Fin d’année


Comme nous approchons à grands pas de 2015, je voulais vous souhaiter de bonnes fêtes de fin d’année.

Personnellement, je déteste profondément Noël, notamment à cause des Noël tout pourris de mes parents: mon frère et moi n’avions jamais de cadeaux parce qu’ils manquaient d’argent, et quand j’avais des cadeaux, ce n’était jamais ce que je voulais, salaud de Père Noël !

Comme je suis plutôt anti-consommateur, athée et sans enfant, je perçois Noël comme une fête chrétienne familiale et commerciale sans grand intérêt, mais je ne veux surtout pas gâcher votre plaisir.

Fort heureusement, je n’ai pas de quoi m’ennuyer cette année parce qu’il y a un concours de programmation:
http://trdb.org/Contest/DelacorteNumbers/Standings
J’en avais parlé lors de ma conférence sur le changement.

Mon partenaire américain et moi-même occupons en ce moment même la quatrième place (sur 422).
Etant donné le niveau de la compétition, cela peut paraître excellent, mais pour moi, il n’y a qu’une seule place digne de ce nom: la première !
Je rappelle que je rêvais de devenir le meilleur programmeur du monde. Et bien, ce ne sera pas encore sur ce coup-là.

En tout cas, vu le temps que j’ai passé sur ce concours, je suis probablement le programmeur le moins cher de la planète.
Bah, je me suis bien amusé.

Je vous souhaite une excellente fin d’année !

Les Leçons du jeu vidéo (5ème partie)


Résumé des chapitres précédents: en 1995, je travaille dans le jeu vidéo depuis 9 ans.
J’ai fait des jeux pour Titus, Silmarils, Ocean Software France et Cryo.
Je venais de commencer ma psychanalyse suite à un burn-out complet.

Dans cet article, je vais décrire les leçons retenues de mon passage chez PAM Development, de février 1995 à avril 1996.

Leçon numéro 1: je veux que mon travail ait du sens

Chez Cryo, j’avais beaucoup programmé, mais peu de mes programmes avaient été publiés, ce qui avait créé une énorme frustration chez moi.
J’en ai eu marre, alors je me suis mis à chercher du travail ailleurs.
J’ai croisé Pierre Adane que j’avais cotoyé chez Ocean et avec qui j’avais bien sympathisé.

Pendant que je travaillais à Cryo, Pierre Adane (programmeur) avait créé le jeu Mister Nutz avec Michel Dessoly (graphiste/animateur), et ce jeu avait eu un joli succès.
Pierre s’était allié à Marc Djan (ancien patron d’Ocean) et ils avaient créé la société PAM Développement (« Power And Magic » ou « Pierre And Marc » ?).
Pierre cherchait quelqu’un comme moi, alors j’ai décidé de tenter l’aventure PAM.

Leçon numéro 2: j’étais devenu un expert technique

Après 13 ans de programmation non-stop, comme je ne vivais que pour la technique, j’étais devenu un expert technique monstrueux !
J’essayais de tirer techniquement tous les programmeurs vers le haut, et ceux qui avaient l’esprit de compétition aimaient travailler avec moi, c’était très motivant pour eux.
Mais pour ceux qui n’avaient pas l’esprit de compétition ou qui n’étaient pas intéressés par la technique, c’était au contraire très démotivant, parce que j’étais vraiment insupportable humainement.

Chez PAM, je me souviens surtout de Didier Malenfant, qui avait un niveau très impressionnant parce qu’il avait beaucoup plus de bases théoriques que moi, pur autodidacte.

Je programmais en assembleur sur Playstation (j’adore le MIPS), et je crois que j’avais impressionné Didier en convertissant un jeu de foot de la Playstation vers le PC en quelques jours.

Leçon numéro 3: la technique c’est bien, mais ça soûle

Un jour, Pierre m’a forcé à lire la documentation du Turbo-C.
J’ai passé une semaine à lire les 5 volumes, et j’ai vraiment détesté. C’est vraiment super chiant à lire !
J’ai réalisé à ce moment que la technique que je chérissais par dessus tout était juste vide de sens.
Moi qui savait réaliser les idées des autres techniquement, j’étais bien incapable d’avoir des idées autres que techniques. Ma créativité était complètement bridée.
Mon obsession de la technique a disparu à ce moment-là.
Note: le fait de lire cette doc m’a donné toutes les bases pour programmer sur PC, ce qui m’est encore utile 20 ans plus tard !

Leçon numéro 4: mon travail n’est pas ma vie

Dans tous mes postes précédents, je n’avais que mon travail dans ma vie.
J’étais bien incapable d’avoir des relations avec les gens, alors je faisais ce pour quoi j’étais doué: programmer.

Comme je suivais une psychanalyse, je me forçais à ne faire que 8 heures de travail par jour chez PAM (vous pouvez rire, mais c’était mal vu à l’époque).
Avec le recul, je pense que c’est le moment où j’ai commencé à être vraiment efficace en économisant mes efforts, et surtout en dégageant du temps libre pour faire autre chose que travailler.

Leçon numéro 5: j’essaye d’apprécier les gens avec qui je travaille

Je considérais Pierre Adane comme un ami, mais c’était vraiment un tyran au travail (et je pense qu’il n’en est toujours pas conscient !).

Didier, Pierre et moi-même étions tous trois des « obsédés techniques ».
Comme nous étions tous trois dans le même bureau, je me demandais comment j’allais pouvoir survivre dans cet environnement hostile.
J’ai donc décidé d’apprivoiser Didier.
Ca m’a pris plusieurs mois, mais je crois qu’en fin de compte nous sommes devenus amis.

Le second ami que je me suis fait à PAM est Christophe Gayraud.
C’était un ex-Titus, et nous mangions ensemble à midi, en parlant beaucoup de spiritualité. Avec le recul, je me rends compte que tout ce qu’il lisait était écrit par des charlatans, cela me permet maintenant de les repérer instantanément.
Note: je viens d’apprendre que Christophe est mort en 2012.

Leçon numéro 6: j’ai commencé à être résilient

Un jour, Pierre m’a annoncé que j’allais changer de bureau.
Mon calvaire se terminait enfin !
A cet instant là, j’ai compris que je n’avais plus rien à faire chez PAM, parce que je ne supportais plus ce rôle technique si réducteur.

J’avais passé avec succès l’épreuve du tyran, et j’avais réussi à trouver un allié dans des circonstances difficiles.
J’avais réussi ma première expérience de résilience, qui est la capacité à surmonter les situations difficiles.

Un jour, je croise des anciens de Cryo, qui me disent qu’ils comptent démarrer un projet, et je leur fais part de mon intérêt de travailler avec eux quel que soit leur projet.
Quelques semaines plus tard, ils me confirment qu’ils ont signé leur jeu avec Microfolie’s, alors je donne ma démission pour rejoindre le Comptoir des Planètes.

Conclusion

J’ai eu deux retours indirects et tardifs de mon passage chez PAM.

Le premier est quand j’ai croisé Didier quelques mois plus tard.
Il m’a expliqué qu’il avait réalisé qu’il pouvait partir le jour où j’ai donné ma démission (je pense qu’il s’emmerdait autant que moi).
Avec sa femme, il m’a dit qu’il allait partir pour les USA.
Depuis, il y a fondé avec succès plusieurs boîtes de jeux vidéo !

Le second est quand j’ai croisé Sylvain Grosdemouge, 8 ans plus tard.
J’avais écrit un outil pour caser le maximum de petites images dans des images 256×256 (les « Texture-Pages » sur PSX).
Il avait hérité de mon bébé, mais comme il n’avait rien compris à l’algorithme, il avait dû tout réécrire et il me détestait déjà avant de me connaître !

La Méditation


Aujourd’hui, je vais publier un article très intime sur ce blog: je vais vous parler de méditation.

La méditation, c’est le seul outil valable pour se développer intérieurement !

Méditer, ce n’est pas regarder les petits oiseaux ou glandouiller, c’est arrêter activement le flux des pensées et cela demande beaucoup d’attention.
Lors de la méditation, le cerveau devient très actif dans toutes les zones du cerveau, alors que notre utilisation habituelle l’utilise très peu (même quand on réfléchit beaucoup).

L’intérêt de la méditation

Voici quelques uns des bénéfices que j’ai constaté chez moi:

  1. je prends du recul, donc j’ai un meilleur contrôle de mes émotions et de ma pensée
  2. je retrouve mon centre, alors que tout s’acharne à me le faire perdre. Sollicitations, publicités, les gens, etc…, tout semble dire que l’extérieur de moi-même est plus important que l’intérieur, mais c’est faux !
  3. j’accepte la réalité telle qu’elle est, la vie devient beaucoup plus supportable
  4. je suis plus concentré dans ma vie de tous les jours
  5. la majorité de mes problèmes a disparu
  6. je ne me pose plus de questions existentielles
  7. je tombe moins malade
  8. j’ai besoin de moins de sommeil

J’ai compris récemment que mes émotions étaient des constructions mentales, et la méditation me permet de mieux percevoir tous mes mécanismes mentaux. Je suis devenu un observateur de moi-même, ce qui me permet de mieux comprendre les autres.
En fin de compte, je suis devenu un autotéliste ou plus exactement un jnani.

L’environnement pour méditer

Avant toute chose, il faut utiliser un endroit le plus neutre possible, avec le moins de distractions extérieures:

  1. pas de bruit (y compris musique de « méditation »)
  2. pas d’odeur (y compris encens)
  3. pas d’objets trop colorés, genre couleur fluo

Il faut ensuite s’asseoir confortablement, et notamment tenir le dos bien droit.

Personnellement, je médite dans les transports en commun, ça me permet de profiter pleinement de mon heure de transport, mais je ne recommande pas cela aux débutants.

Les différents types de méditation

Les 3 méditations les plus efficaces sont:

La méditation sur Dieu

C’est la prière. La prière, ce n’est pas pour demander de gagner au loto !
Toutes les religions proposent leur propre technique.
Personnellement, je ne suis pas croyant (mon père m’a bien écœuré du christianisme), donc je ne peux pas proposer de technique particulière.
Saviez-vous qu’Alléluia est un excellent mantra ?

La méditation zen

La méditation zen est focalisée sur la respiration.
La position (zazen) est très importante. En effet, tant que la position n’est pas bonne, on souffre le martyre !

Voici comment je la pratique:

  1. je me mets en zazen (assis sur un coussin, jambes croisées en lotus, dos bien droit)
  2. je garde les yeux mi-clos
  3. je fixe un point neutre à un mètre devant moi
  4. je forme une sorte d’ellipse avec mes mains placées au niveau du nombril
  5. je me focalise sur la respiration (le point d’origine de la respiration s’appelle le hara, juste en dessous du nombril)
  6. quand une pensée arrive, je la laisse passer en revenant sur ma respiration

J’ai pratiqué cette méditation quelques années, mais la progression intérieure est très lente, à part si vous faites des sesshins (stages de plusieurs jours où on ne fait que méditer).
Je la recommande si vous n’êtes pas en quête métaphysique, le mental se décante très rapidement et cette méditation est « neutre », c’est à dire qu’elle renforce l’équilibre et vous vivrez plus intensément chaque instant de votre vie.

La méditation advaïtin

C’est la méditation que je pratique depuis quelques mois.
Elle est extrêmement efficace mais je ne la recommande pas pour des débutants, parce qu’elle est très déstructurante (elle détruit le système de pensée).

L’Advaïta Védanta n’est pas du bouddhisme, c’est une forme d’hindouisme. Advaïta signifie non-dualité.
Les écrits les plus célèbres de l’Advaïta sont la Bhagavad Gita et les Upanishads, qui me bouleversent à chaque fois que je les lis.

Les bases théoriques de l’Advaïta sont:

  1. les états de veille et de rêve sont des états illusoires
  2. le « Soi » est notre état naturel et apparaît clairement durant le sommeil profond
  3. en réalité, nous ne sommes que pure conscience (Sat-Chit-Ananda) immortelle et sans dualité
  4. cet état de pure conscience est super lumineux, au-delà des pensées et des perceptions, mais accessible à l’expérience
  5. la première pensée qui nous a éloigné de notre état naturel est le « Je »

La méditation advaïtin permet d’éliminer toutes les identifications en cherchant la source du « Je », afin d’accéder à notre état naturel.

Voici comment je la pratique:

  1. je m’assieds confortablement, les yeux fermés
  2. je me mets en relaxation profonde (en utilisant ce que j’ai appris en sophrologie: au bord même du sommeil après relâchement de toutes les tensions de mon corps)
  3. je me dis: « je ne suis pas ce corps, je ne suis pas ces pensées, je ne suis pas ces perceptions », ajoutez « je ne suis pas ces chakras » si vous croyez aux chakras
  4. ensuite, je me pose la question « qui suis-je ? », sans chercher à avoir de réponse
  5. quand une pensée ou une perception surgit, je me dis: « à qui cette pensée ou cette perception arrive ? ». Si la réponse est « à moi ! », alors « qui suis-je ? »
  6. quand mon esprit est confus, je répète mentalement le mantra « Je, je », afin de retrouver mon centre

Curieusement, cette méditation est focalisée sur le cœur spirituel (à côté du plexus solaire).

D’après mon expérience, mes interactions avec les autres sont devenues sans violence en moins de deux semaines.
Beaucoup d’identifications ont disparu: je n’ai plus peur de rien et je suis beaucoup plus intuitif et créatif.
Par exemple, la majorité du contenu de mes articles « surgit » après mes méditations.

Mais cette méditation est dangereuse si vous n’avez pas une bonne connaissance de vous-même.
Par exemple, j’ai maintenant un grand détachement à la fois intérieur et extérieur, et j’ai l’impression d’être plus spectateur qu’acteur (la majorité de mes actions sont devenues sans pensée ni intention), il faut donc accepter de fonctionner autrement.
Lâcher prise intérieurement sur tout est extrêmement difficile, surtout quand tout nous pousse à garder le contrôle.

Enfin, je vous déconseille de suivre les groupes de Néo-Advaïta (l’Advaïta à l’américaine, à base de satsangs), où on pose son cul et un type parle de non-dualité. Le problème est que nous avons tous construit une carapace mentale, qui réclame de nombreuses années pour s’en débarrasser, et c’est un travail que nous ne pouvons qu’accomplir seul et dans le silence.

Conclusion

J’espère que je vous ai donné envie d’essayer la méditation.

Personnellement, je médite environ 2 heures par jour, mais je vous conseille d’y aller doucement afin de ne pas vous dégoûter.
Vous devriez pouvoir acquérir l’habitude en pratiquant 15 minutes par jour, et vous en percevrez les avantages en moins de 2 semaines.
Une fois l’habitude bien intégrée, vous trouverez naturellement la durée optimale en fonction de votre rythme de vie.

Le but de la méditation est de se retrouver dans un état de clarté intérieure qui dure tout au long de la journée, donc faire 10 heures de méditation par jour n’est pas nécessaire.
Je dirai même qu’il ne faut surtout pas chercher à fuir la vie quotidienne, parce que celle-ci permet de vérifier que notre pratique intérieure progresse.

Les Niveaux de Connaissance


Cela va faire bientôt 20 ans que je m’observe intérieurement, au début avec la psychanalyse, puis avec la sophrologie, et maintenant avec la méditation.
Aujourd’hui, je vais essayer de vous faire partager mon processus de connaissance.

Cet article peut vous paraître abstrait, mais il est résolument pratique.

Le processus de connaissance est très important en développement personnel, parce qu’il permet de détecter quel niveau de connaissance j’ai atteint et surtout où j’en suis dans mon développement personnel.

Je vais vous décrire maintenant les 6 niveaux que j’ai identifiés chez moi.

1. L’effort

Le premier niveau est l’effort.
L’effort, cela peut être de l’action, ou simplement le désir de vouloir chercher à se comprendre.
L’effort est inévitable au début, donc si par paresse, je ne veux pas fournir d’effort, jamais je n’accéderai aux niveaux suivants.

Exemple: quand j’ai commencé à programmer, avant même de comprendre, j’ai dû d’abord faire. Si je ne fais rien, jamais je ne comprendrais, ou pire, j’aurais une compréhension superficielle et illusoire.

2. L’analyse, la réflexion

Le second niveau est l’analyse de ce qui se passe.
Je collecte les informations de mon effort, et j’essaye de les catégoriser.

Cette étape est purement intellectuelle, mais elle est nécessaire pour accéder à la compréhension.
Si je ne réfléchis pas sur mes actions, je ne peux pas comprendre les processus, et je ne peux pas les améliorer.
Quelques techniques existent pour faciliter ce processus: si vous avez une bonne mémoire visuelle, vous pouvez utiliser des post-its; si vous avez une bonne mémoire auditive, vous pouvez énumérer vocalement les informations, etc…

3. La compréhension

Le troisième niveau est la compréhension intellectuelle, c’est à dire la création d’un modèle qui permet d’interpréter les informations.

La très grande majorité des individus sont focalisés sur ce niveau, parce qu’ils aiment être fiers de comprendre intellectuellement les choses, suivant l’adage « je pense donc je suis ».
Mais la compréhension intellectuelle est un processus incomplet parce qu’elle est trop basée sur la pensée, et donc limitée par elle. Il faut réaliser que la pensée est un moyen très limité de connaissance.

4. La prise de conscience

Le quatrième niveau est la prise de conscience, c’est un processus non intellectuel.
D’après mes expériences sur moi, cette prise de conscience surgit surtout quand je mobilise mon corps et mon esprit.
Ce processus est parfois émotionnel, mais toujours au delà du raisonnement.

Le « Lateral Thinking » ou « Aha » sont des prises de conscience incomplètes parce que sans expérience.
Les jeux agiles, la psychanalyse ou la sophrologie permettent d’expérimenter directement cet état.

Il est amusant de voir que la compréhension intellectuelle est utilisée après, pour analyser ce qui s’est passé.

Un coach (agile ou non) essaye d’agir à ce niveau-là.

5. La sagesse

Le cinquième niveau est la sagesse, c’est un processus très long (dans mon cas, presque 30 ans).
C’est un état qui est atteint par soi seul, personne ne peut vous amener à devenir sage.
La sagesse est apparue longtemps après que j’ai remis profondément en cause mes connaissances.
Tant qu’il n’y a pas de remise en cause, la sagesse ne peut pas survenir.

La sagesse, c’est une compréhension profonde des processus, à la fois au niveau le plus bas et au niveau le plus haut.
Elle vient de l’expérience, et c’est une connaissance non rationnelle mais qui peut être exprimée de manière rationnelle, parce qu’elle est construite à partir de la compréhension et de la prise de conscience.

Durant toute ma vie, je n’ai croisé que très peu de personnes à ce niveau (la sagesse vient avec l’âge, et les informaticiens âgés sont rares), mais les meilleurs coachs sont à ce niveau-là, souvent inconsciemment.

6. L’intuition

Le sixième niveau est l’intuition, et c’est un processus complètement irrationnel.
La différence avec la sagesse est que la pensée n’est pas utilisée.
Dans mon cas, j’obtiens ce niveau sans penser et sans effort, mais ce n’est pas un état que je peux maintenir, il surgit par fulgurance, notamment quand je pratique l’empathie.

Souvent, l’intuition ne peut pas être exprimée de manière rationnelle mais de manière émotionnelle.
Pour pouvoir accéder à cet état, il faut arrêter momentanément le processus de pensée, et tout se décante après un certain temps.

Comme c’est un état sans pensée et que la majorité des individus tiennent à leurs pensées, c’est un état qui est plutôt méprisé parce qu’il n’est pas quantifiable ni maîtrisable, donc en entreprise il est plutôt rejeté.
L’intuition sans la sagesse ne sert à rien.

Les meilleurs « décideurs » et les meilleurs créatifs sont à ce niveau-là, souvent inconsciemment.
Malheureusement, ces individus abusent souvent de substances nocives pour accéder à des états sans pensée.
L’état sans pensée peut s’obtenir grâce à la prière ou à la méditation.

Conclusion

J’ai essayé de vous décrire les différents processus de connaissance.

Si vous avez bien compris mon explication, vous devriez maintenant réaliser pourquoi les méthodes comme « Positive Thinking », « Critical Thinking » ou toute autre méthode à base de pensée sont très superficielles et inefficaces parce qu’elles restent bloquées sur les 4 premiers niveaux.
Je vous encourage à:

  • dans un premier temps, stocker et ordonner le maximum d’informations
  • dans un second temps, digérer et modéliser ces informations
  • dans un troisième temps, remettre en cause vos modélisations, tant qu’un doute persiste
  • dans un quatrième temps, laisser tout tomber

Vous accéderez ainsi progressivement aux niveaux les plus intéressants de la connaissance.

Un peu de SEO


Aujourd’hui, je vais faire un peu de Search Engine Optimization.

J’ai décidé de prendre quelques unes des requêtes qui mènent à mon blog, et certaines sont curieuses ou amusantes.
Comme d’habitude, je vais laisser des commentaires personnels.

Gestion des conflits

Beaucoup de personnes viennent chercher des techniques pour gérer les conflits.
Gérer un conflit est très simple quand je ne fais pas partie du conflit.
La technique à utiliser est de chercher la contradiction, c’est à dire le ou les points qui posent problème.
Cela correspond à comparer les désirs de chacun et la réalité.
Une fois ces points localisés, trouver une solution est assez simple.

Malheureusement, quand je fais partie du conflit, le gérer est quelque chose de beaucoup plus difficile, et je pense que la majorité des requêtes qui mènent sur mon blog viennent pour gérer ce genre de conflit.

Comment puis-je gérer un conflit dont je suis partie prenante ?

La meilleure solution est de trouver un médiateur externe au conflit, comprenant un peu la psychologie des individus et n’étant pas concerné par ce conflit.
Comme vous pouvez le constater, cela n’est pas facile, à moins de se trouver dans une grosse structure.

Comment puis-je gérer un conflit tout seul ?

Comme je l’ai déjà expliqué sur ce blog, il est essentiel de ne pas chercher à avoir raison.
Si je cherche à pousser ma solution à tout prix (même si c’est la meilleure), je ne vais créer que de la frustration parce que je vais montrer à tous que je me fous de leur avis.
En fait, il y a quelques dangers:

  1. chacun ne pense qu’à lui-même !
    Absolument tout le monde est égocentrique, et certains se mentent en croyant qu’ils ne le sont pas, en utilisant des valeurs personnelles erronées comme « motifs nobles ».
    Pour court-circuiter ce processus mental, j’essaye de prendre en compte leurs points de vue, même s’ils vont à l’encontre du mien.
  2. quand quelqu’un propose une solution, il se fout de savoir si elle résout le problème globalement.
    Un conflit n’est pas un problème local, il s’agit souvent d’un problème global, et il faut regarder tout ce qui est concerné par ce problème.
    Je vois souvent des personnes résoudre les problèmes à leur niveau local, en se foutant du coût pour les autres, après tout, ce n’est pas leur problème !
    Il existe des techniques pour analyser un problème sous toutes ses coutures, voyez par exemple la spirale dynamique, le System Thinking ou le Design Thinking, qui est proche du mind-mapping.
    Personnellement, je ne suis pas fan de ces méthodes, qui demandent beaucoup de temps pour analyser un problème, rendent les processus mentaux trop automatiques et peu créatifs et fonctionnent plutôt avec des profils visuels (le V du VAK de la PNL).
  3. le conflit fait peur.
    Le conflit n’est pas quelque chose de négatif. Le conflit est une façon intime d’interagir avec les autres, elle révèle une partie de nous-même.
    Au début, j’avais peur des conflits parce que je n’avais pas l’habitude. La peur disparaît avec la pratique.

Je pense qu’être simplement honnête et exprimer mon besoin simplifie énormément les interactions, et améliore le respect de moi-même et des autres.

Je m’en fous en psychologie

En fait, la requête est « je m’en fou en psychologie », joli lapsus !
J’ai beaucoup parlé de motivation sur mon blog, je ne vais pas revenir sur la motivation.
La difficulté de chacun est de trouver ce qui le motive. Ce n’est pas quelque chose de simple à découvrir.
La motivation première est une motivation de « faire »: qu’est-ce que je veux faire ? Qu’est-ce que je suis capable de faire ? Qu’est-ce qui me fait plaisir ?
Curieusement, beaucoup de personnes se sentent démotivées, mais sont capables de dire ce qu’elles veulent faire, ce qui signifie qu’elles ne sont pas satisfaites par ce qu’elles font.
Une technique efficace est d’imaginer que je vais mourir dans 6 mois: qu’est-ce que je veux avoir accompli avant de mourir ?
La seconde motivation est une motivation d’être: qu’est-ce que je suis ? Comment puis-je devenir ce que je suis réellement ? Comment puis-je être heureux ?

L’honnêteté demande du temps

Malheureusement, être honnête demande beaucoup de travail sur soi.
Mes premiers moments d’honnêteté m’ont demandé un courage fabuleux, mais m’ont aussi fait sentir à quel point cela simplifiait ma vie.
Le plus difficile à accepter est d’abandonner le désir de se faire aimer.
Tout le monde veut être écouté, apprécié, aimé, et est malheureux quand cela n’arrive pas.
Accepter de ne pas être écouté, apprécié ou aimé a été difficile pour moi, mais en devenant plus honnête, je suis curieusement beaucoup plus écouté, apprécié ou aimé.

Dois-je me mettre en désaccord avec moi-même pour plaire aux autres ?

Houla, je commence à aller vers le courrier du cœur.
La question telle qu’elle est formulée implique que je cherche à plaire aux autres, ce qui indique que je ne me plais pas à moi-même. Je cherche à confirmer que je suis quelqu’un de plaisant parce que j’espère que les gens autour de moi vont me le dire.
Entre nous, ça ne fonctionne jamais, et cela ne fait que répéter un comportement acquis lors de l’enfance: je cherche l’approbation ou l’admiration de mes parents.

Enfin, je suis intimement persuadé qu’il ne faut jamais se mettre en désaccord avec soi-même, autrement dit qu’il ne faut pas se forcer.
Si je me force, l’effort que je vais fournir ne sera pas durable parce qu’il va me fatiguer, et je vais juste me sentir mal à moyen terme, ce qui va entraîner du stress et un sentiment de mensonge intérieur. A long terme, je peux même développer un cancer.
J’ai appris à arrêter de lutter contre moi-même, ce qui a entraîné le fait d’arrêter de lutter contre les autres.
Si j’arrête de lutter contre les autres d’abord, je crée un sentiment de rejet de moi-même, et cela entraîne de la dévalorisation puis de la dépression.

L’effet Zeigarnik pour obtenir de l’argent

Encore une curieuse demande !
Franchement, l’effet Zeigarnik n’est là que pour mieux organiser ma propre façon de travailler.
L’argent découlera du résultat de mon travail.
Comme je l’ai déjà dit, il ne faut pas se focaliser sur le résultat, mais sur la façon de faire.
Quand je me focalise sur le résultat, je vais me mettre à bâcler à certains moments, parce que je vais accepter une qualité moindre.
Regardez le modèle chinois: il n’y a que le résultat qui compte, ce qui fait que la qualité est déplorable !
Si je me concentre sur la façon de faire (la qualité), je serai fier de ce que j’ai fait, j’aurai de la satisfaction même si le résultat final n’est pas à la hauteur.
Si je me concentre sur le résultat, tous mes efforts dépendront du résultat, et si cela échoue, ma confiance en moi diminuera et le doute s’installera.

Attention toutefois à ne pas tomber dans le piège du perfectionnisme !
L’agilité nous rappelle la loi de Pareto: 20% de l’effort donnera 80% du résultat. Où sont ces 20% d’efforts utiles ?
Si l’argent est un objectif essentiel, essayez les métiers qui transitent autour de l’argent: banque, bourse, etc…

Harcèlement

J’ai beaucoup de requêtes sur le harcèlement, notamment sur la psychologie du harceleur.
Je crois que j’ai tout dit, et je ne vais pas m’étendre plus sur le sujet.

La créativité

Beaucoup de requêtes sur la créativité, je vais essayer de publier ma deuxième présentation sur la créativité plus tard.
Ah, un point: l’expertise ne tue pas la créativité !
Je ne peux pas être créatif dans un domaine dont je ne suis pas expert.
Ce qui tue la créativité, c’est le sentiment de certitude, le manque de remise en question.

Comment transformer la motivation extrinsèque en motivation intrinsèque ?

Voici une question intéressante, mais la réponse est: on ne peut pas directement !
La seule façon que j’ai vérifiée est de trouver quelque chose qui me fasse plaisir ou qui donne du sens à mon travail.
Il y a toujours une petite partie de notre travail qui nous intéresse (et une grosse partie qui nous gonfle), il suffit d’accorder plus d’importance à ce qui nous intéresse.

Changement de caractère et crise existentielle

Ayant expérimenté moi-même plusieurs changements profonds, je peux affirmer que de grands pans de notre personnalité se révèlent avec le temps.
Chaque jour, je change un peu, mais ce changement est imperceptible parce que minime.
Mais sur une année (ou même moins), le changement peut être considérable !
Accepter ce changement n’est pas facile, mais le refuser amène forcément à un conflit intérieur, ce que certaines personnes appellent « crise existentielle ».

Les émotions

Beaucoup de requêtes sur les émotions, quand elles sortent ou quand elles sont réprimées.
Malheureusement, la société française actuelle favorise la répression des émotions, alors forcément quand elles sortent, elles sont d’une violence démesurée.
Ce n’est pas évident d’exprimer la colère ou la tristesse de manière saine.
Si vous sentez que vous devez sortir vos émotions, je recommande la technique Gestalt de la chaise vide: asseyez-vous en face d’une chaise vide, imaginez un interlocuteur virtuel et exprimez ce que vous voulez dire à cette personne.

Cherche facilitateur groupe de parole

Si vous avez besoin d’un facilitateur, je suis disponible pour des missions de courte durée sur la région parisienne !
Mon email: jcmeyrignac@gmail.com

La peur fait-elle partie des émotions ?

Oui et non. Les émotions et la peur sont des réactions à des stimuli extérieurs.
La différence entre les émotions et la peur est que je ne dois pas céder à ma peur, alors que je dois me laisser aller à mes émotions.

Es-tu capable de ne pas être capable ?

Oui, j’en suis incapable.
Désolé, mais la philosophie ne m’intéresse pas, parce que c’est juste de la branlette intellectuelle.
Arrêtons les grandes théories, et soyons plus pragmatiques !
De plus, ma première note en cours de philosophie fût un zéro, je n’oublierai jamais.

La chose concrète la plus importante dans la vie

Très simple: moi-même !
Chacun ne pense qu’à soi-même, et il faut une psychanalyse pour s’en rendre compte et l’assumer.
J’adore la blague:

  • J’ai suivi une psychanalyse parce que j’avais honte de faire pipi au lit
  • Tu es guéri ?
  • Non, mais maintenant j’en suis fier !

En fait, la chose la plus importante est le bonheur, mais en presque 50 ans, je n’ai croisé qu’une ou 2 personnes qui cherchent le vrai bonheur !

Pourquoi je ne sais pas mettre de mots sur mes émotions ?

Parce que cela s’apprend !
Décrire ses états intérieurs est difficile à faire parce qu’il faut trouver quelqu’un qui soit assez patient pour nous écouter.
La psychanalyse est la meilleure méthode pour apprendre cela, mais cela coûte cher.

J’ai abandonné ma copine

Je vous disais que je faisais courrier du cœur !
Heu, je n’ai pas de réponse simple, il faudrait creuser les processus mentaux mis en œuvre pour localiser les peurs et ensuite les affronter.

Motivation vaisselle

Je n’ai pas de technique pour cela, je préconise un lave-vaisselle.

Faire vivre des émotions fortes à mon interlocutrice

Evitez les menaces physiques, et essayez les attractions foraines !

Besoin de rien, envie de toi (psychologie)

Hé, il ne faut pas rêver ! L’amour ne suffit pas.
En France, il faut travailler ou avoir des parents fortunés pour subvenir à ses besoins.

Supporte plus ma femme mots croisés

Etant champion de mots croisés, je vois mal où est le problème ?

Des conseils pour arrêter de fréquenter des prostituées

Oui, c’est une vraie requête pour tomber sur mon blog !
Il vaut mieux aller voir des prostituées que de réfréner ses pulsions sexuelles.
Il y a peut-être un déséquilibre dans votre vie, par exemple trop de travail, ce qui entraîne un phénomène de compensation ?

Est-ce que les mots mêlés servent à quelque chose intellectuellement ?

Non, mais ils permettent d’oublier momentanément son monologue intérieur !

J’ai fait un burn-out en Chine

Bienvenue au club des burn-outés !
Le burn-out est assez rare, parce que la majorité des individus ont un entourage qui les protège, mais c’est une expérience qui permet de trouver du sens à sa vie.

Comment déceler qu’une personne est masochiste ?

Hélas, il n’y a pas de méthode simple.
En général, ceux qui sont obnubilés par le pouvoir ont des tendances sadomasochistes (sadiques en public, et maso en privé).
Certaines personnes fortement éduquées (« dressées ») agissent comme des masochistes (ce fut mon cas).

Je suis forte sans croyances

Ceci est une croyance: la force ou la faiblesse sont des croyances.

Je dois consulter un psychanalyste, mais je n’ai pas les moyens

Allez voir votre docteur généraliste, qui vous fera une ordonnance pour un psychiatre/psychologue, qui sera pris en charge par la Sécurité Sociale.
Attention, la psychologie en face à face est moins efficace qu’une psychanalyse. Les processus mis en œuvre sont totalement différents !

15 ans de psychanalyse, est-ce trop ?

Pas pour votre psychanalyste !
Cela peut être un investissement, parce que j’ai entendu dire qu’au bout de 7 ans, vous pouviez devenir psychanalyste.
Au bout de 3 ans, j’ai compris que la psychanalyse ne permettait que d’assumer ce que j’étais, et que creuser plus n’amenait que plus de moi-même.
Essayez la sophrologie caycédienne (je peux vous donner une bonne adresse sur Paris 18ème), le yoga ou la méditation, qui vont vous permettre d’aller plus loin.

Le sentiment de devoir toujours prouver

C’est ce que j’appelle une « mauvaise habitude » héritée de quand on était petit.
Comme toute habitude prise depuis longtemps, il faut beaucoup de temps pour s’en débarrasser.

Un homme qui a une obsession sexuelle et qui n’arrive pas à me faire l’amour

Il est trop focalisé sur lui-même et sur son désir. Dans l’acte sexuel d’amour, l’essentiel est de se focaliser sur l’autre.

Conclusion

Si après tout cela, je n’ai pas 1000 visiteurs par jour, c’est à désespérer des techniques de SEO !

La Connaissance de Soi (deuxième partie)


Aujourd’hui, je vais aborder l’ouverture d’esprit, qui est le deuxième niveau de motivation d’être.

L’ouverture d’esprit, c’est la capacité d’accepter la réalité telle qu’elle est, et en l’occurrence, en découvrant nos propres filtres de perception de la réalité.

Je tiens à signaler que ce que j’écris sur ce blog n’est pas un processus psychanalytique, c’est juste un compte-rendu d’expérience, ne cherchez pas à rationaliser !
Attention, je vais être très intime et je vais probablement paraître « original ». Si vous êtes choqué, c’est que certaines choses vous accrochent encore, profitez-en pour faire un examen intérieur.

Le contexte

Depuis tout petit, j’avais développé mon intellect à l’extrême, en abordant le monde de manière mathématique.
Mon intellect s’était développé de manière disproportionnée, c’est à dire en sacrifiant tout le reste: relations humaines (ou plus exactement les autres), mon corps, etc…
A 28 ans, je tournais en rond depuis déjà plusieurs années, à la fois à cause de mon stress chronique et du fait que j’avais fait le tour de ce que je pouvais atteindre de manière logique.
J’ai donc abordé la psychanalyse comme un nouveau challenge intellectuel, pour résoudre mon mal-être.

Très rapidement, j’ai commencé à réaliser que je m’étais fixé des limites inconsciemment, et j’ai fait le douloureux travail de les détruire (je travaille encore dessus).
Je suis allé très loin dans ce travail, et je vais essayer de partager mon expérience.

La peur

Les premières limites qui me sont apparues étaient mes peurs.
J’avais peur des autres, j’avais le vertige, etc…
Beaucoup de gens sont capables d’identifier leurs peurs, mais très peu cherchent à les dépasser.
Dans mon cas, j’ai vite compris qu’il fallait passer le cap de mes peurs.

Pour la peur des autres, j’ai compris qu’il y avait en fait plusieurs peurs:

  • la peur d’être seul face à quelqu’un (c’est à dire l’intimité)
  • la peur du groupe
  • la peur de déplaire

Pour l’intimité, j’ai commencé à parler avec des gens de manière intime (la psychanalyse m’a beaucoup aidé), jusqu’à me sentir dégagé de cette peur.

Pour le groupe, ce fut un long travail. J’ai appris à m’intégrer à des petits groupes, puis j’ai travaillé pour libérer ma parole en public. Il y a 10 ans, j’ai suivi une formation de formateur, où le formateur était un acteur de théâtre et me faisait pratiquer la parole devant un public réduit. Il y a 4 ans, j’ai commencé à pratiquer la parole en public, d’abord dans mon entreprise puis dans les conférences agiles. Dès que je peux pratiquer la parole en public, je le fais afin de m’améliorer.

Pour la peur de déplaire, apprendre à dire non a été une épreuve longue et difficile pour moi, et je suis dégagé de cette peur depuis seulement quelques mois, comme le prouve ce blog où j’expose ce que je suis, sans chercher à plaire.

Pour le vertige, j’en souffrais parce que j’habitais au 26ème étage d’une tour.
J’ai alors décidé de faire du saut à l’élastique. Je me suis lancé d’une hauteur de 60 mètres dans le vide, en écoutant mon corps, ce qui fait que je n’ai pas crié (certains spectateurs ont cru que j’avais fait une crise cardiaque).
J’ai adoré la sensation du vent. Je n’ai plus le vertige depuis.

Le dégoût

Le dégoût, c’est une forme amoindrie de la peur, elle n’est pas autant invalidante.
Je dois avouer qu’il est très difficile de réaliser qu’on peut dépasser le dégoût.
J’avais lu que les moines tibétains devaient manger leurs excréments lors d’une épreuve pour dépasser leur dégoût, mais l’expérience ne me tentait pas trop.
En fait, à l’époque où je travaillais sur le dégoût, je bossais chez Cryo, et il y avait souvent des fêtes bien arrosées, qui ne se terminaient pas glorieusement.
Disons que j’en ai profité pour me débarrasser du dégoût du vomi, ça ne me fait plus rien.

Les blocages

Les blocages sont des processus mentaux qui nous bloquent littéralement.
Le meilleur exemple dont je me souvienne est d’avoir lu un livre de Freud sur la sexualité, et je suis resté bloqué 2 semaines sur une page, je n’arrivais pas à passer à la suivante, j’ignore encore pourquoi.
Beaucoup de personnes ont du mal à accepter le changement, et restent bloquées sur leur façon d’être, totalement inadaptée à leur situation.
Les blocages ont des répercussions psychosomatiques: stress et blocage des vertèbres cervicales.

Les pulsions

Les pulsions, ce sont des désirs qui nous submergent.
Quand j’ai commencé à travailler sur moi, j’ai réalisé à quel point j’avais des pulsions violentes.
Ces pulsions étaient à la fois des pulsions sexuelles (à la fois hétéro et homo) et des pulsions de mort (notamment des envies de suicide).
J’ai compris qu’il ne fallait pas refuser mes pulsions, mais les accepter comme faisant partie de moi et surtout ne pas les réaliser.

Les désirs cachés

Les désirs cachés sont ceux que je veux vraiment, mais que mon mental refuse d’admettre.
Ces désirs se manifestent par des lapsus, des actes manqués, et tout un tas de symptômes qui font qu’ils ne remontent pas à la conscience.
Je vais donner un exemple concret:
supposons que j’ai eu du mal à accepter une décision de mon responsable hiérarchique, mais que je l’ai acceptée en me forçant.
Mon inconscient va essayer de saborder la situation, par exemple en faisant de l’humour noir, ou en n’arrivant pas à réaliser ce que j’ai à faire, etc…

Les désirs cachés sont difficiles à localiser, mais il y a une technique très simple pour s’en débarrasser: être plus honnête et spontané chaque jour.
Tant que je n’ose pas formuler mes vrais désirs, et que j’utilise mon mental pour les réprimer, ces désirs vont prendre de plus en plus d’importance, et peuvent devenir des pulsions si je les réprime suffisamment longtemps.

Les tabous

J’ai été élevé dans la tradition chrétienne, et j’avais un paquet de tabous (il suffit de consulter les 10 commandements).
Les tabous les plus difficiles à accepter sont les tabous d’ordre sexuel.
Chaque être humain contient une part de masculinité et de féminité en lui, et ces parts peuvent varier au cours d’une vie.
Par exemple, quand j’ai commencé à travailler sur moi, ma sexualité n’était pas complètement définie.
Les circonstances ont fait que je suis devenu hétérosexuel, mais j’ai croisé un programmeur de jeux vidéo qui est devenu homosexuel à cause des circonstances. Je me souviens que ce programmeur était venu en jupe avec une perruque à son travail, et j’avais dit qu’il ne fallait pas se moquer de lui, mais j’ai quand même explosé de rire en le voyant.
Enfin, je me souviens avoir croisé un psychanalyste qui était hétéro, mais qui devenait homo quand il avait des problèmes avec sa femme, et je n’ai compris que plus tard qu’il me draguait.

Les croyances

Les croyances, ce sont des pensées limitatives.
Par exemple, tu ne dois pas te curer le nez en public, ou tu ne dois pas dire de gros mots.
Plus insidieusement, le message peut être positif dans certaines circonstances, mais devenir limitatif plus tard: « sois gentil avec les autres », ce qui peut entraîner un comportement rigide de fausse gentillesse remplie de culpabilité.
J’ai déjà abordé l’invalidation dans un article précédent.

Les croyances viennent pratiquement toujours de l’éducation.
J’ai appris à faire comme cela, donc c’est la bonne façon de faire, et il ne faut pas faire autrement.
Curieusement, ceux qui tiennent à leurs croyances échouent inconsciemment quand ils essayent de faire autrement, afin de conforter leurs propres croyances.

Etant autodidacte, j’ai dû faire ma propre éducation, et je vois beaucoup de personnes avec du talent se limiter sans s’en rendre compte.
Ceux qui parviennent à s’en sortir sont capables de se remettre profondément en cause, mais ils sont rares.

Les superstitions

Les superstitions sont des pensées limitatives associées à des évènements vécus.
Par exemple, je mets telle paire de chaussures quand je vais à un rendez-vous important.

La superstition s’installe quand j’essaye d’interpréter les coïncidences.
Les superstitions sont difficiles à éliminer quand elles sont très ancrées, certains rituels en deviennent ridicules.
Les troubles obsessionnels compulsifs sont des superstitions qui ont dégénéré.

Les rêves

J’ai un peu travaillé sur les rêves, en essayant de les noter au moment du réveil, puis en les analysant avec le psy.
Personnellement, je pense que le travail sur les rêves est inutile, mais il permet quand même de détecter certains désirs cachés.

Le Moi

En fait, cette plongée en moi m’a permis de découvrir mon Moi, mon Ego.
Plus je creusais et plus je trouvais mon Moi dans tout ce que je faisais.

Ce Moi apparaît partout, dans des actions qui me semblaient altruistes, dans des choix qui me semblaient désintéressés.
Plus j’avançais en analyse, plus je comprenais que l’analyse ne me permettrait que d’explorer ce Moi de manière systématique, sans pouvoir aller au delà.
Relisez les 3 premiers niveaux de la motivation, et vous verrez que le Moi est le moteur derrière cette motivation: moi, moi, moi, qu’est-ce que je veux faire pour me donner une bonne image de moi ?
Pour savoir ce qui me motive, je dois découvrir mes vrais désirs, pas ceux que j’ai copiés sur les autres ou ceux qui m’offrent une situation confortable mais peu épanouissante.
Mais le plus important n’est pas vraiment de découvrir mes désirs, mais de ne pas être dupe parce que les désirs changent tout le temps.

Au delà du Moi

C’est la dernière partie de cet article, et je vais aborder maintenant tout ce qui n’est pas atteignable par la logique et qui dépasse ce Moi omniprésent.
Comme je l’ai déjà dit, je suis quelqu’un de très rationnel et je déteste la philosophie, mais je crois en la pratique.

Quand j’ai commencé à m’ouvrir aux autres, j’ai essayé d’accumuler un maximum de connaissances.
Le sujet qui m’a le plus intéressé à l’époque était la spiritualité, j’ai donc cherché tout ce qui pouvait m’apporter des connaissances spirituelles, autrement dit j’ai fréquenté un paquet de sectes et lu un grand nombre de livres.
Très franchement, il n’y a pas grand chose de bon à tirer des sectes ni des livres, parce qu’elles se focalisent trop sur la réalité extérieure à nous, alors que ce qui m’intéresse est ma réalité à moi: qu’est-ce que je suis vraiment ?
Si vous croisez quelqu’un qui vous parle d’extraterrestres ou de pouvoirs mystiques (comme l’immortalité, la télépathie, la voyance ou les voyages astraux), fuyez !

Le monde de l’agilité est très similaire aux sectes, par exemple:

  • beaucoup de jargon et de charabia
  • une notion de niveau (initié ou pas)
  • un désir de se conformer à un modèle (et ceux qui suivent le modèle sont justes)
  • la notion d’effort
  • la focalisation sur l’argent
  • l’illusion de la maîtrise par des techniques
  • l’illusion de changer le monde

Je suis surpris qu’on n’utilise pas plus souvent la notion de « gourou agile ».
Heureusement, il y a certaines bonnes choses dans l’agilité: le partage d’expérience et la prise de conscience par la pratique.

L’énergie

Tout l’univers est composé d’énergie qui peut être ressentie et manipulée.
J’ai suivi des cours de magnétisme avec un magnétiseur de chevaux (il faisait du dopage indécelable), et j’ai découvert que j’avais des aptitudes pour cela.
Chez moi, cela se manifeste par des fourmillements tout au long des bras quand je suis en état de relaxation profonde.
Je vais être très franc: c’est rarement utile !
Mais il est intéressant de comprendre que nous disposons de capacités au delà de notre corps et surtout de notre cerveau, j’ai pu le vérifier à la fois avec le magnétisme et la sophrologie.

Les niveaux de conscience

Tout le monde expérimente tous les jours 3 niveaux de conscience: la veille, le rêve et le sommeil profond.
En fait, il y a tout un tas d’autres niveaux. Le plus accessible est celui obtenu par l’auto-hypnose, qui est un état entre la veille et le rêve.
J’ai pratiqué longuement cet état avec la sophrologie caycédienne, et cela m’a été plus profitable que toutes mes années de psychanalyse.
J’ai expérimenté d’autres états sous l’effet de drogues, mais ces états ne sont pas durables, et surtout ils sont dangereux parce qu’ils peuvent entraîner une addiction.

Les vies antérieures

J’ai suivi une séance de remontée dans les vies antérieures, et l’exercice est très facile.
Dans mon cas, j’ai eu le sentiment de connaître la situation et le contexte, c’est troublant.
En croisant d’autres personnes capables de lire les vies antérieures, j’en connais 3 en tout, et non, je n’ai jamais été ni un roi ni une reine.
Personnellement, je pense que chercher à connaître ses vies antérieures est une perte de temps et surtout d’argent.

L’intuition

L’intuition, c’est la compréhension de manière non pensée.
Elle est différente de l’expérience, qui nous fait pressentir les dangers.
Dans mon cas, mon intuition se manifeste spontanément quand j’interagis avec des individus.
L’intuition ne fonctionne pas lorsque j’utilise mes processus intellectuels, par exemple quand je lis ou quand je pense.

L’amour

L’amour, c’est la capacité à s’oublier pour d’autres que soi.
Il n’y a pas de connotation sexuelle dans l’amour, mais il y a une volonté d’aider les autres à se réaliser.
En quelque sorte, ce blog est un acte d’amour non ciblé, j’espère que mon expérience vous sera utile.

Conclusion

Je voulais vous montrer qu’en creusant au fond de nous même, nous avions énormément de parties peu visibles qui ne peuvent pas être décrites simplement avec des mots, mais qui peuvent être découvertes. Découvrir tout cela démolit l’image idéalisée que chacun a de soi-même et nous rend plus proche des autres.

La connaissance de soi passe par le fait d’accepter que ces parties existent en chacun de nous.
Si je suis capable de m’accepter sans complaisance dans mon entièreté, je peux accepter les autres sans les juger.

Dans le dernier niveau de la motivation d’être, je parlerai du bonheur.

La Psychanalyse


Aujourd’hui, je vais vous parler de psychanalyse, ou plus exactement, je vais vous décrire mon expérience personnelle de la psychanalyse.

Je vais essayer de vous décrire les processus intérieurs lors d’une psychanalyse, et dans un prochain article, je vous expliquerai comment j’applique ces techniques lors de mes rétrospectives.

Comme il fait très chaud et que j’ai dû oublier pas mal de choses, je ferai un second article si j’ai assez de contenu. N’hésitez pas à me poser des questions !

Le contexte

Avant de commencer ma psychanalyse, il y a 15 ans, j’étais très mal. Bien qu’entouré de personnes, j’avais perdu tout contact avec eux, et je m’enfonçais dans mon travail, j’étais en burn-out. En gros, je commençais à sombrer dans la dépression et dans la folie.
Ne trouvant aucune solution, je me suis décidé à consulter un psy.
Je suis allé voir le psy le plus proche de mon domicile, et il m’a dit que nous commencerions dans un mois.

La première séance

Après un mois d’attente (c’est une éternité quand on est vraiment mal), j’avais préparé tout un tas de choses à dire.
A ma grande surprise, le psy m’a demandé de m’allonger dans le divan, et là, je me suis retrouvé fixant le plafond du regard.
Je ne savais plus du tout quoi dire, et un long silence s’est installé: par où commencer et surtout à qui dois-je m’adresser ?
En effet, quand on fait une psychanalyse, on ne parle pas à quelqu’un mais à soi-même, ce qui explique pourquoi le psy n’intervient que rarement et est hors du champ de vision.
Ensuite, je peux dire ce que je veux, je peux mentir ou me vanter, mais en fin de compte, je suis seul face à moi-même et en plus, ça me coûte de l’argent.

Au bout d’un très long moment, j’ai décidé de me lancer, de dire ce que je n’avais jamais osé dire à personne.
J’ai libéré ma parole, et la parole m’a libéré.

Les premières séances

Dès les premières séances, mon diaphragme s’est détendu (je ne m’étais pas rendu compte à quel point j’étais stressé), et je me suis senti beaucoup plus léger dans ma vie de tous les jours.

Le second sentiment dont je me souviens est d’avoir réalisé à quel point je me limitais mentalement.
Je croyais que je ne pouvais être qu’un programmeur de jeux vidéo toute ma vie, mais cette limitation a volé en éclats très rapidement: en fait, je peux devenir ce que je veux. Mais qu’est-ce que je veux ?

Les techniques

Voici quelques unes des techniques personnelles que j’ai découvertes lors de mon analyse: remise en cause, reformulation personnelle, association d’idées, analyse des rêves, mécanisme pensée/parole/action, prise de conscience.

Par exemple, à un moment donné de ma vie, j’ai été confronté à une situation très embarrassante pour moi (non, je n’en parlerai pas ici), et je ne comprenais pas ce qui m’arrivait et surtout pourquoi je me laissais faire.
C’est une des rares fois où mon psy est intervenu et a parlé de « chantage émotionnel ».

La remise en cause est permanente lors d’une analyse. En effet, la seule façon de me connaître est de regarder comment j’agis, et ensuite de me demander pourquoi j’ai tel comportement dans une situation donnée, en particulier si mon comportement est inadapté. Par exemple, je veux me faire des amis, mais mon comportement fait fuir les gens. Curieusement, il est très difficile d’avoir du recul par rapport à mes propres actions, mais parfois je me voyais me mettre en situation d’échec en temps réel et je me disais « ça y est, ça recommence, pourquoi j’agis comme ça ? ».

La reformulation personnelle, c’est de reprendre les mots et de se les approprier.
Au lieu de rejeter le concept, je répète le terme (ici « chantage émotionnel »), et je commence à expliquer en quoi il correspond à ma situation, même si je ne suis pas d’accord. Mon cerveau a tendance à ne pas voir certaines évidences, et la reformulation permet de vérifier si je ne souffre pas d’aveuglement.

L’association d’idées, c’est utiliser des évènements de ma vie qui me font réagir, et exprimer les ressentis qu’ils font surgir en moi. Par exemple, tel documentaire vu à la télévision m’a fait pleurer ou mis en colère, tel comportement de ma part à mon travail me paraît inexplicable. Quels souvenirs cela me rappelle-t-il ? Qu’est-ce que cela éveille en moi ?

L’analyse des rêves est le fait d’essayer de se rappeler d’un rêve et de réfléchir en quoi ce rêve s’applique à ma situation actuelle. Quelle est la symbolique de ce rêve ?

Le mécanisme pensée/parole/action est la façon dont nous sommes le plus efficace pour résoudre un problème:

  1. Pensée: il faut d’abord comprendre que quelque chose ne va pas, puis identifier le problème intellectuellement. Dans mon cas, ce fut difficile, parce que j’avais limité mon cerveau aux activités intellectuelles et que je découvrais les interactions humaines, mais le processus intellectuel est le même.
  2. Parole: la seconde étape est d’exprimer le problème. Tant que mon discours est confus, ma pensée n’est pas claire et le problème n’est pas correctement identifié.
  3. Action: la troisième étape est d’agir, une fois qu’on a fini de parler du problème. Tant que je parle de mon problème, je ne suis pas en état d’agir, je dois continuer de l’exprimer en l’abordant sous de nouveaux angles. Quand l’expression du problème est simple et claire, la solution ne demande pas d’effort. Tant qu’agir me demande des efforts, c’est que ma solution est inadéquate ou que je résiste au changement.

La prise de conscience est un processus difficile à décrire, parce qu’il n’est ni verbal ni mental.
La prise de conscience est un déclic intérieur qui se produit quand on est prêt.
Voici comment j’aime la définir, lorsque je présente le processus de créativité:

  1. Je cherche une solution de toutes mes forces
  2. J’oublie complètement mon problème
  3. La solution apparaît

Le déclic est entre l’étape 2 et l’étape 3.
Il ne s’agit pas d’un processus intellectuel ou logique, bien que la solution soit évidente à la fin.
En psychanalyse, le déclic apparaît souvent après l’expression des émotions, une fois que le mental s’est calmé, et surtout quand j’ai arrêté de me focaliser sur la recherche d’une solution.
Dans mon cas de « chantage émotionnel », je suis rentré chez moi et j’ai résolu spontanément le problème en 2 minutes !

Ce que m’a apporté la psychanalyse

Ce que la psychanalyse m’a apporté avant tout est de pouvoir exprimer clairement mes états intérieurs.
Cela peut paraître assez anodin, mais je n’ai rencontré personne qui puisse exprimer son état intérieur de manière détachée. Tout le monde a le réflexe de se dire: « c’est beaucoup trop intime » ou « ça fait trop mal » !
Alors qu’en fait, ce qui me définit n’est pas tant mon état intérieur, mais plutôt tout ce que j’ai mal vécu et que j’ai essayé d’oublier (de refouler): toutes mes peurs, mes hontes, mes lâchetés, tout ce qui peut nuire à mon image idéalisée de moi-même.
La liberté intérieure, c’est le fait de pouvoir aborder tous les sujets même si je n’en sors pas grandi, c’est de commencer à être honnête avec moi-même et cela réclame du courage.
Devenir honnête avec moi-même m’a aussi aidé à arrêter de juger les autres selon mes propres critères.

Ce qui m’a le plus surpris est que j’ai découvert que j’étais bourré de névroses, moi qui me semblait parfait: je ne vivais pas vraiment dans la réalité, mais dans mon monde intérieur.
J’avais consacré ma vie à développer mon cerveau et ses capacités à résoudre les problèmes, au détriment de mon corps et des interactions humaines.
On pourrait dire que je vivais comme un « pur esprit », sans corps réel, et j’en tirais une certaine fierté à l’époque (j’avais un gros QI).

J’ai découvert l’improvisation: plusieurs fois, j’avais essayé de préparer ce que je voulais dire allongé sur le divan, mais au bout de 5 minutes, je partais dans des directions inattendues.
J’ai compris qu’il était inutile de préparer sa séance, mais qu’il fallait plutôt venir avec un thème et oser en parler.

Enfin, j’ai compris que parler de soi et de ses problèmes ne servait à rien si je n’agissais pas dans ma vie.
Parler de moi crûment m’a donné le courage de changer.

Les limites de la psychanalyse

J’ai arrêté la psychanalyse au bout de 3 ans, parce que j’avais d’autres activités qui étaient plus efficaces que la psychanalyse, j’en parlerai prochainement. Si j’avais tenu 7 ans, j’aurais pu devenir psychanalyste moi-même.

Le principal écueil de la psychanalyse est qu’il s’agit d’un travail long et solitaire.
Long, parce que les phases de plateau sont nombreuses, et que les progrès sont peu visibles.
Solitaire, parce que la psychanalyse est plutôt un outil de compréhension intellectuelle de soi, hors de toute interaction avec les individus, et que le psy n’est là que pour dépanner en cas de blocage.
De nouvelles thérapies sont apparues récemment afin de résoudre plus rapidement les problèmes: les thérapies comportementales cognitives (en anglais « Cognitive Behavioral Therapy« ).
Elles permettent de corriger nos névroses en quelques séances, sans aborder les détails innombrables de notre vie (c’est à dire sans remuer toute la merde).
Enfin, je crois beaucoup dans la dynamique du groupe, qui force l’individu à changer et qui est complémentaire au travail sur soi.

Le plus gros reproche que j’ai envers la psychanalyse est l’idée de vouloir aborder l’inconscient avec le conscient.
Personnellement, j’ai vu que cela fonctionnait un peu, mais que c’était très long, limité et superficiel.
Je peux passer toute ma vie en analyse, je n’aurai jamais fini de décortiquer l’inconscient.
Je me souviens d’une séance d’art-thérapie qui m’a vidé émotionnellement pendant 4 jours, sans que mon mental ne soit sollicité. Aucune séance d’analyse ne m’a jamais apporté cela.

Une des conséquences de l’analyse intellectuelle est que cela ancrait la mauvaise habitude de réfléchir à tout instant, ce qui fait que je perdais ma spontanéité. Le fait d’avoir les outils pour comprendre l’humain me donnait une impression de pouvoir tout comprendre intellectuellement, et de pouvoir manipuler les gens autour de moi (et, entre nous, c’est très facile !).

L’analyse des rêves me semble tout aussi inutile, parce qu’elle ne cherche qu’à analyser des artéfacts au lieu d’essayer de réaliser ce que je suis dans ma globalité: la compréhension de ce que je suis n’est pas un processus intellectuel !

Enfin, ce qui me gêne beaucoup chez Freud est sa fixation sur la sexualité.
Il vivait dans une époque où la sexualité était taboue, mais je pense qu’il y accordait une trop grande importance, et qu’il cherchait en fait à justifier le fait qu’il soit un obsédé sexuel (il ne se privait pas de coucher avec ses patientes !).

Conclusion

La psychanalyse est un outil intéressant pour essayer de se comprendre intellectuellement, et surtout pour améliorer son expression orale, parce qu’elle se focalise sur la parole.

La psychanalyse est très adaptée aux névroses et aux problèmes, mais complètement inadaptée à la recherche du sens de la vie, au développement de l’intuition et surtout à la découverte de nos potentialités.

Aussi, je conseille de la combiner avec une activité non intellectuelle, comme l’art, la sophrologie ou le yoga.