La résistance au changement positif


Suite à mon article sur la résistance au changement, quelqu’un m’a posé la question suivante:

tu parles de changement négatif, mais que se passe-t-il en cas de changement positif ? Pourquoi certains résistent-ils ?

Ce à quoi je voulais lui répondre: comment peux-tu savoir si un changement est positif ou négatif ?
Ok, j’avoue, ma réponse est incompréhensible, alors je vais la détailler.

Le contexte

On m’offre la possibilité de changer positivement.
Voici quelques exemples:

  • en suivant un régime, je vais perdre du poids
  • en suivant une méthodologie agile, je vais devenir plus efficace dans mon travail
  • en utilisant un logiciel, mon travail va devenir plus facile

En résumé: si je pratique cette méthode, alors je vais changer positivement.

La réalité

La réalité est toute autre.
Tout d’abord, ce que quelqu’un me vend comme « positif » n’est peut-être positif que pour lui et pas pour moi.
C’est par intérêt qu’il me propose de changer.

Il y a aussi de nombreux effets secondaires.
Si je suis un régime contraignant, je vais forcément craquer à un moment donné, ce qui déclenchera une spirale de culpabilité et je vais rapidement perdre confiance en moi-même et en la méthode.

Si on me force à utiliser une méthodologie agile, mon boulot peut devenir super chiant et bordélique, par exemple comme un pompier qui doit éteindre des feux partout à la fois.
Ou alors, je suis déjà super compétent dans mon domaine, et la méthodologie me dit que j’ai tout faux, ce qui fait toujours plaisir à entendre.
Ou alors, je suis super enthousiaste à suivre la méthodologie. Moi, je veux bien changer, mais je remarque rapidement que le changement serait beaucoup plus utile à ceux qui me demandent de changer !

Enfin, ce logiciel si merveilleux peut remplacer tout ce que j’aimais faire et ne me laisser que les trucs chiants dans mon boulot.
Ou alors je vais être forcé de suivre un processus qui ne me parle pas et dont je ne vois pas l’intérêt, ou plus exactement dont je ne perçois que les défauts.

Les mécanismes intérieurs

J’avais déjà décrit les raisons de ces mécanismes dans « la résistance au changement ».
Je vais décrire quelques autres conséquences.

Le premier mécanisme est la résistance intérieure.
Si quelqu’un veut me forcer à changer, je vais résister de toutes mes forces, même si ça joue contre moi.
Je vais même justifier ma façon de faire en mettant en avant des motifs nobles.

Le second mécanisme est la collision avec les habitudes.
Si j’ai mis du temps à acquérir une habitude, changer cette habitude va me mettre dans une zone d’inconfort.
En informatique, il existe un terme pour cela: l’optimum local.
Si je travaille depuis longtemps, je me trouve dans une situation qui est la meilleure possible, localement.
Quel que soit le changement, je vais me retrouver dans une situation pire.
Mais peut-être qu’en changeant beaucoup de choses, au final, je pourrais atteindre une situation meilleure.
Comment savoir ?
Peut-être que je vais y gagner, peut-être que je vais y perdre, je ne peux le savoir qu’après avoir essayé.
La résistance est due aux doutes, et personne ne peut honnêtement répondre à mes questions.

Le troisième mécanisme est la confusion entre discipline et effort.
Je ne suis pas contre la discipline, du moment que je sais pourquoi je dois en suivre une (et j’ai horreur qu’on me l’impose).
Je ne suis pas contre l’effort, mais il doit rester de courte durée.
Personnellement, j’étais persuadé que le changement devait se faire violemment, mais ce n’est jamais le cas.
Si je me fais violence, c’est que mon approche n’est pas bonne.
Comme je l’ai déjà dit, le changement est un processus naturel et imprévisible.
Si je désire atteindre un objectif, rien ne peut assurer mon succès, sauf si l’objectif est vraiment très simple.

Comment accompagner le changement positif ?

Cela se fait de la même façon qu’avec le changement négatif.
Personnellement, je n’aime pas donner de méthode, parce qu’elles sont toujours à double tranchant.
Je vais quand même en proposer quelques unes.

La première est de manipuler l’autre.
C’est de loin la plus facile à utiliser si j’arrive à comprendre ce qui motive l’autre.
Par exemple, s’il cherche de la reconnaissance, il me suffit de lui en donner quand il va dans le sens que je veux.
Attention, cette méthode ne fonctionne que tant que l’autre accepte d’être manipulé.

La seconde est de proposer une vision, une « philosophie » plutôt qu’un objectif.
Par exemple, pour suivre un régime, au lieu de me focaliser sur le poids, je peux invoquer mon impact sur la planète.
Pour la méthodologie agile, au lieu de me focaliser sur la productivité, la communication ou la business value, je vais brandir le manifeste agile.

La troisième est la remise est cause.
Cela passe par du questionnement, mais il faut être capable de détecter les pensées magiques et autres croyances.
Cela implique que j’ai appris à me remettre en cause et à détecter mes propres croyances.

La quatrième est d’essayer de changer moi-même.
Le fait de vouloir me changer mène à l’acceptation de moi-même, une fois que j’ai compris qu’il n’est pas possible de changer.

La cinquième est le lâcher-prise.
C’est la méthode la plus difficile à appliquer parce que tout au fond de moi, j’ai le secret espoir de pouvoir changer les autres.
Mais mon attitude change quand je commence à accepter l’autre tel qu’il est, sans désir de le changer.
Peut-être qu’il va être sensible à mes arguments, peut-être pas.
Je ne veux pas le forcer à changer, parce que je n’y arriverai pas.
Comme je ne le force pas, il ne peut pas résister.

Conclusion

Tant que je crois qu’il existe un changement « positif », c’est que j’ai la croyance que je peux changer les autres ou moi-même.
Comment changer les autres sans les accepter tels qu’ils sont d’abord ?

Quand j’arrive à accepter l’autre ou moi-même, mon attitude change parce que je ne cherche plus à lui imposer quoi que ce soit.
Paradoxalement, c’est à ce moment-là que le changement intervient.

Agile France 2015


Un petit peu de publicité pour Agile France 2015: http://2015.conference-agile.fr/
qui aura lieu le 18 et 19 juin à Paris.
L’endroit est magnifique, et à chaque fois que je participais à cet événement, je revenais au travail moins stressé !

Cette année, j’ai proposé une session sur « la résistance au changement »:
http://call4paper-agileconf.herokuapp.com/sessions/235

J’ignore si ma session sera sélectionnée, étant donné qu’il y a plus de 300 propositions de session !

Mon sujet est à la fois très éloigné de l’agilité, et à la fois au cœur même de l’agilité.

En réalité, si je continue de parler encore un peu d’agilité, c’est parce que les conférences agiles sont le seul endroit où je peux présenter les thématiques qui me sont chères (le changement, l’intelligence intrapersonnelle, etc).
Si vous connaissez un endroit où je peux présenter une conférence, même gratuitement, n’hésitez pas à me contacter !

Voici le contenu de ma session.

La résistance au changement

Pourquoi est-ce si difficile de changer ?

Je voudrais changer le monde et les gens autour de moi.

Dans mon travail, il me semble évident que l’agilité va aider beaucoup de gens.
Mais bien qu’ils comprennent intellectuellement que cela peut les aider, ils reviennent quand même à leurs mauvaises habitudes.
Pourquoi résistent-ils ?
Comment faire passer mon message ?
Comment puis-je les convaincre ?

Objectif de la session: Apprendre à se connaître
Public visé: Everybody
Type de session: 50 min Session en français

Qu’est-ce que le changement ?

Pourquoi est-ce si difficile de changer ?
Mais est-il seulement possible de changer ?

Nous allons voir ensemble les différents mécanismes intérieurs qui interviennent lorsqu’il y a changement, et comment ces mécanismes nous empêchent d’accepter le changement.

Nous verrons ensuite quelques techniques pour court-circuiter ces mécanismes.

Quelques uns des thèmes présentés:

  • changement
  • intelligence intrapersonnelle (« connaissance de soi »)
  • processus de deuil
  • lâcher-prise, acceptation

Cette session durera une heure, et sera plus particulièrement utile aux coachs et scrummasters.
Son contenu sera improvisé et humoristique.

L’objectif de la session est de recentrer les techniques sur l’individu, et non sur le groupe.
Le but est d’apprendre à se connaître soi-même, et cela dépasse largement le cadre de l’agilité.

Voici l’article d’introduction de cette session:
https://psychologieagile.wordpress.com/2015/04/29/la-resistance-au-changement/

Plan de la session

La session sera présentée comme un one-man-show, avec le présentateur mettant en avant sa propre expérience humaine.

J’ai déjà présenté une session similaire, mais moins aboutie, à l’Agile Tour.
Voici un retour:
http://blog.viseo-bt.com/psychologie-agile-tour-paris-2014-2-3/

Voici le déroulé de la session:

  • l’intelligence intrapersonnelle
  • le changement, l’adaptation
  • les différentes formes de résistance
  • le lâcher-prise, l’acceptation
  • les techniques qui ne fonctionnent pas
  • les techniques qui peuvent parfois fonctionner

Note: l’intelligence intrapersonnelle est l’intelligence de soi.
Elle n’a rien à voir avec l’intelligence interpersonnelle, qui s’intéresse à l’interaction avec les autres !
Je compte présenter l’intelligence intrapersonnelle l’année suivante. Je n’ai pas encore collecté assez de matériel présentable.

La pensée magique


Dans cet article, je vais vous présenter la pensée magique et expliquer ses dangers.

Introduction

Comme d’habitude, Wikipedia propose un article intéressant.

Je ne suis pas d’accord avec l’idée qu’il s’agit d’un symptôme d’immaturité ou de déséquilibre psychologique, parce que la pensée magique est partout.

Voyons les différents types de pensées magiques.

La pensée positive

Le principe est: « si je pense positivement, il va m’arriver des choses positives ».

Personnellement, je suis résolument contre cette approche, parce qu’elle fait beaucoup plus de mal que de bien.
Voici ses dangers:

  1. je vais refuser mes pensées négatives.
    Refuser mes pensées négatives est le meilleur moyen de les renforcer, et c’est notamment comme cela que les névroses se développent.
    Je l’ai vécu parce que je me forçais à être « gentil », et je n’admettais pas mes comportements non « gentils ».
    Plus j’intériorise mes pensées, plus je les renforce. Et plus j’extériorise mes pensées, plus je les atténue.
    C’est le principe de base de la confession ou de la psychanalyse.
  2. si je me force à croire que je vais bien alors que je ne vais pas bien, je vais me mettre en conflit avec moi-même.
    Chacun de mes mensonges accroit ma culpabilité intérieure.
    Cela est particulièrement visible chez les pessimistes qui se forcent à être optimistes.
  3. le positif et le négatif sont des critères subjectifs.
    Ce que je considère négatif peut être positif pour quelqu’un d’autre.
    Par exemple, si mes parents meurent, je peux me sentir effondré ou à l’inverse je peux être content de toucher l’héritage.

En réalité, ma pensée et la réalité sont séparées.
La meilleure approche est: j’accepte mes pensées telles qu’elles sont, sans les juger, et j’essaye de les exprimer pour éviter qu’elles ne se renforcent.

La méthode Coué

Le principe est: « plus j’y crois, plus j’ai des chances d’y arriver ».

Voici les dangers de cette approche:

  1. si je n’y arrive pas, je vais croire que je n’ai pas mis assez de volonté, donc il faut que je désire encore plus fort.
    C’est une croyance très répandue, souvent transmise au niveau familial.
    Les individus qui ne supportent pas la frustration sont souvent dans ce cas.
  2. quand mon énergie faiblit, je vais me reprocher mon manque de volonté.
    Cela va entraîner une spirale de dépréciation de moi-même: je n’y arrive pas, donc je n’ai pas assez de volonté, donc je suis une merde.

En réalité, la volonté et la réussite sont séparées.
La meilleure approche est: je fais de mon mieux quelque chose qui me plaît, et avec un peu de chance je vais y arriver. Si je n’y arrive pas, au moins j’aurais fait un truc qui m’a plu.

La superstition

Le principe est: « si je fais telle action, je vais avoir tel résultat ».

L’exemple typique est: « en suivant exactement cette méthode, je vais réussir ».
Voici les dangers:

  1. si j’échoue, je vais me dire que je n’ai pas été assez strict donc je vais essayer encore plus fort, ou à l’inverse, je peux rejeter la méthode en déclarant que « c’est de la merde ».
    Comme j’essaye de trop bien faire, je n’adapte pas l’esprit de la méthode à mon problème.
  2. si je réussis, je vais associer ma réussite au fait d’avoir suivi la méthode.
    Je vais suivre tout un tas de rituels (culte du cargo), parce qu’ils vont sûrement m’aider à réussir, c’est magique !

En réalité, la réussite et l’application d’une méthode sont séparées, sinon un régime parfait pour maigrir existerait.
La meilleure approche est: j’essaye de percevoir mes superstitions afin de ne pas en être dupe.

Les croyances

Les superstitions font partie des croyances.
Le principe est: « je crois que mon bonheur, ou autre chose, dépend de tel facteur ».

Par exemple:

  • je serais plus heureux si je gagnais plus d’argent
  • on ne peut pas réussir sans efforts
  • le bonheur, c’est ma famille
  • le bonheur, c’est d’avoir une maison
  • le bonheur, c’est facile quand on a du pognon
  • celui qui n’a pas une Rolex à 50 ans a raté sa vie
  • mes parents ont divorcé à cause de moi

Ce sont de fausses identifications, elles sont très difficiles à éliminer parce qu’il faut pouvoir les détecter.
Certaines croyances sont partagées par beaucoup de monde, d’où la difficulté de les détecter.

Relisez mes article sur êtes-vous bienveillant et sur le bonheur.
La meilleure approche est: j’essaye de percevoir mes croyances afin de ne pas en être dupe.

La projection dans le futur

Le principe est: « dans quelque temps, tout va aller bien pour moi ».

L’exercice est généralement pratiqué avec de la visualisation:
« projetez vous dans un futur proche, et imaginez que tout va bien pour vous »

J’ai pratiqué cette technique et constaté qu’elle ne fonctionne pas.
Le danger est de viser un résultat trop précis, de créer une attente.
Je recommande d’imaginer un état intérieur « positif » (par exemple: « je vais essayer d’être plus calme »), et de ne pas s’en vouloir si on ne l’atteint pas. Même si ça ne sert à rien, ça ne peut pas faire de mal !

Les bonnes résolutions

Le principe est: « j’ai décidé de changer ».

Par exemple: « cette année, j’ai décidé de maigrir et de faire du sport ».
Donc je prends un abonnement d’un an au club de sport, et je vais suivre le dernier régime à la mode.

Si je dois me forcer, je ne tiendrai pas longtemps, parce que mon énergie disparaît rapidement quand je perds l’intérêt pour quelque chose.
La meilleure approche est de ne pas prendre de résolution.

Conclusion

En fait, derrière la pensée magique, il y a plusieurs mécanismes importants.

Le premier est que je refuse la réalité telle qu’elle est.
Je fuis l’instant présent en pensant au passé ou au futur.
Le présent est toujours très éloigné de ce que je voudrais.
Comment arriver à l’accepter tel qu’il est ?

Le second est que je refuse d’envisager l’échec.
Pourtant, ce sont les échecs qui ont construit ma personnalité actuelle.
Et c’est le fait de tirer les leçons de mes échecs qui font que je ne reproduis pas les mêmes erreurs encore et encore.
Comment viser de petits échecs ?

Le troisième est que j’accorde trop d’importance à mes pensées.
Penser n’est ni « bien » ni « mal » (ça ne veut pas dire que je dois réaliser tous mes fantasmes !) et je dois chercher à équilibrer pensée, parole et action. Si je pensais moins, je ferais plus.
Comment ne pas être dupe de mes pensées ?

Pitch atelier 2014


Cette année, je compte animer un atelier de 2 heures sur le développement personnel dans les conférences agiles sur Paris.

Voici le pitch.

Agilité & Développement Personnel

Comment aider les gens à être plus performants en devenant eux-mêmes

Qu’est-ce que le développement personnel ?
C’est simplement la découverte de soi.

Selon moi, il y a 2 axes de développement personnel: « faire » et « être ».
Nous allons expérimenter ce qu’est « être » avec des exercices, en allant à la découverte de l’autre et surtout de soi.
Objectif de la session:
Une meilleure compréhension de nous-mêmes et des autres
Public visé:
Tous ceux intéressés par le développement personnel
Niveau requis:
Aucun

Le développement personnel se joue sur 2 axes: « faire » et « être ».

Les méthodologies agiles se concentrent surtout sur l’axe « faire », mais comment développer l’axe « être » ?

Nous allons expérimenter cela dans un atelier de 2 heures, par équipe de 2 personnes.
Chaque exercice sera suivi d’une explication de ce qui s’est passé.

Nous allons notamment aborder les thèmes suivants:

  • le développement personnel
  • le changement
  • la résilience
  • l’acceptation

et probablement d’autres encore !

Note: tout ce qui sera présenté est du retour personnel d’expérience et n’est pas disponible dans la littérature

Buts de la présentation:

  • comprendre ce qu’est le développement personnel en s’amusant
  • apprendre à mieux s’accepter et à accepter l’autre

Atelier en 2 heures, sans support.

Les exercices

Je suis en train de travailler sur les exercices.
En avant-première, voici les titres des 3 exercices prévus pour l’instant:

  1. Présentons-nous ! Durée 15 minutes
  2. Je négocie mon augmentation. Durée 30 minutes
  3. L’exercice de la honte. Durée 15 minutes

J’espère que cela sera instructif, amusant et provocateur à la fois.

Les niveaux de développement personnel


Voici ce que je compte présenter en introduction à mon atelier pour Agile France 2014.

Je tiens à rappeler que tout ce que je présente ici est original et tiré de ma propre expérience personnelle.

Comme le système de pyramide est assez parlant, j’ai découpé le développement personnel en 7 niveaux.
Je vais décrire chaque niveau en décrivant quelques symptômes, afin de vous permettre de diagnostiquer à quel niveau vous vous trouvez.

Niveau 1: le travail

Symptômes: je ne sais pas faire, je manque de compétences, d’expérience, je sens que je n’ai pas le niveau.
L’axe d’amélioration est l’acquisition de connaissances, d’expertise.
Je peux être aidé par des professeurs ou par des experts.

Niveau 2: l’organisation

Symptômes: je suis débordé dans mon travail, je n’arrive pas à m’en sortir, j’ai trop de choses à faire en même temps. Le problème peut être aussi bien individuel que collectif.
L’axe d’amélioration est l’efficacité, la productivité et la discipline.
Je peux être aidé par des scrummasters ou des entraîneurs.

Niveau 3: la communication

Symptômes: je n’arrive pas à communiquer correctement avec les gens autour de moi, les informations circulent mal, mes relations avec les autres sont laborieuses pour ne pas dire conflictuelles.
L’axe d’amélioration est la communication, à la fois dans le groupe et hors du groupe.
Je peux être aidé par des facilitateurs.

Niveau 4: la philosophie

Symptômes: je ne sais pas où je vais, je manque de vision, je n’arrive pas à définir mes valeurs, j’ai du mal à trouver ma propre discipline.
L’axe d’amélioration est la définition de valeurs, l’auto-discipline.
Je peux être aidé par des coachs agiles, notamment Lean.

Niveau 5: le développement personnel

Symptômes: je ne me sens ni reconnu ni à ma place, je joue constamment un rôle et je ne sais plus qui je suis, je ne me sens pas respecté en tant qu’individu.
L’axe d’amélioration est l’épanouissement de l’individu, l’acceptation de soi.
Je peux être aidé par des psychothérapeutes ou des coachs motivationnels.

Niveau 6: la spiritualité

Symptômes: je veux changer parce que je ne suis pas satisfait de ce que je suis, je pense que le monde est mal fait, je suis déçu par les autres.
L’axe d’amélioration est le travail sur l’ego, ce que j’appelle « les identifications personnelles ».
Je peux être aidé par des gourous (attention, la très grande majorité est composée de charlatans qui ne cherchent qu’à s’enrichir).
Selon moi, la sophrologie et le yoga sont à ce niveau.

Niveau 7: le silence intérieur

Symptômes: je suis souvent en conflit avec les autres et parfois avec moi-même, j’aimerais être plus heureux et arrêter de souffrir, je me pose plein de questions existentielles et j’aimerais avoir des réponses.
L’axe d’amélioration est la réduction du flux des pensées, ou plus exactement se vider de tout ce qui a été accumulé jusqu’ici (c’est l’opposé du niveau 1 !).
Je n’ai jamais croisé personne à ce niveau, mais je pense que ceux qui travaillent à ce niveau sont les maîtres zen ou les maîtres spirituels qui ne transmettent pas une connaissance ésotérique.

Quelques remarques

Les niveaux 1 à 3 représentent l’axe « faire » du développement personnel.
Les niveaux 4 à 7 représentent l’axe « être » du développement personnel.

Au niveau 7, les problèmes ont disparu parce qu’ils se répartissent en 2 catégories:

  1. les évènements sur lesquels je peux agir directement, et l’action se fait sans effort
  2. les évènements sur lesquels je ne peux pas agir, et l’acceptation est sans effort, c’est à dire sans passer par les phases psychologiques de deuil (déni, colère, marchandage, dépression, acceptation).

Comme le mental est calme, je ne me crée plus de problème tout seul.

C’est bien gentil, mais à quoi ça peut me servir ?

Ce découpage en niveaux me permet d’évaluer rapidement le niveau où je me trouve maintenant.
Mon niveau actuel est le niveau de mon problème le moins élevé, ce qui explique pourquoi mon niveau change tout le temps.
Tant que j’ai un problème à un niveau donné, je dois me concentrer sur ce niveau.
Si malgré mes efforts, je n’arrive pas à résoudre mon problème, alors je dois regarder mon problème au niveau supérieur.
Plus je maîtrise de niveaux, et plus je suis stable intérieurement.
Par exemple, si je ne maîtrise pas le niveau 1, j’ai tendance à fréquemment passer du niveau 1 (je suis nul, je n’y arrive pas) au niveau 6 (mais qu’est-ce que je fous sur Terre ?) puis retour au niveau 1.

Attention, je signale tout de suite que sauter des niveaux ne sert à rien si les bases ne sont pas acquises.
J’ai croisé pas mal d’individus cherchant à atteindre les derniers niveaux en méprisant les premiers niveaux, mais ils sont presque toujours à côté de la plaque.

Conclusion

J’ai essayé de décrire les différents niveaux, bien qu’il s’agisse plutôt d’angles de vision, de « paradigmes ».

Les descriptions des symptômes devraient vous aider à découvrir à quel niveau vous vous trouvez en ce moment précis.
Visez toujours le niveau immédiatement supérieur afin d’évoluer, et dites-vous bien que la progression est lente, alors soyez patient !

Etes-vous bienveillant ?


Je vais essayer de vous faire réfléchir sur ce qu’est la bienveillance, que j’appelle aussi « tolérance » ou « non-violence ».

Un petit jeu

Voici une cinquantaine de phrases dont je vous propose de noter la violence.
Je vous propose 4 notes possibles pour chaque phrase:

  • B=bienveillant (ou non-violent)
  • V=violent (ou malveillant)
  • N=neutre (ni bienveillant ni violent)
  • I=indéterminé (on ne peut pas savoir)

Quelques exemples

A titre d’exemple, voici quelques phrases violentes:

  • je me trouve nul parfois
  • je regrette certaines de mes actions passées
  • je ne me pardonne pas mes erreurs
  • je suis exigeant envers moi-même
  • je suis exigeant envers les autres
  • je suis trop fainéant
  • je suis perfectionniste
  • je ne suis pas un pédé
  • je n’aime pas les étrangers
  • mon boulot est merdique
  • pour survivre dans ce monde, il faut lutter
  • que les gens sont méchants !
  • tous les hommes sont des salauds
  • toutes les femmes sont des salopes

Voici quelques phrases indéterminées:

  • je suis un bon parent
  • je suis vertueux
  • je me connais bien
  • ma vie a du sens
  • je suis fier de moi

Je donnerai mes réponses dans le prochain article.
Afin de vous aider à faire le tri, relisez mon précédent article et faites attention aux pièges !

Moi

  1. je suis bienveillant envers moi-même
  2. je m’aime bien
  3. je connais mes défauts
  4. je veux changer
  5. j’aurais aimé être quelqu’un d’autre
  6. il m’arrive de culpabiliser
  7. il m’arrive de me mettre en colère
  8. je suis attaché à mon passé
  9. je cache mes émotions et mes sentiments
  10. je n’ai pas de patience
  11. je n’ose pas parler de moi
  12. je suis à l’écoute de mon corps
  13. je réfléchis beaucoup avant d’agir
  14. je ne supporte pas la solitude
  15. je veux connaître mon avenir
  16. je veux me débarrasser de mon passé
  17. je suis toujours de bon conseil
  18. je suis maître de mon destin
  19. je suis courageux

Moi et mon travail

  1. je veux réussir
  2. je n’aime pas l’échec
  3. je me concentre sur la qualité de mon travail
  4. je suis plus efficace quand je suis stressé
  5. je me suis déjà mis en colère au travail
  6. le résultat est plus important que la façon de faire
  7. je procrastine souvent
  8. je m’ennuie quand je ne fais rien
  9. je n’aime pas les responsabilités
  10. je vais y arriver si je fais plus d’efforts
  11. je serais plus heureux si je gagnais beaucoup d’argent

Moi et les autres

  1. je suis bienveillant envers les autres
  2. je m’entends bien avec les gens
  3. je suis gentil avec les autres
  4. je suis honnête avec les autres
  5. j’espère que mes enfants réussiront
  6. je me préoccupe de ce que les autres pensent de moi
  7. j’aimerais que les autres changent d’attitude
  8. je ne pardonne jamais quand on me fait du mal
  9. je détecte rapidement les défauts chez les autres
  10. je n’ose pas dire non
  11. j’essaye toujours de me mettre à la place des autres
  12. je me sens bien en famille
  13. j’ai besoin de mes amis, de ma famille
  14. je ne fais confiance en personne
  15. les autres ne pensent qu’à leur gueule

Moi et le monde

  1. je voudrais changer de vie
  2. le monde est parfait
  3. le monde est cruel
  4. le monde est injuste
  5. je ne me sens pas à ma place en ce moment
  6. ce qui m’arrive est rarement de ma faute

L’Acceptation


Pendant toute ma vie, j’ai cru que je pouvais décider de ma vie, que ce qui m’arrivait était de mon fait, et que ma volonté pouvait changer les choses.
Comme je voulais maîtriser ma vie, je voulais trier ce qui m’arrivait: virer tout ce qui est pourri pour ne garder que le meilleur.

Un jour, ma femme s’est retrouvée en fauteuil roulant.
Au début, je refusais cette situation, parce qu’elle était trop dérangeante.
Je n’osais en parler à personne et, comme cela me préoccupait, je n’avais plus la tête à mon travail.
Après des longs mois de silence, j’ai décidé d’en parler ouvertement à mes collègues, afin de relâcher un peu la pression qui m’étouffait.
Tout de suite, j’ai commencé à aller un peu mieux, mais je souffrais encore parce que, comme Caliméro, je trouvais la vie vraiment trop injuste.

Un jour, j’ai décidé d’accepter la situation telle qu’elle est, en acceptant que je ne pouvais rien faire maintenant et que réfléchir sur cette situation ne servait à rien.
Et là, tout a commencé à aller vraiment mieux, je me suis mis à évoluer intérieurement à un rythme incroyable.

Un peu de psychologie

L’acceptation est très importante en psychologie.
Il s’agit d’une étape du deuil, qui est le processus interne qui se produit quand une situation change.

La psychiatre suisse-allemande Elisabeth Kübler-Ross a observé 7 phases du deuil:

  1. le choc
  2. le déni
  3. la colère
  4. la tristesse
  5. la résignation
  6. l’acceptation
  7. la reconstruction

En réalité, chacune de ces étapes n’est qu’une conséquence des mécanismes de défense de mon ego.
Mon ego n’est pas ma personnalité, mais l’ensemble de mes identifications ou les croyances que j’ai à mon sujet, autrement dit l’image que j’ai de moi.

Qu’elles soient justes ou fausses, les identifications me limitent, parce qu’elles ne laissent place qu’à ce que je crois connaître de moi-même, et cette connaissance est très superficielle !

Une de mes identifications typiques est: « je suis quelqu’un de gentil »
Mais quand je commence à gratter un peu, je commence à percevoir les vraies intentions derrière mes actes, et je commence à réaliser que je ne suis pas aussi gentil que je le croyais.

En fait, j’étais peut-être le seul à croire que j’étais gentil.
Plus je m’accrochais à mon image de gentil, moins je supportais qu’on me démontre le contraire, et plus je me laissais manipuler par les individus qui jouaient sur mon désir de paraître gentil !
En réalité, je jouais le gentil, mais parfois j’agissais méchamment, de préférence sur les personnes proches de moi.
Plus je m’attache à un côté de ma personnalité, plus mon ego se renforce.

Maintenant, je ne suis ni gentil ni méchant, je suis juste moi-même.

Comment accélérer le processus de deuil ?

Le processus de deuil prend du temps.
Par exemple, le deuil de mon père m’a demandé plusieurs années.
Mais existe-t-il un moyen d’accélérer ce processus, afin qu’il devienne pratiquement instantané ?

Très honnêtement, il y a quelques années, j’aurais dit: non, chaque deuil prend un certain temps, et ça dépend de la difficulté du deuil. Un décès prend plus de temps qu’un licenciement, un licenciement plus qu’une coupe de cheveux, etc…

Maintenant, je suis persuadé que ce processus peut être instantané.

Comme je l’ai écrit au-dessus, le deuil dépend directement de l’ego.
Moins je m’identifie à ce que je pense être, et plus l’acceptation est facile.

Comment faire sauter les identifications ?

Faire sauter ses identifications est un travail extrêmement difficile.
Si je demande l’avis d’autres personnes, ils vont projeter un peu de leurs identifications sur moi, et je ne pourrais pas saisir les miennes (ou alors seulement les plus évidentes).

Je peux consulter quelqu’un qui a déjà fait ce travail

C’est la solution la plus facile quand j’ai de l’argent et peu de temps.
Je tiens à préciser qu’il est difficile de trouver quelqu’un de compétent pour vous aider.
D’après mon expérience personnelle, la psychanalyse, la sophrologie et la méditation fonctionnent assez bien.

Le danger est de tomber sur un charlatan.

Je peux le faire tout seul

Je peux faire de l’introspection.
Cela prend plus de temps, mais c’est gratuit et c’est ce que j’ai fait (j’ai quand même appris les bases en suivant une psychanalyse).

La technique la plus efficace que je connaisse est de regarder les défauts des autres.
Les défauts sont des qualités poussées à l’extrême, jusqu’à en devenir caricaturales.
Je regarde les défauts des autres, et là, j’ai 2 catégories de défauts:

  1. ceux qui ne me gênent pas
  2. ceux qui me gênent

Je perçois les autres à travers le miroir déformant de ce que je crois être.
Si j’étais parfait, je ne percevrais aucun défaut chez les autres.
Si je perçois quelque chose, ce sont mes propres identifications.
Certaines sont supportables (ce sont les défauts qui ne me gênent pas), et d’autres beaucoup moins !

Donc je prends un défaut qui me gêne, et je me focalise dessus, le temps qu’il faut.
Au début, je vois assez mal en quoi tel défaut me gêne.
Mais au bout de quelques jours, la compréhension devient de plus en plus claire.

Par exemple, si je me considère gentil, je peux être gêné par les « méchants », parce que je suis persuadé qu’il « faut » être gentil. C’est mal de ne pas l’être !
Je peux aussi être gêné par les « calculateurs », ceux qui agissent pour avoir quelque chose en échange. Cette attitude me confronte à ma propre malhonnêteté.
Enfin, je peux être gêné par les autres gentils, et plus particulièrement par ceux qui le sont plus que moi. Je suis jaloux, parce qu’ils me montrent que je suis loin d’être aussi idéal que je le pensais.

Une variante de cette technique est de regarder les événements qui me gênent dans ma vie.
L’identification tient ici au fait que je veux rester dans un environnement familier, donc je m’accroche à cet environnement et je refuse le changement.

Tant qu’il y a fierté, honte ou culpabilité, il y a identification.
Quand la fierté, la honte et la culpabilité disparaissent, les identifications disparaissent.

Les dangers de l’introspection sont de perdre toute spontanéité à force de rationaliser, de se perdre dans les méandres du moi en analysant chaque détail et enfin de renforcer l’ego à force de se focaliser dessus.

J’accepte sans condition

Il existe une technique encore plus efficace que l’introspection: l’acceptation sans condition, appelée aussi lâcher-prise.

Je tiens à prévenir que malgré sa grande simplicité, cette technique est extrêmement difficile.

Le principe est d’accepter sans juger ce qui m’arrive et sur lequel je n’ai pas de contrôle.

En reprenant l’exemple de ma femme, j’ai accepté le fait que je ne pouvais rien faire, et qu’il fallait que je patiente jusqu’à ce qu’une solution apparaisse.

Depuis, j’applique cette technique systématiquement dès que je constate que je n’ai aucun moyen d’action: j’accepte le fait de ne pouvoir rien faire, au lieu de m’agiter inutilement.
Je n’ai plus aucun problème puisque les problèmes viennent de mes identifications.

Les dangers de l’acceptation sont d’accepter par paresse des choses sur lesquelles je pourrais agir, et de négliger mon corps et mes ressentis.

Conclusion

L’acceptation, c’est d’abord l’acceptation de moi tel que je suis, sans vouloir changer quoi que ce soit.
Ensuite, c’est l’acceptation des autres tels qu’ils sont, sans vouloir les changer.
Enfin, c’est l’acceptation de ce qui m’arrive et sur lequel je ne peux rien faire maintenant.