La valeur « travail »


Je ne suis pas très intéressé par les « people », mais j’avais trouvé cet article amusant: http://www.voici.fr/news-people/actu-people/arthur-raconte-comment-dany-boon-l-a-empeche-de-sombrer-563663

Comment peut-on être malheureux quand tout semble nous réussir ?

Je vais essayer de décrire les mécanismes intérieurs de la « valeur travail ».

Contexte

Avant mon burn-out à 28 ans, je ne m’étais jamais posé la question « pourquoi est-ce que je travaille ? ».
Pour moi, c’était évident qu’il fallait prouver au monde entier que j’étais le meilleur programmeur du monde.
Bien évidemment, cela exigeait de nombreux sacrifices, mais je me disais que ça les valait bien.

Le jour où le burn-out est apparu dans toute sa splendeur, tout mon modèle intérieur s’est effondré d’un coup, et il a fallu découvrir pour quelles raisons je travaillais.
Qu’est-ce qui me motive ?

La « valeur » travail

C’est un terme qui revient souvent dans la bouche des hommes politiques de droite: « la valeur travail ».
Cela signifie implicitement que si je ne travaille pas, je n’ai pas de valeur, autrement dit si je suis au chômage, je suis un parasite pour la société.

A force d’entendre autour de moi vanter cette « valeur travail », je voulais faire comme « tout le monde ».
Même si je dois me faire super chier à mon travail, je vais montrer aux autres à quel point j’en suis fier.
Je vais mettre en avant les points positifs et ignorer les points négatifs, quitte à être dans le déni.
Mais surtout, être au chômage, c’est la honte !

La reconnaissance

Personnellement, si je voulais devenir le meilleur programmeur du monde, c’était pour être reconnu par mes parents, mais ça, je ne l’ai compris que tardivement.
Ce besoin de reconnaissance m’a poussé à accepter des situations insupportables, qui sont d’ailleurs en partie la cause de mon burn-out.

Je voulais tellement être reconnu pour ce que je faisais, que je le prenais mal quand on ne me félicitait pas pour mon travail.
Que de grands efforts pour un petit merci !

Avec le recul, j’ai adopté plutôt l’attitude inverse: je n’aime pas qu’on me remercie pour mon travail, parce que je perçois toujours une tentative de manipulation.
Mais surtout, je ne suis plus esclave des mots.
Je travaille d’abord pour moi, et ensuite pour les autres.
Je me fous de savoir si mon travail plaît ou ne plaît pas, du moment que j’éprouve du plaisir à le faire.

Si je suis complètement accro à la reconnaissance, je peux tomber dans la recherche de la célébrité: je ne veux plus seulement être reconnu par quelques personnes mais par le monde entier, et je vais me sentir mal si on me déteste ou si on m’ignore.

La fierté

Je peux utiliser la fierté et l’honneur pour m’aider à tenir le coup dans mon travail.
En fait, je justifie mon travail par la perception idéalisée que j’en ai.
Il est plus facile d’être fier de son travail en étant patron qu’en étant éboueur.

Ce genre d’identification fonctionne aussi longtemps que j’y crois.
Mais quand la vérité apparaît, ce modèle s’effondre complètement.

Le plaisir

Personnellement, c’est ma première motivation (bien qu’en ce moment, l’argent est plus important à cause de ma femme).

Confucius a dit:
« Choisissez un travail que vous aimez et vous n’aurez pas à travailler un seul jour de votre vie. »

Pour ma part, je trouve difficile de déterminer ce que je pourrais aimer, mais facile de déterminer ce que je déteste.
Mais cela prend beaucoup de temps pour découvrir tout ce que je déteste faire.

Un facteur important de plaisir au travail est l’autonomie.
Si quelqu’un est sur mon dos à me dire tout ce que je dois faire, comment pourrais-je éprouver du plaisir à mon travail ?
Cela explique aussi pourquoi les patrons ont plus de plaisir à travailler que leurs employés.

Le bonheur

Personnellement, j’avais la croyance magique que je pouvais devenir heureux grâce à mon travail.
A ma décharge, j’avoue que je n’avais que du travail dans ma vie.

Très franchement, le travail est le pire endroit où chercher du bonheur !

C’est sûr, je peux parfois éprouver du plaisir à travailler, mais le bonheur n’est pas lié au plaisir.
Je peux tout aussi bien être content d’avoir du travail qu’être content d’être au chômage.
Mais comment font les individus qui sont malheureux à leur travail pour tenir le coup ?

Le plus amusant est que les individus qui mettent en avant le bonheur (« je me sens comme dans une famille ») sont souvent les premiers à partir, une fois que leurs illusions ont disparu.

La réussite

Personnellement, je voulais plus réussir intérieurement qu’extérieurement.
Si mon père n’était pas mort quand j’ai eu 18 ans, j’aurais peut-être cherché la réussite extérieure.

Mais pour réussir, il faut apprendre à échouer, à tirer les leçons de l’échec.

Dans le cas d’Arthur cité au début, il y a aussi la notion d’effort.
Si je réussis sans effort, ma réussite n’a pas grande valeur pour moi: « c’est venu tout seul, je ne l’ai pas mérité ».

L’argent

Je peux travailler pour l’argent ou le pouvoir, comme si c’était la chose la plus importante de ma vie et que ça donnait du sens à mon travail, surtout si je le déteste.

Il est difficile de réaliser que l’argent n’est pas un but dans la vie, seulement un moyen.

Personnellement, je n’ai jamais été vraiment attiré par l’argent ou le pouvoir, probablement parce que j’ai vu mes parents s’en sortir correctement sans argent et leurs ambitions étaient peu élevées.
Maintenant, je travaille surtout pour assurer le confort à ma femme.
Comme j’aimerais réduire mon train de vie pour être libre de faire ce que je veux !

Conclusion

J’ai essayé d’énumérer les justifications intérieures que nous donnons à notre travail.

Et vous, savez-vous pourquoi vous travaillez ?
Est-ce que vous cherchez de la reconnaissance, de la fierté, du plaisir, du bonheur, de la réussite ou de l’argent ?
Votre réponse est probablement un mélange de tout cela, mais quel est le facteur dominant ?

Est-ce que vous travaillez pour vous ou pour les autres ?
Enfin, est-ce que vous travaillez pour des raisons qui dépendent de votre passé ?

La résistance au changement


Avant d’aborder le lâcher-prise, je vais décrire les mécanismes intérieurs de résistance au changement.

Le contexte

Je vais prendre un exemple afin que ce soit plus évident.
Je vais supposer que je suis victime d’un accident et que mon bras gauche vient juste d’être sectionné.
Heureusement, comme je suis droitier, je devrais pouvoir m’en remettre assez facilement, non ?

D’un point de vue psychologique, je vais passer par toutes les phases du deuil, en vrac:

  • le choc
  • le déni
  • la colère
  • le marchandage
  • la dépression
  • le lâcher-prise
  • l’acceptation

En réalité, ces phases peuvent être décomposées plus logiquement en 5 étapes:

  1. l’état de surprise
  2. la résistance émotionnelle
  3. la résistance intellectuelle
  4. la résistance inconsciente
  5. l’acceptation

Je vais décrire comment ça se passe intérieurement.

L’état de surprise

Dans cette phase, il n’y a pas de résistance, parce que le cerveau n’est pas encore agité.

Par exemple, je peux assister à la perte de mon bras comme si j’étais spectateur de la situation.
Ou je peux appeler les secours sereinement, sans me considérer comme une victime.
Ou je peux essayer de rattacher mon bras, comme si mon corps pouvait le greffer spontanément.

C’est dans cette étape que je découvre le plus de moi-même parce que je suis alors totalement spontané.
Le but de la méditation est de développer cette étape en réduisant les autres, mais je ne vais pas m’étendre sur ce sujet.

La résistance émotionnelle

L’intellect n’est pas encore complètement actif, mais les émotions commencent à émerger.

Je peux ressentir:

  • de la joie, parce que je suis encore en vie
  • de la tristesse, parce que la situation a changé mais pas dans un sens qui m’arrange
  • de la colère: mais pourquoi ça m’est arrivé ? C’est injuste !
  • de la peur: je n’aime pas la vue du sang

Plus j’accorde de l’importance à mes émotions, plus cette phase sera longue.
Si j’ai appris à réprimer mes émotions (cela signifie bien évidemment que j’y accorde beaucoup d’importance), cette phase peut durer encore plus longtemps.
Dans mon cas personnel, j’ai mis 10 ans à exprimer mes émotions sur la mort de mon père.
Une fois les émotions passées, je vais me sentir plus léger.

La résistance intellectuelle

Ensuite, mon mental commence à s’agiter, il commence à construire des histoires.

Je vais me demander: et si j’avais pu changer le passé ?
Est-ce que j’aurais pu éviter la perte de mon bras ?
Est-ce que j’ai fait le maximum ?

Ensuite, je vais basculer sur le futur: qu’est-ce qui va m’arriver ?
Comment je vais faire maintenant ?
Est-ce que je serai à la hauteur ?
Est-ce que mon bras sera sauvé ?

Cette phase va traîner en longueur si:

  • je suis fasciné par mes pensées. Si j’adore penser, je vais entretenir mon obsession de la pensée.
    J’ai vu cette obsession chez tous les psychologues et psychanalystes que j’ai croisés.
  • je veux complètement comprendre la situation intellectuellement. Je vais alors essayer d’énumérer tous les événements du passé (pourquoi ? quand ? comment ?) et les potentiels du futur. Et des situations futures, il y en a un nombre infini !
  • je suis dans l’illusion que ma pensée va m’aider à surmonter mon problème.

La majorité des résistances sont intellectuelles, parce que notre société accorde beaucoup d’importance à la pensée.
Un bon exercice pour réduire la résistance intellectuelle est de se focaliser sur le présent.

La résistance inconsciente

Cette phase est plus difficile à cerner parce que des mécanismes cachés sont à l’oeuvre.
Je peux travailler sur cette résistance en allant à la découverte de mes identifications.

Voici quelques exemples:

  • je peux nier la situation. Accepter la situation peut être trop douloureux, alors je préfère vivre comme si rien n’était arrivé. Je m’identifie à mon passé.
  • je peux considérer que je ne suis plus moi-même parce qu’une partie de mon corps manque. Je m’identifie à mon corps.
  • je peux avoir honte de me montrer en public, je vais vouloir cacher mon handicap. Je m’identifie à mon image perçue par les autres.
  • je peux avoir honte de parler de mon handicap. Est-ce qu’on va me juger si j’en parle ? Je m’identifie à mes pensées.

Les identifications sont difficiles à déceler parce qu’elles font partie de moi.
Elles m’aident à justifier ma façon de vivre, à me persuader que ce que je vis a du sens et que j’ai raison de vivre comme cela. J’ai probablement un modèle de vie idéale que j’essaye de suivre.

En réalité, ces identifications sont illusoires et limitantes.
Elles deviennent évidentes quand je me confronte à des individus fondamentalement différents de moi.
Mais comme je n’aime pas remettre en cause ma façon de vivre, je préfère rester avec des gens qui me ressemblent.

L’acceptation

Je parlerai du lâcher-prise et de l’acceptation dans le prochain article.

Conclusion

Quand la situation change beaucoup, chacun de nous déploie des mécanismes intérieurs de défense, ce que j’appelle la « résistance au changement ».

Cette résistance est normale mais elle est aussi la cause de nos souffrances.

La prochaine fois que vous aurez à vivre un changement, regardez comment ces mécanismes se manifestent chez vous.
Il est inutile de les juger ou de chercher à les comprendre.
Regardez en quoi le changement heurte vos propres identifications.

Regardez comment votre mental essaye désespérément de comprendre la situation, en rejouant le passé et en imaginant le futur.
Ceci est tout à fait normal.
Ce qui n’est pas normal, c’est de croire que votre mental va vous aider à accepter le changement.

La latitude dans l’attitude


Quand j’ai croisé ma future femme, ce qui m’a le plus surpris chez elle est qu’elle était « directe », alors que j’étais « indirect ».
Plus exactement, elle était capable de dire clairement ce qu’elle voulait et pouvait s’opposer directement aux gens.
Personnellement, j’en étais bien incapable, j’hésitais tout le temps et je n’osais pas dire ce que je pensais.

J’avais tout un tas de bonnes raisons pour agir comme cela:

  • mon éducation: je n’osais pas m’affirmer, parce que j’avais été bien dressé par mes parents
  • mon manque de confiance en moi: seul ce que je produisais me donnait de la valeur, je n’arrivais pas à percevoir ma valeur intrinsèque
  • mon aptitude à calculer les conséquences de mes actes, ce qui faisait que je n’étais jamais spontané
  • mon aptitude à « séduire » intellectuellement

En fait, en creusant un peu, je dois pouvoir trouver un million d’autres excuses à mon comportement.

A cause de cette contrainte dans ma façon de vivre, j’avais développé une excellente aptitude à manipuler les gens.
Et, avant de croiser ma femme, je m’en accommodais plutôt bien.

Mais après cette rencontre, j’ai réalisé à quel point certaines actions me semblaient compliquées alors qu’elles étaient toutes simples pour elle.
Par exemple, je n’osais jamais demander de l’aide ou me plaindre quand quelque chose n’allait pas.
Ca n’a pas l’air de grand chose, mais j’en souffrais énormément.

L’expérimentation

Alors je me suis dit que je devais changer, que je devais être direct et pas indirect.
Donc j’ai commencé à agir à l’inverse de mon attitude précédente, en étant le plus direct possible.

C’était complètement épuisant, parce que j’essayais d’être l’inverse de ce que j’avais l’habitude de faire.
Avec le temps, j’ai réussi à trouver le bon réglage: ni trop direct, ni trop indirect.
Ce réglage est valable seulement pour moi, parce que j’ai une préférence pour le côté indirect, vu que je le pratique depuis longtemps.
Curieusement, à mon contact, ma femme a réalisé qu’être indirect avait ses bons côtés, donc elle a commencé à agir de manière plus indirecte.

La leçon

En réalité, je me complaisais dans mon image de quelqu’un d’indirect.
J’étais persuadé de ne pas pouvoir être direct.
Cela flattait mon ego de pouvoir manipuler les individus pour obtenir ce que je voulais.
Mais préserver cette image idéale me coûtait très cher, et limitait beaucoup mes comportements.
C’est cette limitation d’attitude qui me faisait souffrir.

Un peu de coaching

Quand une personne en souffrance me demande de l’aide, j’essaye de voir en quoi son attitude est rigide.
C’est très facile, il suffit d’écouter les individus se plaindre.
Derrière les motifs nobles, la plainte décrit une obsession, il suffit de trouver laquelle.

Ensuite, je décris la palette de tous les comportements possibles afin de déterminer ceux que la personne refuse, c’est ce que j’appelle « les limitations auto-imposées ».

Tout le monde est psychorigide, à un niveau plus ou moins visible.
Nous sommes attachés à cette rigidité parce que nous avons mis des années à construire ce que nous croyons être.
Mais en réalité, cette rigidité est illusoire.

En fait, chacune des composantes de notre personnalité est une jauge que nous pouvons régler.
Et ce réglage peut s’adapter à la situation en cours.
Par exemple, si je considère que je suis un « gentil », je peux m’empêcher d’agir comme un « méchant » alors que c’est peut-être la seule solution possible dans certaines situations.
Ou alors je veux me comporter comme un « bon parent ». Je m’interdis donc d’agir en « mauvais parent », ce qui n’est pas forcément le comportement le plus efficace.

Comment détecter sa propre psycho-rigidité ?
En fait, je connais 3 moyens de le faire:

  1. la souffrance
  2. les défauts
  3. les phobies

La souffrance

Quand je souffre dans une situation donnée, c’est que mon attitude n’est pas adaptée.
Comme je l’ai expliqué, changer d’attitude demande beaucoup d’efforts, et les échecs sont extrêmement décourageants.

Je recommande d’essayer d’agir à l’opposé de la façon dont nous agissions précédemment.
Le but n’est pas de changer, mais de découvrir que la jauge que nous croyions fixe ne l’est pas.
Au début, la jauge (et notre attitude) va bouger de manière assez violente, mais au bout d’un certain temps, elle gagne en mobilité et la bonne attitude est trouvée sans effort.
Tant qu’il y a de l’effort, c’est que la bonne attitude n’a pas été atteinte.

Les défauts

Un défaut, c’est une qualité poussée à l’extrême.
Par exemple, je peux passer d’ « économe » (qualité) à « pingre » (défaut).

Je recommande de vous concentrer sur vos défauts.
Tant que vous percevez des défauts, c’est que vous adoptez un comportement stéréotypé, autrement dit que vous agissez comme une marionnette.
Essayez de découvrir la palette de comportements possibles en chaque situation, et vous verrez que vos défauts se réduiront.

Si vous ne connaissez pas vos qualités ou vos défauts, regardez ceux qui vous gênent chez les autres.
Les autres sont le miroir de vous-même, ils vous aident à découvrir ce que vous êtes.

Un point important est que vous percevrez des qualités et des défauts tant que vous ne vous acceptez pas comme vous êtes.
Quand je me suis accepté comme je suis, avec mes qualités et mes défauts, tout cela a disparu.
Il n’y a plus ni qualité, ni défaut, juste ce que je suis, sans obsession pour des comportements donnés.

Les phobies

Toute phobie implique une limitation dans les attitudes, et est un révélateur évident de ses propres limites.
Je ne vais pas m’étendre sur ce thème.

Un peu de zen

Voici une histoire zen qui illustre ce que je viens d’écrire.

Un homme se plaignit de l’avarice de sa femme à un maître zen.
Le maître zen se rendit chez elle, et lui montra un poing fermé.
– que veux-tu dire par là ? demanda la femme étonnée
– si ma main était toujours ainsi, que dirais-tu ?
– je dirais qu’elle est infirme, répondit-elle
Il ouvrit alors grand sa main et demanda:
– et comme ça ?
– qu’elle est infirme tout autant, répondit la femme
– si tu comprends autant de choses, tu es une bonne épouse
Et sur ces mots, il s’en alla.
Dès lors, la femme aida son mari à être aussi généreux qu’économe.

Conclusion

Et maintenant à vous d’agir: essayez de découvrir votre richesse intérieure, cela commence par vos attitudes !

Quels sont vos défauts ?
De quelles qualités proviennent vos défauts ?

Qu’est-ce qui vous fait souffrir ?
Est-ce que vous vous interdisez consciemment ou inconsciemment certains comportements qui pourraient réduire votre souffrance ?

Est-ce que vous êtes obsédé par certains comportements ?
Est-ce que vous pouvez essayer d’agir temporairement à l’opposé de vos habitudes, afin de percevoir la liberté de comportement qui est en vous à chaque instant ?

L’Advaïta Védanta (2ème partie)


Voici mon deuxième et dernier article sur l’Advaïta.
Je vais décrire comment pratiquer l’Advaïta.

Cet article peut sembler philosophique, mais il ne l’est pas du tout.
Tout est au premier degré, il n’y a pas de sens caché.

Après 3 ans de pratique, je peux confirmer environ 60% de ce que je vais décrire, mais tous les lecteurs vont probablement me prendre pour un fou.

Dans l’Advaïta, il n’y a pas de notion d’éveil, ou de chakras, ou d’énergie, ou de réincarnation, ou de vie antérieure, ou d’âme, ou alors de karma, en fait c’est au-delà de tout concept.

Les bases

Advaïta signifie non-dualité, donc tout n’est qu’une seule chose, que certains appellent Dieu, Conscience, Allah ou Parabrahman.

Le monde que je perçois est à la fois réel et illusoire.
Le monde est réel tant que j’utilise mes sens et ma pensée.
Mais il devient illusoire quand je n’utilise plus ni mes sens ni ma pensée.

Il est impossible de comprendre facilement l’illusion du monde, mais il existe deux approches: la dévotion ou la connaissance de Soi.
Ces deux approches semblent différentes, mais elles mènent au même but: découvrir ce que je suis.

La dévotion ou « bhakti »

Cette méthode est très simple à formuler: « tout est Dieu ».
Bien évidemment, Dieu n’est pas un individu, Dieu est la totalité de ce qui est perçu et non perçu.
Tout ce qui est manifesté est Dieu, autant le « bien » que le « mal ».
Les autres et moi-même sommes une partie de Dieu.
Dieu est à l’origine de mes pensées et de mes actions.
En prenant ce chemin, je m’en remets à Dieu, donc j’accepte de lâcher prise et de me laisser porter par la vie.
C’est le chemin du cœur, de l’humilité et de la non-violence.

Personnellement, je ne crois pas en Dieu, je ne suis pas du tout humble et j’avais du mal à lâcher prise, alors je préfère la deuxième approche.

La connaissance de Soi ou « jnana »

La connaissance de Soi est l’approche par le cerveau, et elle est l’exact opposé de la première approche: « rien n’existe ».
Le but est de découvrir ce que je suis, et cela s’obtient en éliminant les fausses identifications.

Mais avant de décrire cette approche, je vais expliquer ce qu’est la méditation.

La méditation

La méditation, ce n’est pas s’asseoir avec de la musique douce ou avec des odeurs parfumées.
La méditation, c’est la focalisation sur la source de ce que je suis, sans m’attacher à mes pensées.
Cette source a deux formes: la pensée ou la respiration.
Quand je focalise mon attention sur la source de ma pensée, je médite.
Quand je focalise mon attention sur la source de ma respiration, je médite.

En théorie, je pourrais méditer toute la journée dans ma vie quotidienne.
En pratique, la méditation s’arrête dès que je commence à m’attacher à mes pensées.

La pratique de base

Je pratique la méditation trois fois vingt minutes par jour, toujours en position assise.
Quand je médite, je commence par éliminer intellectuellement mes identifications:

  1. je ne suis pas ce corps
  2. je ne suis pas cet esprit
  3. je ne suis pas cette individualité

Et je me concentre sur la source du « Je ».
Qui suis-Je ?
D’où vient la pensée ?

Le principe est de prendre de la distance par rapport à mes pensées.
Oui, il y a des pensées, mais d’où viennent-elles ?
Non, je ne peux pas arrêter mes pensées, mais je peux voir qu’elles apparaissent spontanément, et à vrai dire, de manière anarchique et incontrôlable.
Je ne cherche pas à arrêter le flux, juste à en être le témoin neutre.

La pratique avancée

Bon, c’est bien gentil de méditer une heure par jour, mais il y en a 23 autres chaque jour.

La pratique avancée, c’est d’appliquer la méditation lors des actions quotidiennes.
Il y a 3 axes de travail: le corps, l’esprit et l’individualité.

Le corps

Bien évidemment, j’ai un corps.
Ce corps a besoin de manger et de dormir, et il aime se faire plaisir.

Tournons la problème autrement: je vois mon corps bouger, mais quel est le processus qui fait que ce corps bouge ?
Quelle est l’origine de mes mouvements ?
Plus j’essaye de contrôler mon corps, plus je constate que mes mouvements deviennent saccadés et non naturels.
Mon corps peut pourtant bouger de manière naturelle quand je n’interviens pas intellectuellement.
Il me suffit « simplement » de regarder ce corps bouger, et de constater que les mouvements de ce corps ne sont pas dépendants de mes pensées, et ceci est évident quand je perçois le processus de mes pensées.
En réalité, les pensées sont très lentes et ne peuvent pas gérer assez vite mon corps.

L’esprit

Bien évidemment, j’ai un cerveau et des pensées.
Mes émotions sont de la même nature que mes pensées.
En fonction de mes pensées, je peux me sentir plus ou moins heureux.

Tournons le problème autrement: je perçois mes pensées, mais quelle est l’origine de ces pensées ?
Je ne peux pas arrêter mes pensées mais je peux en devenir témoin avec un peu d’habitude.
Au début, je n’ose pas regarder mes pensées, parce que c’est surtout de la merde qui remonte, c’est à dire tout ce que j’ai refoulé depuis longtemps et que je n’assume pas.
Au fur et à mesure que j’accepte mes pensées, je commence à percevoir leur processus plus nettement.
Les pensées sont là, prononcées par une voix intérieure dans mon cas personnel.

Quelle est la source de cette pensée ?
Il me suffit « simplement » de me fixer sur l’origine du « Je ».
Qui pense ? Qui suis-je ?
La source du « Je » est la source des pensées.
En réalité, mon cerveau est comme une antenne radio: il capte les pensées qui apparaissent en fonction du réglage, et cela devient évident quand je médite.

L’individualité

Bien évidemment, je suis un individu.
Je perçois un « Je » en opposition avec les « autres ».

Tournons le problème autrement: je perçois mon individualité, notamment dans la façon dont je veux avoir raison.
Mais d’où vient la perception de cette individualité ?
Personnellement, je ne peux pas vous aider à ce niveau-là.

Conclusion

Dans le chemin de la dévotion, tout est Dieu et ma volonté s’efface devant la volonté de Dieu.

Dans le chemin de la connaissance, j’accepte ce que je suis et j’essaye de découvrir la source du « Je ».
Qu’est-ce qui décide ? Qu’est-ce qui agit ? Qu’est-ce qui pense ?

Cherchez la source de votre « Je », en vous focalisant sur l’origine de votre respiration ou l’origine de vos pensées.

Quel que soit le chemin, vous découvrirez que le monde est absolument parfait tel qu’il est, et que vous vous trouvez exactement à la meilleure situation possible en ce moment-même, aussi misérable ou agréable qu’elle puisse paraître.
Ceci est l’acceptation.

Vivement la retraite ?


En ce moment, je suis très sollicité par la vie réelle, ce qui explique pourquoi je n’ai plus posté d’article depuis un certain temps.

Comme je voudrais vous expliquer les mécanismes intérieurs, j’ai décidé de décrire une petite partie de ce que je vis (la moins difficile à vrai dire).

Ma mère

Ma mère, qui a 87 ans, est tombée chez elle pour la quarante-septième fois.
Sa dernière chute l’a rendue complètement dépendante. Elle ne peut plus vivre seule et je l’ai accompagnée en maison de retraite cette semaine.
J’avais commencé à noter sa dégradation mentale depuis 2 ans, quand elle avait failli y rester à cause d’une hypothermie quand elle est restée 10 heures par terre.
Ma mère rêvait de finir ses jours chez elle, et bien c’est raté.

Mon frère

Curieusement, l’état de ma mère nous a rapprochés mon frère et moi, parce que je dois m’occuper de notre mère.
Je dois avouer que nous ne nous entendons pas, lui et moi.
Nos parents nous avaient toujours mis en concurrence.

Et après toutes ces années, il continue encore à essayer de se prouver qu’il est supérieur à moi, et le pire, c’est qu’il n’en est probablement même pas conscient !

Chaque fois que je le vois, il me parle de son travail de magistrat administratif.
Et il s’est occupé de ce dossier important, et il bosse tout le temps, et il n’a jamais de temps, et…
Quand je lui demande s’il a quelque chose d’autre que le travail dans sa vie, ha ben non, rien.
Dommage, je ne parle jamais de travail !

Mon frère et notre mère

Comme je l’ai dit plus haut, j’étais témoin de la dégradation mentale de ma mère depuis 2 ans.
Mais mon frère, lui, n’a rien vu !
Il continuait de lui parler comme si elle comprenait tout ce qu’il lui disait.

Et patatras, il y a deux semaines, il a réalisé que notre mère perdait la mémoire des événements récents.
Ca l’a tellement ébranlé qu’il en était bouleversé.
Pour le rassurer, je lui ai dit que notre mère finirait par nous oublier complètement, donc le fait qu’elle oublie les événements récents n’était pas très grave en fin de compte.
Et j’ai même ajouté que le fait qu’elle perdait la mémoire lui rendrait le séjour en maison de retraite tout à fait supportable.

Et maintenant, les mécanismes intérieurs

Le premier mécanisme est le fait que mon frère essaye toujours de se valoriser, ce qui est un signe flagrant de manque de confiance en soi.
En réalité, il essaye de réaliser le rêve de ma mère: devenir un fonctionnaire important.
Le problème, c’est que c’est le rêve de ma mère, mais est-ce vraiment son rêve à lui ?
Que va-t-il se passer quand ma mère va mourir ?
Est-ce que tout ce qu’il a fait jusqu’à présent continuera à avoir du sens ?

Le second mécanisme est le mécanisme de deuil.
Rappelez-vous les différentes étapes du mécanisme de deuil: déni, colère, négociation, tristesse, abattement, résignation et enfin acceptation/lâcher-prise.
Il y a 2 semaines, mon frère se trouvait au niveau du déni.
Il vient juste de passer au niveau « tristesse », ce qui est une grande avancée.

Très honnêtement, le plus dur reste à venir: l’acceptation me semble lointaine.

Personnellement, j’ai déjà vécu ces étapes quand mon père est mort alors que j’avais 18 ans.
J’ai mis 10 ans à accepter sa mort parce que je tenais tellement à réaliser les rêves de mon père.

Conclusion

Ce n’était pas une histoire très amusante, mais un constat sur nos propres motivations.

Je comprends bien les rêves et les attentes de mes parents, mais quels sont mes rêves en fin de compte ?
La réponse est très simple: mes rêves sont tout ce qui me plaît !

Pour qui faisons-nous ce que nous faisons actuellement ?
Pour nous-même, au risque de passer pour de sales égoïstes ? Mais qui s’en soucie ?
Ou pour les autres, pour leur faire plaisir ou les épater au risque de nous perdre nous-même ?

Comprendre et accepter


Cela fait déjà quelques articles que je parle d’identifications et j’ai encore loin d’avoir fini.

Mais le concept des identifications peut vous sembler très abstrait et vous vous demandez peut-être: « mais à quoi ça sert ? »

Je vais essayer de répondre à cette question en vous décrivant les différentes étapes du travail sur les identifications.

Je cherche à comprendre l’autre

Dans la première étape, j’apprends à observer les identifications de l’autre.
Observer les identifications de l’autre m’aide à mieux le comprendre.

Chaque individu a ses propres identifications, mais certaines identifications sont génériques à certains « rôles ».
J’y reviendrai dans mon prochain article.

Je perçois 3 dangers à la compréhension de l’autre:

  1. la compréhension intellectuelle est limitée. Même si je passe toute ma vie sur une seule identification, je n’aurai jamais fini de l’épuiser.
  2. si je cherche à comprendre l’autre, c’est dans le secret espoir de pouvoir le contrôler. Ce désir de manipulation est difficile à faire disparaître surtout si je connais bien les mécanismes intérieurs, parce que j’ai l’impression d’être supérieur à l’autre.
  3. enfin, j’ai le secret espoir de changer l’autre. Cet espoir va créer une frustration parce que je ne peux changer personne.

Lors de cette première étape, je développe ma capacité à me mettre à la place de l’autre et je commence à regarder les mécanismes intérieurs plutôt que les mécanismes extérieurs.

Je cherche à me comprendre

Dans la seconde étape, j’apprends à observer mes propres identifications.
Observer mes propres identifications permet de mieux me comprendre.
Les identifications que je perçois chez les autres sont similaires aux miennes.
Elles sont difficiles à découvrir parce que je baigne dedans depuis longtemps.

Je perçois 2 dangers à la compréhension de soi:

  1. la compréhension intellectuelle est limitée. Je pourrais rester toute ma vie à m’analyser en passant à côté de mes plus grosses identifications (mais ça ne dérangerait pas trop mon psy).
  2. j’ai le secret espoir de me changer. L’illusion de changer va être confortée par le fait qu’en acquérant de nouvelles habitudes, j’aurai l’impression de changer profondément. En réalité, ce genre de « changement » n’est que superficiel et ne dure pas longtemps (cf les régimes ou même les méthodologies agiles).

Lors de cette étape, je remets en cause mes certitudes parce que je constate que j’utilise les mêmes mécanismes que les autres.

Je cherche à m’accepter

Dans l’étape suivante, j’apprends à m’accepter tel que je suis, sans désir de changer et sans vouloir maîtriser ce que je suis.
Observer mes propres identifications me permet de découvrir de nouvelles facettes inattendues de ma personnalité.

Je perçois 3 dangers à l’acceptation de soi:

  1. je peux créer un faux sentiment d’acceptation de moi si je me sens supérieur aux autres. L’acceptation de moi ne dépend pas des autres.
  2. je peux croire que je peux arriver à m’accepter en me forçant. L’acceptation de moi se fait sans effort. Tant qu’il y a de l’effort, c’est que je ne m’accepte pas.
  3. je peux croire que j’accepte mes identifications à un moment donné, mais mes identifications sont toujours temporaires. Dès qu’elles ne correspondent plus à la réalité, je vais en souffrir.

Lors de cette étape, je commence à lâcher prise intérieurement parce que j’accepte de ne pas pouvoir comprendre.
Je laisse tomber mes qualités et mes défauts et je m’accepte dans mon imperfection.
Quand je m’accepte tel que je suis, le changement apparaît, mais je ne peux pas me forcer à m’accepter !

Je cherche à accepter l’autre

L’étape finale est d’accepter l’autre tel qu’il est, sans chercher à le changer ni à le comprendre.
Observer les identifications de l’autre me permet de mieux l’accepter.
Personnellement, il m’a fallu 20 ans pour arriver à ce niveau, et je n’ai pas encore complètement fini !

Accepter l’autre tel qu’il est implique de laisser tomber toutes mes identifications.
Par exemple, je n’attends pas que l’autre réponde à mes désirs ou corresponde à mon idéal.

Je perçois 2 dangers à l’acceptation de l’autre:

  1. je peux croire que je dois accepter n’importe quoi, n’importe comment. Si l’autre abuse, j’ai le devoir de lui dire qu’il abuse.
  2. je peux croire que je peux me forcer à accepter l’autre. L’acceptation de l’autre se fait sans effort.

Lors de cette étape, je commence à lâcher prise extérieurement. Je laisse tomber les qualités et les défauts des autres et je les accepte dans leur imperfection.
Quand j’accepte l’autre tel qu’il est, le changement apparaît.

Conclusion

Les quatre étapes décrites ci-dessus représentent la progression dans le travail sur les identifications.

Dans les deux premiers niveaux, j’observe les identifications pour comprendre ce qui se passe.
Dans les deux derniers niveaux, j’observe les identifications pour accepter ce qui se passe.

Ces étapes ne se produisent pas forcément dans cet ordre, mais j’utiliserai cet ordre pour la suite de mes articles.

Je vais me concentrer sur la compréhension des individus en entreprise.
Dans le prochain article, je décrirai les identifications des patrons.

Solution de la devinette zen


J’avais tendu quelques pièges dans ma devinette, mais vous avez globalement trouvé la bonne réponse:

On s’en fout des sabots et du parapluie !

Mais avez-vous suivi le même raisonnement que le mien ?

Le raisonnement

En théorie, un maître zen est détaché intérieurement et extérieurement.
Si Tenno est confus, c’est qu’il constate qu’il n’est pas aussi détaché qu’il le croyait, c’est à dire qu’il a encore beaucoup d’identifications.

Une bonne réponse de la part de Tenno aurait été par exemple « j’avoue que je ne m’en souviens pas, mais quelle importance ?« .

Je vais essayer de décrire les différents scénarios en me mettant à la place de Tenno.

Je connais la réponse

Coup de bol, je me rappelle où j’avais placé mes sabots à l’entrée.
Quand l’autre me pose la question, je vais lui montrer que je sais.
Minute ! Si je ressens de la fierté, c’est que je suis encore trop attaché à mes actions.
Je suis confus parce que je ne sais pas comment m’exprimer sans me vanter.

Je ne connais pas la réponse

Là, j’ai plusieurs situations.

J’étais distrait pendant que je posais mes sabots

Je crois qu’un maître zen doit être capable d’agir en pleine conscience à chaque instant.
Si je n’y arrive pas, c’est que je ne fais pas assez d’efforts.
J’ai trop honte !
Ce sentiment de honte montre que je suis trop attaché à l’image du maître zen omniprésent, qui ne correspond pas à ce que je suis.

J’ai agi en pleine conscience, mais je ne me souviens plus de la position

De quel côté ai-je pu mettre mes sabots ?
Mince, c’est le trou de mémoire.
Je veux montrer que j’ai la maîtrise de mes actions, alors en forçant un peu, ça va me revenir.
Je réalise alors que je cherche à maîtriser chaque seconde de ma vie, ce qui est absolument impossible.

Le détail des réponses

On s’en fout des sabots et du parapluie ! (5 votes)

Oui !
En réalité, on se fout totalement de la place des sabots.
Dans cette histoire, ce qui est mis en avant est l’aspect intérieur, pas l’aspect extérieur.
Une réponse correcte serait « je ne sais sincèrement pas, et d’ailleurs je m’en fous, je ne ressens ni fierté ni honte ».

Tenno devrait toujours être pleinement conscient de ses actes (3 votes)

Non !
Ca, c’est ce que Tenno s’imagine (et c’est ce que je croyais quand j’ai lu cette histoire il y a longtemps).
Il s’imagine qu’il doit être omniprésent, toujours pleinement conscient de ses actes.
En réalité, il s’agit d’une identification.
Le seul intérêt d’agir en pleine conscience est d’améliorer sa capacité à percevoir l’intérieur de soi, mais ceci est une autre histoire que je vous raconterai dans quelques articles.

Tenno manque de discipline intérieure (3 votes)

Non !
Si Tenno médite depuis 10 ans, c’est qu’il a de la discipline intérieure à revendre.
Je pense plutôt qu’il n’arrive pas à lâcher prise.
En plus, il a probablement la grosse tête et joue au maître zen par vanité.

Tenno pense à trop de choses (3 votes)

Oui !
On voit bien qu’il croit qu’un maître zen doit correspondre à un modèle idéal, et il en est super éloigné.
De par sa confusion, il est clair qu’il cherche à donner une réponse parfaite et pas spontanée.

Tenno a trop de fierté (2 votes)

Oui !
La honte et la fierté sont les deux facettes d’un même sentiment: celui de croire que je dois agir en fonction de mon idéal.
Un vrai maître zen doit être capable de laisser tomber tous ses idéaux et d’agir sans calcul.

Tenno devrait être capable de se rappeler tout ce qu’il fait (1 vote)

Non !
Ca ne sert à rien, et en plus ça encombre le cerveau !
Un des buts du zen est de libérer toute la bande passante du cerveau.

J’ai rien compris (0 votes)

Je constate que vous arrivez à comprendre les histoires zen.

Conclusion

J’espère que la devinette vous a plu.
Je vous en proposerai d’autres dans le futur.