Un peu de SEO (2ème saison, 1ère partie)


Il y a un peu moins d’un an, j’avais écrit un article sur les requêtes qui permettaient d’arriver sur ce site:
https://psychologieagile.wordpress.com/2012/10/02/un-peu-de-seo/

Un an plus tard, je constate qu’il y a beaucoup de nouvelles requêtes, alors j’ai décidé de les catégoriser et de vous les présenter en 2 articles.
Dans le premier article, je vais mettre toutes les requêtes un peu farfelues.
Dans le second article, je vais répondre à celles qui me semblent plus sérieuses.

La catégorie: mais comment ce genre de requêtes peut mener ici ?

C’est la question que je me pose en lisant les intitulés suivants:

surdoué bloqué du diaphragme

les mot en chiffre

kahler depeche toi

« asperger » « dans mes phrases »

fréquenter des prostituées dangereux

driver sois fort cancer

utiliser reddle sur worpress exemple

j’ai eu des pulsions homosexeulle qui ont disparu

arrêter fréquenter prostituée

maladie mentale et psychologie dessin et video

il ya eu un changement dans mon cerveau

le cerveau les taches sont plus rapide que mes pensées

je ne suis pas égoiste mais plutot perfectionniste

un homme qui a une obsession sexuelle et qu’il n’y arrive pas a me faire l’amour

pulsion remplissage mots flèches

livre sur la psychologie dans les camps nazi

je pratique peu de magnetisme mais j ai un étourdissement

j’utilise mon cerveau a 20%

La catégorie: les requêtes bizarres

wwwj ai un problem mon cirveu ne marche pas bien

Je confirme.

le mot qui montre que je suis fort

« Ta gueule », ah non, ça fait 2 mots.
« Couché » ou « Assis », alors.

j’ai très sommeil, mais je ne veux pas dormir. j’ai beaucoup à faire, des choses que j’ai toujours remises à plus tard, du temps où je croyais que la vie é

Dommage, je n’ai pas la fin de la question, alors je ne pourrai pas répondre.

j´ai rever d´excrement interpretation

Je propose 2 interprétations:

  1. vous avez eu envie d’aller aux toilettes pendant votre sommeil
  2. vous avez des problèmes personnels en ce moment et vous les associez à de la merde

manger ses crottes de nez point de vue psychologique

D’après ce qu’on m’a dit, ça a un goût salé, donc peut-être manquez-vous de sel ?
J’ai lu dans un article sérieux que les crottes de nez permettaient la fabrication d’anticorps.
Sinon, vous le faites parce que c’est « interdit », c’est toujours meilleur quand c’est interdit, et en plus ça fait chier les parents.

jean charles meyrignac date naissance

18/7/1965
Si c’est pour mon anniversaire, c’est déjà passé.

comment est-ce que les savants sont capables de trouver comment premiers gens sans registres écrits vécus?

Comme Sherlock Holmes !

quelle partie de mon cerveau j’utilise?

A quoi ça sert de le savoir ?

par qui est distribué ma vie sans gluten

Je l’ignore.

comment survivre quand on n’a pas de traivail

Tout d’abord, je commence par dépenser moins.
Ensuite, je n’identifie pas ma valeur personnelle à ma valeur professionnelle: je ne suis pas nul si je n’ai pas de travail.
Enfin, je profite de mon chômage pour faire des choses qui me tiennent à cœur.

est ce que la programmation informatique est passionnante

Oui, mais il faut aimer les problèmes intellectuels, sinon c’est chiant.

la facon de mourir a-t-elle un sens psycologique

Quand on vit, pourquoi se poser des questions sur la mort ? Vivez !
Et quand on va mourir, on a autre chose à faire qu’à se poser des questions sur le sens de la mort.
Vous verrez bien ce qui arrivera !

comment vous trouvez le pyramide des besoins de maslow?

Je trouve ça sans intérêt.

le bonheur réside dans la quète de l’amour, et non dans sa possession

Ni l’un, ni l’autre: votre bonheur et votre malheur ne dépendent que de vous-même.
L’amour, c’est du plaisir. Plaisir et bonheur sont 2 choses différentes.
Mais c’est plus facile d’être heureux quand on a du plaisir que quand on n’en a pas.

j’essaye d’etre normal mais je m’ennuie tres vite

Voici mes questions:

  • qu’est-ce que la normalité ? Est-ce que c’est faire comme tout le monde ou bien ne pas agir comme un fou ?
  • pourquoi associez-vous normalité et ennui ?
  • pourquoi voulez-vous fuir l’ennui ?
  • pourquoi essayez-vous d’être autre chose que vous même ? Soyez juste vous même, ni normal ni anormal, c’est déjà assez difficile comme ça !

ma vie après le régime sans gluten psychologie

Je suis un régime sans gluten (et autant que possible sans lactose) parce que mon corps est intolérant, je ne vois pas ce que vient faire la psychologie là-dedans.

15 ans de psychanalyse est ce trop

Oui, tout particulièrement si vous persistez à vouloir contrôler votre vie avec votre cerveau.
Acceptez les choses telles qu’elles sont, et elles changeront (plus exactement, c’est vous qui changerez d’attitude).

comment m’excuser aupres de mon fils pour l’avoir insulte

Débarrassez-vous de votre sentiment de culpabilité: il n’y a rien à excuser !
Ensuite, expliquez-lui honnêtement pourquoi vous l’avez insulté.

comment débuter ma carrière comme modeleur de jeux vidéo

En montrant votre savoir-faire !
Les boîtes de jeux vidéo ne peuvent pas former les modeleurs, alors ils prennent des gens qui maîtrisent les outils qu’elles utilisent déjà. Demandez quels logiciels sont utilisés et autoformez-vous !

qu’est ce que la colopathie dysfonctionnelle

Tout d’abord, c’est « colopathie fonctionnelle », les américains appellent cela « syndrome du côlon irritable ».
Imaginez vos intestins comme un serpent qui avale lentement sa proie. Chez un colopathe, le serpent déplace sa proie très rapidement dans son ventre.
Les symptômes sont: des ballonnements et des selles fréquentes, et des problèmes à gérer ses émotions.
Je pense que les problèmes sont dus à une inadéquation du régime alimentaire: écoutez votre corps et repensez votre alimentation !

Conclusion

Ce qu’il y a d’amusant avec ce genre d’articles est que cela va m’attirer d’autres requêtes bizarres.
Nous verrons ensemble la récolte dans un an.

Les Leçons du jeu vidéo (3ème partie)


Voici le troisième épisode de mes aventures dans le jeu vidéo, et surtout les leçons que j’en ai tirées.
L’épisode précédent est ici: https://psychologieagile.wordpress.com/2013/08/04/les-lecons-du-jeu-video-2eme-partie/

Récapitulatif

Après avoir été exploité comme un esclave chez Titus, jusqu’à me dégoûter de programmer, j’ai tenté sans succès de fonder une société avec Philippe Pamart.
J’ai retrouvé le plaisir de programmer en réalisant des démos.
Mais il fallait que je retrouve du travail, parce que les démos, c’est bien gentil, mais ça ne fait pas gagner d’argent.

Ocean Software France

A cette époque, Marc Djan, le patron d’Ocean Software France, cherchait un développeur sur Atari ST pour finir le jeu Ivanhoé (le programmeur original étant parti faire son service militaire en Volontaire Service Long Outre-Mer sans finir le jeu !).
Ivanhoé était un jeu magnifique graphiquement, mais il fallait le sortir rapidement.

J’ai été embauché pour corriger les bugs, vu qu’on n’avait plus le temps d’ajouter quoi que ce soit.
Deux niveaux complets graphiquement ont disparu, parce qu’ils n’avaient pas été programmés.
Je me souviens d’un bug de folie découvert par nos testeurs anglais: au niveau 2, quand on sautait sur place pendant 3 minutes lorsqu’on était à gauche du niveau (sur le mât du bateau), le personnage finissait par tomber de manière infinie, et le jeu se bloquait.
J’ignore comment les testeurs ont trouvé cela, mais je me souviens d’une anecdote sur les testeurs de jeux: les meilleurs testeurs sont des malchanceux dans la vie, ils tombent toujours sur des problèmes, même sans les chercher. J’ai entendu parler d’un testeur qui était excellent à cause de sa poisse: il était capable de planter un jeu en 5 minutes.

Mon travail sur Ivanhoé a été surtout de finir le produit, ce que j’ai réussi sans trop de problème, c’était ma spécialité à l’époque !

Après Ivanhoé, j’ai converti Cabal sur ST en un mois, ce qui était un exploit chez Ocean (habitués à passer pas mal de temps à fignoler leurs jeux).

J’apprends à travailler en équipe

Après Cabal, j’ai travaillé sur Toki.

Curieusement, jusqu’à présent, je travaillais seul sur les jeux que je faisais, et pour moi, la programmation était une activité solitaire.
Sur Toki, j’ai dû travailler avec Michel Janicki et Pierre-Eric Loriaux.
Pierre-Eric était graphiste, programmeur et musicien et avait écrit son propre éditeur de musique sur Amiga.
Je l’ai converti sur ST afin d’utiliser au maximum les maigres capacités sonores de cette machine.

Je me souviens que nous utilisions des outils d’édition graphique qui tournaient sur Atari ST.
Les graphistes utilisaient une borne d’arcade sur laquelle ils avaient bricolé un bouton de pause. Quand ils arrivaient à l’image qu’ils voulaient, ils mettaient en pause et redessinaient l’image avec l’éditeur maison.
Parfois, la pause plantait la borne d’arcade, et il y avait un grand cri: ils devaient recommencer le jeu du début pour arriver à l’endroit concerné.
Encore bravo à Philippe Dessoly et Thierry Levastre pour leur patience !

Pour faire un bon jeu, je dois y jouer

Michel Janicki n’était pas un programmeur obsédé par la technique, mais il avait une approche nouvelle pour moi: il passait beaucoup de temps à jouer à son jeu, afin de le régler parfaitement.
Moi qui venait de chez Titus, où on bâclait pour finir les jeux, j’étais très impressionné que quelqu’un puisse passer autant de temps à régler le gameplay.
Par exemple, il programmait un comportement d’ennemi, et ensuite, il jouait des heures pour trouver le réglage parfait.
Je n’ai jamais croisé personne passant autant de temps sur ce réglage.

Toutefois, il avait un avantage: il programmait sur Amiga, alors que j’étais sur Atari ST.
Sur Atari ST, il fallait tout faire par programme en assembleur 68000: affichage, intelligence, musique, etc…
Sur Amiga, il y avait le même processeur 68000, mais aussi un processeur graphique performant et une puce sonore sans commune mesure avec le ST.
En fait, je passais mon temps à optimiser le code parce que l’affichage était fait en software sur ST alors que c’était fait en hardware sur l’Amiga.
Le focus sur ST était uniquement technique, alors que sur Amiga, on pouvait se permettre d’être créatif.

Je partage dans un esprit de compétition saine

Ces contraintes techniques ont notamment créé un certain esprit de compétition entre les programmeurs Amiga (Michel Janicki et Pierre Adane) et ST (Alain Boisramé et moi-même).
C’était vraiment une saine compétition qui tirait tout le monde vers le haut, je pense que tout le monde a profité de ce brassage de « culture ».
Le programmeur qui a le plus profité de cette compétition est probablement Pierre Adane, qui a réussi à allier l’esprit « qualité du code » à l’esprit « qualité du gameplay », ça lui a été utile pour faire Mister Nutz par la suite.

Toki, ma plus grande réussite

Toki est ma plus grande réussite chez Ocean, tout d’abord parce que j’ai bossé sur les aspects techniques tandis que Michel Janicki faisait le gameplay, et ensuite parce que les routines d’affichage des sprites m’avaient demandé 2 ans de travail: j’avais découvert une nouvelle technique pour aller 2 fois plus vite que ce qui était connu.

A propos de Toki, je me souviens que des amis avaient proposé une protection, mais qu’elle n’avait pas été retenue, à cause de problèmes de duplication.
Je me souviens aussi qu’une fois la protection Rob Northen mise en place, le jeu plantait.
Il a fallu que je cracke moi-même la protection pour découvrir les problèmes (à cause du format spécial de la disquette, il fallait déplacer la tête de lecture au tout début de la disquette pour que ça fonctionne, et la protection utilisait des compteurs système, que je faisais sauter avec mon programme, il a fallu les émuler).
Cracker cette protection m’a pris une demie-journée, mais je savais que mon programme ne serait pas aussi facile à copier, parce que j’avais fait un format de disque spécial, un loader spécial, etc…
Si vous avez Toki sur un émulateur ST, tapez les cheats suivants: POORTOKI pour les vies infinies, THEEND pour voir la fin (je porte une casquette avec des nichons à la fin du jeu).

La fin d’Ocean France

Enfin, le dernier jeu que j’ai fait pour Ocean est Snow Bros sur Atari ST, une conversion de la version Amiga programmée par Pierre Adane.
Malheureusement, le jeu n’est pas sorti (les droits n’avaient pas été achetés) mais il était fini sur les 2 supports.
Sur ST, j’avais fait sauter la bordure du bas, et le jeu était en 25 images/seconde, alors que sur Amiga, il était en 50 images/seconde.

Après cela, Ocean France a fermé (je viens de lire qu’il avait été racheté par Infogrames ??).
J’ai appris par la suite que les autres développeurs avaient été repris en indépendants (notamment pour faire Mister Nutz et Liquid Kids), j’ignore toujours pourquoi je n’ai pas été repris, mais je suis passé à autre chose: Cryo.

Conclusion

Le focus d’Ocean France était sur la qualité, ce qui est rare pour une société.
Presque tous les gens que j’ai croisés à cette époque (1990-1991) travaillent encore dans le jeu vidéo, ce qui prouve que ce fût une excellente école, peut-être aussi parce que nous étions peu nombreux et qu’il y avait un esprit de partage.

Le Bonheur


Quand je demande à quelqu’un ce qu’est le bonheur, je reçois en général ce genre de réponses:

  • le bonheur, c’est d’être en couple et d’avoir des enfants
  • le bonheur, c’est d’être avec ma famille
  • le bonheur, c’est la santé (réponse classique des personnes âgées)
  • le bonheur, c’est l’Amour (ou plus exactement le sentiment amoureux)
  • le bonheur, c’est d’être avec mes amis
  • le bonheur, c’est de voyager ou d’avoir des loisirs épanouissants
  • le bonheur, c’est d’avoir une maison et d’être chez moi
  • le bonheur, c’est de gagner de l’argent (beaucoup si possible)
  • le bonheur, c’est de réussir dans mon travail (réponse classique des bourreaux de travail)
  • le bonheur, c’est de faire la fête (réponse classique des gens les plus malheureux que j’ai croisés)

Je vois plusieurs problèmes à ce genre de réponses:

  1. mon bonheur serait lié à mon plaisir, je ne peux pas être heureux si je n’ai pas de plaisir.
  2. mon bonheur serait quelque chose d’extérieur à moi-même.
  3. mon bonheur serait toujours ailleurs, jamais ici et maintenant.
  4. mon bonheur serait mesurable: je ne peux être heureux que si tout est parfait.
  5. même quand les conditions sont remplies, je ne suis pas satisfait de ce que j’ai, il m’en faut encore un tout petit peu plus pour que je sois pleinement heureux.

En fin de compte, j’ai beaucoup plus d’occasions pour ne pas être heureux que pour l’être.

La question qui tue

Il y a 20 ans, je suis allé dans un centre bouddhiste afin de suivre un enseignement spirituel, et on m’a posé la question: qu’est-ce que c’est que le bonheur ? En précisant: rappelez-vous un moment de bonheur.
Et là, j’ai réalisé que je n’avais eu aucun moment de bonheur dans toute ma vie.
J’avais beau chercher, je ne voyais rien du tout, et encore aujourd’hui, je ne me rappelle d’aucun moment de bonheur pendant mes 30 premières années de vie.

La réponse à 2 balles

Pendant 2 semaines, cette question m’a trotté dans la tête: mais qu’est-ce que le bonheur ?

Un jour, je suis allé laver mon linge dans une laverie automatique et comme il faisait beau, plutôt que d’attendre à l’intérieur, je suis sorti au soleil.
Brusquement, je me suis senti heureux pour la première fois de ma vie, c’était complètement inattendu.
Que s’était-il passé ?

Qu’est-ce que le bonheur ?

Heureusement, j’ai depuis expérimenté plusieurs fois le bonheur.
Voici ce qui se passe quand je suis heureux:

  1. il s’agit d’abord d’un sentiment intérieur, il n’est pas lié à l’extérieur ni aux circonstances
  2. je me sens bien dans l’instant présent, le passé et l’avenir n’ont plus d’importance
  3. je n’ai plus de conflit intérieur ou de question qui m’obsède
  4. il n’y a ni euphorie ni excitation, c’est juste un état calme

Le bonheur, c’est un sentiment de paix intérieure, tout simplement.
Je me sens bien intérieurement même si tout va mal extérieurement.
C’est en général quand tout va bien extérieurement que je ressens ce sentiment, c’est pour cela que j’imagine que mon bonheur dépend des conditions extérieures.

Comment accéder au bonheur ?

Pour accéder au bonheur, il suffit d’arrêter de se faire du mal en pensant.
Je vais vous proposer quelques techniques par ordre décroissant d’efficacité.

Je tiens à préciser que la pensée positive ne fonctionne pas, parce qu’elle entretient les conflits intérieurs: si je dois penser comme ceci et pas comme cela, alors j’introduis de la culpabilité. Pour être heureux, il faut se débarrasser de la culpabilité.

La méditation

Je me mets dans une position confortable et j’essaye de faire le vide mental en ne m’accrochant pas à mes pensées: soit je me concentre sur ma respiration, soit je cherche d’où viennent mes pensées.
Il me faut en général 20 minutes pour commencer à avoir un mental calme.
Dans mon cas, après quelques mois de pratique, les pensées qui font mal ont pratiquement disparu et un état de bien-être durable s’est installé.

J’agis le plus spontanément possible

Cette technique est très difficile à mettre en oeuvre, mais elle est très efficace.
La grande difficulté est d’arrêter de juger mes propres actions, de m’accepter tel que je suis sans désir de changer quoi que ce soit (et c’est à ce moment-là que je change !).

Je concentre toute mon attention sur ce que je fais

Quand je me focalise à 100% sur ce que je fais, j’oublie presque tout le reste.
Cela fonctionne surtout quand je fais des choses qui me plaisent, qui sont nouvelles et dont je ne doute pas de l’utilité.
Cette technique fonctionne bien, mais elle ne dure que le temps où je reste concentré.

Je fréquente des individus qui ont beaucoup médité

J’ai entendu dire que cette technique fonctionnait, mais je n’ai pas croisé de méditant depuis plus de 20 ans.
D’après ce que j’ai compris, leur façon d’être suffit à calmer notre propre mental tant qu’on reste à leur contact.

Je dors

Dans le sommeil profond (sans rêve ni pensées), je suis parfaitement heureux.
Malheureusement, je n’ai aucune conscience de mon bonheur, et je retrouve mes problèmes à mon réveil ou même pendant mes rêves, donc cette approche est un peu pourrie.

Si c’est si simple, pourquoi je n’y arrive pas ?

C’est parce que je suis attaché à mes pensées, aussi douloureuses soient-elles.
Après tout, si je souffre, c’est que j’existe.
Mes pensées me permettent aussi de me définir: je suis comme ceci et comme cela.
Quand j’arrête de penser, je n’ai plus d’identification, je ne peux plus me catégoriser.

Si je commence à méditer, je sens bien que ça m’emmerde, que je ne suis pas productif.
Quand je ne fais rien, j’ai l’impression de ne servir à rien.
Et si je ne sers à rien, c’est que je ne vaux rien.
Je veux montrer à tout le monde ce dont je suis capable, alors pas question de rester là à ne rien faire.

Si j’essaye d’être spontané, je doute.
Avant de faire quelque chose: est-ce que je vais bien faire, est-ce que je suis parfaitement préparé ?
Après avoir fait: est-ce que j’ai mal fait, est-ce que je dois avoir honte ?
Je veux être parfait dans tout ce que je fais, je n’accepte pas ma médiocrité.

En réalité, même si j’aimerais bien être heureux, ce que je désire plus que tout, ce n’est pas du calme intérieur, mais du plaisir et de l’excitation.

En fait, je ne recherche pas vraiment le bonheur

Je me fous du bonheur, je veux réussir ma vie et éprouver du plaisir.
Je veux gagner plein d’argent pour montrer à tout le monde que j’en ai plus qu’eux (je suis jaloux de ceux qui en ont plus que moi).
Je veux avoir des amis pour me prouver que je suis quelqu’un qui peut être aimé.
Enfin, je veux avoir des sensations fortes pour sentir que j’existe.

Conclusion

Je vous ai expliqué ce qu’était le bonheur: c’est un état de paix intérieure.
Cet état peut être atteint quel que soit le lieu et la situation.
Je suis persuadé que le but de notre vie est d’être heureux ici et maintenant, mais je commence à croire que personne ne cherche vraiment à l’être.
Et maintenant, c’est à vous:

êtes-vous heureux ici et maintenant ?

Les Leçons du jeu vidéo (2ème partie)


Voici enfin le second chapitre des Leçons du jeu vidéo.
La première partie est disponible ici:
https://psychologieagile.wordpress.com/2013/06/23/les-lecons-du-jeu-video-1ere-partie/

Il m’a fallu pas mal de temps pour commencer cet article, parce que j’ai beaucoup de mal à trouver de l’intérêt dans mon passé, mais j’espère que cet article vous sera quand même utile.

Mon obsession technique

En fait, programmer des jeux n’était pas ma motivation principale.
Personnellement, je me foutais des jeux que je faisais, du moment que je me faisais plaisir techniquement.
Et ce qui me faisait vraiment plaisir, c’était de résoudre les problèmes dus aux contraintes des machines de l’époque.
Imaginez un ordinateur tournant à 1 mégahertz, avec 64 kilooctets de mémoire (n’importe quel ordinateur actuel est 3000 fois plus performant !).
Comment faire tenir un jeu tournant à 50 images par seconde avec aussi peu de mémoire ?

Curieusement, j’étais probablement le seul programmeur obsédé par cela.
Tous les autres programmeurs que je croisais faisaient des jeux vidéo parce qu’ils rêvaient d’en faire.
En général, leur niveau en programmation n’était pas terrible (il fallait juste que ça tourne), mais j’ai croisé quelques exceptions.
J’ai quand même transmis le virus de l’obsession technique à pas mal de mes collègues.

J’ai rencontré des gens admirables

Chez Titus, dans des conditions aussi dures de travail, ceux qui arrivaient à faire un bon jeu étaient vraiment des héros.
Deux individus m’ont particulièrement marqué chez Titus: Philippe Pamart et Jean-Michel Masson.
Il y en avait d’autres (par exemple Eric Zmiro), mais je ne suis pas resté assez longtemps pour les voir devenir bons.

Le monde du jeu vidéo est extrêmement petit, tout particulièrement en France.
Je vous recommande tout particulièrement de soigner vos relations, parce qu’on retombe fréquemment sur les mêmes personnes quand on change de compagnie.

Je quitte Titus

Je suis resté presque 3 ans chez Titus, dont une année à faire mon service militaire.

Il y a plusieurs raisons à mon départ de chez Titus.
La plus évidente était que j’en avais marre de cet environnement destructif (j’étais considéré comme une machine à pisser du code), et je commençais à aller très mal intérieurement.

Ensuite, les projets étaient particulièrement inintéressants, parce qu’il n’y avait pas grand chose à apprendre, surtout par manque de temps: il fallait finir à tout prix, quelle que soit la qualité.

Enfin, ma principale raison est ma rencontre avec Philippe Pamart, l’auteur de Titan.
Il avait indépendamment atteint un excellent niveau en optimisation en Z80, et a été très surpris par mon niveau.

Ce fut la première grande amitié de ma vie.
Nous avons quitté Titus ensemble, afin de faire des jeux.
Je l’ai hébergé chez ma mère, et nous avons travaillé en freelance pour Silmarils.
Je dois avouer que je l’ai aidé graphiquement à cette époque, à ma grande honte, je suis le graphiste de Windsurf Willy sur Amstrad.
Nous avions commencé à développer nos propres outils sur Z80, y compris notre propre OS: Theos.
Malheureusement, le PC s’est démocratisé et les consoles sont apparues, ce qui a tué l’intérêt de nos efforts.
Ma mère faisait pression pour que je trouve du travail, et j’ai dû lâchement abandonner Philippe.
Je regrette de ne pas avoir créé notre propre boîte de jeux.

S’en est suivi une période de doutes profonds: que devais-je faire ?
Devais-je continuer le jeu, alors que j’avais eu une expérience traumatisante ?
Devais-je faire autre chose, en sachant que je ne savais faire que du jeu et que je n’avais pas de diplôme ?

Je me remotive en me faisant plaisir

Suite à toutes ces expériences, j’étais complètement dégoûté de programmer.
Je ne voyais plus l’intérêt de faire des jeux, parce que techniquement, je n’avais plus rien d’intéressant à apprendre.

En fait, quand je programme, je n’ai pas le temps d’apprendre.
Quand je dois finir un jeu, je n’ai pas le temps de progresser en programmation, parce que je me focalise sur le résultat.

Pour progresser en informatique, je connais 2 façons de faire:

  • lire des livres techniques
  • programmer des choses nouvelles

Personnellement, je suis plutôt pratique que théorique, donc je préfère programmer plutôt que lire.
Mais je m’étais acheté « The Art of Computer Programming » de Donald Knuth, afin d’acquérir de solides bases.

Ensuite, j’ai cherché de nouveaux domaines de programmation, afin de sortir un peu du cadre du jeu vidéo.

A l’époque, il y avait un domaine qui semblait passionnant: les démos.
Une démo, c’est un spectacle sous forme de programme.
Si vous ne connaissez pas, je vous conseille ce site: http://pouet.net/
Un exemple de démo en 64K: http://pouet.net/prod.php?which=5

Comme je programmais sur Atari ST, j’étais fasciné par les démos Amiga.
Alors, j’ai commencé à regarder comment elles étaient programmées.
Leur code était plutôt pourri, mais l’Amiga avait un excellent hardware, ce qui compensait largement le niveau software.
Je me suis dit: si un type moyen peut faire ça sur Amiga, alors moi qui suis excellent, je peux faire la même chose sur ST.
J’avais un énorme complexe d’infériorité à l’époque !

Donc, sous le pseudo MCoder (Machine Coder), j’ai sorti plusieurs démos: le premier fullscreen en France, le package des Transbeauce Demos, la première démo en 3D pleine en 50 images par seconde, une compilation avec toutes les musiques de Madmax, entre autres.
J’ai connu une petite minute de gloire à l’époque.

Pour la démo en 3D, j’avais réuni les meilleurs programmeurs sur ST que je connaissais à l’époque: Ziggy Stardust (Vincent Penné), Algernon (Claude Levastre) et Zarathoustra (Pascal de France).
Nous avons travaillé sur la démo pendant plus d’un an (probablement presque 2 ans).
Le but ultime était d’écrire un moteur pour faire des jeux en 3D sur ST, mais il ne s’est pas réalisé.

Le monde de la démo m’a apporté pas mal de choses:

  • rencontrer des individus: étant très solitaire, j’avais besoin de contacts humains, j’ai croisé des individus dont je me sentais très proche
  • montrer ce dont j’étais capable: j’avais une obsession de ma valeur extérieure, de vouloir montrer mon niveau technique
  • progresser en informatique: apprendre et expérimenter de nouveaux domaines, sans chercher à produire à tout prix
  • satisfaire mon obsession du « beau » code: je pouvais passer un temps infini sur quelques lignes de programme, juste pour gagner une ou 2 instructions, je n’hésitais jamais à remettre en cause tout ce que je faisais

Conclusion

Quand je relis ce que j’ai écrit, je constate à quel point j’étais obsédé par la technique.
Je mesurais ma valeur personnelle en fonction de ma maîtrise technique, ce qui fait que j’ai toujours cherché à aller plus loin, à devenir meilleur.

Avec le recul, je vois bien que c’était très immature, mais en même temps, je n’avais rien d’autre dans ma vie.

Dans le prochain article, j’aborderai la période Ocean Software.