Comment devenir riche


Je vais bien évidemment parler de richesse intérieure !

Depuis quelques semaines, un grand changement est en train de se réaliser en moi: je commence à percevoir la richesse de ma vie sous un nouvel angle.

Je vais commencer par décrire les grands moments de ma vie, et les bilans que j’en tire.

Les grands moments de ma vie

Grâce à mon travail personnel, j’ai maintenant une bonne vision de toute ma vie, et très franchement, ça n’a pas été agréable de reconstruire le puzzle de ma vie.

Voici les grands moments fondateurs de ma vie:

  • Ma naissance
  • 2 ans: naissance de mon frère, nos parents nous ayant mis en concurrence très tôt, il y a toujours eu une compétition entre nous
  • Mon éducation, avec mes parents qui m’ont investi d’une mission: réaliser leurs rêves (pression terrible)
  • 14 ans: expérience de mort imminente, lors d’une appendicectomie (je n’avais pas envie de revenir)
  • 16 ans: découverte des mathématiques
  • 17 ans: découverte de l’informatique
  • 18 ans: mort de mon père
  • 18 ans: libération du carcan familial: j’arrête mes études pour me consacrer complètement à l’informatique. Ma mère me traite de nul, et ça continue jusqu’à ce que je trouve un travail
  • 19 ans: je gagne ma vie à programmer des jeux vidéo, voulant montrer ma valeur, je bosse 60 heures par semaine dans un environnement de harcèlement moral
  • 28 ans: burnout complet, je n’arrive plus à programmer, et comme c’est la seule chose qui comptait dans ma vie, tout s’effondre
  • 28 ans: psychanalyse
  • 29 ans: sophrologie
  • 30 ans: rencontre de ma femme, épanouissement sexuel
  • 37 ans: j’arrête les jeux vidéo
  • 42 ans: ma femme se retrouve en fauteuil roulant
  • 43 ans: je deviens champion de France de mots fléchés
  • 45 ans: découverte de la méditation
  • 50 ans: décès de ma femme
  • 50 ans: décès de ma mère

Le bilan extérieur

La majorité des individus essaient de se mesurer par leur réussite professionnelle ou sociale, par exemple, j’ai réussi ma vie parce que j’ai fait ceci ou cela.
Mon travail a longtemps été pour moi une obsession, et cette obsession a été extrêmement destructrice. Oui, j’ai fait des tas de choses dans ma vie, mais cela n’ajoute rien à ma richesse intérieure.
Maintenant, je n’attache plus d’importance à ce que j’ai fait, à ce que je fais ou même à ce que je vais faire. Je préfère quand même faire des choses qui me plaisent.

Le bilan intérieur

Si j’écoute ce que dit la « psychologie positive », je suis surtout défini par mes « peak performances », c’est à dire les moments où j’ai été au top. Pour la majorité des individus, la naissance d’enfants ou une promotion dans leur travail est leur « peak ». Pour les sportifs, le « peak » est quand ils gagnent une compétition.

Personnellement, j’ai eu 2 tels moments dans ma vie: la rencontre de ma femme, et gagner le championnat de mots fléchés.
Mais si je ne retiens que ces 2 moments, il ne reste plus grand chose de ma vie.

En réalité, les événements fondateurs de ma vie ont été les plus durs, comme la mort de mon père, mon burn-out ou lorsque ma femme s’est retrouvée handicapée.

Comment devenir riche intérieurement ?

J’avoue qu’il n’y a pas de méthode, c’est juste la vie qui m’a poussé violemment vers l’acceptation.
Et pourtant, qu’est-ce que j’ai résisté !

Il y a 6 mois, je détestais ma vie, je la trouvais « merdique », parce que je ne voyais que de la souffrance.
Il y a quelques semaines, j’ai accepté que mon parcours de vie n’a été en fait que « difficile ».
Et tout récemment, j’ai compris que ma vie a été « parfaite »: tout ce que j’ai vécu m’a amené à ce que je suis aujourd’hui !

La richesse intérieure est apparue quand j’ai commencé à accepter ce que j’avais vécu et que j’ai arrêté de résister.
Au début, j’ai bien évidemment accepté les événements les plus positifs, comme le fait de travailler par passion, d’avoir rencontré ma femme ou d’avoir été champion.

Maintenant, je réalise que les événements « positifs » ont aussi des côtés négatifs.
Et bien évidemment, les événements « négatifs » ont des côtés positifs.

Par exemple, la mort de mon père a eu des effets négatifs, comme mes repères qui s’effondraient et l’abandon de mes études.
Il y a eu aussi des effets positifs, comme la libération du carcan familial, et surtout ma décision de ne plus faire que ce que j’aimais.

Conclusion

Pour chaque événement marquant de ma vie, je vois autant de côtés positifs que de côtés négatifs.
J’avoue que l’aspect positif d’une situation difficile peut parfois mettre du temps à apparaître.

Mais le plus important est que j’ai arrêté de me mentir.
J’ai arrêté de me mentir en rejetant les aspects négatifs de ma vie.
J’ai arrêté de me mentir en évitant les situations désagréables sous le faux prétexte de « rester positif », ou que « les autres sont des cons », ou que « je n’aime pas le conflit ».
J’ai arrêté de mentir en me disant que « tout va bien » ou que « je vais m’en sortir ».

Et maintenant, c’est à vous: est-ce que vous essayez de vivre en ignorant ce qui ne va pas dans votre vie ?

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Quelques nouvelles


Cela faisait longtemps que je n’avais pas posté d’articles.

En fait, j’ai eu 50 ans il y a quelques semaines, et je dois avouer que du côté vie personnelle, c’est la misère complète, alors j’ai eu envie de me faire plaisir.

Je me suis donc lancé dans l’organisation d’un concours de programmation. Il est vrai que ma notion de « plaisir » est un peu particulière !

Le concours s’appelle Hard Puzzles Contests, et vous pouvez y participer même sans savoir programmer.
La mise en place du site m’a demandé plusieurs semaines de travail.

Par ailleurs, j’ai eu des « propositions », qui font que je n’aurai pas le temps de poster d’article avant 2 autres semaines.

Enfin, je tiens le titre du sujet que je vais présenter aux conférences agiles cette année: « Lâcher-prise et Agilité ».
Encore un sujet fondamental sur le développement personnel au travail.

Comment changer sa façon de penser


Je suis surpris de voir que les livres sur la pensée positive n’expliquent pas comment arriver à changer sa façon de penser.
Soit la méthode est « je me force à penser positivement, et au bout d’un moment, je vais penser positivement », soit seulement l’état final est décrit (par exemple: assumer sa responsabilité, accepter la réalité telle qu’elle est, adopter un regard sain sur soi-même, etc…).

Comment penser positivement ?
Malheureusement, tant que je me force à être autre chose que moi-même (mais en suis-je conscient ?), je ne peux pas y arriver.
Bien évidemment, si je ne fournis pas d’efforts, je n’y arriverai pas.
Mais si je m’acharne dans l’effort, je ne peux pas y arriver non plus.
Alors, comment faire ?

Avant d’expliquer la méthode que j’utilise, je vais décrire comment l’esprit fonctionne pour comprendre la technique.

Les deux formes de pensées

Les pensées se présentent sous diverses formes, et je peux facilement les trier dans de nombreuses catégories, comme positif/négatif, constructif/destructif, eros/thanatos, etc…
En réalité, il n’y a vraiment que deux catégories: extériorisée et intériorisée.

La pensée extériorisée

La pensée est « extériorisée » quand elle s’appuie sur un objet extérieur à moi.
Par exemple, quand je vais penser à mon travail ou à ma famille.
Cela s’applique aussi à moi-même, quand je me demande comment je dois agir, ou ce que les autres pensent de moi.
Dès que je pense au monde qui m’entoure, ma pensée s’extériorise.
L’extériorisation me permet d’aller à la découverte du monde extérieur, et mène au plaisir et à la souffrance.

La pensée intériorisée

La pensée est « intériorisée » quand elle ne s’appuie pas sur un objet extérieur à moi.
Par exemple, quand je me sens bien devant un paysage ou après avoir fait l’amour.
Quand j’arrive à avoir l’esprit calme et que je m’accepte tel que je suis, ma pensée s’intériorise, mais ça ne dure jamais longtemps.
L’intériorisation me permet d’aller à la découverte de mon monde intérieur, et mène à l’état de paix intérieure.

Une simple constatation

En regardant attentivement, je peux constater que mes pensées ne sont jamais intériorisées.
Je me préoccupe de mon travail, de mes amis, de ma famille, de ma réussite sociale, de mes prochaines vacances, de ce qui se passe dans le monde, de ce que pensent les autres, etc..
Est-ce que j’ai des « pensées intériorisées » ?

Comment travailler sur l’intériorisation ?

Autant l’extériorisation permet de s’amuser, autant l’intériorisation n’apporte rien d’excitant, sauf que je me sens bien (ce qui n’a pas l’air d’être la préoccupation principale de la majorité des individus !).
La difficulté de l’intériorisation, c’est que je ne peux pas me forcer directement à intérioriser mes pensées.

En plus, la méditation ne suffit pas.
Bien sûr, la méditation peut aider, mais pour qu’elle soit efficace, il faudrait méditer plusieurs heures par jour, et cela n’est pas possible dans notre société actuelle.

Alors comment faire ?

La technique

La technique est très simple à appliquer, mais requiert de la patience.
Le principe est le suivant:

dès que je ressens une souffrance intérieure, je me recentre en cherchant la source de la pensée, le « Je ».

Personnellement, dès que j’ai un souvenir désagréable qui remonte, je prononce intérieurement « Je, Je, Je, … » jusqu’à ce que je sois centré, c’est à dire que je perçois la pensée désagréable sous un autre angle.
D’autres variantes sont « Je suis », « Qui suis-je ? », « D’où vient la pensée ? », « Qui pense ? », etc…
Le principe est de se focaliser sur le « Je », ou plus exactement sur la source du « Je », quel que soit ce que cela signifie.
Bien entendu, si tout va bien, je n’ai pas besoin de me recentrer puisque je suis déjà centré.

Conclusion

La prochaine fois que vous sentez que vous allez mal intérieurement (stress, difficultés personnelles), au lieu d’essayer de lutter contre ce qui vous arrive, je vous propose de vous concentrer sur le « Je ».
L’exercice est plus facile si vous fermez les yeux, mais fonctionne aussi les yeux ouverts.
Répétez plusieurs fois « Je » ou « Je suis » afin de vous recentrer, cherchez la source de votre « Je ».
Au début cela paraîtra abstrait mais avec la pratique vous sentirez ce que cela signifie.

Le simple fait de vous recentrer vous permettra de réduire votre stress et de voir la situation sous un nouvel angle.
En plus, vous pouvez pratiquer à chaque instant de votre vie, même si vous croulez de boulot.

N’espérez pas des résultats immédiats !
Cette technique ne deviendra efficace que si vous la pratiquez régulièrement, patiemment et sans vous dégoûter.
10 minutes tous les soirs avant de se coucher suffisent.
Personnellement, au bout de 4 ans, je pratique sans effort environ 10% de mon temps de veille.

Contrairement à la pensée positive, il est inutile de rechercher des pensées positives ou de rejeter les pensées négatives, puisque le travail consiste à accepter les pensées qui surgissent et à observer ce qui se passe.

Avec de la pratique, vous commencerez à percevoir le processus d’extériorisation de votre pensée.
Vous commencerez à ressentir une grande liberté intérieure et un sentiment de paix intérieure grandira en vous.

Enfin, ceci est la théorie. La pratique repose sur vous maintenant.

La tyrannie de la pensée positive


Je voulais publier un article sur les mécanismes de la pensée, mais je me suis rendu compte que c’était trop théorique.

Ca fait longtemps que j’ai envie d’aborder la « pensée positive », qui est presque sacralisée au travail.

En introduction, j’ai trouvé une excellente vidéo pour commencer cet article:

Il n’y a pas de problème, il n’y a que des solutions !

Il y a quelques jours, quelqu’un m’a dit très sérieusement: « il n’y a pas de problème, il n’y a que des solutions ! ».

A ce moment-là, je voulais lui décrire ma situation personnelle pour lui faire comprendre qu’il existe des situations qui n’ont pas solution, mais j’ai réalisé qu’il n’est pas à ma place, alors sa compréhension de ma situation aurait été superficielle.

Ce qu’il y a d’amusant, c’est que les individus qui utilisent cette phrase sont les premiers à s’énerver dès qu’ils ont le moindre petit problème.
Nier les problèmes n’empêche pas les problèmes d’arriver, mais ça les rend beaucoup plus difficiles à supporter.
Sérieusement, s’il n’y avait vraiment aucun problème, je n’aurais plus rien à faire dans mon travail.

Il faut rester positif

Une autre phrase qui me saoule est « il faut que tu sois positif ».
En fait cela signifie:

  1. je me fous complètement de tes problèmes, je ne veux entendre que des choses qui me font plaisir, tu as intérêt à me faire plaisir.
  2. je ne veux pas entendre parler d’échec, parce que je ne suis pas un perdant. Je veux que tu sois un gagnant, comme moi.

Je me souviens d’une phrase très juste qui disait « j’ai eu quelques réussites parce que j’ai eu beaucoup d’échecs… ».
Et j’ajouterai: « … et j’ai plus appris de mes échecs que de mes réussites ! ».

Les sites de pensée positive

En googlant « pensée positive », je tombe sur une myriade de sites qui peuvent m’envoyer une pensée positive par jour.
Et je trouve 100 fois plus de liens en anglais avec « positive thinking » !

Voici le genre de phrases que je peux recevoir:

« Tu as l’avantage sur la colère quand tu te tais (proverbe égyptien) »

Putain, je n’y avais pas pensé, il faut que je m’inscrive tout de suite !

Ben non, en fait, c’est une grosse connerie, et ce pour plusieurs raisons:

  1. en réprimant ma colère, je la retourne contre moi, alors que peut-être, me mettre en colère ferait comprendre à l’autre qu’il exagère. Attention, je ne dis pas qu’il faut se mettre en colère tout le temps, seulement au bon moment !
  2. recevoir ou lire une pensée positive ne peut rien m’apporter, parce qu’elle ne peut pas changer ma façon de penser. En fait, je suis très fier de ma pensée, je n’accepte les pensées des autres que si elles confortent la mienne.
  3. les réponses à mes questions sont au fond de moi-même, pas à l’extérieur de moi. Ma réalité intérieure est unique, et mes problèmes sont uniques. Je suis le seul à détenir mes réponses.

Un autre exemple ?

« Voyez le côté positif, le potentiel, et faites un effort ». Dalaï Lama

Ou bien Dalaï a fumé un gros joint, ou bien alors la phrase a été charcutée, parce qu’elle ne veut pas dire grand chose.
Par exemple, ma mère est atteinte d’Alzheimer.
C’est quoi le côté positif ?
Son héritage ? Le fait que je n’aurais plus à payer sa maison de retraite ?
Les images du bonheur passé ? Note: je n’ai aucun souvenir agréable avec mes parents.
Alors, il est où ce côté positif, Dalaï ?
Et quel effort dois-je produire ?
Dois-je me forcer à voir le côté positif ?
Putain, y en a pas !

Le positif et le négatif

Dans « pensée positive », il y a « positif ».
Mais qu’est-ce qui est positif en fait ?

Est-ce que c’est négatif de se mettre en colère, de détester quelqu’un, de vivre seul, de ne pas avoir de travail, de se laisser faire, ou de ne pas se laisser faire ?

En réalité, le positif et le négatif sont subjectifs, il n’y a aucune règle absolue qui dit que telle chose est positive et telle autre négative. Ou plus exactement, positif et négatif changent en fonction du contexte.

La maîtrise de la pensée positive

Il n’y a pas si longtemps, je croyais que je pouvais maîtriser ma pensée et mes émotions, comme un robot sans émotion, ou plutôt comme un psychopathe tendance sérial killer.

Depuis que je pratique la méditation, j’ai réalisé que mes pensées vont et viennent au gré des circonstances.
Quand il m’arrive quelque chose de très agréable (ce qui est très rare), j’ai des pensées super positives, je vois l’avenir en rose.
Quand il m’arrive des merdes (ce qui est beaucoup plus fréquent), j’ai des pensées super négatives, je vois l’avenir en noir, et d’ailleurs la fin du monde est proche.
Et dans tous les autres cas, c’est à dire tout le temps, j’entends ma voix raisonner sans arrêt, sauf quand je dors profondément.

En fait, j’ai compris que je ne peux pas contrôler mes pensées !
Et si moi, qui pratique la méditation depuis plusieurs années, je n’arrive pas à contrôler mes pensées, qu’est-ce que quelqu’un qui n’a jamais travaillé sur sa pensée peut espérer ?

Conclusion

J’ai essayé de vous montrer en quoi la « pensée positive » est une imposture.

Comment réduire ma souffrance intérieure ?
Ce n’est pas en ajoutant des pensées « positives » que je vais y arriver, parce qu’elles vont juste cacher temporairement ma misère intérieure.

Comment faire disparaître les pensées qui me font si mal, et que j’ai mis des années à accumuler patiemment ?

En fait, je ne peux pas les faire disparaître, mais je peux essayer de prendre conscience du processus de ma pensée, en commençant par réduire la quantité de mes pensées.
Par exemple, je ne fais qu’une chose à la fois, j’occupe mon cerveau à stocker des connaissances ou à créer, j’apprends à oublier mon passé et à pardonner.
Une fois que mes pensées arrêtent de se bousculer, je peux enfin commencer à observer calmement mon processus de pensée.
J’expliquerai comment cela fonctionne dans mon prochain article.

Lâcher-prise et acceptation


Dans l’article sur la résistance au changement, j’avais expliqué que la dernière phase du changement était l’acceptation.

En réalité, cette dernière phase peut être découpée en 2 parties: lâcher-prise et acceptation.

Définitions

Curieusement, je n’ai pas trouvé d’articles sur le lâcher-prise ou sur l’acceptation dans Wikipédia.
L’article le plus intéressant est sur l’équanimité, mais l’article est beaucoup trop philosophique à mon goût.

Voici donc mes définitions personnelles:

  1. le lâcher-prise est l’action de résoudre le conflit intérieur
  2. l’acceptation est l’état où le conflit intérieur a disparu

Plus je suis en état d’acceptation, plus mes conflits intérieurs disparaissent.
Quand la plupart des conflits intérieurs ont disparu, j’atteins l’état d’équanimité, c’est à dire l’état de paix intérieure.

Comment lâcher prise ?

Le lâcher-prise peut être d’ordre physique, émotionnel ou intellectuel, et souvent les trois à la fois.

Il n’existe pas de méthode directe pour y arriver !
Je ne peux pas décider de lâcher prise, parce que « décider » est le contraire de « lâcher prise ».

J’ai vu pas mal de conseils comme « osez ! », « soyez positif », « soyez spontané », « ne vous laissez plus faire », « n’ayez pas peur », « acceptez-vous tel que vous êtes » ou « arrêtez de vous poser des questions ».
Malheureusement, aucun de ces conseils ne fonctionne réellement, parce que tous ces conseils introduisent des conflits intérieurs !

Personnellement, le lâcher-prise est apparu spontanément dans ma vie:

  • lors de séances de psychanalyse, j’ai connu plusieurs lâcher-prise émotionnels, alors que j’exprimais mes états intérieurs.
  • lors de séances de sophrologie, j’ai connu plusieurs lâcher-prise physiques (mon corps se dénouait), émotionnels (les émotions me submergeaient) et intellectuels (le flux des pensées s’est arrêté).
  • lorsque j’ai eu un problème avec ma maison, j’ai réalisé que je n’avais pas de solution à court terme, la préoccupation a alors disparu spontanément.
  • quand un événement désagréable m’arrive (et cela arrive quotidiennement !), je suis témoin de la lutte intérieure puis de l’acceptation sans effort.

Il n’existe pas de méthode, mais je vais quand même proposer quelques méthodes qui peuvent éventuellement mener à l’acceptation.

Les méthodes pour arriver à l’acceptation

Je les ai triées par ordre de difficulté d’utilisation, du plus simple au plus compliqué.

Le pardon

Mon premier pardon est pour moi-même !
Je me pardonne de ne pas être parfait, de ne pas pouvoir contrôler complètement ma vie.
Mon second pardon est pour les autres.
Je leur pardonne pour les souffrances intérieures que je me suis infligées à cause d’eux.
Mon pardon ne les exclut pas d’une punition si elle peut leur servir de leçon.

Le but est de lâcher prise sur le contrôle de soi et des autres, et surtout de pacifier les relations.

La relaxation

La relaxation permet un lâcher-prise corporel. Le corps se « dénoue ».
Parfois, des émotions peuvent s’exprimer momentanément.

L’expression des états intérieurs

C’est une méthode très utilisée en psychanalyse.
Le but est d’exprimer mes émotions les plus profondes (pas celles que je suis capable d’exprimer facilement), afin d’entraîner un lâcher-prise émotionnel.
L’effet est d’autant plus fort que ces émotions ont été retenues depuis longtemps.

La remise en cause

C’est assez simple à mettre en oeuvre, mais il faut être vigilant.
En effet, le questionnement intérieur n’est pas du lâcher-prise !
Plus je réfléchis sur moi-même, moins je suis dans le lâcher-prise.

Les techniques de remise en cause qui fonctionnent le mieux sont:

  • le questionnement extérieur: quelqu’un me questionne pour m’aider à découvrir mes propres limitations
  • la confrontation à des styles de vie différents, en voyageant ou en discutant avec des gens d’autres milieux

Le but est de découvrir qu’il n’y a pas qu’une seule façon de mener sa vie, c’est à dire de lâcher prise sur mon égocentrisme.

L’action désintéressée

Cette méthode est très efficace, mais elle est difficile à appliquer parce qu’elle me montre mon attachement au résultat de mes actions.
J’ai déjà écrit un article sur cette méthode.

Je me focalise sur le pourquoi de mes actions: pour quelle raison personnelle est-ce que j’agis ?
Le but de l’action désintéressée est de lâcher prise sur les actions, d’arrêter d’agir pour me donner une bonne image ou pour espérer de la reconnaissance. Cela augmente aussi la motivation intrinsèque.

La méditation

C’est la méthode la plus efficace, mais aussi la plus longue et la plus chiante à utiliser.
J’ai déjà écrit un article sur la méditation.

Le but de la méditation est de prendre conscience du processus de la pensée.
Une fois que ce processus est devenu évident, l’inconscient disparaît, la pensée perd de sa force et la connaissance intuitive apparaît.

Conclusion

L’acceptation est l’état où le conflit intérieur a disparu.
Le conflit peut toujours exister à l’extérieur, mais plus à l’intérieur, donc je n’en souffre plus intérieurement.

A vous maintenant: prenez la méthode qui vous parle le plus, et appliquez-la aussi longtemps que possible.
Quand vous sentez que vous ne progressez plus, utilisez une autre méthode.
Tant que vous souffrez intérieurement, cela signifie que vous n’êtes pas dans l’acceptation.
Et surtout, ne vous forcez pas à accepter !

La résistance au changement


Avant d’aborder le lâcher-prise, je vais décrire les mécanismes intérieurs de résistance au changement.

Le contexte

Je vais prendre un exemple afin que ce soit plus évident.
Je vais supposer que je suis victime d’un accident et que mon bras gauche vient juste d’être sectionné.
Heureusement, comme je suis droitier, je devrais pouvoir m’en remettre assez facilement, non ?

D’un point de vue psychologique, je vais passer par toutes les phases du deuil, en vrac:

  • le choc
  • le déni
  • la colère
  • le marchandage
  • la dépression
  • le lâcher-prise
  • l’acceptation

En réalité, ces phases peuvent être décomposées plus logiquement en 5 étapes:

  1. l’état de surprise
  2. la résistance émotionnelle
  3. la résistance intellectuelle
  4. la résistance inconsciente
  5. l’acceptation

Je vais décrire comment ça se passe intérieurement.

L’état de surprise

Dans cette phase, il n’y a pas de résistance, parce que le cerveau n’est pas encore agité.

Par exemple, je peux assister à la perte de mon bras comme si j’étais spectateur de la situation.
Ou je peux appeler les secours sereinement, sans me considérer comme une victime.
Ou je peux essayer de rattacher mon bras, comme si mon corps pouvait le greffer spontanément.

C’est dans cette étape que je découvre le plus de moi-même parce que je suis alors totalement spontané.
Le but de la méditation est de développer cette étape en réduisant les autres, mais je ne vais pas m’étendre sur ce sujet.

La résistance émotionnelle

L’intellect n’est pas encore complètement actif, mais les émotions commencent à émerger.

Je peux ressentir:

  • de la joie, parce que je suis encore en vie
  • de la tristesse, parce que la situation a changé mais pas dans un sens qui m’arrange
  • de la colère: mais pourquoi ça m’est arrivé ? C’est injuste !
  • de la peur: je n’aime pas la vue du sang

Plus j’accorde de l’importance à mes émotions, plus cette phase sera longue.
Si j’ai appris à réprimer mes émotions (cela signifie bien évidemment que j’y accorde beaucoup d’importance), cette phase peut durer encore plus longtemps.
Dans mon cas personnel, j’ai mis 10 ans à exprimer mes émotions sur la mort de mon père.
Une fois les émotions passées, je vais me sentir plus léger.

La résistance intellectuelle

Ensuite, mon mental commence à s’agiter, il commence à construire des histoires.

Je vais me demander: et si j’avais pu changer le passé ?
Est-ce que j’aurais pu éviter la perte de mon bras ?
Est-ce que j’ai fait le maximum ?

Ensuite, je vais basculer sur le futur: qu’est-ce qui va m’arriver ?
Comment je vais faire maintenant ?
Est-ce que je serai à la hauteur ?
Est-ce que mon bras sera sauvé ?

Cette phase va traîner en longueur si:

  • je suis fasciné par mes pensées. Si j’adore penser, je vais entretenir mon obsession de la pensée.
    J’ai vu cette obsession chez tous les psychologues et psychanalystes que j’ai croisés.
  • je veux complètement comprendre la situation intellectuellement. Je vais alors essayer d’énumérer tous les événements du passé (pourquoi ? quand ? comment ?) et les potentiels du futur. Et des situations futures, il y en a un nombre infini !
  • je suis dans l’illusion que ma pensée va m’aider à surmonter mon problème.

La majorité des résistances sont intellectuelles, parce que notre société accorde beaucoup d’importance à la pensée.
Un bon exercice pour réduire la résistance intellectuelle est de se focaliser sur le présent.

La résistance inconsciente

Cette phase est plus difficile à cerner parce que des mécanismes cachés sont à l’oeuvre.
Je peux travailler sur cette résistance en allant à la découverte de mes identifications.

Voici quelques exemples:

  • je peux nier la situation. Accepter la situation peut être trop douloureux, alors je préfère vivre comme si rien n’était arrivé. Je m’identifie à mon passé.
  • je peux considérer que je ne suis plus moi-même parce qu’une partie de mon corps manque. Je m’identifie à mon corps.
  • je peux avoir honte de me montrer en public, je vais vouloir cacher mon handicap. Je m’identifie à mon image perçue par les autres.
  • je peux avoir honte de parler de mon handicap. Est-ce qu’on va me juger si j’en parle ? Je m’identifie à mes pensées.

Les identifications sont difficiles à déceler parce qu’elles font partie de moi.
Elles m’aident à justifier ma façon de vivre, à me persuader que ce que je vis a du sens et que j’ai raison de vivre comme cela. J’ai probablement un modèle de vie idéale que j’essaye de suivre.

En réalité, ces identifications sont illusoires et limitantes.
Elles deviennent évidentes quand je me confronte à des individus fondamentalement différents de moi.
Mais comme je n’aime pas remettre en cause ma façon de vivre, je préfère rester avec des gens qui me ressemblent.

L’acceptation

Je parlerai du lâcher-prise et de l’acceptation dans le prochain article.

Conclusion

Quand la situation change beaucoup, chacun de nous déploie des mécanismes intérieurs de défense, ce que j’appelle la « résistance au changement ».

Cette résistance est normale mais elle est aussi la cause de nos souffrances.

La prochaine fois que vous aurez à vivre un changement, regardez comment ces mécanismes se manifestent chez vous.
Il est inutile de les juger ou de chercher à les comprendre.
Regardez en quoi le changement heurte vos propres identifications.

Regardez comment votre mental essaye désespérément de comprendre la situation, en rejouant le passé et en imaginant le futur.
Ceci est tout à fait normal.
Ce qui n’est pas normal, c’est de croire que votre mental va vous aider à accepter le changement.

La latitude dans l’attitude


Quand j’ai croisé ma future femme, ce qui m’a le plus surpris chez elle est qu’elle était « directe », alors que j’étais « indirect ».
Plus exactement, elle était capable de dire clairement ce qu’elle voulait et pouvait s’opposer directement aux gens.
Personnellement, j’en étais bien incapable, j’hésitais tout le temps et je n’osais pas dire ce que je pensais.

J’avais tout un tas de bonnes raisons pour agir comme cela:

  • mon éducation: je n’osais pas m’affirmer, parce que j’avais été bien dressé par mes parents
  • mon manque de confiance en moi: seul ce que je produisais me donnait de la valeur, je n’arrivais pas à percevoir ma valeur intrinsèque
  • mon aptitude à calculer les conséquences de mes actes, ce qui faisait que je n’étais jamais spontané
  • mon aptitude à « séduire » intellectuellement

En fait, en creusant un peu, je dois pouvoir trouver un million d’autres excuses à mon comportement.

A cause de cette contrainte dans ma façon de vivre, j’avais développé une excellente aptitude à manipuler les gens.
Et, avant de croiser ma femme, je m’en accommodais plutôt bien.

Mais après cette rencontre, j’ai réalisé à quel point certaines actions me semblaient compliquées alors qu’elles étaient toutes simples pour elle.
Par exemple, je n’osais jamais demander de l’aide ou me plaindre quand quelque chose n’allait pas.
Ca n’a pas l’air de grand chose, mais j’en souffrais énormément.

L’expérimentation

Alors je me suis dit que je devais changer, que je devais être direct et pas indirect.
Donc j’ai commencé à agir à l’inverse de mon attitude précédente, en étant le plus direct possible.

C’était complètement épuisant, parce que j’essayais d’être l’inverse de ce que j’avais l’habitude de faire.
Avec le temps, j’ai réussi à trouver le bon réglage: ni trop direct, ni trop indirect.
Ce réglage est valable seulement pour moi, parce que j’ai une préférence pour le côté indirect, vu que je le pratique depuis longtemps.
Curieusement, à mon contact, ma femme a réalisé qu’être indirect avait ses bons côtés, donc elle a commencé à agir de manière plus indirecte.

La leçon

En réalité, je me complaisais dans mon image de quelqu’un d’indirect.
J’étais persuadé de ne pas pouvoir être direct.
Cela flattait mon ego de pouvoir manipuler les individus pour obtenir ce que je voulais.
Mais préserver cette image idéale me coûtait très cher, et limitait beaucoup mes comportements.
C’est cette limitation d’attitude qui me faisait souffrir.

Un peu de coaching

Quand une personne en souffrance me demande de l’aide, j’essaye de voir en quoi son attitude est rigide.
C’est très facile, il suffit d’écouter les individus se plaindre.
Derrière les motifs nobles, la plainte décrit une obsession, il suffit de trouver laquelle.

Ensuite, je décris la palette de tous les comportements possibles afin de déterminer ceux que la personne refuse, c’est ce que j’appelle « les limitations auto-imposées ».

Tout le monde est psychorigide, à un niveau plus ou moins visible.
Nous sommes attachés à cette rigidité parce que nous avons mis des années à construire ce que nous croyons être.
Mais en réalité, cette rigidité est illusoire.

En fait, chacune des composantes de notre personnalité est une jauge que nous pouvons régler.
Et ce réglage peut s’adapter à la situation en cours.
Par exemple, si je considère que je suis un « gentil », je peux m’empêcher d’agir comme un « méchant » alors que c’est peut-être la seule solution possible dans certaines situations.
Ou alors je veux me comporter comme un « bon parent ». Je m’interdis donc d’agir en « mauvais parent », ce qui n’est pas forcément le comportement le plus efficace.

Comment détecter sa propre psycho-rigidité ?
En fait, je connais 3 moyens de le faire:

  1. la souffrance
  2. les défauts
  3. les phobies

La souffrance

Quand je souffre dans une situation donnée, c’est que mon attitude n’est pas adaptée.
Comme je l’ai expliqué, changer d’attitude demande beaucoup d’efforts, et les échecs sont extrêmement décourageants.

Je recommande d’essayer d’agir à l’opposé de la façon dont nous agissions précédemment.
Le but n’est pas de changer, mais de découvrir que la jauge que nous croyions fixe ne l’est pas.
Au début, la jauge (et notre attitude) va bouger de manière assez violente, mais au bout d’un certain temps, elle gagne en mobilité et la bonne attitude est trouvée sans effort.
Tant qu’il y a de l’effort, c’est que la bonne attitude n’a pas été atteinte.

Les défauts

Un défaut, c’est une qualité poussée à l’extrême.
Par exemple, je peux passer d’ « économe » (qualité) à « pingre » (défaut).

Je recommande de vous concentrer sur vos défauts.
Tant que vous percevez des défauts, c’est que vous adoptez un comportement stéréotypé, autrement dit que vous agissez comme une marionnette.
Essayez de découvrir la palette de comportements possibles en chaque situation, et vous verrez que vos défauts se réduiront.

Si vous ne connaissez pas vos qualités ou vos défauts, regardez ceux qui vous gênent chez les autres.
Les autres sont le miroir de vous-même, ils vous aident à découvrir ce que vous êtes.

Un point important est que vous percevrez des qualités et des défauts tant que vous ne vous acceptez pas comme vous êtes.
Quand je me suis accepté comme je suis, avec mes qualités et mes défauts, tout cela a disparu.
Il n’y a plus ni qualité, ni défaut, juste ce que je suis, sans obsession pour des comportements donnés.

Les phobies

Toute phobie implique une limitation dans les attitudes, et est un révélateur évident de ses propres limites.
Je ne vais pas m’étendre sur ce thème.

Un peu de zen

Voici une histoire zen qui illustre ce que je viens d’écrire.

Un homme se plaignit de l’avarice de sa femme à un maître zen.
Le maître zen se rendit chez elle, et lui montra un poing fermé.
– que veux-tu dire par là ? demanda la femme étonnée
– si ma main était toujours ainsi, que dirais-tu ?
– je dirais qu’elle est infirme, répondit-elle
Il ouvrit alors grand sa main et demanda:
– et comme ça ?
– qu’elle est infirme tout autant, répondit la femme
– si tu comprends autant de choses, tu es une bonne épouse
Et sur ces mots, il s’en alla.
Dès lors, la femme aida son mari à être aussi généreux qu’économe.

Conclusion

Et maintenant à vous d’agir: essayez de découvrir votre richesse intérieure, cela commence par vos attitudes !

Quels sont vos défauts ?
De quelles qualités proviennent vos défauts ?

Qu’est-ce qui vous fait souffrir ?
Est-ce que vous vous interdisez consciemment ou inconsciemment certains comportements qui pourraient réduire votre souffrance ?

Est-ce que vous êtes obsédé par certains comportements ?
Est-ce que vous pouvez essayer d’agir temporairement à l’opposé de vos habitudes, afin de percevoir la liberté de comportement qui est en vous à chaque instant ?