Comprendre et accepter


Cela fait déjà quelques articles que je parle d’identifications et j’ai encore loin d’avoir fini.

Mais le concept des identifications peut vous sembler très abstrait et vous vous demandez peut-être: « mais à quoi ça sert ? »

Je vais essayer de répondre à cette question en vous décrivant les différentes étapes du travail sur les identifications.

Je cherche à comprendre l’autre

Dans la première étape, j’apprends à observer les identifications de l’autre.
Observer les identifications de l’autre m’aide à mieux le comprendre.

Chaque individu a ses propres identifications, mais certaines identifications sont génériques à certains « rôles ».
J’y reviendrai dans mon prochain article.

Je perçois 3 dangers à la compréhension de l’autre:

  1. la compréhension intellectuelle est limitée. Même si je passe toute ma vie sur une seule identification, je n’aurai jamais fini de l’épuiser.
  2. si je cherche à comprendre l’autre, c’est dans le secret espoir de pouvoir le contrôler. Ce désir de manipulation est difficile à faire disparaître surtout si je connais bien les mécanismes intérieurs, parce que j’ai l’impression d’être supérieur à l’autre.
  3. enfin, j’ai le secret espoir de changer l’autre. Cet espoir va créer une frustration parce que je ne peux changer personne.

Lors de cette première étape, je développe ma capacité à me mettre à la place de l’autre et je commence à regarder les mécanismes intérieurs plutôt que les mécanismes extérieurs.

Je cherche à me comprendre

Dans la seconde étape, j’apprends à observer mes propres identifications.
Observer mes propres identifications permet de mieux me comprendre.
Les identifications que je perçois chez les autres sont similaires aux miennes.
Elles sont difficiles à découvrir parce que je baigne dedans depuis longtemps.

Je perçois 2 dangers à la compréhension de soi:

  1. la compréhension intellectuelle est limitée. Je pourrais rester toute ma vie à m’analyser en passant à côté de mes plus grosses identifications (mais ça ne dérangerait pas trop mon psy).
  2. j’ai le secret espoir de me changer. L’illusion de changer va être confortée par le fait qu’en acquérant de nouvelles habitudes, j’aurai l’impression de changer profondément. En réalité, ce genre de « changement » n’est que superficiel et ne dure pas longtemps (cf les régimes ou même les méthodologies agiles).

Lors de cette étape, je remets en cause mes certitudes parce que je constate que j’utilise les mêmes mécanismes que les autres.

Je cherche à m’accepter

Dans l’étape suivante, j’apprends à m’accepter tel que je suis, sans désir de changer et sans vouloir maîtriser ce que je suis.
Observer mes propres identifications me permet de découvrir de nouvelles facettes inattendues de ma personnalité.

Je perçois 3 dangers à l’acceptation de soi:

  1. je peux créer un faux sentiment d’acceptation de moi si je me sens supérieur aux autres. L’acceptation de moi ne dépend pas des autres.
  2. je peux croire que je peux arriver à m’accepter en me forçant. L’acceptation de moi se fait sans effort. Tant qu’il y a de l’effort, c’est que je ne m’accepte pas.
  3. je peux croire que j’accepte mes identifications à un moment donné, mais mes identifications sont toujours temporaires. Dès qu’elles ne correspondent plus à la réalité, je vais en souffrir.

Lors de cette étape, je commence à lâcher prise intérieurement parce que j’accepte de ne pas pouvoir comprendre.
Je laisse tomber mes qualités et mes défauts et je m’accepte dans mon imperfection.
Quand je m’accepte tel que je suis, le changement apparaît, mais je ne peux pas me forcer à m’accepter !

Je cherche à accepter l’autre

L’étape finale est d’accepter l’autre tel qu’il est, sans chercher à le changer ni à le comprendre.
Observer les identifications de l’autre me permet de mieux l’accepter.
Personnellement, il m’a fallu 20 ans pour arriver à ce niveau, et je n’ai pas encore complètement fini !

Accepter l’autre tel qu’il est implique de laisser tomber toutes mes identifications.
Par exemple, je n’attends pas que l’autre réponde à mes désirs ou corresponde à mon idéal.

Je perçois 2 dangers à l’acceptation de l’autre:

  1. je peux croire que je dois accepter n’importe quoi, n’importe comment. Si l’autre abuse, j’ai le devoir de lui dire qu’il abuse.
  2. je peux croire que je peux me forcer à accepter l’autre. L’acceptation de l’autre se fait sans effort.

Lors de cette étape, je commence à lâcher prise extérieurement. Je laisse tomber les qualités et les défauts des autres et je les accepte dans leur imperfection.
Quand j’accepte l’autre tel qu’il est, le changement apparaît.

Conclusion

Les quatre étapes décrites ci-dessus représentent la progression dans le travail sur les identifications.

Dans les deux premiers niveaux, j’observe les identifications pour comprendre ce qui se passe.
Dans les deux derniers niveaux, j’observe les identifications pour accepter ce qui se passe.

Ces étapes ne se produisent pas forcément dans cet ordre, mais j’utiliserai cet ordre pour la suite de mes articles.

Je vais me concentrer sur la compréhension des individus en entreprise.
Dans le prochain article, je décrirai les identifications des patrons.

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