L’Advaïta Védanta (2ème partie)


Voici mon deuxième et dernier article sur l’Advaïta.
Je vais décrire comment pratiquer l’Advaïta.

Cet article peut sembler philosophique, mais il ne l’est pas du tout.
Tout est au premier degré, il n’y a pas de sens caché.

Après 3 ans de pratique, je peux confirmer environ 60% de ce que je vais décrire, mais tous les lecteurs vont probablement me prendre pour un fou.

Dans l’Advaïta, il n’y a pas de notion d’éveil, ou de chakras, ou d’énergie, ou de réincarnation, ou de vie antérieure, ou d’âme, ou alors de karma, en fait c’est au-delà de tout concept.

Les bases

Advaïta signifie non-dualité, donc tout n’est qu’une seule chose, que certains appellent Dieu, Conscience, Allah ou Parabrahman.

Le monde que je perçois est à la fois réel et illusoire.
Le monde est réel tant que j’utilise mes sens et ma pensée.
Mais il devient illusoire quand je n’utilise plus ni mes sens ni ma pensée.

Il est impossible de comprendre facilement l’illusion du monde, mais il existe deux approches: la dévotion ou la connaissance de Soi.
Ces deux approches semblent différentes, mais elles mènent au même but: découvrir ce que je suis.

La dévotion ou « bhakti »

Cette méthode est très simple à formuler: « tout est Dieu ».
Bien évidemment, Dieu n’est pas un individu, Dieu est la totalité de ce qui est perçu et non perçu.
Tout ce qui est manifesté est Dieu, autant le « bien » que le « mal ».
Les autres et moi-même sommes une partie de Dieu.
Dieu est à l’origine de mes pensées et de mes actions.
En prenant ce chemin, je m’en remets à Dieu, donc j’accepte de lâcher prise et de me laisser porter par la vie.
C’est le chemin du cœur, de l’humilité et de la non-violence.

Personnellement, je ne crois pas en Dieu, je ne suis pas du tout humble et j’avais du mal à lâcher prise, alors je préfère la deuxième approche.

La connaissance de Soi ou « jnana »

La connaissance de Soi est l’approche par le cerveau, et elle est l’exact opposé de la première approche: « rien n’existe ».
Le but est de découvrir ce que je suis, et cela s’obtient en éliminant les fausses identifications.

Mais avant de décrire cette approche, je vais expliquer ce qu’est la méditation.

La méditation

La méditation, ce n’est pas s’asseoir avec de la musique douce ou avec des odeurs parfumées.
La méditation, c’est la focalisation sur la source de ce que je suis, sans m’attacher à mes pensées.
Cette source a deux formes: la pensée ou la respiration.
Quand je focalise mon attention sur la source de ma pensée, je médite.
Quand je focalise mon attention sur la source de ma respiration, je médite.

En théorie, je pourrais méditer toute la journée dans ma vie quotidienne.
En pratique, la méditation s’arrête dès que je commence à m’attacher à mes pensées.

La pratique de base

Je pratique la méditation trois fois vingt minutes par jour, toujours en position assise.
Quand je médite, je commence par éliminer intellectuellement mes identifications:

  1. je ne suis pas ce corps
  2. je ne suis pas cet esprit
  3. je ne suis pas cette individualité

Et je me concentre sur la source du « Je ».
Qui suis-Je ?
D’où vient la pensée ?

Le principe est de prendre de la distance par rapport à mes pensées.
Oui, il y a des pensées, mais d’où viennent-elles ?
Non, je ne peux pas arrêter mes pensées, mais je peux voir qu’elles apparaissent spontanément, et à vrai dire, de manière anarchique et incontrôlable.
Je ne cherche pas à arrêter le flux, juste à en être le témoin neutre.

La pratique avancée

Bon, c’est bien gentil de méditer une heure par jour, mais il y en a 23 autres chaque jour.

La pratique avancée, c’est d’appliquer la méditation lors des actions quotidiennes.
Il y a 3 axes de travail: le corps, l’esprit et l’individualité.

Le corps

Bien évidemment, j’ai un corps.
Ce corps a besoin de manger et de dormir, et il aime se faire plaisir.

Tournons la problème autrement: je vois mon corps bouger, mais quel est le processus qui fait que ce corps bouge ?
Quelle est l’origine de mes mouvements ?
Plus j’essaye de contrôler mon corps, plus je constate que mes mouvements deviennent saccadés et non naturels.
Mon corps peut pourtant bouger de manière naturelle quand je n’interviens pas intellectuellement.
Il me suffit « simplement » de regarder ce corps bouger, et de constater que les mouvements de ce corps ne sont pas dépendants de mes pensées, et ceci est évident quand je perçois le processus de mes pensées.
En réalité, les pensées sont très lentes et ne peuvent pas gérer assez vite mon corps.

L’esprit

Bien évidemment, j’ai un cerveau et des pensées.
Mes émotions sont de la même nature que mes pensées.
En fonction de mes pensées, je peux me sentir plus ou moins heureux.

Tournons le problème autrement: je perçois mes pensées, mais quelle est l’origine de ces pensées ?
Je ne peux pas arrêter mes pensées mais je peux en devenir témoin avec un peu d’habitude.
Au début, je n’ose pas regarder mes pensées, parce que c’est surtout de la merde qui remonte, c’est à dire tout ce que j’ai refoulé depuis longtemps et que je n’assume pas.
Au fur et à mesure que j’accepte mes pensées, je commence à percevoir leur processus plus nettement.
Les pensées sont là, prononcées par une voix intérieure dans mon cas personnel.

Quelle est la source de cette pensée ?
Il me suffit « simplement » de me fixer sur l’origine du « Je ».
Qui pense ? Qui suis-je ?
La source du « Je » est la source des pensées.
En réalité, mon cerveau est comme une antenne radio: il capte les pensées qui apparaissent en fonction du réglage, et cela devient évident quand je médite.

L’individualité

Bien évidemment, je suis un individu.
Je perçois un « Je » en opposition avec les « autres ».

Tournons le problème autrement: je perçois mon individualité, notamment dans la façon dont je veux avoir raison.
Mais d’où vient la perception de cette individualité ?
Personnellement, je ne peux pas vous aider à ce niveau-là.

Conclusion

Dans le chemin de la dévotion, tout est Dieu et ma volonté s’efface devant la volonté de Dieu.

Dans le chemin de la connaissance, j’accepte ce que je suis et j’essaye de découvrir la source du « Je ».
Qu’est-ce qui décide ? Qu’est-ce qui agit ? Qu’est-ce qui pense ?

Cherchez la source de votre « Je », en vous focalisant sur l’origine de votre respiration ou l’origine de vos pensées.

Quel que soit le chemin, vous découvrirez que le monde est absolument parfait tel qu’il est, et que vous vous trouvez exactement à la meilleure situation possible en ce moment-même, aussi misérable ou agréable qu’elle puisse paraître.
Ceci est l’acceptation.

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