Comment se comporter dans un conflit ? (première partie)


J’avais déjà écrit quelques articles sur le conflit:
https://psychologieagile.wordpress.com/2012/04/15/gestion-des-conflits-premiere-partie/
https://psychologieagile.wordpress.com/2012/04/30/gestion-des-conflits-seconde-partie/

Mais cette fois-ci, je vais vous décrire les différentes façons de se comporter lorsqu’on se trouve dans une situation difficile, ce qui me permettra de vous faire un petit cours de coaching.

La situation

Je suis en conflit direct avec un individu.
Que puis-je faire ?

Les 3 attitudes de base

Dans ce genre de situation typique, je dispose de 3 attitudes:

  1. je peux ne rien faire
  2. je peux fuir
  3. je peux accepter la confrontation

Avant d’aller plus loin, j’insiste sur le fait qu’aucune de ces 3 attitudes de base n’est meilleure que les autres !
Chacun préfère utiliser telle ou telle méthode, en fonction de son vécu.
Dans mon cas personnel, avant de commencer à travailler sur moi, j’étais un adepte de ne rien faire, et quand je n’en pouvais plus je fuyais. Confronter m’était absolument impossible !
Quand j’ai découvert la confrontation, je me suis mis à l’utiliser systématiquement, c’était jouissif au début mais aussi très fatigant. Plus je pratiquais la confrontation et plus le plaisir disparaissait, jusqu’à ce que ça devienne juste « normal ».

Maintenant, j’ai compris que ces 3 attitudes sont des attitudes normales, et qu’il faut simplement changer d’attitude en fonction de chaque situation.
Ce qui n’est pas normal, c’est de s’interdire une de ces 3 attitudes de base.
Parfois, je peux avoir l’impression que je ne peux pas utiliser une de ces 3 attitudes, mais c’est un problème de perception intérieure:

dans n’importe quelle situation, je suis libre de me comporter comme je veux.

Je vais maintenant entrer dans les détails de chaque attitude.

Ne rien faire

C’était de loin ma méthode préférée !
En fait, j’étais fier de ma capacité à supporter l’insupportable, sous prétexte de travailler sur mon ego. J’étais complètement maso !

Parfois, ne rien faire peut être une bonne solution, parce que je ne peux pas me battre à chaque conflit de ma vie, alors je préfère utiliser mon énergie seulement quand ça en vaut la peine.

Maintenant, ne rien faire est un exercice que je pratique pour mon développement personnel.
Non, je ne me force pas à supporter l’insupportable, mais cela m’aide à identifier mes limitations intérieures.
Je rappelle qu’il est très facile de découvrir les limitations des autres, mais très difficile de découvrir les siennes.

La technique est très simple à pratiquer:
dans une situation inconfortable, je regarde mes réactions intérieures, comme si j’étais le spectateur au lieu de l’acteur.
Pour être plus concret, je vais vous décrire mon processus intérieur.

Dans un premier temps, je constate un sentiment de panique intérieure: je me sens complètement impuissant à affronter la situation et je perds tous mes moyens.
Après environ 15 secondes, je constate que le sentiment de panique disparaît, et un sentiment d’inconfort prend le dessus.
Ensuite, je constate que des pensées apparaissent, mais c’est le bordel: tout un tas de vieilles situations d’échec me viennent à l’esprit simultanément.
Après quelques longs instants de malaise, je pense à respirer avec le bas du ventre.
Cela permet à mon cerveau de reprendre le contrôle, et il commence à me proposer des solutions.
En général, la première solution qui apparaît est la fuite, mais après quelques instants, d’autres solutions apparaissent: ce sont toujours de vieilles solutions que j’avais déjà utilisées dans d’autres situations, j’appelle cela des « solutions foireuses ».
Le cerveau n’étant pas un organe très rapide, les bonnes solutions n’apparaissent habituellement qu’après plusieurs heures, c’est à dire longtemps après que la situation soit passée.

Je tiens à signaler que ce processus est difficile à percevoir parce qu’il s’enchaîne très vite et surtout parce qu’il est très désagréable à vivre.
C’est désagréable à vivre par manque d’habitude, mais une fois que l’habitude est prise, ce processus est tout à fait naturel.

Apprendre à accepter mes pensées ou émotions « négatives » m’a permis de m’accepter tel que je suis.
Avant, je m’interdisais certaines pensées (par exemple, je ne m’autorisais pas à être agressif), c’est à dire que je refusais des parties de ma personnalité, et ce sont généralement les parties les moins flatteuses selon mes critères intérieurs « idéaux ». Curieusement, ce sont ces parties les moins flatteuses qui sont les vrais fondements de ma personnalité, qui font de moi l’individu unique que je suis.

Maintenant, avec la pratique, j’arrive à laisser défiler tous ces états intérieurs en quelques secondes, mais il m’arrive encore que ça accroche dans certaines situations.
Cette technique s’appelle la pleine conscience, et cela devrait être notre mode de fonctionnement normal.

Fuir

C’était ma deuxième méthode préférée, j’étais le roi de l’esquive.
Si toutes les autres approches ont échoué (ou si la situation est trop dangereuse), cette approche peut être efficace.

Elle ne devient inefficace que si je l’utilise systématiquement, ou alors quand je n’ose jamais utiliser la confrontation.
Le principal inconvénient de la fuite est que si j’ai fui le problème avant de l’avoir résolu, le problème va probablement se représenter sous une nouvelle forme.
A ce moment-là, je vais devoir résoudre le nouveau problème, et en plus faire face à l’échec des précédents.
Le courage que cela requiert devient de plus en plus grand, et je peux vous confirmer que le courage n’est pas infini !

Conclusion

Dans le prochain article, je détaillerai les différentes techniques utilisables pour la confrontation.

En attendant, je vous propose de pratiquer l’exercice de pleine conscience lors d’un conflit.
A votre prochaine situation de conflit, regardez ce qui se passe intérieurement, en essayant de percevoir les différents états intérieurs.
Ne sautez pas les étapes en essayant de trouver des solutions intellectuelles.
Regardez les émotions qui se manifestent: ne les jugez pas, elles sont normales.
Acceptez-les et essayez de tenir le plus longtemps possible jusqu’à ce qu’elles deviennent familières et que l’inconfort disparaisse.
Ne vous inquiétez pas si vous n’allez pas très loin, vous irez plus loin au prochain conflit.
Le courage, c’est juste cela !

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