer à des petits groupes, puis j’ai travaillé pour libérer ma parole en public. Il y a 10 ans, j’ai suivi une formation de formateur, où le formateur était un acteur de théâtre et me faisait pratiquer la parole devant un public réduit. Il y a 4 ans, j’ai commencé à pratiquer la parole en public, d’abord dans mon entreprise puis dans les conférences agiles. Dès que je peux pratiquer la parole en public, je le fais afin de m’améliorer.

Pour la peur de déplaire, apprendre à dire non a été une épreuve longue et difficile pour moi, et je suis dégagé de cette peur depuis seulement quelques mois, comme le prouve ce blog où j’expose ce que je suis, sans chercher à plaire.

Pour le vertige, j’en souffrais parce que j’habitais au 26ème étage d’une tour.
J’ai alors décidé de faire du saut à l’élastique. Je me suis lancé d’une hauteur de 60 mètres dans le vide, en écoutant mon corps, ce qui fait que je n’ai pas crié (certains spectateurs ont cru que j’avais fait une crise cardiaque).
J’ai adoré la sensation du vent. Je n’ai plus le vertige depuis.

Le dégoût

Le dégoût, c’est une forme amoindrie de la peur, elle n’est pas autant invalidante.
Je dois avouer qu’il est très difficile de réaliser qu’on peut dépasser le dégoût.
J’avais lu que les moines tibétains devaient manger leurs excréments lors d’une épreuve pour dépasser leur dégoût, mais l’expérience ne me tentait pas trop.
En fait, à l’époque où je travaillais sur le dégoût, je bossais chez Cryo, et il y avait souvent des fêtes bien arrosées, qui ne se terminaient pas glorieusement.
Disons que j’en ai profité pour me débarrasser du dégoût du vomi, ça ne me fait plus rien.

Les blocages

Les blocages sont des processus mentaux qui nous bloquent littéralement.
Le meilleur exemple dont je me souvienne est d’avoir lu un livre de Freud sur la sexualité, et je suis resté bloqué 2 semaines sur une page, je n’arrivais pas à passer à la suivante, j’ignore encore pourquoi.
Beaucoup de personnes ont du mal à accepter le changement, et restent bloquées sur leur façon d’être, totalement inadaptée à leur situation.
Les blocages ont des répercussions psychosomatiques: stress et blocage des vertèbres cervicales.

Les pulsions

Les pulsions, ce sont des désirs qui nous submergent.
Quand j’ai commencé à travailler sur moi, j’ai réalisé à quel point j’avais des pulsions violentes.
Ces pulsions étaient à la fois des pulsions sexuelles (à la fois hétéro et homo) et des pulsions de mort (notamment des envies de suicide).
J’ai compris qu’il ne fallait pas refuser mes pulsions, mais les accepter comme faisant partie de moi et surtout ne pas les réaliser.

Les désirs cachés

Les désirs cachés sont ceux que je veux vraiment, mais que mon mental refuse d’admettre.
Ces désirs se manifestent par des lapsus, des actes manqués, et tout un tas de symptômes qui font qu’ils ne remontent pas à la conscience.
Je vais donner un exemple concret:
supposons que j’ai eu du mal à accepter une décision de mon responsable hiérarchique, mais que je l’ai acceptée en me forçant.
Mon inconscient va essayer de saborder la situation, par exemple en faisant de l’humour noir, ou en n’arrivant pas à réaliser ce que j’ai à faire, etc…

Les désirs cachés sont difficiles à localiser, mais il y a une technique très simple pour s’en débarrasser: être plus honnête et spontané chaque jour.
Tant que je n’ose pas formuler mes vrais désirs, et que j’utilise mon mental pour les réprimer, ces désirs vont prendre de plus en plus d’importance, et peuvent devenir des pulsions si je les réprime suffisamment longtemps.

Les tabous

J’ai été élevé dans la tradition chrétienne, et j’avais un paquet de tabous (il suffit de consulter les 10 commandements).
Les tabous les plus difficiles à accepter sont les tabous d’ordre sexuel.
Chaque être humain contient une part de masculinité et de féminité en lui, et ces parts peuvent varier au cours d’une vie.
Par exemple, quand j’ai commencé à travailler sur moi, ma sexualité n’était pas complètement définie.
Les circonstances ont fait que je suis devenu hétérosexuel, mais j’ai croisé un programmeur de jeux vidéo qui est devenu homosexuel à cause des circonstances. Je me souviens que ce programmeur était venu en jupe avec une perruque à son travail, et j’avais dit qu’il ne fallait pas se moquer de lui, mais j’ai quand même explosé de rire en le voyant.
Enfin, je me souviens avoir croisé un psychanalyste qui était hétéro, mais qui devenait homo quand il avait des problèmes avec sa femme, et je n’ai compris que plus tard qu’il me draguait.

Les croyances

Les croyances, ce sont des pensées limitatives.
Par exemple, tu ne dois pas te curer le nez en public, ou tu ne dois pas dire de gros mots.
Plus insidieusement, le message peut être positif dans certaines circonstances, mais devenir limitatif plus tard: « sois gentil avec les autres », ce qui peut entraîner un comportement rigide de fausse gentillesse remplie de culpabilité.
J’ai déjà abordé l’invalidation dans un article précédent.

Les croyances viennent pratiquement toujours de l’éducation.
J’ai appris à faire comme cela, donc c’est la bonne façon de faire, et il ne faut pas faire autrement.
Curieusement, ceux qui tiennent à leurs croyances échouent inconsciemment quand ils essayent de faire autrement, afin de conforter leurs propres croyances.

Etant autodidacte, j’ai dû faire ma propre éducation, et je vois beaucoup de personnes avec du talent se limiter sans s’en rendre compte.
Ceux qui parviennent à s’en sortir sont capables de se remettre profondément en cause, mais ils sont rares.

Les superstitions

Les superstitions sont des pensées limitatives associées à des évènements vécus.
Par exemple, je mets telle paire de chaussures quand je vais à un rendez-vous important.

La superstition s’installe quand j’essaye d’interpréter les coïncidences.
Les superstitions sont difficiles à éliminer quand elles sont très ancrées, certains rituels en deviennent ridicules.
Les troubles obsessionnels compulsifs sont des superstitions qui ont dégénéré.

Les rêves

J’ai un peu travaillé sur les rêves, en essayant de les noter au moment du réveil, puis en les analysant avec le psy.
Personnellement, je pense que le travail sur les rêves est inutile, mais il permet quand même de détecter certains désirs cachés.

Le Moi

En fait, cette plongée en moi m’a permis de découvrir mon Moi, mon Ego.
Plus je creusais et plus je trouvais mon Moi dans tout ce que je faisais.

Ce Moi apparaît partout, dans des actions qui me semblaient altruistes, dans des choix qui me semblaient désintéressés.
Plus j’avançais en analyse, plus je comprenais que l’analyse ne me permettrait que d’explorer ce Moi de manière systématique, sans pouvoir aller au delà.
Relisez les 3 premiers niveaux de la motivation, et vous verrez que le Moi est le moteur derrière cette motivation: moi, moi, moi, qu’est-ce que je veux faire pour me donner une bonne image de moi ?
Pour savoir ce qui me motive, je dois découvrir mes vrais désirs, pas ceux que j’ai copiés sur les autres ou ceux qui m’offrent une situation confortable mais peu épanouissante.
Mais le plus important n’est pas vraiment de découvrir mes désirs, mais de ne pas être dupe parce que les désirs changent tout le temps.

Au delà du Moi

C’est la dernière partie de cet article, et je vais aborder maintenant tout ce qui n’est pas atteignable par la logique et qui dépasse ce Moi omniprésent.
Comme je l’ai déjà dit, je suis quelqu’un de très rationnel et je déteste la philosophie, mais je crois en la pratique.

Quand j’ai commencé à m’ouvrir aux autres, j’ai essayé d’accumuler un maximum de connaissances.
Le sujet qui m’a le plus intéressé à l’époque était la spiritualité, j’ai donc cherché tout ce qui pouvait m’apporter des connaissances spirituelles, autrement dit j’ai fréquenté un paquet de sectes et lu un grand nombre de livres.
Très franchement, il n’y a pas grand chose de bon à tirer des sectes ni des livres, parce qu’elles se focalisent trop sur la réalité extérieure à nous, alors que ce qui m’intéresse est ma réalité à moi: qu’est-ce que je suis vraiment ?
Si vous croisez quelqu’un qui vous parle d’extraterrestres ou de pouvoirs mystiques (comme l’immortalité, la télépathie, la voyance ou les voyages astraux), fuyez !

Le monde de l’agilité est très similaire aux sectes, par exemple:

  • beaucoup de jargon et de charabia
  • une notion de niveau (initié ou pas)
  • un désir de se conformer à un modèle (et ceux qui suivent le modèle sont justes)
  • la notion d’effort
  • la focalisation sur l’argent
  • l’illusion de la maîtrise par des techniques
  • l’illusion de changer le monde

Je suis surpris qu’on n’utilise pas plus souvent la notion de « gourou agile ».
Heureusement, il y a certaines bonnes choses dans l’agilité: le partage d’expérience et la prise de conscience par la pratique.

L’énergie

Tout l’univers est composé d’énergie qui peut être ressentie et manipulée.
J’ai suivi des cours de magnétisme avec un magnétiseur de chevaux (il faisait du dopage indécelable), et j’ai découvert que j’avais des aptitudes pour cela.
Chez moi, cela se manifeste par des fourmillements tout au long des bras quand je suis en état de relaxation profonde.
Je vais être très franc: c’est rarement utile !
Mais il est intéressant de comprendre que nous disposons de capacités au delà de notre corps et surtout de notre cerveau, j’ai pu le vérifier à la fois avec le magnétisme et la sophrologie.

Les niveaux de conscience

Tout le monde expérimente tous les jours 3 niveaux de conscience: la veille, le rêve et le sommeil profond.
En fait, il y a tout un tas d’autres niveaux. Le plus accessible est celui obtenu par l’auto-hypnose, qui est un état entre la veille et le rêve.
J’ai pratiqué longuement cet état avec la sophrologie caycédienne, et cela m’a été plus profitable que toutes mes années de psychanalyse.
J’ai expérimenté d’autres états sous l’effet de drogues, mais ces états ne sont pas durables, et surtout ils sont dangereux parce qu’ils peuvent entraîner une addiction.

Les vies antérieures

J’ai suivi une séance de remontée dans les vies antérieures, et l’exercice est très facile.
Dans mon cas, j’ai eu le sentiment de connaître la situation et le contexte, c’est troublant.
En croisant d’autres personnes capables de lire les vies antérieures, j’en connais 3 en tout, et non, je n’ai jamais été ni un roi ni une reine.
Personnellement, je pense que chercher à connaître ses vies antérieures est une perte de temps et surtout d’argent.

L’intuition

L’intuition, c’est la compréhension de manière non pensée.
Elle est différente de l’expérience, qui nous fait pressentir les dangers.
Dans mon cas, mon intuition se manifeste spontanément quand j’interagis avec des individus.
L’intuition ne fonctionne pas lorsque j’utilise mes processus intellectuels, par exemple quand je lis ou quand je pense.

L’amour

L’amour, c’est la capacité à s’oublier pour d’autres que soi.
Il n’y a pas de connotation sexuelle dans l’amour, mais il y a une volonté d’aider les autres à se réaliser.
En quelque sorte, ce blog est un acte d’amour non ciblé, j’espère que mon expérience vous sera utile.

Conclusion

Je voulais vous montrer qu’en creusant au fond de nous même, nous avions énormément de parties peu visibles qui ne peuvent pas être décrites simplement avec des mots, mais qui peuvent être découvertes. Découvrir tout cela démolit l’image idéalisée que chacun a de soi-même et nous rend plus proche des autres.

La connaissance de soi passe par le fait d’accepter que ces parties existent en chacun de nous.
Si je suis capable de m’accepter sans complaisance dans mon entièreté, je peux accepter les autres sans les juger.

Dans le dernier niveau de la motivation d’être, je parlerai du bonheur.

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Une réflexion sur “La Connaissance de Soi (deuxième partie)

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