Comment pardonner ?


Dans mon précédent article, j’avais parlé du pardon envers un harceleur, et un lecteur n’était pas d’accord.
Comme ma réponse me semblait insuffisamment claire, j’ai décidé d’écrire cet article.
Petite précision: je ne suis pas croyant, et ceci n’est pas un prêche !

Définition du pardon

Je ne vais pas m’étendre sur la définition, parce que Wikipedia le fait très bien (bien que je trouve leur définition trop « catholique »):
http://fr.wikipedia.org/wiki/Pardon

A quoi ça sert de pardonner ?

Avant de commencer à mon travail sur moi, je me fichais pas mal du pardon.
En fait, je considérais même que le pardon était un acte de faiblesse.
J’aimais bien catégoriser les individus.
Je voulais me venger des individus qui m’avaient abusé.

Progressivement, j’ai compris que toute cette rancœur ne faisait que pourrir mes relations actuelles avec les autres.
Je passais mon temps à mapper mes relations actuelles avec des patterns du passé (désolé, mais c’est difficile à exprimer autrement qu’avec des termes informatiques), au lieu de regarder chaque relation avec un œil neuf.
Le but essentiel du pardon est de se débarrasser des démons du passé.
Je peux aborder mes relations soit avec confiance soit avec méfiance.
Trop de confiance est de la naïveté, et trop de méfiance est l’accumulation de rancœur.

Mise en situation

Je vais commencer par donner une situation typique qui va me servir à illustrer mes propos.

Imaginons que quelqu’un me cause un tort énorme.
Voici quelques exemples concrets:

  • il me traite comme une merde
  • il abuse de moi (de ma gentillesse ou de mon argent)
  • il me vole (directement ou indirectement)
  • pire: il tue quelqu’un qui m’est cher

Comment appliquer le pardon dans ces cas-là ?

Qui dois-je pardonner ?

Avant de faire quoi que ce soit, je dois apprendre à me pardonner !
Hé oui, je dois accepter le fait de m’être fait abusé, volé ou pire. Et ça, c’est vraiment le plus difficile !

Pour vous donner une petite idée de la difficulté:
Un de mes amis est décédé il y a 20 ans, et nous avions un ami commun.
Cet ami s’en veut toujours de l’avoir quitté en de mauvais termes avant qu’il ne meure.
20 ans après, il ne se pardonne toujours pas, et je pense que dans 20 ans, il sentira toujours cette culpabilité !

Me pardonner à moi-même a été un processus extrêmement difficile, parce que je me disais toujours: et si j’avais agi autrement ? Et si j’avais été moins con, moins naïf, plus à l’écoute, plus prévenant ?
Et si, et si ?
Très franchement, je n’ai aucun moyen de revenir en arrière, et aussi dur soit-il, je ne peux qu’accepter ce qui est arrivé.

Pour arriver à accepter, j’ai dû abandonner l’illusion que j’aurais pu faire mieux.
Les événements se sont passés, alors je dois accepter mes propres erreurs, ma propre impuissance, et c’est ça qui fait vraiment très mal.
Cela paraît évident quand je l’écris, mais dans la réalité, ça fait mal pour plusieurs raisons:

  1. parce que si j’ai une bonne image de moi-même, je ne veux pas accepter ma propre nullité
  2. parce que si j’ai une mauvaise image de moi-même, cela confirme que je suis nul et je m’auto-punis encore plus
  3. parce que j’ai l’illusion de croire que je peux agir de manière parfaite grâce à ma pensée

Après tout mon travail de méditation, j’ai compris que je ne contrôlerai jamais mes pensées (essayez un peu de ne penser à rien, vous verrez que c’est impossible !), alors comment pourrais-je agir de manière parfaite grâce à elles ?

Je me mets à la place du bourreau

Une technique efficace pour arriver à me pardonner est d’essayer de m’imaginer à la place du bourreau.
Curieusement, il m’est très difficile de prendre cette place, et c’est à cause de mes propres limitations intérieures.
Je veux garder une bonne image de moi-même, et je refuse d’être un salaud même si dans les faits j’agis comme tel.
J’ai toujours l’illusion que je suis quelqu’un de bien, même si je suis le pire des salopards.
Puis-je avoir de la compassion pour mon bourreau ?

Curieusement, certains individus arrivent facilement à se mettre à la place du bourreau, mais pas du tout à la place de la victime. D’après mon expérience, ils sont trop focalisés sur leur cerveau et pas assez sur leur cœur.
La compassion demande un équilibre entre le cœur et le cerveau.

Pardonner à l’autre

Très franchement, pardonner à celui qui m’a fait mal n’est pas très important pour moi-même.

Je n’accorde mon pardon à l’autre que si je constate qu’il est sincère dans ses excuses.

Mais en aucun cas mon pardon n’efface ce qu’il m’a fait, il devra assumer sa responsabilité.
Par exemple, s’il m’a volé, il doit rembourser, et s’il a tué, il doit aller en prison.
Le pardon ne doit jamais faire disparaître nos propres responsabilités.

La prière aux morts

Dans un registre plus loufoque, j’ai expérimenté une technique qui fonctionne quand la personne qui nous a fait du mal est morte: la prière aux morts.
Et ça marche encore mieux si on utilise de l’encens 😉
La fois où je l’ai pratiquée, j’avais fait une liste de tous les morts que je connaissais (y compris les animaux !) et je leur ai pardonné même si je n’avais rien à leur pardonner.
En dehors des symboliques pseudo-mystiques, cette technique est efficace pour faire la paix avec soi-même.

L’excuse

L’excuse est la façon la plus directe de demander pardon.
Il y a 3 conditions pour qu’une excuse soit sincère:

  1. je reconnais la souffrance de l’autre
  2. j’assume la responsabilité de mes actes: « j’ai pas fait exprès » ou « c’est pas ma faute » sont des mécanismes utilisés pour fuir sa propre responsabilité
  3. je vais essayer de ne pas refaire: j’ai retenu la leçon

Je vois tous les jours des individus passer leur temps à s’excuser.
Ont-ils honte d’exister ?

Conclusion

Le pardon est un acte de courage.
Il permet d’accepter ce qui s’est passé et de faire le deuil de la situation afin de passer à autre chose.

Est-ce que vous êtes capable de vous pardonner ?

Est-ce que vous êtes capable de vous mettre aussi bien à la place du bourreau qu’à la place de la victime ?

Le pardon peut vous aider à dépasser les limitations de votre perception de vous-même, c’est à dire votre ego.

Un peu de SEO (2ème saison, 2ème partie)


Dans la seconde partie de mon article, je vais aborder les requêtes sérieuses.

transurfing secte

Cette requête est de très loin celle qui m’a amené le plus de visiteurs (488 !).
J’avais écrit un article critique sur le transurfing:
https://psychologieagile.wordpress.com/2012/12/02/le-transurfing/

J’ai écrit que le transurfing puait la secte, et je vais vous donner quelques critères pour détecter les sectes:

  1. pas de remise en cause: les adeptes ne supportent pas la critique de leur système, ils s’identifient à leur système
  2. l’objectif est l’argent: une participation financière est obligatoire, même si elle est souvent indirecte
  3. je dois suivre une méthode: si je veux enfin accéder à la vérité, il me suffit de suivre ce que dit la méthode, et si je n’y arrive pas, c’est que je ne fais pas assez d’efforts
  4. je dois utiliser mon intellect: pour y arriver, je dois penser comme ceci ou comme cela, et malheur à moi si je doute

Très honnêtement, je constate que certains défendent Scrum comme des adeptes d’une secte, alors je ne suis guère étonné que les adeptes du Transurfing agissent de la même façon.

a la motivation pour montrer à cette societe de merde que je vais m’en sortir

Houla, je constate une vue complètement déformée de la réalité.
Ce genre de choses est facile à détecter: ni le bien ni le mal n’existent.
Ce sont juste des concepts utilisés pour aider les enfants à différencier ce qu’il faut faire de ce qu’il ne faut pas faire.
Et quand les parents voient que ça fonctionne bien, ils commencent à en mettre un peu partout.
Je le sais bien, mes parents ont utilisé la culpabilité comme moyen de me dresser.
Il m’a fallu un temps considérable pour m’en débarrasser.

je me complais dans ma nullité et fait tout pour être nulle

Culpabilité !

je refuse de m’allonger sur le divan

Encore de la culpabilité.

comment deceler l’interet dans l’amitie

On ne peut pas: il y a toujours de l’intérêt dans une amitié.
Cet intérêt est toujours de 2 ordres: intérieur ou extérieur.
Je fréquente une personne parce qu’elle me donne ce dont j’ai besoin intérieurement (par exemple, elle me donne une bonne image de moi-même) ou extérieurement.
Le problème est plutôt votre attitude dans la relation.
Est-ce que je donne parce que je cherche à acheter l’affection des autres ?
Est-ce que j’ai peur de la solitude ?
Essayez d’agir de manière désintéressée (c’est super difficile) et tout devrait aller mieux.

il promet des choses mais ne les faits pas

Une promesse n’engage que celui qui y croit.
Si quelqu’un me fait une promesse alors qu’il n’y croit pas, et que je crois dans sa promesse, je ne peux m’en prendre qu’à moi-même.

15 ans de psychanalyse et toujours mal

Regardez en face votre souffrance, et constatez qu’elle est purement mentale et auto-infligée.

technique de développement personnel

Le développement personnel, c’est 2 choses:

  1. faire: je veux montrer que je suis compétent
  2. être: je veux montrer que j’existe

Pour faire, il suffit d’apprendre de nouvelles choses.
Pour être, il suffit juste d’être soi-même, sans chercher à devenir quoi que ce soit d’autre.
Il n’existe aucune technique pour être soi-même.

comment etre plus agile

Etre agile, c’est un état d’esprit: il n’y a pas de quantité d’agilité.
Peut-être cherchez-vous à être « plus Scrum » ?

comment se debarrasser de me visions

C’est très simple: n’y accordez plus d’importance.
Tant que vous lutterez contre ce qui vous arrive, vous allez en souffrir.
Acceptez ce qui arrive, et la souffrance disparaîtra.

accepter pour ne pas décevoir

C’est dur de dire NON, hein ? Eh bien, cela s’apprend !
En attendant, continuez à souffrir, vu que vous avez l’air d’aimer ça.
Et contactez-moi parce que j’ai besoin d’argent.
Vous n’allez pas me décevoir, hein ?

blessé pour être considéré comme harceleur

Il n’y a que la vérité qui blesse.
Peut-être ne voyez-vous pas comment vous vous comportez avec les autres ?
Les tyrans sont souvent persuadés qu’ils agissent pour le bien de leurs victimes.

comment arreter des penses obssessionelle par des exercices

Faites de la méditation.

j’ai raté mes études a cause de ma fainéantise

Pourquoi culpabilisez-vous ?

remuer la merde en psychanalyse

C’est de la merde tant que vous aurez honte de vous-même.
Avec le temps, cela devient juste des expériences du passé.

au secours je travaille sur un projet qui n’est pas agile !!!

Et alors ? Il n’y a pas de problème si votre équipe est intelligente et soudée.
L’agilité permet notamment de souder une équipe si elle ne l’est pas déjà.

sentiment de devoir toujours prouver

Qu’est-ce que vous attendez comme réponse ?
Que je vienne vous dire: bravo, mon petit, tu as fait tes preuves, tu peux arrêter maintenant !
Qu’est-ce que vous croyez ? Que quelqu’un d’autre que vous-même va vous sauver ?

process agile arnaque

Tout dépend de la personne qui vous guide.
Si votre guide agile est un charlot, vous êtes mal barré.

comment piéger un harceleur

Surtout ne faites pas cela: cela va se retourner contre vous !
Travaillez plutôt sur votre souffrance: pourquoi souffrez-vous, et surtout pourquoi continuez-vous à souffrir ?

zazen en fauteuil roulant

Zazen est une technique pour aider les méditants à se concentrer sur la méditation, parce que si vous avez une mauvaise position, vous morflerez.
Oubliez zazen !
La méditation peut être pratiquée dans n’importe quelle position.
Il existe 2 techniques fondamentales de méditation:

  1. soit je me concentre sur ma respiration
  2. soit je cherche la source de mes pensées

je lis un livre et l’oubli au bout d’une semaine

C’est hyper pratique ! Vous pourrez le relire avec plaisir plusieurs fois, ça doit vous faire pas mal d’économies.

nous sommes tous malheureux certains jours

Vous dépendez trop de l’extérieur: lisez mon article sur le bonheur.

peux t on pardonner a son harceleur

Oui, et c’est même obligatoire pour passer à autre chose !

comment se débarrasser de ses défauts

C’est impossible, on ne peut pas forcer le changement.
Accepter ses qualités est facile.
Accepter ses défauts est difficile.
Considérez vos défauts comme des qualités poussées à l’extrême.

psychologie peut-on vivre sans but ?

Oui, mais je n’ai encore pas rencontré quelqu’un capable de le faire.

bilan de mon enfance

Facile: ce bilan est merdique, et en plus c’est la faute à vos parents.
Comment allez-vous vous en sortir ?

modifier ma réalité d’argent

Je veux bien répondre, mais ça va vous coûter cher.

j’aimerais trouver un travail qui donne un sens à ma vie

Vivez comme un clochard, et vous verrez que tout aura du sens.

toutes des putes sauf maman psychologie

Si vous utilisez votre argent pour séduire, vous n’allez trouver que des putes.

une vie triste jé pa atteint mes objectives

Pauvre petit chéri !
Oubliez un peu vos ambitions, et regardez objectivement ce que vous avez accompli !

comment se debarasser de la naiveté

Pourquoi s’en débarrasser ?
C’est une super qualité !
Trop de gens sont horriblement calculateurs.
Arrêtez d’en souffrir !

ma psy me demande si j’aime faire plaisir aux autres

Et vous cherchez la réponse sur Internet ?
Alors la réponse est OUI !

analyse transactionnelle fais plaisir : j’ai besoin de faire plaisir aux autres pour être aimé.

Contactez-moi tout de suite, ça me fera plaisir !
Et ça me fera encore plus plaisir si vous me donnez beaucoup d’argent.

je suis fatiguer d’apprendre comment me comporter

Alors soyez vous-même !
C’est une bonne résolution, mais combien de temps allez-vous tenir avant de revenir à votre comportement habituel ?

comment trouver le sens de la vie

La vie n’a pas de sens.
Le seul sens est celui que vous lui donnerez: en faisant des choses que vous aimez.
Si vous voulez avoir une vie minable, ne faites que des choses que vous détestez !

comment eviter les malheurs

Facile: arrêtez de juger ce qui vous arrive.
Tout ce qui arrive est une expérience, c’est vous qui décidez si elle est positive ou négative.
Elle est négative dans 95% des cas, mais ce sont les cas les plus intéressants !

la psychanalyse m’a aide + sexualité

Vous vous posiez trop de questions avant, pendant et après l’amour.

j’ai plein de motivations

Intrinsèque ou extrinsèque ?

je ne me sors pas de ma psychanalyse

C’est pourtant simple, il suffit de dire: j’arrête.

Conclusion

La plupart de ces requêtes expriment une vraie souffrance, qui m’est bien familière.
Il y a plusieurs approches pour aider les individus:

  1. soit je montre que je compatis, et la personne continuera à se complaire dans son malheur
  2. soit j’explique qu’il faut dédramatiser, et la personne va penser: quoi, il ose rire de mon malheur ?
  3. soit je montre que je m’en fous, et la personne va considérer que je suis sans cœur
  4. soit j’explique que la souffrance est d’abord auto-infligée, et la personne va refuser cette vérité

Dans tous les cas, la souffrance sera renforcée, alors que faire ?

Les Leçons du jeu vidéo (1ère partie)


Voici mon premier article d’une série sur le jeu vidéo.

Je ne vais pas du tout parler de technique !
Je vais essayer de vous faire une description de mes 18 ans de programmation dans le jeu vidéo (1985-2003), en vous décrivant ce qui s’est passé intérieurement et extérieurement.

Si vous êtes intéressé par l’aspect technique des jeux vidéo, je vous recommande ce blog:
http://www.codeofhonor.com/blog/tough-times-on-the-road-to-starcraft
qui décrit bien l’état d’esprit dans le milieu des années 90, mais comme j’ai commencé 10 ans plus tôt, cela ne reflète q’une partie de mon expérience personnelle.

Si vous êtes intéressé par l’organisation de projets de jeux vidéo, je vous recommande les post-mortem de Gamasutra:
http://www.gamasutra.com/features/postmortem/
qui sont riches en expériences vécues.

Avant le jeu vidéo

Aussi loin que je m’en souvienne, j’ai toujours été intéressé par les challenges intellectuels.
J’ai découvert les mots croisés à 8 ans, et pendant longtemps mes seuls loisirs étaient les mots croisés, les échecs, les dames et le dictionnaire.
En 1981, à 16 ans, j’ai découvert les récréations mathématiques avec les articles de Martin Gardner et ceux de Pierre Berloquin.
Un nouveau monde s’est ouvert à moi: les mathématiques.
J’avais enfin trouvé un but dans ma vie: devenir mathématicien !

Mes tous débuts en informatique

Afin de résoudre ces challenges mathématiques, je me suis acheté une calculatrice programmable.
En ce temps là, je n’avais pas du tout d’argent, et les ordinateurs étaient très chers.
Le seul objet qu’on pouvait programmer pour pas cher était une calculatrice TI58C (500 francs).
Le magazine l’Ordinateur de Poche contenait des tas de petites astuces, mais ne permettait pas vraiment de franchir le seuil de compréhension de la programmation.
Mais comme il s’agissait d’un challenge intellectuel, je me suis investi à fond, et j’ai compris tout seul comment faire.

En 1983, après plusieurs années d’économies, je suis passé à la vitesse supérieure: j’ai pu m’acheter un ordinateur Oric 1 (2400 francs !).
J’ai appris le Basic puis l’assembleur 6502 avec la documentation de base, qui tenait en quelques pages.
A ce moment-là, j’ai décidé de devenir informaticien.

Avec des machines tournant à moins d’1 mégahertz, j’étais obligé d’optimiser mes programmes, et ça a été la première grande leçon de ma vie:

programmer, c’est d’abord chercher la meilleure solution à un problème.

Les non-programmeurs pensent que n’importe quelle solution conviendra, mais les programmeurs savent bien que ce n’est pas le cas et ils savent aussi qu’il n’y a pas de solution idéale, il faut toujours chercher le meilleur compromis.

J’ai commencé à écrire mes premiers jeux en assembleur, et ensuite mes propres outils (assembleur/désassembleur) parce que taper de l’hexadécimal, c’est vraiment trop chiant. 30 ans plus tard, je me souviens encore de tous les opcodes !

En 1984, après avoir redoublé ma classe de terminale, j’ai programmé le jeu « Lunar Mission » pour une société appelée Epsilon Software.
J’ai fini le jeu mais il n’est jamais sorti parce que je souffrais de perfectionnisme à l’époque, je voulais écrire le meilleur programme possible. Le jour où nous sommes allés chez le dupliqueur de cassettes, j’ai vu le jeu Cobra Pinball qui me semblait 1000 fois mieux que le mien, ce qui fait que je n’ai pas osé publier le mien: j’avais trop honte.

A l’époque, mon seul centre d’intérêt était l’informatique, ce qui fait que je passais tout mon temps libre sur mon ordinateur à programmer et je délaissais complètement mes études.

Cette année-là, mon père est mort écrasé par un camion, ce qui fait que ma seule raison de réussir mon Bac avait disparu: mon père avait dû arrêter ses études pour s’occuper de ses 6 frères et soeurs, ce qui fait qu’il tenait absolument à ce que je réussisse les miennes.
Alors je me suis encore plus enfoncé dans l’informatique, je ne faisais vraiment plus que ça, et je n’avais plus de contacts humains depuis quelques années déjà (l’école est avant tout un ciment social).

En toute logique, j’ai raté mon Bac pour la deuxième fois, ce qui fait que j’avais fini mes études, et un autre événement important s’est produit: ma mère m’a insulté en me traitant de nul et elle voulait que je trouve rapidement un travail manuel.
Cet événement a renforcé mon obstination à devenir programmeur.
Je me suis dit: je vais lui prouver que je ne suis pas nul, je vais devenir le meilleur programmeur du monde !
Je ne m’aimais vraiment pas à l’époque et personne ne s’intéressait à moi, donc à partir de ce moment-là, j’ai tout sacrifié pour l’informatique.

Pour devenir le meilleur, je passais mon temps à remettre en cause tout ce que je faisais: comment faire toujours mieux ?
Je n’avais personne autour de moi qui s’intéressait à l’informatique, et il n’y avait pas de livre technique.
J’imaginais que les informaticiens qui publiaient des programmes étaient super forts, alors je regardais leur code pour apprendre comment ils faisaient.

J’ai très vite découvert que 99,9% des programmes que je désassemblais était vraiment très mal programmés.
En tout et pour tout, je crois que je n’ai trouvé que 2 programmes dignes d’intérêt.
Ma seconde leçon a été:

Pour s’améliorer, il faut sans cesse se remettre en cause et essayer de faire mieux que les meilleurs.

L’embauche chez Titus

Devenir informaticien, c’était mon rêve, mais comment le devenir ?

Fin 1984, je suis tombé par hasard sur la petite annonce d’une société qui cherchait des programmeurs pour convertir des logiciels éducatifs (pour le « Plan Informatique pour Tous »).
Cette société s’appelait EH Services (E pour Eric Caen et H pour Hervé Caen).
J’ai converti une dizaine d’éducatifs du Thomson TO7 vers l’Exelvision.
Toujours dans l’obsession de prouver que j’étais le meilleur programmeur du monde, j’avais demandé à faire les conversions les plus difficiles.
Comme les frères Caen ont vu que je m’en sortais bien, ils m’ont proposé de convertir le jeu qu’ils produisaient de l’Amstrad CPC vers l’Oric.
J’ai donc travaillé sur « One » sur Oric, et bien que fini, le jeu n’est jamais sorti parce que l’Oric est mort au moment où le jeu était prêt.
J’ai reçu en paiement un des tous premiers Atari 520 ST (7200 francs !), et ils m’ont embauché dans leur nouvelle société « Titus Software ».
J’étais un des tous premiers salariés avec Gil Espèche et Alain Fernandes.

A l’époque, programmer des jeux vidéo était très mal payé (un peu plus que le SMIC) et j’étais très motivé, parce que je travaillais 10 heures par jour, 6 jours sur 7, et je passais des nuits blanches pour finir un jeu, comme tous les autres programmeurs de Titus.
Ces conditions m’ont permis de comprendre en profondeur les motivations intérieures des programmeurs, bien plus que tout ce que j’ai vécu par la suite.

Les leçons chez Titus

Titus était très proche de ce qu’on peut imaginer de l’enfer: des conditions de travail terribles et du harcèlement perpétuel.

Je vais essayer de vous décrire les leçons apprises de cette expérience.

L’important, c’est que le jeu sorte

Un jeu qui ne sort pas ne sert à rien.
Comme je l’ai dit avant, j’étais perfectionniste à l’époque, je voulais écrire des programmes parfaits.
Alors il a fallu que je me fasse violence pour finir.
Et pour la violence, Titus savait s’y prendre: il fallait sortir le jeu à une date donnée, et ils prévenaient royalement une semaine à l’avance quand le jeu devait sortir.
Dans ces conditions, je travaillais toutes les nuits avant la sortie et le jeu sortait tel quel.
J’espérais toujours qu’il n’y ait pas de bug, parce que personne ne testait.

A ce propos, je me souviens d’une anecdote amusante.
J’avais dû finir à l’arraché « Crazy Cars » sur C64 en moins d’un mois (projet sur lequel Eric Caen avait passé plus de 6 mois), et ils m’avaient demandé de filmer le jeu pour un salon américain.
Donc je joue en étant filmé, et juste avant d’atteindre la ligne d’arrivée, je suis percuté par une voiture.
Malheureusement, j’avais programmé un ralentissement progressif pour que la voiture finisse pile sur la ligne d’arrivée.
Ce ralentissement était supérieur à la vitesse de démarrage, ce qui fait que ma voiture s’est retrouvée bloquée à 2 mètres de l’arrivée, alors que j’étais filmé !
Je n’étais pas trop fier de moi à ce moment-là.
Eric a dit: « on s’en fout, c’est bon », et j’imagine que la vidéo a été diffusée telle quelle dans les salons américains.

Finir un jeu m’a été utile pendant de nombreuses années, parce que j’étais celui qui arrivait pour finir les projets.

Il faut 18 mois pour maîtriser une nouvelle technologie

Chez Titus, je n’ai pas arrêté de changer de support informatique.
J’ai fait des jeux en 6502 sur Oric et C64, en 6809 sur Thomson TO7 et MO6, en Z80 sur Amstrad et en 68000/C sur Atari.
Mais maîtriser un ordinateur demande du temps, ce qui fait que mes premiers jeux sur un nouveau support sont plutôt merdiques.
D’après mon expérience, il faut travailler 18 mois sur une machine avant de la maîtriser à 90%.
Le choc le plus difficile pour moi a été de passer des ordinateurs 8 bits programmés en assembleur aux ordinateurs 32 bits programmés en C et assembleur.

Il faut plusieurs années pour se remettre d’un harcèlement au travail

Un des slogans des dirigeants était: « je donne un coup de pied dans une poubelle, 10 graphistes en sortent, je donne un coup de pied dans un réverbère, 10 codeurs en tombent ».
Personnellement, j’en ai pris plein la gueule à Titus, et encore j’étais plutôt respecté, parce que je sortais un jeu par mois.
Les dégâts chez les autres étaient considérables, au niveau de la confiance en soi et du respect des autres.
Certains des harcelés devenaient des harceleurs.
Seuls quelques rares individus arrivaient à rester eux-mêmes.

Il m’a fallu plusieurs années de travail sur moi pour me remettre de mon passage chez Titus.
Leur travail de sape m’a amené au burn-out au bout de 4 ans, mais cela m’a aussi aidé à me reconstruire parce que j’ai dû remettre en cause tout ce que j’étais, alors que précédemment, je ne remettais en cause que ce que je faisais.

La grande leçon à retenir:

En tant qu’individu, je mérite le respect, et les autres aussi méritent le respect.

Et bien que cela semble évident, c’est très difficile de se respecter et de respecter les autres.

Conclusion

Je n’ai abordé que les années 1985-1987, et je n’ai pas encore fini l’épisode Titus.
La suite dans mon prochain article…

Comment détecter les manipulateurs


Aujourd’hui, je n’ai pas envie d’écrire sur les boulets, mais sur les manipulateurs.

Je vais essayer de vous faire partager quelques astuces pour repérer un manipulateur, et notamment comment nous nous laissons manipuler.

L’amitié

La technique la plus utilisée par le manipulateur est de me faire croire que je suis indispensable à sa vie.

Il m’explique que je suis son meilleur ami, il me flatte, il me fait sentir que je suis important pour lui.
En fait, il s’agit de manipulation affective.

Je dois avouer que de ne pas tomber dans le panneau est difficile, parce que je rêve secrètement de ne pas me sentir seul, de ne pas être abandonné, d’avoir un vrai ami.
Même un mauvais accompagnement semble préférable à la solitude. Ah, si quelqu’un pouvait m’aimer !

Pour sortir de ce schéma intérieur, j’ai dû chercher ma propre valeur intérieure, sans référentiel extérieur.
C’est malheureusement trop compliqué à expliquer ici, j’y reviendrai si vous êtes intéressé.

Le manipulateur agit sur mon désir d’être aimé.

L’intérêt

Quand l’amitié ne fonctionne plus, la deuxième étape est de me faire croire qu’il est indispensable à ma vie.

Par exemple, si j’ai un projet que je veux monter, le manipulateur va essayer de montrer qu’il peut m’aider, qu’il connait du monde qui va m’aider, etc…
Il est assez facile de discerner ce genre de manipulateurs, parce qu’il ne fait rien, plus exactement il promet beaucoup de choses mais elles restent à l’état de promesses.

Le piège fonctionne tant que j’accorde de l’importance à la parole du manipulateur.
Tant que j’attends quelque chose de lui, je suis sous sa coupe.

Pour sortir de ce schéma intérieur, j’ai dû apprendre à accepter la responsabilité personnelle, ce qui n’est pas facile du tout parce qu’elle vient avec tout un tas de contraintes, et j’ai horreur des contraintes. Ah si quelqu’un pouvait me décharger de toutes ces responsabilités !

Le manipulateur agit sur mon désir d’être assisté.

La menace

Quand l’intérêt ne fonctionne plus, l’étape suivante est la menace.
Celle-ci peut être de plusieurs sortes: physique, financière, sentimentale, culpabilité, etc…

Personne n’aime les menaces, surtout quand elles laissent libre court à notre propre imagination.
Nous imaginons aisément le pire, et c’est ce qui fait la force d’une menace.
Au jeu d’échecs, un adage dit: « la menace est plus forte que l’attaque ».
Et le plus incroyable avec notre imagination, c’est qu’elle fait remonter toutes nos peurs.
Pour sortir de ce schéma intérieur, j’ai appris à affronter mes peurs.

Le manipulateur agit sur mes peurs.

Conclusion

Beaucoup de personnes pensent qu’il est facile de se débarrasser d’un manipulateur, sous prétexte que c’est intellectuellement évident.
Malheureusement, les manipulateurs agissent au niveau des émotions, pas au niveau de la raison.
Ils savent repérer les signes extérieurs d’émotion chez les gens, et les utilisent à leur profit.
Vous pourrez toujours chercher à rationaliser, l’émotion sera toujours plus rapide que la pensée.

Donc le vrai travail à mener si vous voulez vous débarrasser des manipulateurs est de travailler sur vos émotions.
Une fois que les vraies émotions auront été exprimées et acceptées (par exemple, la peur de l’abandon), plus aucune de ces techniques ne fonctionnera contre vous.
Une petite astuce: pour faire remonter les émotions, commencez par énumérer ce que vous attendez de cette relation, et réalisez que vous n’avez pas besoin de cette relation.

Enfin, je tiens à signaler qu’il n’y a pas vraiment une solution unique à chaque situation, mais plutôt des dizaines de solutions !
Il suffit simplement de trouver celle qui vous semble la plus accessible.

Un peu de SEO


Aujourd’hui, je vais faire un peu de Search Engine Optimization.

J’ai décidé de prendre quelques unes des requêtes qui mènent à mon blog, et certaines sont curieuses ou amusantes.
Comme d’habitude, je vais laisser des commentaires personnels.

Gestion des conflits

Beaucoup de personnes viennent chercher des techniques pour gérer les conflits.
Gérer un conflit est très simple quand je ne fais pas partie du conflit.
La technique à utiliser est de chercher la contradiction, c’est à dire le ou les points qui posent problème.
Cela correspond à comparer les désirs de chacun et la réalité.
Une fois ces points localisés, trouver une solution est assez simple.

Malheureusement, quand je fais partie du conflit, le gérer est quelque chose de beaucoup plus difficile, et je pense que la majorité des requêtes qui mènent sur mon blog viennent pour gérer ce genre de conflit.

Comment puis-je gérer un conflit dont je suis partie prenante ?

La meilleure solution est de trouver un médiateur externe au conflit, comprenant un peu la psychologie des individus et n’étant pas concerné par ce conflit.
Comme vous pouvez le constater, cela n’est pas facile, à moins de se trouver dans une grosse structure.

Comment puis-je gérer un conflit tout seul ?

Comme je l’ai déjà expliqué sur ce blog, il est essentiel de ne pas chercher à avoir raison.
Si je cherche à pousser ma solution à tout prix (même si c’est la meilleure), je ne vais créer que de la frustration parce que je vais montrer à tous que je me fous de leur avis.
En fait, il y a quelques dangers:

  1. chacun ne pense qu’à lui-même !
    Absolument tout le monde est égocentrique, et certains se mentent en croyant qu’ils ne le sont pas, en utilisant des valeurs personnelles erronées comme « motifs nobles ».
    Pour court-circuiter ce processus mental, j’essaye de prendre en compte leurs points de vue, même s’ils vont à l’encontre du mien.
  2. quand quelqu’un propose une solution, il se fout de savoir si elle résout le problème globalement.
    Un conflit n’est pas un problème local, il s’agit souvent d’un problème global, et il faut regarder tout ce qui est concerné par ce problème.
    Je vois souvent des personnes résoudre les problèmes à leur niveau local, en se foutant du coût pour les autres, après tout, ce n’est pas leur problème !
    Il existe des techniques pour analyser un problème sous toutes ses coutures, voyez par exemple la spirale dynamique, le System Thinking ou le Design Thinking, qui est proche du mind-mapping.
    Personnellement, je ne suis pas fan de ces méthodes, qui demandent beaucoup de temps pour analyser un problème, rendent les processus mentaux trop automatiques et peu créatifs et fonctionnent plutôt avec des profils visuels (le V du VAK de la PNL).
  3. le conflit fait peur.
    Le conflit n’est pas quelque chose de négatif. Le conflit est une façon intime d’interagir avec les autres, elle révèle une partie de nous-même.
    Au début, j’avais peur des conflits parce que je n’avais pas l’habitude. La peur disparaît avec la pratique.

Je pense qu’être simplement honnête et exprimer mon besoin simplifie énormément les interactions, et améliore le respect de moi-même et des autres.

Je m’en fous en psychologie

En fait, la requête est « je m’en fou en psychologie », joli lapsus !
J’ai beaucoup parlé de motivation sur mon blog, je ne vais pas revenir sur la motivation.
La difficulté de chacun est de trouver ce qui le motive. Ce n’est pas quelque chose de simple à découvrir.
La motivation première est une motivation de « faire »: qu’est-ce que je veux faire ? Qu’est-ce que je suis capable de faire ? Qu’est-ce qui me fait plaisir ?
Curieusement, beaucoup de personnes se sentent démotivées, mais sont capables de dire ce qu’elles veulent faire, ce qui signifie qu’elles ne sont pas satisfaites par ce qu’elles font.
Une technique efficace est d’imaginer que je vais mourir dans 6 mois: qu’est-ce que je veux avoir accompli avant de mourir ?
La seconde motivation est une motivation d’être: qu’est-ce que je suis ? Comment puis-je devenir ce que je suis réellement ? Comment puis-je être heureux ?

L’honnêteté demande du temps

Malheureusement, être honnête demande beaucoup de travail sur soi.
Mes premiers moments d’honnêteté m’ont demandé un courage fabuleux, mais m’ont aussi fait sentir à quel point cela simplifiait ma vie.
Le plus difficile à accepter est d’abandonner le désir de se faire aimer.
Tout le monde veut être écouté, apprécié, aimé, et est malheureux quand cela n’arrive pas.
Accepter de ne pas être écouté, apprécié ou aimé a été difficile pour moi, mais en devenant plus honnête, je suis curieusement beaucoup plus écouté, apprécié ou aimé.

Dois-je me mettre en désaccord avec moi-même pour plaire aux autres ?

Houla, je commence à aller vers le courrier du cœur.
La question telle qu’elle est formulée implique que je cherche à plaire aux autres, ce qui indique que je ne me plais pas à moi-même. Je cherche à confirmer que je suis quelqu’un de plaisant parce que j’espère que les gens autour de moi vont me le dire.
Entre nous, ça ne fonctionne jamais, et cela ne fait que répéter un comportement acquis lors de l’enfance: je cherche l’approbation ou l’admiration de mes parents.

Enfin, je suis intimement persuadé qu’il ne faut jamais se mettre en désaccord avec soi-même, autrement dit qu’il ne faut pas se forcer.
Si je me force, l’effort que je vais fournir ne sera pas durable parce qu’il va me fatiguer, et je vais juste me sentir mal à moyen terme, ce qui va entraîner du stress et un sentiment de mensonge intérieur. A long terme, je peux même développer un cancer.
J’ai appris à arrêter de lutter contre moi-même, ce qui a entraîné le fait d’arrêter de lutter contre les autres.
Si j’arrête de lutter contre les autres d’abord, je crée un sentiment de rejet de moi-même, et cela entraîne de la dévalorisation puis de la dépression.

L’effet Zeigarnik pour obtenir de l’argent

Encore une curieuse demande !
Franchement, l’effet Zeigarnik n’est là que pour mieux organiser ma propre façon de travailler.
L’argent découlera du résultat de mon travail.
Comme je l’ai déjà dit, il ne faut pas se focaliser sur le résultat, mais sur la façon de faire.
Quand je me focalise sur le résultat, je vais me mettre à bâcler à certains moments, parce que je vais accepter une qualité moindre.
Regardez le modèle chinois: il n’y a que le résultat qui compte, ce qui fait que la qualité est déplorable !
Si je me concentre sur la façon de faire (la qualité), je serai fier de ce que j’ai fait, j’aurai de la satisfaction même si le résultat final n’est pas à la hauteur.
Si je me concentre sur le résultat, tous mes efforts dépendront du résultat, et si cela échoue, ma confiance en moi diminuera et le doute s’installera.

Attention toutefois à ne pas tomber dans le piège du perfectionnisme !
L’agilité nous rappelle la loi de Pareto: 20% de l’effort donnera 80% du résultat. Où sont ces 20% d’efforts utiles ?
Si l’argent est un objectif essentiel, essayez les métiers qui transitent autour de l’argent: banque, bourse, etc…

Harcèlement

J’ai beaucoup de requêtes sur le harcèlement, notamment sur la psychologie du harceleur.
Je crois que j’ai tout dit, et je ne vais pas m’étendre plus sur le sujet.

La créativité

Beaucoup de requêtes sur la créativité, je vais essayer de publier ma deuxième présentation sur la créativité plus tard.
Ah, un point: l’expertise ne tue pas la créativité !
Je ne peux pas être créatif dans un domaine dont je ne suis pas expert.
Ce qui tue la créativité, c’est le sentiment de certitude, le manque de remise en question.

Comment transformer la motivation extrinsèque en motivation intrinsèque ?

Voici une question intéressante, mais la réponse est: on ne peut pas directement !
La seule façon que j’ai vérifiée est de trouver quelque chose qui me fasse plaisir ou qui donne du sens à mon travail.
Il y a toujours une petite partie de notre travail qui nous intéresse (et une grosse partie qui nous gonfle), il suffit d’accorder plus d’importance à ce qui nous intéresse.

Changement de caractère et crise existentielle

Ayant expérimenté moi-même plusieurs changements profonds, je peux affirmer que de grands pans de notre personnalité se révèlent avec le temps.
Chaque jour, je change un peu, mais ce changement est imperceptible parce que minime.
Mais sur une année (ou même moins), le changement peut être considérable !
Accepter ce changement n’est pas facile, mais le refuser amène forcément à un conflit intérieur, ce que certaines personnes appellent « crise existentielle ».

Les émotions

Beaucoup de requêtes sur les émotions, quand elles sortent ou quand elles sont réprimées.
Malheureusement, la société française actuelle favorise la répression des émotions, alors forcément quand elles sortent, elles sont d’une violence démesurée.
Ce n’est pas évident d’exprimer la colère ou la tristesse de manière saine.
Si vous sentez que vous devez sortir vos émotions, je recommande la technique Gestalt de la chaise vide: asseyez-vous en face d’une chaise vide, imaginez un interlocuteur virtuel et exprimez ce que vous voulez dire à cette personne.

Cherche facilitateur groupe de parole

Si vous avez besoin d’un facilitateur, je suis disponible pour des missions de courte durée sur la région parisienne !
Mon email: jcmeyrignac@gmail.com

La peur fait-elle partie des émotions ?

Oui et non. Les émotions et la peur sont des réactions à des stimuli extérieurs.
La différence entre les émotions et la peur est que je ne dois pas céder à ma peur, alors que je dois me laisser aller à mes émotions.

Es-tu capable de ne pas être capable ?

Oui, j’en suis incapable.
Désolé, mais la philosophie ne m’intéresse pas, parce que c’est juste de la branlette intellectuelle.
Arrêtons les grandes théories, et soyons plus pragmatiques !
De plus, ma première note en cours de philosophie fût un zéro, je n’oublierai jamais.

La chose concrète la plus importante dans la vie

Très simple: moi-même !
Chacun ne pense qu’à soi-même, et il faut une psychanalyse pour s’en rendre compte et l’assumer.
J’adore la blague:

  • J’ai suivi une psychanalyse parce que j’avais honte de faire pipi au lit
  • Tu es guéri ?
  • Non, mais maintenant j’en suis fier !

En fait, la chose la plus importante est le bonheur, mais en presque 50 ans, je n’ai croisé qu’une ou 2 personnes qui cherchent le vrai bonheur !

Pourquoi je ne sais pas mettre de mots sur mes émotions ?

Parce que cela s’apprend !
Décrire ses états intérieurs est difficile à faire parce qu’il faut trouver quelqu’un qui soit assez patient pour nous écouter.
La psychanalyse est la meilleure méthode pour apprendre cela, mais cela coûte cher.

J’ai abandonné ma copine

Je vous disais que je faisais courrier du cœur !
Heu, je n’ai pas de réponse simple, il faudrait creuser les processus mentaux mis en œuvre pour localiser les peurs et ensuite les affronter.

Motivation vaisselle

Je n’ai pas de technique pour cela, je préconise un lave-vaisselle.

Faire vivre des émotions fortes à mon interlocutrice

Evitez les menaces physiques, et essayez les attractions foraines !

Besoin de rien, envie de toi (psychologie)

Hé, il ne faut pas rêver ! L’amour ne suffit pas.
En France, il faut travailler ou avoir des parents fortunés pour subvenir à ses besoins.

Supporte plus ma femme mots croisés

Etant champion de mots croisés, je vois mal où est le problème ?

Des conseils pour arrêter de fréquenter des prostituées

Oui, c’est une vraie requête pour tomber sur mon blog !
Il vaut mieux aller voir des prostituées que de réfréner ses pulsions sexuelles.
Il y a peut-être un déséquilibre dans votre vie, par exemple trop de travail, ce qui entraîne un phénomène de compensation ?

Est-ce que les mots mêlés servent à quelque chose intellectuellement ?

Non, mais ils permettent d’oublier momentanément son monologue intérieur !

J’ai fait un burn-out en Chine

Bienvenue au club des burn-outés !
Le burn-out est assez rare, parce que la majorité des individus ont un entourage qui les protège, mais c’est une expérience qui permet de trouver du sens à sa vie.

Comment déceler qu’une personne est masochiste ?

Hélas, il n’y a pas de méthode simple.
En général, ceux qui sont obnubilés par le pouvoir ont des tendances sadomasochistes (sadiques en public, et maso en privé).
Certaines personnes fortement éduquées (« dressées ») agissent comme des masochistes (ce fut mon cas).

Je suis forte sans croyances

Ceci est une croyance: la force ou la faiblesse sont des croyances.

Je dois consulter un psychanalyste, mais je n’ai pas les moyens

Allez voir votre docteur généraliste, qui vous fera une ordonnance pour un psychiatre/psychologue, qui sera pris en charge par la Sécurité Sociale.
Attention, la psychologie en face à face est moins efficace qu’une psychanalyse. Les processus mis en œuvre sont totalement différents !

15 ans de psychanalyse, est-ce trop ?

Pas pour votre psychanalyste !
Cela peut être un investissement, parce que j’ai entendu dire qu’au bout de 7 ans, vous pouviez devenir psychanalyste.
Au bout de 3 ans, j’ai compris que la psychanalyse ne permettait que d’assumer ce que j’étais, et que creuser plus n’amenait que plus de moi-même.
Essayez la sophrologie caycédienne (je peux vous donner une bonne adresse sur Paris 18ème), le yoga ou la méditation, qui vont vous permettre d’aller plus loin.

Le sentiment de devoir toujours prouver

C’est ce que j’appelle une « mauvaise habitude » héritée de quand on était petit.
Comme toute habitude prise depuis longtemps, il faut beaucoup de temps pour s’en débarrasser.

Un homme qui a une obsession sexuelle et qui n’arrive pas à me faire l’amour

Il est trop focalisé sur lui-même et sur son désir. Dans l’acte sexuel d’amour, l’essentiel est de se focaliser sur l’autre.

Conclusion

Si après tout cela, je n’ai pas 1000 visiteurs par jour, c’est à désespérer des techniques de SEO !

Les harceleurs


Au tout début de ma carrière professionnelle, j’ai subi des harceleurs pendant 3 ans.
Cette première expérience dans le travail a été traumatisante pour moi, et il m’a fallu beaucoup de temps pour arriver à passer cet épisode dans ma vie.

Les harceleurs sont aussi appelés « manipulateurs relationnels » en psychologie ou bien « pervers narcissiques » en psychanalyse.
Robert Sutton les nomment plus trivialement « sales cons » (en anglais: « assholes », soit « trous du cul »), dans son livre « Objectif Zéro-Sale-Con »:
http://www.amazon.fr/Objectif-Z%C3%A9ro-sale–harceleurs-personnes-nuisibles/dp/2266225758/
(notez la censure du titre dans l’url)
Je vais lister les techniques de l’auteur, dont je recommande la lecture si vous voulez avoir plus de détails, puis je vous décrirai mon approche, qui est beaucoup plus intérieure.

Il faut bien comprendre qu’un harceleur coûte cher aux entreprises, parce que son comportement destructeur démotive beaucoup d’individus, qui passent leur temps à se défendre au lieu de faire leur travail.
Les victimes de harcèlement sont souvent en arrêt maladie, et un fort taux de turnover dans une entreprise indique le niveau de harcèlement: un turnover normal est de 5%, et peut atteindre 25% quand des harceleurs ont le pouvoir. Et, entre nous, les premiers à partir sont souvent les meilleurs, parce qu’ils peuvent trouver facilement ailleurs.
En plus, ce genre de comportement est contagieux, et souvent les témoins de harcèlement deviennent des harceleurs eux-mêmes.

A cette occasion, j’en profite pour m’excuser auprès de certaines personnes d’avoir été un (petit) harceleur, ces 20 dernières années. Je sais très bien que rien ne pourra pardonner mon comportement.

Comportement quotidien des harceleurs

Sutton a dressé une liste des 12 vacheries, qui vous permettront de décoder le comportement les harceleurs:

  1. Lancer des insultes personnelles
  2. Envahir l’espace personnel d’autrui
  3. Imposer des contacts physiques importuns
  4. Proférer des menaces et pratiquer des formes d’intimidation verbales et non verbales
  5. Dissimuler sous des plaisanteries sarcastiques et des soi-disant « taquineries » des propos vexatoires
  6. Envoyer des emails cinglants
  7. Critiquer le statut social ou professionnel
  8. Humilier par des remontrances publiques
  9. Couper grossièrement la parole
  10. Porter des attaques hypocrites
  11. Jeter des regards mauvais
  12. Traiter les gens comme s’ils étaient invisibles

Je vais aussi passer rapidement sur les conseils que Sutton donne.

Comment maîtriser le harceleur en vous

Afin d’éviter l’empoisonnement par les sales cons:

  • Ecoutez Léonard de Vinci et fuyez les connards
  • Partez, ou restez à distance autant que faire se peut
  • Attention: considérer ses collègues comme des rivaux et des ennemis est un jeu dangereux
  • Voyez-vous comme les autres vous voient
  • Affrontez votre passé
  • Sale con: connais-toi toi-même

Comment survivre au harcèlement

Voici la trousse de survie:

  • Recadrage: changer la façon dont vous voyez les choses (découvrez vos croyances irrationnelles)
  • Espérez le meilleur, attendez-vous au pire (n’attendez rien)
  • Cultivez l’indifférence et le détachement émotionnel (devenez moins impliqué et moins productif)
  • Recherchez les petites victoires (acquérez le sentiment de contrôle)
  • Exposez-vous le moins possible
  • Créez des havres de sécurité, de soutien et d’équilibre
  • Battez-vous pour remporter de petites victoires constructives (opposez calme/respect à colère/agression)
  • Prendre sur soi, c’est bien, mais se libérer, n’est-ce pas mieux ?

Les limites de ces conseils

Je trouve les conseils très judicieux, mais difficiles à appliquer lorsqu’on est en mode victime depuis longtemps.
En fait, je trouve dommage que l’approche de Sutton est de proposer des solutions au lieu de chercher l’origine du problème.
En effet, une personne équilibrée devrait être capable de dire non à un harceleur, sans avoir peur.
Dans mon cas, je n’étais capable de faire cela que quand la souffrance était trop grande.

Mon expérience personnelle

Comme je l’ai dit, j’ai connu le harcèlement en 1985 à 20 ans, lors de mon premier travail de programmeur de jeux.
Chez Titus, le harcèlement était global, presque tout le monde jugeait les autres, et l’environnement était très toxique.
Seuls certains individus (je pense à Jean-Michel) ne semblaient pas contaminés par cet état d’esprit, et leur présence était indispensable à l’équilibre mental de tous.
Je n’étais pas le plus bousculé par les harceleurs, mais j’en ai quand même pris plein la gueule, parce que j’étais très fragile à l’époque.
Malheureusement, leur état d’esprit m’a contaminé pendant de nombreuses années, et j’en souffre encore un peu, malgré tout mon travail sur moi depuis 15 ans.
La grande difficulté est: comment arrêter de juger selon nos propres critères artificiels ?
J’ai vu les dégâts causés par le harcèlement, nous étions dans un milieu extrêmement motivant (le jeu vidéo est le meilleur milieu pour la motivation intrinsèque), et malgré tout, c’était pesant de venir travailler, et surtout d’être au contact de certaines personnes.
Je ne citerai pas de nom, mais j’ai appris que le plus gros harceleur a eu un retour de bâton, ce qui ne vengera jamais toutes ces années de souffrance, mais j’espère qu’il a bien morflé et qu’il est devenu plus humain.
J’avais expliqué que j’ai dû commencer ma psychanalyse suite à un burn-out, mais je pense que le harcèlement avait beaucoup miné ma confiance en moi.

Mon approche

Comme vous devez le savoir, j’essaye toujours de faire l’approche à partir de moi-même, plutôt que de réfléchir par rapport à l’extérieur.

Je ne dois pas agir en victime

Ce constat a l’air super évident maintenant, mais à l’époque, j’étais tout jeune et plein d’illusions.
Je croyais que le harcèlement était une leçon pour moi, quelque chose qui me permettait de me faire grandir.
Oui, j’étais maso à l’époque, mais je ne le savais pas.
Si les gens sont durs avec moi, c’est que je ne suis pas un bon garçon, que je ne fais pas de mon mieux.
En fait, ceci est un mensonge que je me répétais afin de justifier mon manque de courage.
Il n’y a aucune raison rationnelle pour se laisser harceler, et il faut tout de suite arrêter le harcèlement.
En analyse transactionnelle, on explique que le harceleur joue le rôle du parent normatif (le parent qui juge), et que la victime prend la place de l’enfant. La seule façon saine de sortir de ce genre de confrontation est d’agir en adulte, pas d’attendre un sauveur.
Mais comment agir en adulte, lorsque justement ma propre éducation m’avait toujours infantilisé ?
Comment agir en adulte, lorsque mes parents ont investi leurs rêves sur mes épaules (je suis fils aîné), et que je devais réussir là où ils ont raté ? Comment être parfait, alors qu’ils ne l’ont pas été ?

Enfin, est-ce que je n’essaye pas d’appliquer toujours les mêmes vieilles méthodes à une situation toujours nouvelle ? Peut-être que ces méthodes marchaient dans d’autres situations mais pas dans celle-là ?
Et dernière question existentielle: est-ce que j’agis de manière prévisible et prédictible ?

Franchement, je n’ai pas les réponses à ces questions, je crois que seule l’expérience permet de comprendre ces leçons en profondeur.

Je détecte les premiers signes de harcèlement

Comme je l’ai expliqué, l’important est de détecter à quel moment le harcèlement va commencer, pour le prendre à la racine.
Une fois que j’ai compris les conditions de mise en place, je peux être capable de réagir.
Tant que je ne vois pas le processus, je resterai en mode victime.
Est-ce que ces signes me rappellent des situations que j’ai déjà vécues ?

Je casse le cycle de harcèlement le plus tôt possible

Une fois que j’arrive à détecter les signes avant-coureurs du harcèlement, je peux désamorcer la situation, ou au moins m’en préserver.
Bien sûr que c’est difficile !
Cela va me demander du courage dans l’action, notamment en arrêtant la victimisation, qui se traduit par la justification.
Si je me justifie, je suis cuit.
Je n’ai pas à me justifier, je fais toujours de mon mieux.
Parfois, le résultat n’est pas génial, et dans ce cas, je veux bien reconnaître que j’aurais pu faire mieux, mais je suis un être humain avant tout, ma valeur personnelle ne dépend pas seulement du résultat de mon travail.
Comme je l’ai déjà dit, ma valeur personnelle n’est pas seulement technique, elle est aussi humaine, et actuellement, j’évalue ma valeur pour mon entreprise à 30% techniquement et 70% humainement.

Et surtout, quand je fais les choses correctement, je veux être remercié !
Dans tous les cas, je refuse d’être considéré comme une merde (un paillasson diraient les gens plus polis).

J’ai le droit de me mettre en colère si la situation est intolérable

Parfois, ma seule façon d’agir est de piquer une colère, je n’ai aucun autre moyen.
Bien sûr que le conflit n’est pas quelque chose d’agréable à vivre, mais les harceleurs ne respectent que ceux qui sont capables de leur tenir tête.
L’Analyse Transactionnelle explique qu’on passe en mode Parent pour contrer un mode Parent.
J’utilise mes émotions quand mon discours rationnel ne peut pas gagner.
A titre informatif, je l’ai fait plusieurs fois dans ma vie, ça a toujours fonctionné, les harceleurs changeaient momentanément leur perception de moi.

J’arrête de me blesser tout seul

Là encore, c’est quelque chose que je n’ai compris que récemment.
Le concept est assez difficile à comprendre.
Si quelqu’un veut vraiment me blesser, il faudrait qu’il me frappe physiquement ou qu’il m’attaque avec une arme (dans ces 2 cas, le harceleur perd tout, puisque la Police peut intervenir). La blessure est physique.
Est-ce que quelqu’un peut me blesser avec des mots ?
Oui, mais seulement si j’accorde de l’importance à ces mots, donc c’est moi qui me blesse tout seul.
La semaine dernière, je suis monté dans un bus (il y avait peu de monde dans le bus), je me suis assis au fond, et un type s’est levé et a commencé à dire « je n’aime pas les gens ». Il s’est éloigné et a commencé à sortir tout un tas d’insultes à mon encontre, il était visiblement fou. J’ai éclaté de rire !
Si c’était un collègue du travail qui avait fait la même chose, je pense que je n’aurais pas réagi de la même façon.

J’évite de harceler les autres

Une fois que j’ai compris les mécanismes intérieurs du harcèlement, j’essaye de ne pas le faire chez les autres.
Franchement, c’est probablement le conseil le plus difficile.
Un petit conseil très simple à appliquer: quand je dois remercier, je dis merci à un individu, mais quand je dois me plaindre, j’accuse le groupe. Ainsi, les individus ne se sentent pas attaqués, et vont faire de leur mieux.

Devinette

Avant d’arriver à la conclusion, j’aimerais vous proposer une devinette à propos du harcèlement.

Amy Edmondson a fait une étude sur le personnel hospitalier, auprès de 8 services.
Elle voulait vérifier sa théorie que plus l’encadrement et les collègues se soutenaient mutuellement, moins il y avait d’erreurs.

Quelle ne fût pas sa surprise quand elle détermina qu’il y avait 10 fois plus d’erreurs dans les services où les relations étaient bonnes que dans les services où les relations étaient mauvaises.

Pouvez-vous expliquer ce paradoxe ?

Conclusion

Voilà, je sais que je n’ai pas fait le tour du sujet, mais j’espère vous avoir apporté des axes de réponse.
Mon dernier conseil est: faites-vous respecter en étant respectueux vous-même !

Sinon, j’adore la phrase suivante, extraite du livre:

Celui qui meurt avec le plus de jouets a gagné