La pensée magique


Dans cet article, je vais vous présenter la pensée magique et expliquer ses dangers.

Introduction

Comme d’habitude, Wikipedia propose un article intéressant.

Je ne suis pas d’accord avec l’idée qu’il s’agit d’un symptôme d’immaturité ou de déséquilibre psychologique, parce que la pensée magique est partout.

Voyons les différents types de pensées magiques.

La pensée positive

Le principe est: « si je pense positivement, il va m’arriver des choses positives ».

Personnellement, je suis résolument contre cette approche, parce qu’elle fait beaucoup plus de mal que de bien.
Voici ses dangers:

  1. je vais refuser mes pensées négatives.
    Refuser mes pensées négatives est le meilleur moyen de les renforcer, et c’est notamment comme cela que les névroses se développent.
    Je l’ai vécu parce que je me forçais à être « gentil », et je n’admettais pas mes comportements non « gentils ».
    Plus j’intériorise mes pensées, plus je les renforce. Et plus j’extériorise mes pensées, plus je les atténue.
    C’est le principe de base de la confession ou de la psychanalyse.
  2. si je me force à croire que je vais bien alors que je ne vais pas bien, je vais me mettre en conflit avec moi-même.
    Chacun de mes mensonges accroit ma culpabilité intérieure.
    Cela est particulièrement visible chez les pessimistes qui se forcent à être optimistes.
  3. le positif et le négatif sont des critères subjectifs.
    Ce que je considère négatif peut être positif pour quelqu’un d’autre.
    Par exemple, si mes parents meurent, je peux me sentir effondré ou à l’inverse je peux être content de toucher l’héritage.

En réalité, ma pensée et la réalité sont séparées.
La meilleure approche est: j’accepte mes pensées telles qu’elles sont, sans les juger, et j’essaye de les exprimer pour éviter qu’elles ne se renforcent.

La méthode Coué

Le principe est: « plus j’y crois, plus j’ai des chances d’y arriver ».

Voici les dangers de cette approche:

  1. si je n’y arrive pas, je vais croire que je n’ai pas mis assez de volonté, donc il faut que je désire encore plus fort.
    C’est une croyance très répandue, souvent transmise au niveau familial.
    Les individus qui ne supportent pas la frustration sont souvent dans ce cas.
  2. quand mon énergie faiblit, je vais me reprocher mon manque de volonté.
    Cela va entraîner une spirale de dépréciation de moi-même: je n’y arrive pas, donc je n’ai pas assez de volonté, donc je suis une merde.

En réalité, la volonté et la réussite sont séparées.
La meilleure approche est: je fais de mon mieux quelque chose qui me plaît, et avec un peu de chance je vais y arriver. Si je n’y arrive pas, au moins j’aurais fait un truc qui m’a plu.

La superstition

Le principe est: « si je fais telle action, je vais avoir tel résultat ».

L’exemple typique est: « en suivant exactement cette méthode, je vais réussir ».
Voici les dangers:

  1. si j’échoue, je vais me dire que je n’ai pas été assez strict donc je vais essayer encore plus fort, ou à l’inverse, je peux rejeter la méthode en déclarant que « c’est de la merde ».
    Comme j’essaye de trop bien faire, je n’adapte pas l’esprit de la méthode à mon problème.
  2. si je réussis, je vais associer ma réussite au fait d’avoir suivi la méthode.
    Je vais suivre tout un tas de rituels (culte du cargo), parce qu’ils vont sûrement m’aider à réussir, c’est magique !

En réalité, la réussite et l’application d’une méthode sont séparées, sinon un régime parfait pour maigrir existerait.
La meilleure approche est: j’essaye de percevoir mes superstitions afin de ne pas en être dupe.

Les croyances

Les superstitions font partie des croyances.
Le principe est: « je crois que mon bonheur, ou autre chose, dépend de tel facteur ».

Par exemple:

  • je serais plus heureux si je gagnais plus d’argent
  • on ne peut pas réussir sans efforts
  • le bonheur, c’est ma famille
  • le bonheur, c’est d’avoir une maison
  • le bonheur, c’est facile quand on a du pognon
  • celui qui n’a pas une Rolex à 50 ans a raté sa vie
  • mes parents ont divorcé à cause de moi

Ce sont de fausses identifications, elles sont très difficiles à éliminer parce qu’il faut pouvoir les détecter.
Certaines croyances sont partagées par beaucoup de monde, d’où la difficulté de les détecter.

Relisez mes article sur êtes-vous bienveillant et sur le bonheur.
La meilleure approche est: j’essaye de percevoir mes croyances afin de ne pas en être dupe.

La projection dans le futur

Le principe est: « dans quelque temps, tout va aller bien pour moi ».

L’exercice est généralement pratiqué avec de la visualisation:
« projetez vous dans un futur proche, et imaginez que tout va bien pour vous »

J’ai pratiqué cette technique et constaté qu’elle ne fonctionne pas.
Le danger est de viser un résultat trop précis, de créer une attente.
Je recommande d’imaginer un état intérieur « positif » (par exemple: « je vais essayer d’être plus calme »), et de ne pas s’en vouloir si on ne l’atteint pas. Même si ça ne sert à rien, ça ne peut pas faire de mal !

Les bonnes résolutions

Le principe est: « j’ai décidé de changer ».

Par exemple: « cette année, j’ai décidé de maigrir et de faire du sport ».
Donc je prends un abonnement d’un an au club de sport, et je vais suivre le dernier régime à la mode.

Si je dois me forcer, je ne tiendrai pas longtemps, parce que mon énergie disparaît rapidement quand je perds l’intérêt pour quelque chose.
La meilleure approche est de ne pas prendre de résolution.

Conclusion

En fait, derrière la pensée magique, il y a plusieurs mécanismes importants.

Le premier est que je refuse la réalité telle qu’elle est.
Je fuis l’instant présent en pensant au passé ou au futur.
Le présent est toujours très éloigné de ce que je voudrais.
Comment arriver à l’accepter tel qu’il est ?

Le second est que je refuse d’envisager l’échec.
Pourtant, ce sont les échecs qui ont construit ma personnalité actuelle.
Et c’est le fait de tirer les leçons de mes échecs qui font que je ne reproduis pas les mêmes erreurs encore et encore.
Comment viser de petits échecs ?

Le troisième est que j’accorde trop d’importance à mes pensées.
Penser n’est ni « bien » ni « mal » (ça ne veut pas dire que je dois réaliser tous mes fantasmes !) et je dois chercher à équilibrer pensée, parole et action. Si je pensais moins, je ferais plus.
Comment ne pas être dupe de mes pensées ?

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4 réflexions sur “La pensée magique

  1. Heu….arrivée sur votre site de lien en lien….je ne suis pas de votre univers gamer, je ne ressens pas d’extase à faire des calculs improbables, je déteste la psychanalyse (préfère la psychothérapie), je réfléchi sans penser que je le fais…. Bref, nos deux univers ne sont vraiment pas sur la même couche de millefeuille (c’est comme ça que je me représente les différents modes de vie des Hommes)…mais j’ai adoré vos articles, votre vision de la vie, de la réussite, .
    Auj c vous la petite bulle positive avant que je ne me lève….
    Bravo !! Je vous souhaite d’être lu pas tous.
    naThalie

    • Bonjour Nathalie,

      Merci !
      Curieusement, j’ai très peu de retour sur ce que j’écris ici, mais plusieurs personnes m’ont dit que c’était « intéressant ».
      J’avoue que je ne sais pas ce que ça signifie…

      Je suis en train de préparer des articles sur le développement personnel depuis plusieurs mois, mais le processus de maturation d’écriture est très long parce que le sujet est difficile à aborder de manière simple et surtout objective.
      Ca ne devrait plus tarder.

  2. Bonjour,
    Je découvre ce site à l’instant. J’ai souffert (et encore un peu à ce jour) de TOC pensée magique mais je ne retrouve nulle part « mon cas » si peut être dans superstissions. J’ai peur qu’il arrive malheur à quelqu’un que j’Aime (bien sûr) parce que j’ai pensé à un truc (il va lui arriver du mal puisque j’ai pensé au mal) et je faisais des rituels mentaux pour une pensée intrusive négative d’une demi seconde = 1/2 heure voire plus de liste dans ma tête. On me parle je n’écoute pas car si j’intérrompts le processus je dois recommencer à zéro.
    A ce jour grâce à mon psy, à ma volonté, j’ai grandi dans ma tête je n’ai plus beaucoup de peurs et j’arrive à les apprivoiser. J’ai gâcher des années de ma vie : rendu mon fils momentanément fou (toc question/réponse faut qu’on me réponde 4 ou 5 fois jusqu’à temps que je pense neutre) j’ai été battue momentanément par mon fils (j’ai compris que c’était son moyen de me dire : maman je n’ai que Toi redeviens Normale) il était jeune et ce cauchemar a duré des années, j’ai perdu amoureux et boulot !!!
    L0 je commence ma jeune vieillesse ça ressemble au paradis puisque j’ai connu l’Enfer.
    Merci de ma dire quelle est la place de la pensée magique dans un TOC

    • Bonjour Jackie,

      En fait, vous avez 2 processus simultanés: la pensée magique et le désir de contrôle.

      La pensée magique se manifeste quand on croit que penser va changer la réalité.
      J’ai décrit le processus dans l’article.

      Le TOC se manifeste par le désir de contrôle.
      Notamment, l’obsession de ne rien oublier (« je dois penser à tout »).
      Décrire le mécanisme n’est pas très important, puisqu’il est grandement lié à la façon dont chacun construit son monde intérieur.

      Le travail sur le TOC se fait:
      1) en essayant de réduire la quantité de données manipulée par le cerveau. Typiquement, cela s’obtient en notant tout ce qu’il y a à faire dans un agenda et surtout en rayant tout ce qui est écrit des tâches actives dans le cerveau. Par exemple, si j’ai noté quelque chose, je n’ai plus besoin d’y penser. Le cerveau, c’est un peu comme Internet, quand il y a beaucoup de données, il est complètement saturé.
      2) en s’autorisant à oublier et à faire des erreurs. Les TOC viennent du fait qu’on veut être parfait, qu’on ne veut rien oublier et qu’une catastrophe va se produire si on a oublié quelque chose.
      3) en acceptant que pratiquement tout est hors de notre contrôle. Très honnêtement, c’est très difficile, parce que chacun croit qu’il peut changer par sa volonté. Une fois qu’on comprend qu’on ne peut pas changer soi-même, tout devient très simple.
      4) en regardant le processus de pensée en tant que spectateur et non acteur. Etre spectateur de nos pensées implique qu’on est détaché, et cet état s’appelle la méditation (ce n’est pas un état inactif où on reste assis sans bouger !). Les américains appellent cela « mindfulness », mais c’est en réalité l’état de méditation.

      J’espère que ma réponse vous parlera et vous encouragera à observer vos mécanismes intérieurs.
      N’hésitez pas à me questionner si mes réponses ne vous paraissent pas claires.

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