L’Advaïta Védanta (1ère partie)


Je ne peux pas aborder le développement personnel sans décrire l’Advaïta Védanta que je pratique depuis 3 ans.

Dans la première partie, je vais faire une introduction à l’Advaïta, et dans la seconde je décrirai ma pratique.
Dans ces deux articles, je vais aller bien au delà de la psychologie.

Mon vécu

Mon père était très croyant, alors il nous a forcés, mon frère et moi, à suivre des cours de catéchisme tous les mercredi.
Il a juste réussi à me dégoûter de la religion et à me rendre complètement athée.
Je ne crois pas en Dieu.

Quand j’ai commencé à faire mon travail sur moi suite à un burn-out massif, j’ai dû apprendre à m’ouvrir aux autres.
J’ai fait pas mal d’expériences plus ou moins loufoques: fumette, bouddhisme, yoga, chakras, magnétisme, conchyliothérapie, sophrologie, gestalt, focusing, remontée dans les vies antérieures, etc…

Mais je me sentais toujours très seul. Ce sentiment était encore plus exacerbé quand je me trouvais en groupe: j’avais l’impression de ne pas être à ma place.

Les expériences irrationnelles

J’aime la logique et, jusqu’à récemment, je croyais que tout était rationnel.
Certaines expériences m’ont fait comprendre a posteriori les limites du modèle rationnel.

A 14 ans, je me suis fait opérer de l’appendicite.
J’ai eu la sensation de regarder mon corps d’une certaine hauteur.
Le lendemain, l’infirmière m’a dit qu’elle avait eu très peur parce que je ne me réveillais pas de mon anesthésie générale. Elle avait passé un quart d’heure à me pincer pour me faire revenir.

A 30 ans, je fumais pas mal de pétards avec mes amis de Cryo.
J’ai expérimenté divers états de transe, mais aussi quelques bad trips.
Je me souviens notamment d’un week-end passé à Amsterdam avec des amis, et à notre retour, le monde semblait tellement agressif.

A 32 ans, pendant une séance de sophrologie, j’ai expérimenté un état de présence sans aucune pensée pendant 30 minutes.
J’ai compris à ce moment-là que la psychanalyse ne m’aiderait pas à résoudre mes problèmes parce que je pensais déjà beaucoup trop et que la cause de mes problèmes était justement mes pensées.

Peu de temps après, je me suis mis à pleurer toute une nuit de tout mon corps sans aucune raison.
J’ignore ce qui s’est passé, mais j’ai probablement éliminé beaucoup de choses cette nuit-là.

En 50 ans d’existence, ce sont mes seules expériences irrationnelles intéressantes.

Les lectures

J’ai lu beaucoup de livres sur la spiritualité.
Les lectures qui m’ont le plus parlé sont les Upanishads et la Bhagavad Gita.

Très honnêtement, 99% des auteurs en spiritualité que j’ai lus sont des charlatans (pour citer quelques noms: Osho et T. Lobsang Rampa).

Un an après avoir commencé ce blog, j’ai découvert « Qui suis-je ? » de Ramana Maharshi, qui est un manuel pratique d’advaïta.

Advaïta signifie « non-dualité », c’est à dire: tout n’est qu’une seule chose.

Ramana Maharshi explique que la réalité est illusoire, et qu’il existe deux façons de le vérifier:

  1. la dévotion: il suffit de considérer que tout est Dieu. C’est le principe du jaïnisme, qui a inspiré Gandhi. Tout se remplit progressivement de Dieu. C’est l’approche extérieure.
  2. la recherche du Soi: qui suis-je ? Tout ce qui est faux disparaît progressivement. C’est l’approche intérieure.

Le « Qui suis-je ? » m’a profondément interpellé, alors je me suis dit qu’il fallait que j’essaie.
Etant athée, le chemin de Dieu me paraissait impossible.
Donc il me restait la pratique de l’enquête, que je vous décrirai dans le prochain article.

Les bienfaits de l’Advaïta

Je n’ai pas encore décrit la pratique, mais elle a profondément changé ma façon d’être:

  • la paix intérieure est apparue. La culpabilité intérieure et la violence extérieure ont disparu.
  • un sentiment de bonheur constant est apparu. Il se manifeste notamment par une joie constante, sans motif.
  • une très grande spontanéité s’est installée. Il n’y a plus de calcul dans la majorité des actions et des pensées.
  • l’ennui a disparu. Je peux attendre plusieurs heures sans rien faire ni m’ennuyer.
  • je suis en mode « acceptation », c’est à dire que je m’adapte aux situations sans en souffrir. C’est de l’agilité pure !

Les maîtres de l’Advaïta

Je ne connais que 3 « vrais » maîtres de l’advaïta, et ils sont tous morts:

  1. Ramana Maharshi, dont je pratique l’enseignement
  2. Nisargadatta Maharaj, dont l’enseignement ressemble beaucoup à celui du zen
  3. Ramesh Balsekar, qui fut directeur de Bank of India, dont l’enseignement est plutôt jaïn, mais il parle beaucoup de programmation

Et non, je ne suis pas un maître.

Il existe un courant de néo-advaïta, issu des Etats-Unis, représenté notamment par Gangaji, Adyashanti et Eckhart Tolle.
Je vous déconseille ce mouvement qui est beaucoup trop commercial à mon goût.

Le chemin vers le Soi se pratique seul, n’espérez pas que quelqu’un vienne faire le travail à votre place.

Conclusion

L’Advaïta est une philosophie non-dualiste.

Dans le prochain article, je décrirai la pratique qui consiste en l’élimination des fausses identifications.

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7 réflexions sur “L’Advaïta Védanta (1ère partie)

  1. Bonjour,
    Je suis votre blog depuis quelque temps, je suis tombé sur cet article intéressant et quelque chose m’a interpellé.
    Vous dites : « J’ai compris à ce moment-là que la psychanalyse ne m’aiderait pas à résoudre mes problèmes parce que je pensais déjà beaucoup trop et que la cause de mes problèmes était justement mes pensées. »
    Mais le vedanta n’est-il pas justement une voie intellectuelle dans laquelle on travaille en se posant des questions, en réfléchissant,…bref, en pensant ?

    • Bonjour Jean,

      Le problème de la psychanalyse, c’est qu’elle encourage la réflexion sur soi, et je dois avouer que c’est super addictif. Il n’y a pas vraiment de fin à ce questionnement perpétuel, parce qu’on trouve toujours quelque chose de nouveau en creusant n’importe quel événement de notre vie, vu qu’on le regarde sous un angle différent à chaque fois. D’ailleurs, cela donne un sentiment de richesse à ce que nous avons vécu, mais la contrainte c’est qu’il faut beaucoup de temps pour analyser un seul événement. Par exemple, le deuil de mon père m’a pris plusieurs séances, et j’aurais pu y passer plusieurs années si j’avais voulu (mon psy n’était pas contre !).

      Quant à l’Advaïta Védanta, c’est juste un système philosophique. Ici, je parle plutôt de Jnana Yoga, qui est le yoga de la connaissance.

      Dans le Jnana, le processus est différent. Il y a bien une utilisation de l’intellect, mais pour questionner cet intellect, pour le remettre en cause.
      Au bout d’un certain temps (ou d’un temps certain), ce questionnement fait « bugger » le processus intellectuel, c’est à dire que le système s’arrête momentanément. Tout d’un coup, on s’aperçoit que l’intellect a sa vie propre, il est complètement indépendant des pensées et du corps, puisque le corps continue de bouger, de parler et d’avoir des émotions (j’avoue que je ne comprends pas trop non plus comment c’est possible, mais je laisse faire), et les pensées continuent d’arriver.
      Et l’intellect n’a plus besoin de traiter tout cela comme il le faisait avant.

      Tout d’un coup, tout se calme intérieurement, le stress disparaît complètement et une grande paix intérieure apparaît.
      Ceci ne peut être compris intellectuellement, seulement expérimenté, mais c’est évident quand on le vit.
      Ensuite, il y a d’autres étapes, notamment chez moi, l’observation de comment la pensée surgit et comment le mental s’en empare.
      C’est très subtil, mais je le perçois de manière très claire maintenant, c’est pour cela que je partage mon travail sur ce blog.

      Dans mon cas particulier, le deuil de ma femme m’a permis de voir pleinement ces processus: le corps est super triste, les pensées arrivent (et en général, elles sont autodestructrices) et le mental est calme.

      Malheureusement, je ne peux pas le décrire de manière plus simple, mais j’ai essayé de vous communiquer le sentiment ressenti.

      Chaque individu est unique et doit trouver sa façon d’arriver à cette paix intérieure, aussi je vous recommande de chercher d’où viennent vos pensées (qui pense ?), ou alors de regarder votre processus intérieur (qui suis-je ?), ou alors de regarder comment votre respiration se forme (qui respire ?), ou alors de regarder votre corps agir sans le contraindre (qui bouge ?), etc…
      Comme vous pouvez le voir, il y a plein de méthodes, mais elles demandent de s’y tenir et de s’y appliquer constamment en l’intégrant dans notre vie, et pas comme un régime qu’on fait 2-3 semaines et qu’on abandonne parce que c’est pénible.
      J’avoue que je suis encore loin du but final, mais le peu que j’ai réussi à obtenir change déjà tout.

      N’hésitez pas à me questionner si quelque chose ne vous paraît pas clair.

      Jean-Charles

      • Merci pour votre réponse soignée.

        Si je comprends bien, c’est un peu comme une autodestruction du mental.

        Sinon, pour la pratique (même si j’ai lu votre 2ème article), je suppose que l’on doit quotidiennement réserver certains créneaux pour pratiquer le questionnement. Car si nous le faisons constamment, outre la perte de spontanéité, nous allons contre le principe que la plupart des voie défendent qui est de se trouver le plus souvent possible dans le moment présent, et donc de ne plus travailler avec le mental.

      • Il s’agit en effet d’arrêter le mental, parce que je ne vois pas comment on peut le « détruire ».

        Pour la pratique, au début, il vaut mieux méditer, donc se focaliser entièrement sur le « Je ». Personnellement, je fais ça pendant les transports en commun. Au bout de 2-3 semaines, l’état de méditation commence à persister quelques heures, au sortir de la méditation.
        C’est à ce moment-là qu’il faut se focaliser sur le « Je » pendant la journée.

        Curieusement, se focaliser sur le « Je » fait complètement jaillir la spontanéité, puisque le mental n’intervient plus.
        Par exemple, dans une situation conflictuelle, quelqu’un utiliserait son mental pour trouver des solutions, et serait donc limité par ce qu’il s’autorise intérieurement, ou plus exactement ce qu’il ne s’interdit pas.
        Quand on enlève le mental, le corps continue de bouger et d’être parfaitement naturel, plus aucun effort n’est fait.
        Il n’y a plus aucune limitation intellectuelle, donc les actions deviennent complètement naturelles, et les conflits apparaissent comme ce qu’ils sont: simplement des désaccords, qui peuvent être résolus de manière créative (par exemple, se mettre en colère publiquement, ou faire de l’humour, ou négocier, etc…).
        Je dois avouer que c’est très surprenant les premières fois, mais après on s’habitue.

        Et au contraire, ce travail d’arrêt du mental force « ce que je suis » à être complètement dans le présent.
        C’est vraiment très proche de la méditation zen, sauf qu’on utilise le « Je » comme un mantra, cela permet notamment de pratiquer dans la vie de tous les jours, contrairement au zen où il faut se dédier entièrement.
        A un certain niveau, le mantra « Je » disparaît, et le japa https://fr.wikipedia.org/wiki/Japa devient silencieux, mais il faut quelques années pour y arriver.
        Les progrès sont faciles à percevoir intérieurement, et sont là pour encourager le pratiquant.
        Par exemple, le cerveau devient brusquement disponible à 100%, ce qui fait que tout ce qui polluait la tête disparaît à tout jamais. C’est un vrai choc.

  2. Merci.

    « Au bout de 2-3 semaines, l’état de méditation commence à persister quelques heures, au sortir de la méditation. »
    Il faudrait déjà que je parvienne à cela. Et pourtant, cela fait bien plus que 3 semaines que je pratique. Plutôt des mois !

    • Dans ce cas, je vous conseille de pratiquer momentanément autre chose.
      Pour ma part, l’advaïta m’a parlé directement, mais j’ai testé plein d’autres trucs:
      – la psychanalyse, qui m’a aidé à me débarrasser de mon passé
      – le magnétisme, qui m’a donné les bases de l’énergie
      – la sophrologie, qui m’a fait découvrir mon corps et les premiers états de conscience (et notamment mon premier arrêt du mental)
      – la vie, avec l’acceptation de ma situation qui a été difficile
      – l’advaïta, que je pratique sous forme de Jnana (connaissance) et Karma (action désintéressée)

      Essayez un peu la sophrologie, ça devrait vous faire du bien.
      Et si vous sentez que vous bloquez encore et que vous pouvez passer sur Paris, on peut déjeuner ensemble, je devrais pouvoir vous aider un petit peu.

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