L’Acceptation


Pendant toute ma vie, j’ai cru que je pouvais décider de ma vie, que ce qui m’arrivait était de mon fait, et que ma volonté pouvait changer les choses.
Comme je voulais maîtriser ma vie, je voulais trier ce qui m’arrivait: virer tout ce qui est pourri pour ne garder que le meilleur.

Un jour, ma femme s’est retrouvée en fauteuil roulant.
Au début, je refusais cette situation, parce qu’elle était trop dérangeante.
Je n’osais en parler à personne et, comme cela me préoccupait, je n’avais plus la tête à mon travail.
Après des longs mois de silence, j’ai décidé d’en parler ouvertement à mes collègues, afin de relâcher un peu la pression qui m’étouffait.
Tout de suite, j’ai commencé à aller un peu mieux, mais je souffrais encore parce que, comme Caliméro, je trouvais la vie vraiment trop injuste.

Un jour, j’ai décidé d’accepter la situation telle qu’elle est, en acceptant que je ne pouvais rien faire maintenant et que réfléchir sur cette situation ne servait à rien.
Et là, tout a commencé à aller vraiment mieux, je me suis mis à évoluer intérieurement à un rythme incroyable.

Un peu de psychologie

L’acceptation est très importante en psychologie.
Il s’agit d’une étape du deuil, qui est le processus interne qui se produit quand une situation change.

La psychiatre suisse-allemande Elisabeth Kübler-Ross a observé 7 phases du deuil:

  1. le choc
  2. le déni
  3. la colère
  4. la tristesse
  5. la résignation
  6. l’acceptation
  7. la reconstruction

En réalité, chacune de ces étapes n’est qu’une conséquence des mécanismes de défense de mon ego.
Mon ego n’est pas ma personnalité, mais l’ensemble de mes identifications ou les croyances que j’ai à mon sujet, autrement dit l’image que j’ai de moi.

Qu’elles soient justes ou fausses, les identifications me limitent, parce qu’elles ne laissent place qu’à ce que je crois connaître de moi-même, et cette connaissance est très superficielle !

Une de mes identifications typiques est: « je suis quelqu’un de gentil »
Mais quand je commence à gratter un peu, je commence à percevoir les vraies intentions derrière mes actes, et je commence à réaliser que je ne suis pas aussi gentil que je le croyais.

En fait, j’étais peut-être le seul à croire que j’étais gentil.
Plus je m’accrochais à mon image de gentil, moins je supportais qu’on me démontre le contraire, et plus je me laissais manipuler par les individus qui jouaient sur mon désir de paraître gentil !
En réalité, je jouais le gentil, mais parfois j’agissais méchamment, de préférence sur les personnes proches de moi.
Plus je m’attache à un côté de ma personnalité, plus mon ego se renforce.

Maintenant, je ne suis ni gentil ni méchant, je suis juste moi-même.

Comment accélérer le processus de deuil ?

Le processus de deuil prend du temps.
Par exemple, le deuil de mon père m’a demandé plusieurs années.
Mais existe-t-il un moyen d’accélérer ce processus, afin qu’il devienne pratiquement instantané ?

Très honnêtement, il y a quelques années, j’aurais dit: non, chaque deuil prend un certain temps, et ça dépend de la difficulté du deuil. Un décès prend plus de temps qu’un licenciement, un licenciement plus qu’une coupe de cheveux, etc…

Maintenant, je suis persuadé que ce processus peut être instantané.

Comme je l’ai écrit au-dessus, le deuil dépend directement de l’ego.
Moins je m’identifie à ce que je pense être, et plus l’acceptation est facile.

Comment faire sauter les identifications ?

Faire sauter ses identifications est un travail extrêmement difficile.
Si je demande l’avis d’autres personnes, ils vont projeter un peu de leurs identifications sur moi, et je ne pourrais pas saisir les miennes (ou alors seulement les plus évidentes).

Je peux consulter quelqu’un qui a déjà fait ce travail

C’est la solution la plus facile quand j’ai de l’argent et peu de temps.
Je tiens à préciser qu’il est difficile de trouver quelqu’un de compétent pour vous aider.
D’après mon expérience personnelle, la psychanalyse, la sophrologie et la méditation fonctionnent assez bien.

Le danger est de tomber sur un charlatan.

Je peux le faire tout seul

Je peux faire de l’introspection.
Cela prend plus de temps, mais c’est gratuit et c’est ce que j’ai fait (j’ai quand même appris les bases en suivant une psychanalyse).

La technique la plus efficace que je connaisse est de regarder les défauts des autres.
Les défauts sont des qualités poussées à l’extrême, jusqu’à en devenir caricaturales.
Je regarde les défauts des autres, et là, j’ai 2 catégories de défauts:

  1. ceux qui ne me gênent pas
  2. ceux qui me gênent

Je perçois les autres à travers le miroir déformant de ce que je crois être.
Si j’étais parfait, je ne percevrais aucun défaut chez les autres.
Si je perçois quelque chose, ce sont mes propres identifications.
Certaines sont supportables (ce sont les défauts qui ne me gênent pas), et d’autres beaucoup moins !

Donc je prends un défaut qui me gêne, et je me focalise dessus, le temps qu’il faut.
Au début, je vois assez mal en quoi tel défaut me gêne.
Mais au bout de quelques jours, la compréhension devient de plus en plus claire.

Par exemple, si je me considère gentil, je peux être gêné par les « méchants », parce que je suis persuadé qu’il « faut » être gentil. C’est mal de ne pas l’être !
Je peux aussi être gêné par les « calculateurs », ceux qui agissent pour avoir quelque chose en échange. Cette attitude me confronte à ma propre malhonnêteté.
Enfin, je peux être gêné par les autres gentils, et plus particulièrement par ceux qui le sont plus que moi. Je suis jaloux, parce qu’ils me montrent que je suis loin d’être aussi idéal que je le pensais.

Une variante de cette technique est de regarder les événements qui me gênent dans ma vie.
L’identification tient ici au fait que je veux rester dans un environnement familier, donc je m’accroche à cet environnement et je refuse le changement.

Tant qu’il y a fierté, honte ou culpabilité, il y a identification.
Quand la fierté, la honte et la culpabilité disparaissent, les identifications disparaissent.

Les dangers de l’introspection sont de perdre toute spontanéité à force de rationaliser, de se perdre dans les méandres du moi en analysant chaque détail et enfin de renforcer l’ego à force de se focaliser dessus.

J’accepte sans condition

Il existe une technique encore plus efficace que l’introspection: l’acceptation sans condition, appelée aussi lâcher-prise.

Je tiens à prévenir que malgré sa grande simplicité, cette technique est extrêmement difficile.

Le principe est d’accepter sans juger ce qui m’arrive et sur lequel je n’ai pas de contrôle.

En reprenant l’exemple de ma femme, j’ai accepté le fait que je ne pouvais rien faire, et qu’il fallait que je patiente jusqu’à ce qu’une solution apparaisse.

Depuis, j’applique cette technique systématiquement dès que je constate que je n’ai aucun moyen d’action: j’accepte le fait de ne pouvoir rien faire, au lieu de m’agiter inutilement.
Je n’ai plus aucun problème puisque les problèmes viennent de mes identifications.

Les dangers de l’acceptation sont d’accepter par paresse des choses sur lesquelles je pourrais agir, et de négliger mon corps et mes ressentis.

Conclusion

L’acceptation, c’est d’abord l’acceptation de moi tel que je suis, sans vouloir changer quoi que ce soit.
Ensuite, c’est l’acceptation des autres tels qu’ils sont, sans vouloir les changer.
Enfin, c’est l’acceptation de ce qui m’arrive et sur lequel je ne peux rien faire maintenant.

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Les Leçons du jeu vidéo (4ème partie)


Voici le quatrième épisode de mes aventures dans le jeu vidéo, et comme d’habitude les leçons que j’en ai tirées.
L’épisode précédent est ici: https://psychologieagile.wordpress.com/2013/08/25/les-lecons-du-jeu-video-3eme-partie/

Récapitulatif

Après avoir fait quelques jeux à Ocean Software France, cette société a fermé, et je me suis retrouvé au chômage.
Le chômage était commun entre 2 emplois dans le jeu vidéo.

Les relations

A cette époque, un de mes seuls amis était Pascal de France.
C’était un démomaker perfectionniste, c’est à dire qu’il ne sortait rien parce que ce n’était jamais assez parfait.
Il connaissait pas mal de monde, et il m’a dirigé vers Nicolas Choukroun qui cherchait un développeur sur Super Nintendo.
La Super Nintendo, c’est un processeur 65C816, qui ressemble beaucoup au 6502, processeur sur lequel je suis un expert.

Nicolas Choukroun travaillait avec Laurent Cluzel (avec qui j’avais travaillé à Titus) sur la maquette du jeu Trashman, et avait signé avec Electronic Arts pour sortir Trashman avec Cryo.

Cryo

En 1992, Cryo venait d’être récemment créée, avec tous les membres d’Exxos (Rémi Herbulot, Philippe Ulrich, Didier Bouchon, parmi d’autres).
Au moment où je suis entré, cette société se développait à un rythme incroyable.
Il devait y avoir moins de 50 personnes quand je suis entré, et plus de 200 quand je suis parti.

Trashman

Techniquement, j’avais mis en place un moteur de jeu assez impressionnant pour ce jeu.
Il y avait des scènes cinématiques pendant le jeu, mais à fortiori, je pense que ça cassait trop le rythme du jeu.
Le gros problème est qu’il n’y avait pas de gameplay, parce que je passais mon temps à résoudre les problèmes techniques que ce jeu proposait.
Electronic Arts insistait beaucoup sur les milestones.
Je me souviens que les managers d’EA étaient venus en France pour valider une milestone, et j’avais démontré que techniquement tout était prêt, mais cela ne les a pas empêché d’arrêter le jeu.

Il n’y a rien de plus démoralisant que d’arrêter un jeu

Quel gâchis !

Et là, tout s’est effondré intérieurement pour moi.
J’allais mal depuis quelque temps déjà, suite aux efforts que j’avais fournis chez Titus et Ocean, au manque de vacances depuis des années et aussi parce que j’étais seul (je n’avais aucune relation intime à cette époque).
J’étais hyper-stressé et je ne m’en rendais pas compte.
Je m’identifiais totalement à mon rôle de finisseur de jeux: je menais mes projets à leur finition, et j’en étais fier.
Quand le jeu a été arrêté, j’ai fait un burn-out complet.
Je ne pouvais plus rien programmer sans des efforts incroyables.

Quand tout va mal, je ne dois pas hésiter à demander de l’aide

Je me suis retrouvé tout seul au fond de mon trou.
A ce moment-là, j’ai compris très clairement que je ne pourrais pas m’en sortir seul.
Comme je ne voulais pas me suicider, je suis allé voir un psychanalyste (ma mère disait: c’est pour les fous), je crois en juillet 1993.
Le psy m’a dit qu’il ne pouvait pas me prendre avant septembre, et je ne sais pas comment j’ai pu tenir 2 mois.

J’apprends à découvrir mon fonctionnement intérieur

Dès mes premières séances, la barre au niveau de mon diaphragme (indicateur de stress) a complètement disparu, et j’ai commencé à me sentir léger.
J’ai aussi compris que si je voulais m’en sortir, je devais changer complètement et que parler ne servirait à rien si je n’agissais pas dans ma vie.
A ce moment-là, j’avais tellement de problèmes que je devais déjà commencer à résoudre les plus simples, c’est à dire mes interactions avec les gens.

La psychanalyse m’a apporté 2 choses essentielles:

  1. j’ai appris à exprimer mes états intérieurs: je suis capable de décrire toutes mes émotions avec des mots
  2. j’ai commencé à découvrir mon fonctionnement intérieur: je croyais que je me connaissais bien, et j’ai réalisé que mon image intérieure et mon image extérieure étaient complètement différentes

Avec le recul, je suis sorti du burn-out quand j’ai accepté de faire le deuil de ma vision du travail.
Je pensais que ma seule valeur était celle de mon travail, et donc que je devais programmer beaucoup pour montrer ma valeur.
J’ai dû réapprendre à travailler avec plaisir, et ce n’est que tout récemment que j’ai accepté d’être enfin bienveillant envers moi-même.

Je ne vais pas trop m’étendre sur ma psychanalyse, parce qu’elle ne concerne pas le jeu vidéo, mais j’y reviendrai peut-être dans de futurs articles.

Je programme beaucoup mais…

Chez Cryo, j’ai bossé sur pas mal de jeux, exclusivement sur consoles Super Nintendo et Mega-CD.

Le jeu que je préfère de cette période est Super Dany (de Danone), que j’ai coprogrammé avec Pierre-Eric Loriaux (ex d’Ocean Sotfware, Michel Janicki avait aussi rejoint Cryo).
Pierre-Eric avait fait le jeu principal, et j’avais fait tout le reste (présentation, intermèdes -c’étaient des démos- et même un jeu en intermède).
Nous avons eu l’occasion de présenter le jeu à des enfants de journalistes, avec Cyrille Drevet, et ce fut globalement une belle expérience, même si le jeu n’est pas terrible.

J’ai aussi bossé sur Timecop, l’adaptation d’un film avec Jean-Claude Van Damme, et nous avons eu l’occasion d’aller voir le film en avant-première.
Pour Timecop, j’ai travaillé sur la version Super Nintendo avec Fabien Fessard, qui m’admirait parce qu’il m’avait croisé à la Transbeauce.
Je me souviens des nuits passées à convertir la musique faite par David de Gruttola (David Cage) sur le SPC700. Le SPC700 avait seulement 64 kilooctets de RAM, et je devais convertir des samples de plusieurs mégaoctets. A la fin, tous les instruments ressemblaient à des cymbales !

Pour Timecop sur Mega-CD, j’étais le lead-coder, et un jeune stagiaire du nom de Bruno Galet était le manager. Il est maintenant producer chez Ubisoft.
Timecop n’est jamais sorti sur Mega-CD non plus, alors qu’il était fini.

Je ne supporte plus que mes jeux ne sortent pas

Chez Cryo, la moitié de mes projets n’étaient pas sortis, alors j’ai décidé qu’il était temps de changer d’air.

Conclusion

Cryo a été pour moi une renaissance.
Cela faisait déjà 10 ans que je programmais des jeux, j’étais devenu un expert.
Suite à l’effondrement complet de mon modèle intérieur de travail, j’ai décidé de me focaliser sur autre chose que le travail et la technique: j’ai commencé à essayer de comprendre ce que je suis et pourquoi j’agis ainsi.

J’ai croisé à Cryo de très nombreux talents, et comme je me reconstruisais, je considère tous ces gens comme des membres de ma famille.

Merci Cryo !

Comment se comporter dans un conflit ? (première partie)


J’avais déjà écrit quelques articles sur le conflit:
https://psychologieagile.wordpress.com/2012/04/15/gestion-des-conflits-premiere-partie/
https://psychologieagile.wordpress.com/2012/04/30/gestion-des-conflits-seconde-partie/

Mais cette fois-ci, je vais vous décrire les différentes façons de se comporter lorsqu’on se trouve dans une situation difficile, ce qui me permettra de vous faire un petit cours de coaching.

La situation

Je suis en conflit direct avec un individu.
Que puis-je faire ?

Les 3 attitudes de base

Dans ce genre de situation typique, je dispose de 3 attitudes:

  1. je peux ne rien faire
  2. je peux fuir
  3. je peux accepter la confrontation

Avant d’aller plus loin, j’insiste sur le fait qu’aucune de ces 3 attitudes de base n’est meilleure que les autres !
Chacun préfère utiliser telle ou telle méthode, en fonction de son vécu.
Dans mon cas personnel, avant de commencer à travailler sur moi, j’étais un adepte de ne rien faire, et quand je n’en pouvais plus je fuyais. Confronter m’était absolument impossible !
Quand j’ai découvert la confrontation, je me suis mis à l’utiliser systématiquement, c’était jouissif au début mais aussi très fatigant. Plus je pratiquais la confrontation et plus le plaisir disparaissait, jusqu’à ce que ça devienne juste « normal ».

Maintenant, j’ai compris que ces 3 attitudes sont des attitudes normales, et qu’il faut simplement changer d’attitude en fonction de chaque situation.
Ce qui n’est pas normal, c’est de s’interdire une de ces 3 attitudes de base.
Parfois, je peux avoir l’impression que je ne peux pas utiliser une de ces 3 attitudes, mais c’est un problème de perception intérieure:

dans n’importe quelle situation, je suis libre de me comporter comme je veux.

Je vais maintenant entrer dans les détails de chaque attitude.

Ne rien faire

C’était de loin ma méthode préférée !
En fait, j’étais fier de ma capacité à supporter l’insupportable, sous prétexte de travailler sur mon ego. J’étais complètement maso !

Parfois, ne rien faire peut être une bonne solution, parce que je ne peux pas me battre à chaque conflit de ma vie, alors je préfère utiliser mon énergie seulement quand ça en vaut la peine.

Maintenant, ne rien faire est un exercice que je pratique pour mon développement personnel.
Non, je ne me force pas à supporter l’insupportable, mais cela m’aide à identifier mes limitations intérieures.
Je rappelle qu’il est très facile de découvrir les limitations des autres, mais très difficile de découvrir les siennes.

La technique est très simple à pratiquer:
dans une situation inconfortable, je regarde mes réactions intérieures, comme si j’étais le spectateur au lieu de l’acteur.
Pour être plus concret, je vais vous décrire mon processus intérieur.

Dans un premier temps, je constate un sentiment de panique intérieure: je me sens complètement impuissant à affronter la situation et je perds tous mes moyens.
Après environ 15 secondes, je constate que le sentiment de panique disparaît, et un sentiment d’inconfort prend le dessus.
Ensuite, je constate que des pensées apparaissent, mais c’est le bordel: tout un tas de vieilles situations d’échec me viennent à l’esprit simultanément.
Après quelques longs instants de malaise, je pense à respirer avec le bas du ventre.
Cela permet à mon cerveau de reprendre le contrôle, et il commence à me proposer des solutions.
En général, la première solution qui apparaît est la fuite, mais après quelques instants, d’autres solutions apparaissent: ce sont toujours de vieilles solutions que j’avais déjà utilisées dans d’autres situations, j’appelle cela des « solutions foireuses ».
Le cerveau n’étant pas un organe très rapide, les bonnes solutions n’apparaissent habituellement qu’après plusieurs heures, c’est à dire longtemps après que la situation soit passée.

Je tiens à signaler que ce processus est difficile à percevoir parce qu’il s’enchaîne très vite et surtout parce qu’il est très désagréable à vivre.
C’est désagréable à vivre par manque d’habitude, mais une fois que l’habitude est prise, ce processus est tout à fait naturel.

Apprendre à accepter mes pensées ou émotions « négatives » m’a permis de m’accepter tel que je suis.
Avant, je m’interdisais certaines pensées (par exemple, je ne m’autorisais pas à être agressif), c’est à dire que je refusais des parties de ma personnalité, et ce sont généralement les parties les moins flatteuses selon mes critères intérieurs « idéaux ». Curieusement, ce sont ces parties les moins flatteuses qui sont les vrais fondements de ma personnalité, qui font de moi l’individu unique que je suis.

Maintenant, avec la pratique, j’arrive à laisser défiler tous ces états intérieurs en quelques secondes, mais il m’arrive encore que ça accroche dans certaines situations.
Cette technique s’appelle la pleine conscience, et cela devrait être notre mode de fonctionnement normal.

Fuir

C’était ma deuxième méthode préférée, j’étais le roi de l’esquive.
Si toutes les autres approches ont échoué (ou si la situation est trop dangereuse), cette approche peut être efficace.

Elle ne devient inefficace que si je l’utilise systématiquement, ou alors quand je n’ose jamais utiliser la confrontation.
Le principal inconvénient de la fuite est que si j’ai fui le problème avant de l’avoir résolu, le problème va probablement se représenter sous une nouvelle forme.
A ce moment-là, je vais devoir résoudre le nouveau problème, et en plus faire face à l’échec des précédents.
Le courage que cela requiert devient de plus en plus grand, et je peux vous confirmer que le courage n’est pas infini !

Conclusion

Dans le prochain article, je détaillerai les différentes techniques utilisables pour la confrontation.

En attendant, je vous propose de pratiquer l’exercice de pleine conscience lors d’un conflit.
A votre prochaine situation de conflit, regardez ce qui se passe intérieurement, en essayant de percevoir les différents états intérieurs.
Ne sautez pas les étapes en essayant de trouver des solutions intellectuelles.
Regardez les émotions qui se manifestent: ne les jugez pas, elles sont normales.
Acceptez-les et essayez de tenir le plus longtemps possible jusqu’à ce qu’elles deviennent familières et que l’inconfort disparaisse.
Ne vous inquiétez pas si vous n’allez pas très loin, vous irez plus loin au prochain conflit.
Le courage, c’est juste cela !