La vie continue


Je suis surpris du nombre de personnes qui m’ont manifesté leur soutien, et je tenais à les remercier ici.

Aussi surprenant que cela puisse paraître, je ne suis ni effondré, ni inconsolable, ni dépressif, ni joyeux d’ailleurs.
J’ai simplement accepté les morts de ma femme et de ma mère.
Bien sûr, je pleure parfois quand je pense à ma femme, mais ça ne me rend pas malheureux.
Quant à ma mère, j’avais déjà fait la paix avec elle depuis quelques années.

J’ai vécu 18 ans avec ma femme, dont 8 en fauteuil roulant, et elle m’a fait découvrir au début le vrai amour et à la fin la vraie tristesse, mais ma vie continue.
J’ignore quelle direction elle va prendre, mais j’aimerais bien revivre une autre relation amoureuse.
En tout cas, j’ai déjà commencé à me débarrasser de tous les objets de ma femme: vêtements, bijoux, photos, etc…

Paradoxalement, ces dernières semaines, j’ai passé beaucoup de temps à réconforter les gens autour de moi.

Ces personnes viennent vers moi, parce que les mécanismes de deuil que j’ai décrits existent aussi dans leur situation:

  • une rupture amoureuse ou un divorce
  • la déchéance physique ou Alzheimer
  • le chômage
  • et dans une moindre mesure, une réorganisation du travail qui semble moins favorable

Tous ces mécanismes sont les mêmes qu’en cas de deuil, simplement moins violents.
C’est facile d’accepter le changement quand il est positif, mais dès que le changement ne semble pas positif, l’acceptation devient subitement insurmontable.

Malheureusement, il n’y a pas de méthode simple pour accepter les changements de situation.
Tout dépend de la résistance que chacun oppose à la réalité perçue.

Faire tomber cette résistance est le travail que j’ai pratiqué ces 20 dernières années, mais ça ne commence à fonctionner que depuis 4 ans, avec ma découverte de l’Advaïta Vedanta.

Ce travail, c’est simplement d’apprendre à dissocier les pensées du mental.

Les pensées, ce sont ces idées qui apparaissent spontanément dans la tête.
Le mental, c’est l’outil qui s’empare de ces pensées et qui les tourne dans tous les sens, tout particulièrement quand il n’y a pas de réponse simple.

La méditation permet de réaliser que les pensées sont incontrôlables mais que le mental peut être calmé, ce que je vis continuellement depuis 4 ans.

Chercher à contrôler ses pensées ou tenter de calmer le mental en réfléchissant est absolument impossible !

Je rappelle les techniques fondamentales:

  • apprenez à observer vos pensées. Cela s’acquiert par la méditation, c’est à dire en tournant toute son attention sur le processus des pensées. Les pensées apparaissent spontanément sans logique apparente, et on ne peut rien y faire, c’est normal !
  • apprenez à observer votre mental. Le mental a tendance à se jeter comme un affamé sur toutes les pensées qui apparaissent, en essayant de trouver une logique, même quand il n’y en a pas.
  • apprenez à observer votre comportement. Je croise beaucoup d’individus qui disent souffrir de leur attitude (« je ne sais pas dire non », « j’ai peur de certaines situations »), et qui veulent changer. Mais avant de changer un comportement autodestructeur, il faut d’abord l’accepter ! Pour accepter, il suffit de regarder le comportement sans chercher à le justifier ni à l’embellir ni à le juger. Une fois que le comportement est bien connu, le changement devient facile.

Un mental faible, c’est un mental qui réfléchit tout le temps et qui se jette sur toutes les pensées.
Un mental fort, c’est un mental qui est disponible et qui peut travailler à 100% sur une seule pensée.
En renforçant le mental, la résilience apparaît.
Tiens, pour une fois, l’article de Wikipédia sur la résilience est vraiment nul.

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2 réflexions sur “La vie continue

  1. Bonjour,

    On s’est simplement croisé lors d’un ScrumDay mais j’ai toujours trouvé qu’il y avait quelque chose de spécial dans vos écrits.

    Je tiens à vous faire part de mes condoléances et un peu de soutien dans ces moments.

    Je pense que tout le travail fait et le chemin que vous avez parcouru est un très bon moyen de surmonter ces épreuves.

    • Bonjour Yannick,

      En effet, le parcours que j’ai eu me permet de surmonter cette situation.
      Mais j’aimerais quand même que ça se calme un peu, parce que ça n’a pas cessé depuis ma naissance !

      En tout cas, merci.
      Je vais essayer de présenter « mesurez l’agilité avec le lâcher-prise » dans les conférences agiles. Nous aurons probablement l’occasion de nous croiser à nouveau.

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