Le Stress (nouvelle approche)


J’avais déjà écrit deux articles sur le stress (ici et ).

Ces deux articles proposaient notamment une méthode pour résoudre les problèmes de stress.

Ma compréhension des processus du stress a changé, aussi je vais essayer de vous décrire ce que j’ai compris.

Le stress, qu’est-ce que c’est ?

Maintenant, je considère que le stress résulte de la façon incorrecte dont nous traitons nos pensées.
Nous apprenons à acquérir des connaissances, un savoir-faire, mais personne ne nous explique comment traiter notre processus de pensée.

Les mythes qui encouragent le stress

Le premier mythe, c’est de croire que le stress vient de l’extérieur de soi

Personnellement, je croyais que le monde entier était la cause de mon stress et donc que la solution était à l’extérieur de moi.
En réalité, c’était moi qui créait mon stress: je suis le problème et sa solution.
Le stress est toujours auto-infligé.

Le second mythe, c’est de croire que c’est normal d’être stressé

Personnellement, j’utilisais le stress comme une mesure de valeur: plus je stressais, plus j’avais l’impression d’être actif.
J’étais même persuadé qu’il était important d’être stressé: comme j’avais été stressé à certains moments importants de ma vie, je croyais que stresser me rappellait mon importance.
En réalité, le stress détruit une grande partie de mes capacités intellectuelles.
Quand le stress devient chronique, mes amies « dépression » et « burn-out » s’installent.

Le troisième mythe, c’est de croire qu’on n’utilise que 10% de notre cerveau

Personnellement, je croyais qu’il fallait que j’utilise mon cerveau à 100% tout le temps.
En réalité, le cerveau est un outil tout pourri. Il ne peut traiter que peu d’informations et leur stockage est complètement aléatoire.
Si je veux développer certaines facultés de mon cerveau, je dois en sacrifier d’autres.

Quelques situations stressantes

J’ai beaucoup de choses à faire en même temps

Comme je veux montrer que je suis compétent, j’essaye de tout faire à la fois, et surtout de ne rien oublier.
A partir de 3 tâches complexes, mon cerveau est utilisé à 100%, donc une tâche de plus ralentit tout le reste ou fait perdre des informations (oubli).
Pourquoi est-ce que je me sens obligé d’en faire toujours plus ?
Et si je ne sais jamais dire « stop ! », est-ce que je me respecte ?

Je dois y arriver

Je veux montrer que je suis le meilleur, que je dois gagner ou que je dois absolument réussir.

Le stress apparaît lorsque l’objectif que je me suis fixé va occuper une partie de mes pensées.
Le stress disparaît lorsque l’objectif a disparu.
La meilleure solution est donc d’oublier l’objectif, mais comment faire quand l’objectif est ancré depuis longtemps ?

J’attends une chose sur laquelle je n’ai aucun contrôle

Comme je n’ai aucun moyen d’action, mon mental prend le pas et commence à imaginer ce qui pourrait foirer: et si, et si ?
Le nombre de combinaisons possibles augmente très rapidement.
Se préparer aux différentes possibilités n’est pas inutile, mais que ferais-je en cas de situation imprévue ?
Le fait d’avoir trop préparé peut m’empêcher d’agir de façon créative ou rationnelle.

Pourquoi est-ce que je tiens autant à maîtriser une situation incontrôlable ?

Je me pose des questions, je doute

Le fait de se poser des questions ou de douter prend beaucoup de bande passante continuellement dans le cerveau.

Penser est une activité normale et spontanée, mais comme elle s’auto-alimente, elle devient rapidement obsessionnelle.
Tant que je pense, je ne produis rien extérieurement. Quand je ne fais plus rien, c’est que ma pensée a pris trop d’importance.

Douter, c’est focaliser la pensée sur le passé (et si j’avais fait autrement ?) ou sur le futur (comment faire ?).
Le fait de douter est très addictif: je doute parce que j’envisage des situations.
Mais qui peut prédire l’avenir ?

J’essaye d’être parfait, je joue un rôle

Je ne suis pas satisfait de ce que je suis, alors j’essaye de paraître meilleur que je ne suis.
Comment pourrais-je être meilleur que moi-même ?
Si je me bats contre moi-même, qui gagne, qui perd ?
Est-ce que je pourrais être autre chose que moi-même ? Qui suis-je ?

Les solutions anti-stress qui ne fonctionnent pas

Je prends des vacances

Beaucoup de gens pensent que partir en vacances fait disparaître le stress, mais le stress est un mécanisme intérieur !
Prendre des vacances permet de penser à autre chose, mais ça ne dure que le temps des vacances.
Et comme un drogué, dès que la drogue redevient disponible, je récidive de plus belle à mon retour.
Utilisez vos vacances pour penser autrement, mais ne comptez pas sur elles pour résoudre votre stress.

Je bois de l’alcool ou je me drogue

L’intérêt de l’alcool et de la drogue est de ralentir la pensée.
Cet état n’est que temporaire et le retour à la réalité douloureux.
Comme mes pensées s’adaptent à cet état, je suis amené à me défoncer de plus en plus.

Je fais du sport ou de la relaxation

Il est vrai que le sport et la relaxation permettent d’accéder à un état de calme temporaire.
Mais si l’exercice n’est pratiqué que 2 ou 3 heures par semaine, l’état ne peut pas devenir durable.
D’après mon expérience, pour que ça fonctionne, il faut en faire au moins 30 minutes chaque jour et se reposer régulièrement tout au long de la journée.
Se fixer un objectif de résultat annule tous les bénéfices de l’exercice.

J’arrête passivement de penser

Par exemple j’écoute de la musique ou je regarde la télé.
Personnellement, j’appelais ça « se vider la tête ».
Mais en fait, je ne fais que remplir mon cerveau (qui est facile à saturer) par d’autres choses.
Quand le gavage disparaît, les pensées habituelles reviennent, coucou le stress !

Les méthodes qui marchent

Je réduis la quantité de choses à penser

La méthode la plus simple est de réduire le stockage, de garder de la place disponible dans le cerveau.

Je ne fais qu’une seule chose à la fois.
Je stocke tout ce que j’ai à faire dans une liste écrite.
Et surtout j’élimine dès que possible ce que je ne pourrais pas faire.

J’arrête activement de penser

La méditation est la seule technique vraiment efficace.
J’ai déjà expliqué les techniques de base: laissez aller vos pensées en vous concentrant sur la source de vos pensées ou sur la source de votre respiration.
Faites-en au moins 15 minutes par jour avant de vous coucher, et vous verrez les effets positifs en moins de 2 semaines.
L’effet devient réellement durable au delà de 30 minutes par jour.
Personnellement, je médite seul entre une et deux heures par jour, tous les jours depuis 2 ans. Un état stable s’est installé après 6 mois de pratique.

Je me concentre sur mon intérieur

Méditer est impossible pendant la journée.
La méthode la plus simple est de focaliser mon attention sur mon intérieur pendant la journée, de me rappeler à moi-même.
Au bout de quelques semaines, l’extérieur devient moins obsédant.

Conclusion

Le stress peut sembler venir de l’extérieur mais c’est un processus intérieur.
Plus mon cerveau est tourné vers l’extérieur ou sur mes interactions avec l’extérieur, plus je stresse.
Plus j’essaye d’être multitâche, plus je stresse.
Plus j’utilise mon cerveau, plus je stresse.

Comment réduire l’activité de mon cerveau alors que tout m’encourage à l’augmenter ?

Quelques nouvelles


ScrumDay

Je viens juste d’apprendre que mon atelier « Agilité et Développement Personnel » n’a pas été retenu pour le ScrumDay 2014.
Comme le thème de cette année est « Agilité et Culture Produit », il est clair que mon atelier ne va pas du tout dans cette direction. J’aurais probablement dû plus insister sur l’aspect « aide au changement individuel et organisationnel » qui est juste un effet de bord de mon approche.

Le thème de mes prochains articles

Si vous me suivez depuis longtemps, vous avez dû constater que je descends toujours plus bas dans la compréhension de l’être humain.
Je vais maintenant aborder le thème des identifications, qui permet de comprendre l’individu à tous les niveaux, aussi bien à un niveau microscopique (bien en dessous de la psychanalyse, si si !) qu’à un niveau macroscopique (groupe et organisation).
Je suis plus intéressé par les mécanismes au niveau individuel, mais tous les autres niveaux sont très faciles à déduire, une fois qu’on a compris les concepts de base. Bon, c’est vrai que ça m’a pris 20 ans à comprendre, mais je n’ai jamais rien vu sur ce thème, à part dans le bouddhisme !

Le développement personnel

Le concept d’identification permet de mieux comprendre les individus, et notamment soi-même.
La compréhension de ce concept mène automatiquement au développement personnel, bien plus efficacement que de suivre une méthode comme la PNL, l’Analyse Transactionnelle ou même le Yoga, qui me semblent très limités parce que basés sur des identifications.
Ceux qui me côtoient ont probablement remarqué les changements profonds chez moi depuis quelques mois, tout cela s’est fait sans aucun effort, simplement en faisant disparaître mes identifications.
J’espère que j’aurais l’occasion d’expliquer ce concept sous forme de jeux dans des ateliers, plutôt que sous forme d’articles sur ce blog.

Mots croisés

J’ai gagné pour la deuxième fois consécutive le concours de mots croisés de la revue Games Magazine (ils en font 2 par an).
Le problème était de faire tenir le maximum d’états américains dans une grille 13*13, avec la contrainte qu’on pouvait placer entre 1 et 3 lettres dans chaque case.
Le programme sur lequel je travaille depuis de nombreuses années m’a permis de trouver près de 50000 solutions avec 43 mots. En voici une:
states
Enfin, par jeu, je me suis mis à améliorer les grilles d’Eric Angelini.

La pensée magique


Dans cet article, je vais vous présenter la pensée magique et expliquer ses dangers.

Introduction

Comme d’habitude, Wikipedia propose un article intéressant.

Je ne suis pas d’accord avec l’idée qu’il s’agit d’un symptôme d’immaturité ou de déséquilibre psychologique, parce que la pensée magique est partout.

Voyons les différents types de pensées magiques.

La pensée positive

Le principe est: « si je pense positivement, il va m’arriver des choses positives ».

Personnellement, je suis résolument contre cette approche, parce qu’elle fait beaucoup plus de mal que de bien.
Voici ses dangers:

  1. je vais refuser mes pensées négatives.
    Refuser mes pensées négatives est le meilleur moyen de les renforcer, et c’est notamment comme cela que les névroses se développent.
    Je l’ai vécu parce que je me forçais à être « gentil », et je n’admettais pas mes comportements non « gentils ».
    Plus j’intériorise mes pensées, plus je les renforce. Et plus j’extériorise mes pensées, plus je les atténue.
    C’est le principe de base de la confession ou de la psychanalyse.
  2. si je me force à croire que je vais bien alors que je ne vais pas bien, je vais me mettre en conflit avec moi-même.
    Chacun de mes mensonges accroit ma culpabilité intérieure.
    Cela est particulièrement visible chez les pessimistes qui se forcent à être optimistes.
  3. le positif et le négatif sont des critères subjectifs.
    Ce que je considère négatif peut être positif pour quelqu’un d’autre.
    Par exemple, si mes parents meurent, je peux me sentir effondré ou à l’inverse je peux être content de toucher l’héritage.

En réalité, ma pensée et la réalité sont séparées.
La meilleure approche est: j’accepte mes pensées telles qu’elles sont, sans les juger, et j’essaye de les exprimer pour éviter qu’elles ne se renforcent.

La méthode Coué

Le principe est: « plus j’y crois, plus j’ai des chances d’y arriver ».

Voici les dangers de cette approche:

  1. si je n’y arrive pas, je vais croire que je n’ai pas mis assez de volonté, donc il faut que je désire encore plus fort.
    C’est une croyance très répandue, souvent transmise au niveau familial.
    Les individus qui ne supportent pas la frustration sont souvent dans ce cas.
  2. quand mon énergie faiblit, je vais me reprocher mon manque de volonté.
    Cela va entraîner une spirale de dépréciation de moi-même: je n’y arrive pas, donc je n’ai pas assez de volonté, donc je suis une merde.

En réalité, la volonté et la réussite sont séparées.
La meilleure approche est: je fais de mon mieux quelque chose qui me plaît, et avec un peu de chance je vais y arriver. Si je n’y arrive pas, au moins j’aurais fait un truc qui m’a plu.

La superstition

Le principe est: « si je fais telle action, je vais avoir tel résultat ».

L’exemple typique est: « en suivant exactement cette méthode, je vais réussir ».
Voici les dangers:

  1. si j’échoue, je vais me dire que je n’ai pas été assez strict donc je vais essayer encore plus fort, ou à l’inverse, je peux rejeter la méthode en déclarant que « c’est de la merde ».
    Comme j’essaye de trop bien faire, je n’adapte pas l’esprit de la méthode à mon problème.
  2. si je réussis, je vais associer ma réussite au fait d’avoir suivi la méthode.
    Je vais suivre tout un tas de rituels (culte du cargo), parce qu’ils vont sûrement m’aider à réussir, c’est magique !

En réalité, la réussite et l’application d’une méthode sont séparées, sinon un régime parfait pour maigrir existerait.
La meilleure approche est: j’essaye de percevoir mes superstitions afin de ne pas en être dupe.

Les croyances

Les superstitions font partie des croyances.
Le principe est: « je crois que mon bonheur, ou autre chose, dépend de tel facteur ».

Par exemple:

  • je serais plus heureux si je gagnais plus d’argent
  • on ne peut pas réussir sans efforts
  • le bonheur, c’est ma famille
  • le bonheur, c’est d’avoir une maison
  • le bonheur, c’est facile quand on a du pognon
  • celui qui n’a pas une Rolex à 50 ans a raté sa vie
  • mes parents ont divorcé à cause de moi

Ce sont de fausses identifications, elles sont très difficiles à éliminer parce qu’il faut pouvoir les détecter.
Certaines croyances sont partagées par beaucoup de monde, d’où la difficulté de les détecter.

Relisez mes article sur êtes-vous bienveillant et sur le bonheur.
La meilleure approche est: j’essaye de percevoir mes croyances afin de ne pas en être dupe.

La projection dans le futur

Le principe est: « dans quelque temps, tout va aller bien pour moi ».

L’exercice est généralement pratiqué avec de la visualisation:
« projetez vous dans un futur proche, et imaginez que tout va bien pour vous »

J’ai pratiqué cette technique et constaté qu’elle ne fonctionne pas.
Le danger est de viser un résultat trop précis, de créer une attente.
Je recommande d’imaginer un état intérieur « positif » (par exemple: « je vais essayer d’être plus calme »), et de ne pas s’en vouloir si on ne l’atteint pas. Même si ça ne sert à rien, ça ne peut pas faire de mal !

Les bonnes résolutions

Le principe est: « j’ai décidé de changer ».

Par exemple: « cette année, j’ai décidé de maigrir et de faire du sport ».
Donc je prends un abonnement d’un an au club de sport, et je vais suivre le dernier régime à la mode.

Si je dois me forcer, je ne tiendrai pas longtemps, parce que mon énergie disparaît rapidement quand je perds l’intérêt pour quelque chose.
La meilleure approche est de ne pas prendre de résolution.

Conclusion

En fait, derrière la pensée magique, il y a plusieurs mécanismes importants.

Le premier est que je refuse la réalité telle qu’elle est.
Je fuis l’instant présent en pensant au passé ou au futur.
Le présent est toujours très éloigné de ce que je voudrais.
Comment arriver à l’accepter tel qu’il est ?

Le second est que je refuse d’envisager l’échec.
Pourtant, ce sont les échecs qui ont construit ma personnalité actuelle.
Et c’est le fait de tirer les leçons de mes échecs qui font que je ne reproduis pas les mêmes erreurs encore et encore.
Comment viser de petits échecs ?

Le troisième est que j’accorde trop d’importance à mes pensées.
Penser n’est ni « bien » ni « mal » (ça ne veut pas dire que je dois réaliser tous mes fantasmes !) et je dois chercher à équilibrer pensée, parole et action. Si je pensais moins, je ferais plus.
Comment ne pas être dupe de mes pensées ?