La Confiance en Soi et l’Estime de Soi (première partie)


Je vais maintenant présenter des techniques pour augmenter la confiance en soi et l’estime de soi, et comment elles s’appliquent dans l’agilité.

Tout d’abord, je tiens à vous faire lire cet excellent article sur la différence entre confiance et estime:
http://www.infopsy.com/estimeconf1.html

La confiance, c’est « je suis capable de… », l’estime, c’est « je vaux quelque chose… ».
S’ensuivent toutes les problématiques de reconnaissance (plutôt pour les hommes) et d’attention (plutôt pour les femmes).

Dans ce premier article, je vais vous proposer quelques techniques « extérieures ».
Ces conseils sont triés par ordre croissant d’importance.

L’éducation

Un facteur très important est fourni par l’éducation de nos parents.
Si vos parents vous ont encouragé fréquemment, vous avez probablement une bonne image de vous-même.

Le principe de la « mère juive » est très important, puisqu’elle aime son fils malgré toutes les conneries qu’il peut faire.
Attention aux dangers de l’optimisme aveugle: ce n’est pas parce que j’ai une bonne image intérieure de moi-même que je vais réussir tout ce que je fais !
L’échec est très mal vécu pour ceux qui sont profondément optimistes, ils ne comprennent pas pourquoi ils peuvent échouer (ils sont parfaits !), et les leçons importantes sont ignorées.
Voici deux articles sur les avantages de la pensée négative: http://99u.com/articles/7232/The-Power-of-Negative-Thinking
http://online.wsj.com/article/SB10001424127887324705104578147333270637790.html

Si vos parents vous ont dévalorisé sans arrêt, je vous déconseille fortement de chercher de la confiance chez les autres, vous allez retomber dans des relations de valorisation/dévalorisation, qui font juste mal.

Dans mon cas, mes parents, en croyant bien faire, m’ont plutôt dévalorisé.
Les valeurs de ma mère sont l’argent et la « réussite sociale », qui sont des concepts super foireux pour un enfant, et celles de mon père sont « Dieu » et « le don de soi », qui sont aussi inadaptées.
En plus, ces 2 systèmes de valeurs sont diamétralement opposés, ce qui fait que j’ai passé beaucoup d’années à chercher un système de valeurs qui soit cohérent.

Les signes de reconnaissance

C’est un concept de l’Analyse Transactionnelle:
http://fr.wikipedia.org/wiki/Analyse_transactionnelle#L.27.C3.A9conomie_des_signes_de_reconnaissance

Chaque individu recherche de la reconnaissance positive, et certains recherchent même des reconnaissances négatives. Le plus dur à supporter est l’indifférence.

La plupart des cérémonies de Scrum sont des signes de reconnaissance.

Je trouve que les rituels de reconnaissance sont dangereux. En effet, plus je reçois de la reconnaissance, plus j’en redemande. Ca devient vite une drogue, et quand je reçois des signes contraires ou quand je suis ignoré, je me mets à douter de moi-même.
En fait, les individus cherchent souvent à reproduire les schémas familiaux au travail.

Enfin, la reconnaissance est beaucoup utilisée chez les américains, mais elle ne fonctionne pas en France.
Essayez un peu de dire à une équipe « vous êtes les meilleurs ! », puis notez les réactions.

Quand j’utilise la reconnaissance, je manipule les autres émotionnellement. Comme je n’aime pas être manipulé, j’essaye de ne pas les manipuler, j’utilise des signes de reconnaissance honnêtes.

La réciprocité

La réciprocité, c’est simplement de faire aux autres ce que j’aimerais qu’ils me fassent.
Si je veux être estimé, il faut que je fasse sentir aux autres que je les estime.

Attention ! J’ai utilisé ici estime, pas confiance ni amour.
Je ne dois pas faire confiance aux autres, je dois toujours vérifier que ce que je leur ai demandé a été fait.
Les autres sont comme moi, ils ont horreur de s’engager surtout si cela va leur demander de l’effort, donc je dois montrer que je suis disponible pour vérifier ce qu’ils ont fait et que c’est bien fait, sinon ils vont faire moins d’efforts la prochaine fois que je leur demanderai quelque chose.

« Construire de la confiance » dans l’agilité est une grosse erreur, il s’agit de « construire de l’estime » !

L’écoute active

L’écoute active est une technique que j’ai découverte en psychanalyse (avec la reformulation).
L’écoute active est très simple: c’est écouter les individus et anticiper ce qu’ils vont dire, mais sans leur couper la parole.
C’est un excellent moyen pour libérer la parole, et donc la pensée, et donc faire monter la confiance en soi de l’interlocuteur.
Cela fonctionne surtout en tête-à-tête.

Malheureusement, l’écoute active est excellente pour faire monter la confiance des autres, mais pas directement la mienne.

Le feedback

Le feedback, c’est un peu la base de l’agilité: j’essaye de collecter du retour sur tout ce que je fais.
Ce retour peut être positif ou négatif, mais plus il est fréquent, et plus je peux corriger le tir rapidement.

Il est très difficile de demander du feedback, et surtout d’en recevoir, parce qu’il faut que le feedback soit honnête. Un feedback malhonnête est une simple perte de temps.

Les individus n’aiment pas faire de retour honnête, ni en recevoir, parce que c’est trop intime.
Il faut les encourager en ce sens, en permanence et sans se décourager.
Au bout d’un certain temps, toutes les relations deviennent moins tendues, parce qu’il y a plus d’honnêteté.
Ne croyez pas que les individus se préoccupent de vous, ils ont bien assez de préoccupations personnelles, c’est pour cela qu’il faut toujours réclamer leur feedback. Si je ne demande pas, je n’aurai pas.

Les petites victoires

Les petites victoires, ce sont des objectifs à court terme que je me fixe.

Dans Kanban et Scrum, c’est un post-it décrivant la tâche que j’ai à faire.

L’intérêt des petites victoires est le fait de bien définir un but à court terme.
Quand je termine une tâche bien définie, j’éprouve de la satisfaction, ce qui peut renforcer ma confiance en moi.
Quand je ne finis pas une tâche définie, j’ai un sentiment d’insatisfaction, je me dis alors: « ha, il faut que je fasse encore ça et ça, et ensuite je me sentirai satisfait », donc en gros, il m’en faut toujours plus et je ne serai jamais satisfait.

J’insiste ici sur le danger de découper sa vie en tâches, nous ne sommes pas des robots !
L’être humain est goal-driven, pas task-driven.
N’appliquez surtout pas Scrum ou GTD dans votre vie !

Le plaisir de travailler

Je suis très efficace quand ce que j’ai à faire me plaît, je sens que je suis parfaitement à ma place dans ces moments-là.
Un excellent conseil est donc de faire des choses qui me plaisent et d’éviter les choses qui me déplaisent, cela va me donner une bonne image de moi-même, et augmenter ma confiance en moi.
Si je déteste mon boulot, mon image personnelle en prend un coup, et ma confiance en moi diminue.

L’Extreme Programming propose une excellente technique quand une tâche me déplaît: le pair-programming.
Si une tâche est insupportable à faire seul, elle le devient beaucoup moins à deux.

La Peak Performance

La Peak Performance, c’est le fait de réussir un défi qui permet de me dépasser.

Personnellement, mon moment de Peak Performance a été de devenir champion de France de mots fléchés.
J’attendais ce moment depuis 8 ans, et je m’étais entraîné durement avant la finale: j’ai résolu plus de 300 grilles en me chronométrant pendant un mois, ce qui m’a dégouté à tout jamais des mots croisés.
Lors de la finale, j’étais mort de peur (la peur de ne pas gagner), et après ma victoire, je me suis senti confiant pendant plusieurs mois.

Une Peak Performance peut se manifester à la naissance d’un enfant, lors d’une rencontre amoureuse, ou quand on réussit quelque chose qui semblait impossible.
La satisfaction de la Peak Performance n’est pas intellectuelle, et je suis certain qu’on ne peut pas en avoir dans le travail.

Conclusion

Dans cette première partie, j’ai présenté quelques techniques pour augmenter ma satisfaction personnelle.
Plus je suis satisfait, plus je me sens en confiance.

Mais cette satisfaction est plutôt tournée vers l’extérieur, vers ce que je fais, et malheureusement, je n’ai aucun contrôle sur le résultat extérieur.
Je fais du mieux que je peux, mais après je n’ai pas le pouvoir de décider du résultat.
Une idée excellente peut échouer, alors qu’une idée pourrie peut réussir, c’est le hasard !
La pensée magique ne peut pas changer le résultat.

Enfin, quand je suis trop dépendant de la satisfaction extérieure et qu’il y a un problème, je souffre parce qu’il s’agit en fait d’une dépendance affective.

Dans la seconde partie, j’aborderai les techniques « intérieures ».

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Les Freins à la Confiance en Soi


Avant de présenter des techniques pour augmenter la confiance en soi, je vais énumérer tout ce qui nous empêche d’accéder à la confiance en soi.

Un cas extrême

Dans les années 80, Stanley Rachman a étudié le comportement des spécialistes en déminage.
Il a notamment cherché à comprendre ce qui faisait un excellent démineur.

Je ne vais pas m’appesantir sur son étude, mais la conclusion est que les battements de cœur des meilleurs démineurs ralentissent quand ils désamorcent des bombes. Rachman utilise le terme « supracalmes ».
Quand les meilleurs démineurs travaillent, ils sont totalement pris dans leur action, ne pensent pas aux conséquences et sont confiants dans leur technique.

Cette brève introduction va me permettre de vous présenter les 3 freins à la confiance en soi: la peur, les systèmes de valeurs et les croyances.

La peur

Le plus gros frein à la confiance en soi est la peur.
La peur se présente sous un tas de formes:

  • les phobies
  • la honte
  • la culpabilité
  • les complexes
  • la timidité, la peur des autres
  • le dégoût
  • le trac
  • le vertige
  • l’appréhension
  • la peur de l’intimité
  • la peur de ne pas plaire
  • la peur de changer
  • la peur d’exprimer nos émotions
  • la peur de ne pas plaire aux autres
  • la peur de l’échec
  • etc…

Découvrir mes peurs n’est pas très difficile, ce sont des zones où je ne veux pas aller.
Quand j’ai commencé à me regarder sans concession, j’ai vu que j’étais rempli de peurs, et qu’elles se manifestaient dans tous mes comportements extérieurs.
En règle générale, les peurs viennent de l’égo qui ne veut pas perdre le contrôle.

Malheureusement, me débarrasser de mes peurs prend beaucoup de temps, parce que je dois les découvrir et elles sont parfois très subtiles.
Nous sommes tous remplis de peurs, ce sont elles qui déterminent nos limites, il faut accepter chaque peur afin de pouvoir changer.

Personnellement, j’essaye d’affronter systématiquement chacune de mes peurs, mais vous pouvez très bien vivre avec quelques peurs.

Voici un exemple vécu: le vertige.
Un soir, pendant mon service militaire, un de mes amis s’est accroché à la rambarde de notre chambre du 4ème étage. Il était complètement bourré et me disait qu’il voulait en finir en se jetant dans le vide.
J’étais bourré aussi, et je ne savais pas trop quoi faire, alors je lui ai longuement parlé, et il s’est ravisé.
Quelques années après, j’ai découvert que je ne pouvais plus monter sur une échelle de plus de 1 mètre, ce qui n’est heureusement pas très gênant dans la vie de tous les jours.
Bien plus tard, j’ai emménagé dans un appartement au 26ème étage d’une tour. Là, j’ai tout de suite vu que ma peur du vide devenait invalidante.
Une amie m’a proposé de faire un saut à l’élastique, et je me suis dit que c’était un excellent moyen de vaincre cette peur.
A l’époque, je pratiquais déjà la sophrologie, donc j’ai sauté d’une hauteur de 60 mètres en essayant de ressentir toutes les sensations dans mon corps.
Avant le saut, j’étais mort de peur, mais dès que j’ai sauté, j’ai adoré la sensation du vent et le fait de me sentir seul pendant quelques secondes.
Depuis, je n’ai plus le vertige. Je sais que si je tombe de haut, j’aurais au moins quelques secondes de plaisir avant de m’écraser 😉

Les systèmes de valeurs

Plus je deviens mature, et plus je me suis construit un système de valeurs (j’en ai cassé plusieurs).

Malheureusement, certains systèmes de valeurs sont dangereux, notamment quand ils dépendent de facteurs extérieurs à moi (« extrinsèques »), parce que je n’ai aucun contrôle dessus, alors ils ne peuvent être valables que pendant un temps limité.
Il est très difficile de changer de système de valeurs, et se débarrasser d’un système erroné peut être très long surtout s’il est intégré depuis longtemps.

En voici quelques uns:

  • la famille (un couple et des enfants): le but de ma vie est de fonder ma propre famille avec mes enfants
  • les résultats de mon travail, la réussite: le jour où je réussirai dans mon travail, tout va changer
  • le bonheur, s’il dépend des autres: je serai heureux le jour où…
  • la confiance aux autres: je dois faire confiance aux autres

Mais me direz-vous: qu’est-ce qui reste ?

Un bon système de valeurs ne repose pas sur l’extérieur, et ne doit pas essayer de projeter une bonne image de moi-même.
Vous pouvez construire votre propre système de valeurs intrinsèques, comme la qualité du travail, la qualité de la communication, etc…
Regardez un peu les valeurs agiles, et notamment Lean.

Personnellement, il m’a fallu du temps pour accepter que je ne suis pas obligé d’avoir des enfants, que je ne suis pas obligé de « réussir » socialement, que je ne dois pas faire confiance aux autres (même si je les estime), et surtout que le bonheur ne dépend que de moi seul.

Les croyances

Les croyances sont des pensées erronées qui m’empêchent d’agir de manière créative dans le présent.

Les croyances sont de toutes sortes:

  • les superstitions: je porte tel vêtement parce qu’il me porte chance
  • la pensée magique: tout ira de mieux en mieux, je ne peux pas échouer
  • l’identification au travail: si je n’ai pas de travail, je ne vaux rien
  • l’identification à la famille: je suis heureux parce que j’ai une famille
  • l’identification à une image intérieure: je suis le meilleur / je suis une merde
  • la réalité telle que je voudrais qu’elle soit, alors qu’elle m’échappe

Il est très difficile de découvrir mes croyances, parce qu’il m’est difficile d’avoir du recul sur moi.
Je juge tout le monde par rapport à mes croyances, ce qui fait que j’ai l’impression d’avoir toujours raison et les autres ont tort.
Quand une de mes croyances s’effondre, je ne suis plus dupe d’elle: je comprends aussi bien mon point de vue que celui des autres.

Je me souviens que mon moteur de motivation lorsque j’ai commencé à programmer était de devenir le « meilleur programmeur du monde ».
J’ai donc travaillé d’arrache-pied, afin d’accumuler le maximum de connaissances en informatique. Je passais mon temps à lire du code afin de voir comment les autres programmeurs s’y prenaient, et très franchement, les programmes qui m’ont impressionné se comptent sur les doigts d’une main.
Malheureusement, j’ai sombré dans le burn-out, parce que je ne faisais que ça tout le temps: l’informatique était mon travail et mes loisirs.
Accepter de laisser tomber cette croyance de devenir « le meilleur programmeur du monde » m’a pris du temps, je suis juste un programmeur « moyen » maintenant.

Conclusion

Quand j’ai commencé à travailler sur moi, j’ai appris à discerner les freins dans mes comportements.

L’essentiel n’est pas de changer, mais juste de prendre conscience.
Quand je prends conscience d’un comportement, soit ce comportement me gêne et dans ce cas je dois fournir un effort pour le changer (parfois il peut tomber tout seul), soit je l’accepte et je n’ai pas besoin de changer.

Là encore, l’effort est utile au début, mais attention !
Tant que je suis dans l’effort, je ne suis pas ce que je dois être.
Si je me force à être quelqu’un d’autre que moi, cela crée un sentiment de tiraillement intérieur et réduit la confiance en moi.
Cela peut aussi augmenter mon arrogance, parce que je vois que les autres ne font pas autant d’efforts que moi.

Les Niveaux de Connaissance


Cela va faire bientôt 20 ans que je m’observe intérieurement, au début avec la psychanalyse, puis avec la sophrologie, et maintenant avec la méditation.
Aujourd’hui, je vais essayer de vous faire partager mon processus de connaissance.

Cet article peut vous paraître abstrait, mais il est résolument pratique.

Le processus de connaissance est très important en développement personnel, parce qu’il permet de détecter quel niveau de connaissance j’ai atteint et surtout où j’en suis dans mon développement personnel.

Je vais vous décrire maintenant les 6 niveaux que j’ai identifiés chez moi.

1. L’effort

Le premier niveau est l’effort.
L’effort, cela peut être de l’action, ou simplement le désir de vouloir chercher à se comprendre.
L’effort est inévitable au début, donc si par paresse, je ne veux pas fournir d’effort, jamais je n’accéderai aux niveaux suivants.

Exemple: quand j’ai commencé à programmer, avant même de comprendre, j’ai dû d’abord faire. Si je ne fais rien, jamais je ne comprendrais, ou pire, j’aurais une compréhension superficielle et illusoire.

2. L’analyse, la réflexion

Le second niveau est l’analyse de ce qui se passe.
Je collecte les informations de mon effort, et j’essaye de les catégoriser.

Cette étape est purement intellectuelle, mais elle est nécessaire pour accéder à la compréhension.
Si je ne réfléchis pas sur mes actions, je ne peux pas comprendre les processus, et je ne peux pas les améliorer.
Quelques techniques existent pour faciliter ce processus: si vous avez une bonne mémoire visuelle, vous pouvez utiliser des post-its; si vous avez une bonne mémoire auditive, vous pouvez énumérer vocalement les informations, etc…

3. La compréhension

Le troisième niveau est la compréhension intellectuelle, c’est à dire la création d’un modèle qui permet d’interpréter les informations.

La très grande majorité des individus sont focalisés sur ce niveau, parce qu’ils aiment être fiers de comprendre intellectuellement les choses, suivant l’adage « je pense donc je suis ».
Mais la compréhension intellectuelle est un processus incomplet parce qu’elle est trop basée sur la pensée, et donc limitée par elle. Il faut réaliser que la pensée est un moyen très limité de connaissance.

4. La prise de conscience

Le quatrième niveau est la prise de conscience, c’est un processus non intellectuel.
D’après mes expériences sur moi, cette prise de conscience surgit surtout quand je mobilise mon corps et mon esprit.
Ce processus est parfois émotionnel, mais toujours au delà du raisonnement.

Le « Lateral Thinking » ou « Aha » sont des prises de conscience incomplètes parce que sans expérience.
Les jeux agiles, la psychanalyse ou la sophrologie permettent d’expérimenter directement cet état.

Il est amusant de voir que la compréhension intellectuelle est utilisée après, pour analyser ce qui s’est passé.

Un coach (agile ou non) essaye d’agir à ce niveau-là.

5. La sagesse

Le cinquième niveau est la sagesse, c’est un processus très long (dans mon cas, presque 30 ans).
C’est un état qui est atteint par soi seul, personne ne peut vous amener à devenir sage.
La sagesse est apparue longtemps après que j’ai remis profondément en cause mes connaissances.
Tant qu’il n’y a pas de remise en cause, la sagesse ne peut pas survenir.

La sagesse, c’est une compréhension profonde des processus, à la fois au niveau le plus bas et au niveau le plus haut.
Elle vient de l’expérience, et c’est une connaissance non rationnelle mais qui peut être exprimée de manière rationnelle, parce qu’elle est construite à partir de la compréhension et de la prise de conscience.

Durant toute ma vie, je n’ai croisé que très peu de personnes à ce niveau (la sagesse vient avec l’âge, et les informaticiens âgés sont rares), mais les meilleurs coachs sont à ce niveau-là, souvent inconsciemment.

6. L’intuition

Le sixième niveau est l’intuition, et c’est un processus complètement irrationnel.
La différence avec la sagesse est que la pensée n’est pas utilisée.
Dans mon cas, j’obtiens ce niveau sans penser et sans effort, mais ce n’est pas un état que je peux maintenir, il surgit par fulgurance, notamment quand je pratique l’empathie.

Souvent, l’intuition ne peut pas être exprimée de manière rationnelle mais de manière émotionnelle.
Pour pouvoir accéder à cet état, il faut arrêter momentanément le processus de pensée, et tout se décante après un certain temps.

Comme c’est un état sans pensée et que la majorité des individus tiennent à leurs pensées, c’est un état qui est plutôt méprisé parce qu’il n’est pas quantifiable ni maîtrisable, donc en entreprise il est plutôt rejeté.
L’intuition sans la sagesse ne sert à rien.

Les meilleurs « décideurs » et les meilleurs créatifs sont à ce niveau-là, souvent inconsciemment.
Malheureusement, ces individus abusent souvent de substances nocives pour accéder à des états sans pensée.
L’état sans pensée peut s’obtenir grâce à la prière ou à la méditation.

Conclusion

J’ai essayé de vous décrire les différents processus de connaissance.

Si vous avez bien compris mon explication, vous devriez maintenant réaliser pourquoi les méthodes comme « Positive Thinking », « Critical Thinking » ou toute autre méthode à base de pensée sont très superficielles et inefficaces parce qu’elles restent bloquées sur les 4 premiers niveaux.
Je vous encourage à:

  • dans un premier temps, stocker et ordonner le maximum d’informations
  • dans un second temps, digérer et modéliser ces informations
  • dans un troisième temps, remettre en cause vos modélisations, tant qu’un doute persiste
  • dans un quatrième temps, laisser tout tomber

Vous accéderez ainsi progressivement aux niveaux les plus intéressants de la connaissance.

Agilité et Développement Personnel


Dans une semaine, cela va faire un an que j’ai ouvert ce blog et que j’ai développé ma vision personnelle de l’agilité, humaniste et en dehors de toute méthodologie.

Je vais dorénavant essayer d’orienter ce blog vers le développement personnel, c’est à dire comment aider les individus à devenir meilleurs.
Je vais comme d’habitude proposer des techniques originales et personnelles, plutôt que de recopier des méthodes auxquelles je ne crois pas. Je suis certain que mon approche va vous surprendre.

Le développement par le travail

Pour définir le management, Agha Hasan Abedi a très justement dit:

The conventional definition of management is getting work done through people, but real management is developing people through work

en français:

La définition classique du management est d’obtenir que le travail soit fait par des individus, mais le vrai management est de développer les individus grâce au travail

J’aime bien l’idée d’être un développeur de développeurs 😉

Le gaspillage

Dans Lean, il y a la notion très importante de gaspillage, mais cette notion de gaspillage est très orientée processus, et pas tellement individus.
La page de wikipedia sur le Muda décrit pourtant cette notion de « capacité latente »:

Organizations employ their staff for specific skills that they may have. These employees have other skills too, it is wasteful to not take advantage of these skills as well. « It is only by capitalizing on employees’ creativity that organizations can eliminate the other seven wastes and continuously improve their performance. »

en français:

Les organisations utilisent leur personnel pour des compétences spécifiques qu’ils pourraient avoir. Ces employés ont aussi d’autres compétences, c’est du gâchis de ne pas profiter de ces compétences. « C’est seulement en capitalisant sur ​​la créativité des employés que les entreprises peuvent éliminer les sept autres gaspillages et améliorer continuellement leurs performances. »

Mais dans la réalité

Apporter une transformation superficielle en changeant la façon de travailler d’une équipe est facile, mais il est impossible d’aider les individus à développer leurs capacités sans leur accord.
Certains individus ont tellement peur de sortir de leur zone de confort (et même d’inconfort) qu’ils préfèrent ne pas évoluer, alors même qu’ils changent imperceptiblement chaque jour, et que ce tout petit changement est visible sur une plus longue période de temps.
Comment vaincre leurs résistances ?

Mon modeste blog essaye de vous montrer ma façon de voir, afin que vous changiez votre vision du travail, mais ce changement, c’est vous qui le faites, personne ne peut vous forcer !

J’espère que par ma façon d’être j’ai fait évoluer la façon de travailler de mes collègues, et qu’ils ont compris ma fascination pour la remise en cause permanente, au lieu de continuer leurs efforts inutiles par habitude.
Vive la paresse intelligente, à bas l’effort bourrin !

Conclusion

Etre promoteur de l’agilité, c’est avant tout une démarche intérieure.

Ne cherchez surtout pas à manipuler les individus pour les encourager à changer, ça ne fonctionne pas: les individus ne sont pas stupides, ils voient bien quand vous cherchez à les manipuler.
Le changement vient toujours de l’intérieur, jamais de l’extérieur.

Soyez simplement honnête et montrez l’exemple: vos actions parleront plus que vos mots.
Donnez envie aux gens de changer.

Les Mythes du Bonheur


Je vais vous parler des mythes du bonheur, qui me serviront d’introduction à mes articles sur la confiance en soi.

Cette fois-ci, je ne me suis pas cassé la tête, j’ai simplement traduit un passage de l’excellent livre de Glenn Schiraldi sur l’estime de soi: 10 Simple Solutions for Building Self-Esteem.

Ce livre est une mine d’astuces pour augmenter sa capacité à être heureux.

Je dois avoir de l’argent pour profiter de la vie

Une fois que le revenu d’une personne dépasse le seuil de pauvreté, la quantité d’argent n’apporte plus rien à leur bonheur. En fait, les gens ont tendance à être plus heureux quand leurs divertissements sont peu coûteux et nécessitent leur participation active. Ainsi, il n’est pas surprenant que des divertissements passifs comme regarder la télévision tend à abaisser l’humeur des gens. De plus grands bénéfices résultent de l’immersion dans des activités qui exigent de l’investissement personnel, comme lire ou aider les autres.

Jouer est immature ou mauvais

Comme Gandhi l’a enseigné, ce n’est pas le plaisir, mais le plaisir sans conscience, qui corrompt la conscience. Un plaisir sain améliore le bonheur et la productivité.

Tout travail doit être terminé avant de passer au plaisir

Poussé à son extrême, ce mythe empêche tout le monde d’avoir du plaisir, parce qu’il y a toujours du travail à faire.

Seul le résultat importe; la façon de faire ne compte pas

La façon de faire est un voyage qui peut être apprécié. L’astuce consiste à trouver de la satisfaction dans notre travail et dans les autres aspects de la vie.
Est-ce que ça nous fait du bien d’être riche en réalisations, mais pauvre en joie ?

Je dois « réussir » pour avoir de la valeur; ma valeur quand je joue est inférieure à ma valeur quand je travaille

Ce mythe confond la valeur intérieure et la valeur extérieure. La valeur intérieure est la même quand nous dormons, quand nous jouons ou quand nous travaillons.

Le plaisir réduit la productivité

C’est sûr: on peut exagérer le plaisir ou l’utiliser pour échapper aux responsabilités.
Cependant, les gens heureux ont tendance à être plus productifs et à prendre de meilleures décisions que les gens malheureux.

Mes erreurs et mes défauts me disqualifient à mériter du plaisir

Les erreurs et les défauts nous rendent faillibles mais jamais indignes ou sans valeur au fond de nous-même.

Avec toute la dépression et les problèmes dans le monde, il est presque impossible d’être heureux

En fait, la plupart des gens sont généralement heureux, sans distinction de sexe, race, âge, statut d’emploi, et même de handicaps mentaux ou physiques.

Je dois être séduisant pour être heureux

Le bonheur est un travail intérieur et est relativement indépendant de l’apparence extérieure.

Conclusion

Pour compléter cette liste, j’ai trouvé aussi cette page.

Si vous pratiquez l’agilité, vous devriez déjà avoir compris ces principes dans votre travail.

Le Transurfing


Un ami m’a prêté le livre « le Transurfing, modèle quantique de développement personnel« , écrit par le physicien quantique russe Vadim Zeland.

Je lui ai promis de donner mon avis sur ce livre, donc je vous en fais profiter.

Il y a pas mal de concepts exacts. Voici quelques-unes des phrases très justes:
« Si, activement, vous ne voulez pas de quelque chose, celle-ci arrive dans votre vie »
« Vos pensées vous reviennent toujours comme un boomerang »
« L’amour inconditionnel est de l’admiration sans droit de possession et sans vénération »
« Libérez-vous du besoin d’affirmer votre supériorité »
« Plus l’importance du but est élevée, moins vous avez de chances de l’atteindre »
« Tout est plus facile que ça n’en a l’air. Donnez-vous à la simplicité »
« En refusant de contrôler, vous prenez le vrai contrôle de la situation »

Maintenant, voici mes griefs:

C’est chiant à lire

Très franchement, c’est insupportable à lire.
Les phrases sont très longues, le style évite absolument le JE, ce qui est un comble pour un livre sur le développement personnel, cela ressemble plus à un livre de philosophie théorique.
Cela se présente comme une méthode, mais aucune méthode ne peut aider les gens à se développer, chaque individu a des obstacles qu’il doit franchir, et ces obstacles sont uniques à chacun. Il est même probable que vous ayez déjà résolu certains des problèmes sur lesquels je travaille en ce moment !

Ca pue la secte

Un langage de secte (quantique, variantes, balancier, et j’en passe) est utilisé constamment, ce qui alourdit la compréhension des concepts.
Le but de l’utilisation d’un langage ésotérique est de valoriser les initiés, en leur faisant croire qu’ils en savent plus que les non-initiés.
Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?

« Votre choix se réalise toujours dans la réalité. Ce que vous choisissez, vous le recevez »

Ceci est une phrase extraite du livre, et elle est absolument mensongère !
Pas de bol, c’est le prédicat du livre !
La vie n’est qu’une suite de souffrances, et malheureusement, rien ne permet de les éviter.
Oser prétendre qu’on peut choisir son destin par la pensée est ce que j’appelle de la « pensée magique », autrement dit une croyance erronée.
La vie est une suite d’opportunités, et à chaque instant, nous pouvons choisir celles que nous voulons suivre, mais nous n’avons aucun contrôle dessus, et surtout pas mental !
Enfin, voici une question philosophique non résolue: qui est ce « vous » qui choisit ?

« Vous libérer d’un balancier signifie le rejeter hors de votre vie »

En fait, il faut surtout tirer la leçon derrière ce « balancier », plutôt que de le rejeter, sinon ce balancier va se répéter encore et encore.
Rejeter un balancier va reproduire l’effet boomerang.

« Les succès s’enchaînent uniquement si vous avez été inspiré par le tout premier succès »

Hum, j’aurais aimé avoir une définition de « succès ».
Qu’est-ce qu’un succès ? Et surtout, comment inspirer son premier succès ?
Très franchement, je crois que le succès est juste le résultat de coïncidences, c’est à dire de la pure chance.
Par ailleurs, certains échecs sont bien plus utiles que certains succès.
Pourquoi rejeter l’échec ?

« L’habitude de se rappeler, s’acquiert à travers une pratique systématique »

Voici encore une application erronée de l’effort, dont je parlais récemment.
Si j’essaye de tout me « rappeler », l’effet Zeigarnik se renforce, et mon stress augmente.
Tant que j’ai besoin de me « rappeler », c’est que je n’ai pas intégré.
La difficulté d’intégrer les concepts est que l’intégration est un processus non seulement logique mais aussi émotionnel et intuitif.

« Pour que votre amour soit réciproque, il est nécessaire d’abandonner le droit de possession »

Il y a une contradiction dans cette phrase: pourquoi chercher la réciprocité ? Pourquoi chercher à posséder l’amour de l’autre ?
La phrase devrait être:
« Pour aimer vraiment, il est nécessaire d’abandonner le désir de possession ».
La seule chose sur laquelle je peux agir, c’est moi-même.
Les gens sentent s’ils sont aimés ou haïs, et ils sentent intuitivement si mon amour envers eux est sincère ou pas.
Si je leur montre par mes actes que je les aime, cela augmentera les chances qu’ils m’aiment en retour, mais ils peuvent tout aussi bien me détester parce qu’ils n’apprécient pas ma personnalité, je n’ai aucun contrôle sur leur perception de moi.

« L’âme ne pense pas et ne parle pas, mais elle ressent et elle sait »

Le concept d’âme n’est pas défini dans le livre (à part une brève notion de « subconscient »), mais pour moi, l’âme ne ressent rien, mais elle est connaissance pure.
C’est l’esprit qui pense, parle, ressent et essaye d’interpréter la réalité en stockant du savoir.
L’âme n’a pas besoin de tout cela, puisqu’elle est au-delà de la pensée.
Comment puis-je accéder à mon âme ? Ce n’est pas expliqué dans le livre.

Conclusion

Ce livre essaye d’aborder l’ésotérisme de manière « quantique », mais surtout hermétique.
Personnellement, je trouve que l’auteur se complaît dans des phrases trop longues et trop abstraites, et il en a déjà tartiné 5 volumes (le premier volume ne contient que 6 chapitres en 285 pages !).
Etant donné sa façon de présenter sa vision de la réalité, je pense que l’auteur s’adresse exclusivement à des chercheurs russes en énergie quantique, ça ne devrait parler à personne d’autre.
Si vous êtes intéressé par l’ésotérisme russe, je vous recommande plutôt Ouspensky ou Gurdjieff, qui ont des approches plus méthodologiques.

Mon conseil final: n’achetez pas ce livre !