Comment éliminer mes identifications ?


Je vais aborder maintenant un thème qui m’est cher: comment éliminer mes identifications ?
Relisez mes articles précédents pour savoir ce que sont les identifications.

Je vais décrire quelques techniques et vous proposer une approche originale.

La méditation

La méditation permet de canaliser le flux des pensées mais ne permet pas de me débarrasser des identifications dans ma vie de tous les jours.
Personnellement, je pratique la méditation depuis longtemps et j’atteins des états très profonds, mais lorsque je retourne à la réalité, mes identifications reviennent.

La pensée

Dans une certaine mesure, la pensée positive peut me permettre de soulager un peu ma souffrance, mais l’origine de ma souffrance est justement mon système de pensée. La pensée positive reste trop superficielle pour me changer profondément.
Je tiens à signaler qu’analyser mon système de pensée ne sert à rien non plus, parce que cela montre que je veux contrôler mes pensées, ce qui est absolument impossible !

La parole

Lorsque j’ai suivi ma psychanalyse, j’ai cru que je pouvais travailler sur mes identifications en parlant de mes problèmes.
C’est vrai que ça soulage, parce que les identifications les plus douloureuses sont assez faciles à exprimer, et les dire à haute voix me permet de prendre du recul.
Mais ce processus requiert que quelqu’un d’expérimenté m’écoute (donc c’est payant), et quand je parle je crée de nouvelles identifications, c’est un cercle sans fin.

L’action

En fait, une méthode bien connue existe depuis longtemps: l’action désintéressée.

Le principe de l’action désintéressée est très simple:

j’agis sans m’attacher aux fruits de mes actions

L’action désintéressée est la base même du Karma Yoga.
Je ne vais pas aborder ici les aspects métaphysiques du Karma Yoga mais expliquer comment pratiquer l’action désintéressée.

Qu’est-ce que l’action désintéressée ?

Tout d’abord, j’insiste sur le fait qu’agir de manière désintéressée ne signifie pas travailler gratuitement !
Toute peine mérite salaire, donc je demande à être payé de mes efforts, et je n’attends pas que mon travail soit fini pour demander.

Ensuite, je ne dois pas me forcer pour agir de manière désintéressée.
Si je me force, c’est que je m’imagine que je dois agir de la « bonne » façon.
Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise façon, il faut « simplement » agir en pleine conscience.

L’action désintéressée est d’abord une attitude.

Personnellement, quand j’ai commencé à pratiquer cette attitude, je me suis rendu compte que toutes mes actions étaient intéressées et je me suis senti super mal à l’aise.
Ce malaise est tout à fait normal parce qu’il y a une différence entre ce que je crois être et ce que je suis vraiment.
Une fois que j’ai accepté cette différence, ce malaise a disparu.

Dans mon cas personnel, je faisais beaucoup de choses pour faire plaisir aux autres, même si ça ne me faisait pas plaisir: je voulais être accepté.
J’étais aussi obsédé par le résultat, alors je vivais très mal l’échec.

Maintenant, je vais expliquer comment pratiquer cette attitude.

Je me débarrasse de l’idée de réussir

Je vois bien que je veux réussir, et pas échouer.
Je peux d’ailleurs parler longuement de mes réussites.

En réalité, mon moteur principal est la peur d’échouer.
Tant que je suis obsédé par la réussite, je suis aussi obsédé par l’échec.
A cause de ces obsessions, je peux avoir peur à la fois de réussir et d’échouer en même temps.

Pour atténuer cette obsession de la réussite, la meilleure technique est simplement d’accepter l’échec, les anglais diraient « embrace failure ».

Ca a l’air facile à dire, mais le refus de l’échec est profondément ancré en moi, et l’acceptation ne passe pas par une réflexion intellectuelle.
Si je commence à réfléchir sur mes actions, je ne suis plus dans l’acceptation, je suis dans la rationalisation, dans la justification et dans le contrôle.

J’accepte l’échec autant que la réussite.
Je ne rejette ni la réussite ni l’échec, parce que je vois que cela ne dépend pas de moi: tout un tas de facteurs peuvent m’amener à la réussite ou à l’échec, et je ne contrôle que très peu de ces facteurs (même si je me plais à croire le contraire).
De plus, il y a sûrement de bonnes leçons à retenir de l’échec si j’y survis, ce qui est rarement le cas avec la réussite.
Quand j’accepte l’échec, je ne le prends plus personnellement et je ne dépense pas mon énergie à chercher des coupables.

Je me débarrasse de l’idée que ma valeur dépend de mon travail

Je vois bien que je me sens supérieur à certaines personnes grâce à mon travail, tout particulièrement si je déteste ce que je fais.

Ma valeur dépend directement de la valeur de mon travail.
Si je fais un travail que je pense valorisant, alors je suis quelqu’un de valeur.
Je veux devenir riche ou célèbre, ainsi ma valeur sera bien visible à tous.
Mais si j’étais ruiné ou oublié, je me sentirais comme la dernière des merdes.

J’accepte que ma valeur personnelle ne soit pas mesurable.

Même si je ne fais rien, j’ai de la valeur, bien que je ne perçoive pas celle-ci.
J’aimerais bien gagner 1 million d’euros par an, mais ça ne changerait pas ma valeur personnelle, même si ça me simplifierait énormément la vie !

Je ne cherche pas la reconnaissance ni l’acceptation des autres

Quand j’agis, j’espère l’attention d’autrui, par exemple: « tu as bien fait » ou « qu’est-ce que tu es beau/fort/intelligent ! » ou « tu es mon meilleur ami ».

Quand je demande directement cette attention et qu’on me la donne, je sens bien que ça sonne faux.
L’attention devrait venir spontanément, mais elle n’arrive que très rarement.

En réalité, je m’accepte tellement peu que je cherche cette acceptation à l’extérieur de moi.
Je construis beaucoup d’identifications avec, et c’est pour cela que c’est fragile: tout peut s’effondrer dès que quelqu’un critique mes identifications.

Quelque part, j’espère trouver quelqu’un qui m’accepte, même si ce que je fais est difficile à accepter.

J’accepte le fait que je n’aurai pas de retour sur mes actions.
Quand je commence à abandonner l’acceptation extérieure, je commence à me libérer de l’emprise des autres.
Je développe ma curiosité et ma motivation intrinsèque, et surtout j’arrête d’être dépendant affectivement de mes actions.
Je ne suis plus touché par les critiques des autres ou leur rejet.

Je me débarrasse de la fierté de faire

Quand j’agis, je veux me sentir fort parce que je sais faire.

Dès que c’est possible, je vais m’en vanter à tort et à travers, même si ça soule les autres, je suis fier de mon savoir.
Ou alors je feins l’humilité, en espérant que quelqu’un s’aperçoive de mes compétences. Si quelqu’un s’en rend compte, j’en suis tout fier mais je le cache.
En réalité, je tiens à projeter une image de compétence.

J’accepte mon incompétence autant que ma compétence.
Je m’autorise à savoir mais aussi à ne pas savoir.
Tant que je suis fier de savoir, j’aurai honte de ne pas savoir.

Comment pratiquer l’action désintéressée

Quand je pratique correctement l’action désintéressée, j’agis sans ressentir ni fierté ni honte, c’est à dire sans me juger.
D’ailleurs la fierté ou la honte sont de bons indicateurs que quelque chose cloche.

A chacune de mes actions, j’essaye de percevoir quel en est le but: est-ce que je veux réussir, est-ce que je veux me donner de la valeur, est-ce que je cherche l’acceptation des autres ou alors est-ce que je veux prouver ma compétence ?

Je regarde très honnêtement la raison de mes actions sans me mentir, sans me justifier et sans vouloir changer d’attitude.
Plus ça fait mal, plus je suis en train de tomber juste et plus je dois me contenter de regarder ce qui se passe parce que je suis en train de me juger.
L’acceptation est difficile, mais quand elle est complète, le changement apparaît spontanément et sans effort.

Conclusion

L’action désintéressée me permet de changer d’attitude, en m’aidant:

  • à arrêter de m’identifier à mes actions
  • à devenir moins exigeant autant envers les autres qu’envers moi-même
  • à arrêter de me poser des questions inutilement douloureuses, comme « qu’est-ce que je fous là ? » ou « quel est le but de ma vie ? »

Mais je dois être vigilant parce que je peux:

  • me sentir supérieur aux autres parce que je pratique l’action désintéressée
  • me détacher de mon travail, alors que ce travail me permet de gagner ma vie
  • fuir mes responsabilités, sous prétexte de me détacher

L’action désintéressée est l’attitude la plus efficace pour réduire le stress.
Je vous expliquerai comment aller encore plus loin dans un prochain article.

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Pourquoi les articles sont plus rares en ce moment


Si vous suivez ce blog depuis longtemps, vous avez dû remarquer que je postais des articles plus rarement en ce moment.

J’ai plusieurs raisons pour cela.

La complexité des sujets que j’aborde

Tout d’abord, je dois dire que les sujets que je présente sont très difficiles à décrire simplement.
La difficulté réside dans le fait de trouver le bon angle d’attaque pour que l’idée soit claire.
En plus, le thème que je veux développer (les identifications) touche à toutes les structures de l’individu, il y a même une partie métaphysique !
Vous comprendrez mieux une fois que j’aurai tout expliqué.

Mes loisirs

En ce moment, je passe pratiquement tout mon temps libre à calculer des grilles de mots croisés.
J’ai commencé un calcul qui va me demander plusieurs mois, et j’espère publier les résultats dans quelques revues américaines.

Les problèmes de la vie

Je suis comme tout le monde: les tracas de la vie quotidienne me prennent du temps.
Mon plus gros actuellement est que ma mère devient sénile, ce qui signifie qu’elle doit être suivie par des professionnels.
Malheureusement, cela coûte cher, alors je cherche des solutions.