Les Freins à la Confiance en Soi


Avant de présenter des techniques pour augmenter la confiance en soi, je vais énumérer tout ce qui nous empêche d’accéder à la confiance en soi.

Un cas extrême

Dans les années 80, Stanley Rachman a étudié le comportement des spécialistes en déminage.
Il a notamment cherché à comprendre ce qui faisait un excellent démineur.

Je ne vais pas m’appesantir sur son étude, mais la conclusion est que les battements de cœur des meilleurs démineurs ralentissent quand ils désamorcent des bombes. Rachman utilise le terme « supracalmes ».
Quand les meilleurs démineurs travaillent, ils sont totalement pris dans leur action, ne pensent pas aux conséquences et sont confiants dans leur technique.

Cette brève introduction va me permettre de vous présenter les 3 freins à la confiance en soi: la peur, les systèmes de valeurs et les croyances.

La peur

Le plus gros frein à la confiance en soi est la peur.
La peur se présente sous un tas de formes:

  • les phobies
  • la honte
  • la culpabilité
  • les complexes
  • la timidité, la peur des autres
  • le dégoût
  • le trac
  • le vertige
  • l’appréhension
  • la peur de l’intimité
  • la peur de ne pas plaire
  • la peur de changer
  • la peur d’exprimer nos émotions
  • la peur de ne pas plaire aux autres
  • la peur de l’échec
  • etc…

Découvrir mes peurs n’est pas très difficile, ce sont des zones où je ne veux pas aller.
Quand j’ai commencé à me regarder sans concession, j’ai vu que j’étais rempli de peurs, et qu’elles se manifestaient dans tous mes comportements extérieurs.
En règle générale, les peurs viennent de l’égo qui ne veut pas perdre le contrôle.

Malheureusement, me débarrasser de mes peurs prend beaucoup de temps, parce que je dois les découvrir et elles sont parfois très subtiles.
Nous sommes tous remplis de peurs, ce sont elles qui déterminent nos limites, il faut accepter chaque peur afin de pouvoir changer.

Personnellement, j’essaye d’affronter systématiquement chacune de mes peurs, mais vous pouvez très bien vivre avec quelques peurs.

Voici un exemple vécu: le vertige.
Un soir, pendant mon service militaire, un de mes amis s’est accroché à la rambarde de notre chambre du 4ème étage. Il était complètement bourré et me disait qu’il voulait en finir en se jetant dans le vide.
J’étais bourré aussi, et je ne savais pas trop quoi faire, alors je lui ai longuement parlé, et il s’est ravisé.
Quelques années après, j’ai découvert que je ne pouvais plus monter sur une échelle de plus de 1 mètre, ce qui n’est heureusement pas très gênant dans la vie de tous les jours.
Bien plus tard, j’ai emménagé dans un appartement au 26ème étage d’une tour. Là, j’ai tout de suite vu que ma peur du vide devenait invalidante.
Une amie m’a proposé de faire un saut à l’élastique, et je me suis dit que c’était un excellent moyen de vaincre cette peur.
A l’époque, je pratiquais déjà la sophrologie, donc j’ai sauté d’une hauteur de 60 mètres en essayant de ressentir toutes les sensations dans mon corps.
Avant le saut, j’étais mort de peur, mais dès que j’ai sauté, j’ai adoré la sensation du vent et le fait de me sentir seul pendant quelques secondes.
Depuis, je n’ai plus le vertige. Je sais que si je tombe de haut, j’aurais au moins quelques secondes de plaisir avant de m’écraser 😉

Les systèmes de valeurs

Plus je deviens mature, et plus je me suis construit un système de valeurs (j’en ai cassé plusieurs).

Malheureusement, certains systèmes de valeurs sont dangereux, notamment quand ils dépendent de facteurs extérieurs à moi (« extrinsèques »), parce que je n’ai aucun contrôle dessus, alors ils ne peuvent être valables que pendant un temps limité.
Il est très difficile de changer de système de valeurs, et se débarrasser d’un système erroné peut être très long surtout s’il est intégré depuis longtemps.

En voici quelques uns:

  • la famille (un couple et des enfants): le but de ma vie est de fonder ma propre famille avec mes enfants
  • les résultats de mon travail, la réussite: le jour où je réussirai dans mon travail, tout va changer
  • le bonheur, s’il dépend des autres: je serai heureux le jour où…
  • la confiance aux autres: je dois faire confiance aux autres

Mais me direz-vous: qu’est-ce qui reste ?

Un bon système de valeurs ne repose pas sur l’extérieur, et ne doit pas essayer de projeter une bonne image de moi-même.
Vous pouvez construire votre propre système de valeurs intrinsèques, comme la qualité du travail, la qualité de la communication, etc…
Regardez un peu les valeurs agiles, et notamment Lean.

Personnellement, il m’a fallu du temps pour accepter que je ne suis pas obligé d’avoir des enfants, que je ne suis pas obligé de « réussir » socialement, que je ne dois pas faire confiance aux autres (même si je les estime), et surtout que le bonheur ne dépend que de moi seul.

Les croyances

Les croyances sont des pensées erronées qui m’empêchent d’agir de manière créative dans le présent.

Les croyances sont de toutes sortes:

  • les superstitions: je porte tel vêtement parce qu’il me porte chance
  • la pensée magique: tout ira de mieux en mieux, je ne peux pas échouer
  • l’identification au travail: si je n’ai pas de travail, je ne vaux rien
  • l’identification à la famille: je suis heureux parce que j’ai une famille
  • l’identification à une image intérieure: je suis le meilleur / je suis une merde
  • la réalité telle que je voudrais qu’elle soit, alors qu’elle m’échappe

Il est très difficile de découvrir mes croyances, parce qu’il m’est difficile d’avoir du recul sur moi.
Je juge tout le monde par rapport à mes croyances, ce qui fait que j’ai l’impression d’avoir toujours raison et les autres ont tort.
Quand une de mes croyances s’effondre, je ne suis plus dupe d’elle: je comprends aussi bien mon point de vue que celui des autres.

Je me souviens que mon moteur de motivation lorsque j’ai commencé à programmer était de devenir le « meilleur programmeur du monde ».
J’ai donc travaillé d’arrache-pied, afin d’accumuler le maximum de connaissances en informatique. Je passais mon temps à lire du code afin de voir comment les autres programmeurs s’y prenaient, et très franchement, les programmes qui m’ont impressionné se comptent sur les doigts d’une main.
Malheureusement, j’ai sombré dans le burn-out, parce que je ne faisais que ça tout le temps: l’informatique était mon travail et mes loisirs.
Accepter de laisser tomber cette croyance de devenir « le meilleur programmeur du monde » m’a pris du temps, je suis juste un programmeur « moyen » maintenant.

Conclusion

Quand j’ai commencé à travailler sur moi, j’ai appris à discerner les freins dans mes comportements.

L’essentiel n’est pas de changer, mais juste de prendre conscience.
Quand je prends conscience d’un comportement, soit ce comportement me gêne et dans ce cas je dois fournir un effort pour le changer (parfois il peut tomber tout seul), soit je l’accepte et je n’ai pas besoin de changer.

Là encore, l’effort est utile au début, mais attention !
Tant que je suis dans l’effort, je ne suis pas ce que je dois être.
Si je me force à être quelqu’un d’autre que moi, cela crée un sentiment de tiraillement intérieur et réduit la confiance en moi.
Cela peut aussi augmenter mon arrogance, parce que je vois que les autres ne font pas autant d’efforts que moi.

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