Comment devenir riche


Je vais bien évidemment parler de richesse intérieure !

Depuis quelques semaines, un grand changement est en train de se réaliser en moi: je commence à percevoir la richesse de ma vie sous un nouvel angle.

Je vais commencer par décrire les grands moments de ma vie, et les bilans que j’en tire.

Les grands moments de ma vie

Grâce à mon travail personnel, j’ai maintenant une bonne vision de toute ma vie, et très franchement, ça n’a pas été agréable de reconstruire le puzzle de ma vie.

Voici les grands moments fondateurs de ma vie:

  • Ma naissance
  • 2 ans: naissance de mon frère, nos parents nous ayant mis en concurrence très tôt, il y a toujours eu une compétition entre nous
  • Mon éducation, avec mes parents qui m’ont investi d’une mission: réaliser leurs rêves (pression terrible)
  • 14 ans: expérience de mort imminente, lors d’une appendicectomie (je n’avais pas envie de revenir)
  • 16 ans: découverte des mathématiques
  • 17 ans: découverte de l’informatique
  • 18 ans: mort de mon père
  • 18 ans: libération du carcan familial: j’arrête mes études pour me consacrer complètement à l’informatique. Ma mère me traite de nul, et ça continue jusqu’à ce que je trouve un travail
  • 19 ans: je gagne ma vie à programmer des jeux vidéo, voulant montrer ma valeur, je bosse 60 heures par semaine dans un environnement de harcèlement moral
  • 28 ans: burnout complet, je n’arrive plus à programmer, et comme c’est la seule chose qui comptait dans ma vie, tout s’effondre
  • 28 ans: psychanalyse
  • 29 ans: sophrologie
  • 30 ans: rencontre de ma femme, épanouissement sexuel
  • 37 ans: j’arrête les jeux vidéo
  • 42 ans: ma femme se retrouve en fauteuil roulant
  • 43 ans: je deviens champion de France de mots fléchés
  • 45 ans: découverte de la méditation
  • 50 ans: décès de ma femme
  • 50 ans: décès de ma mère

Le bilan extérieur

La majorité des individus essaient de se mesurer par leur réussite professionnelle ou sociale, par exemple, j’ai réussi ma vie parce que j’ai fait ceci ou cela.
Mon travail a longtemps été pour moi une obsession, et cette obsession a été extrêmement destructrice. Oui, j’ai fait des tas de choses dans ma vie, mais cela n’ajoute rien à ma richesse intérieure.
Maintenant, je n’attache plus d’importance à ce que j’ai fait, à ce que je fais ou même à ce que je vais faire. Je préfère quand même faire des choses qui me plaisent.

Le bilan intérieur

Si j’écoute ce que dit la « psychologie positive », je suis surtout défini par mes « peak performances », c’est à dire les moments où j’ai été au top. Pour la majorité des individus, la naissance d’enfants ou une promotion dans leur travail est leur « peak ». Pour les sportifs, le « peak » est quand ils gagnent une compétition.

Personnellement, j’ai eu 2 tels moments dans ma vie: la rencontre de ma femme, et gagner le championnat de mots fléchés.
Mais si je ne retiens que ces 2 moments, il ne reste plus grand chose de ma vie.

En réalité, les événements fondateurs de ma vie ont été les plus durs, comme la mort de mon père, mon burn-out ou lorsque ma femme s’est retrouvée handicapée.

Comment devenir riche intérieurement ?

J’avoue qu’il n’y a pas de méthode, c’est juste la vie qui m’a poussé violemment vers l’acceptation.
Et pourtant, qu’est-ce que j’ai résisté !

Il y a 6 mois, je détestais ma vie, je la trouvais « merdique », parce que je ne voyais que de la souffrance.
Il y a quelques semaines, j’ai accepté que mon parcours de vie n’a été en fait que « difficile ».
Et tout récemment, j’ai compris que ma vie a été « parfaite »: tout ce que j’ai vécu m’a amené à ce que je suis aujourd’hui !

La richesse intérieure est apparue quand j’ai commencé à accepter ce que j’avais vécu et que j’ai arrêté de résister.
Au début, j’ai bien évidemment accepté les événements les plus positifs, comme le fait de travailler par passion, d’avoir rencontré ma femme ou d’avoir été champion.

Maintenant, je réalise que les événements « positifs » ont aussi des côtés négatifs.
Et bien évidemment, les événements « négatifs » ont des côtés positifs.

Par exemple, la mort de mon père a eu des effets négatifs, comme mes repères qui s’effondraient et l’abandon de mes études.
Il y a eu aussi des effets positifs, comme la libération du carcan familial, et surtout ma décision de ne plus faire que ce que j’aimais.

Conclusion

Pour chaque événement marquant de ma vie, je vois autant de côtés positifs que de côtés négatifs.
J’avoue que l’aspect positif d’une situation difficile peut parfois mettre du temps à apparaître.

Mais le plus important est que j’ai arrêté de me mentir.
J’ai arrêté de me mentir en rejetant les aspects négatifs de ma vie.
J’ai arrêté de me mentir en évitant les situations désagréables sous le faux prétexte de « rester positif », ou que « les autres sont des cons », ou que « je n’aime pas le conflit ».
J’ai arrêté de mentir en me disant que « tout va bien » ou que « je vais m’en sortir ».

Et maintenant, c’est à vous: est-ce que vous essayez de vivre en ignorant ce qui ne va pas dans votre vie ?

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Les attentats de Paris


Je viens d’apprendre qu’un de mes anciens amis du jeu vidéo, Florian Desforges, s’est pris une balle dans l’épaule au Bataclan, il a été opéré et attend de voir quelle mobilité il va retrouver (il est graphiste).

Et Germain Ferey, le cousin d’un autre de mes amis, fait partie des nombreuses victimes du Bataclan.
Dixit mon ami:
« sa compagne s’en est sorti de justesse et un ami qui les accompagnait est mort aussi là bas.
Il avait 36 ans, il était jeune papa et c’était un type formidable et plein de vie… »

Malheureusement, il n’y a pas grand chose à faire, à part se joindre à la douleur de ceux qui restent et les aider à accepter la situation.

Le business de la mort


J’ai organisé la crémation de ma femme puis l’enterrement de ma mère, et je me suis dit qu’un petit article pour partager mes expériences de funérailles pourrait malheureusement vous être utile dans le futur.

Combien ça coûte ?

Contrairement à ce que je croyais, une crémation coûte plus cher qu’un enterrement (dans mon cas, 6500 euros pour la crémation et 5200 euros pour l’enterrement).
Mais pour l’enterrement, il faut aussi ajouter la location de la concession au cimetière, qui restera valable aussi longtemps que quelqu’un paiera.

Attention aux arnaques !

Ce que je trouve particulièrement lamentable est que beaucoup de Pompes Funèbres profitent de la détresse des gens.
Personnellement, j’ai eu pas mal de problèmes avec les PFG, alors que j’avais bien d’autres soucis.

Les Pompes Funèbres Générales

Pendant longtemps, les Pompes Funèbres Générales (PFG) avaient le monopole de l’organisation des funérailles.
En 1993, le business des funérailles s’est ouvert à la concurrence.

Les PFG ont un gros avantage par rapport à leurs concurrents: elles possèdent des funérariums et des crématoriums.
Donc si je veux stocker un corps ou si je désire une incinération, je suis presque toujours obligé de passer par elles, et leurs services ne sont pas donnés !
Pour information, stocker un corps dans un funérarium coûte 50 euros par jour, et une crémation coûte 800 euros.

En 2013, les PFG ont été rachetées par un fond de capital russe, et il y a maintenant une obsession de la rentabilité.
Par exemple, toutes les prestations sont sous-traitées afin de réduire les coûts et de dégager le maximum de bénéfice.

Leur technique favorite est d’insister sur l’urgence.
En réalité, il n’y a pas d’urgence, et je me suis fait avoir 2 fois !
Faire déplacer le corps puis le stocker coûte cher, bien que le corps peut rester à la maison quelques jours sans problème…

Leur deuxième technique est de proposer les produits les plus hauts de gamme, ce qui flatte plus les vivants que les morts.
Leurs prestations de base coûtent aussi très cher. Par exemple, gérer les papiers est facturé 300 euros.

Leur troisième technique est de proposer des produits fabriqués en Chine, mais au prix du « Made in France ». Ce n’est pas de la mauvaise qualité, mais leur marge est vraiment exagérée.

Un bon conseil

Mon conseil est d’aller voir les différents prestataires et de leur demander des devis.
Dans mon cas, il y avait une différence de 1500 euros entre mes deux premiers devis, sans aucune différence de qualité.

En dehors des PFG, j’ai eu plusieurs retours négatifs sur Roc-Eclerc, aussi je tiens à conseiller deux sociétés si vous habitez la région est-parisienne:

  • Pompes Funèbres de l’Est Parisien à Roissy-en-Brie
    http://www.pfep77.com/
  • Pompes Funèbres LCMD à Dammartin-en-Goële

N’hésitez pas à leur demander des devis, ils ont un excellent rapport qualité/prix.
Profitez des économies réalisées pour acheter plus de fleurs ou pour inviter les personnes présentes aux funérailles à un excellent restaurant.

Préparez votre mort

Peut-être que vous pensez que votre mort est lointaine, mais écrivez vos dernières volontés, afin que ceux qui restent ne se lancent pas dans des funérailles ruineuses.
Pensez aussi à mettre un peu d’argent de côté (10 euros par mois sur un livret A suffisent), histoire de pouvoir régler vos obsèques.

La vie de ma mère


Pour une fois, je ne vais pas parler de moi-même, mais de ma mère.
Je vais essayer de transcrire tout ce que je sais d’elle ici.

Naissance

Ma mère est née le 20 janvier 1927, à Rozaniec en Pologne. Son nom de jeune fille est Maria Maslowska.
Son père est mort alors qu’elle était jeune.
Elle a donc grandi entourée de sa mère et de sa soeur, c’était une famille de paysans.

La guerre

Lors de la seconde guerre mondiale, elle a été réquisitionnée pour travailler en Allemagne, parce qu’ils manquaient de paysans. Sa mère et sa soeur sont restées en Pologne.
Elle n’a plus jamais revu ni sa mère ni sa soeur, parce que celles-ci ont été réquisitionnées en Ukraine à la fin de la guerre, l’Ukraine manquant alors de paysans.
Malgré ses recherches, elle n’a jamais pu les retrouver.

Sa jeunesse

Elle m’a raconté très peu de sa jeunesse.
Je sais juste qu’elle chantait bien (elle chantait souvent des chansons nostalgiques polonaises et allemandes), et qu’elle s’était soûlée avec de l’eau de Cologne.

La fin de la guerre

Quand l’Allemagne a perdu la guerre, elle s’est retrouvée en France, où elle a travaillé dans une usine qui fabriquait des couverts en argent, à Coulommiers.
Elle y a rencontré un autre polonais, Jean Lazor, né le 1er avril 1925.
Ils se sont mariés le 21 mars 1959, mais il est mort le 12 janvier 1964. Alors qu’il montait une côte en vélo, son coeur a lâché.
Elle s’est donc retrouvée veuve à 37 ans.

La rencontre avec mon père

Mon père était né le 6 mars 1929, et il avait eu une vie assez misérable.
Mon grand-père, qui était marchand de charbon, avait été victime du gaz moutarde à la bataille de Verdun, ce qui fait que ses 6 enfants étaient invalides de guerre.

Bien qu’il n’était pas l’aîné de la famille, sa mère l’a obligé à s’occuper de ses frères et soeurs, et il a dû arrêter ses études très jeune.
Brimé par sa mère et exploité par tout le monde, il est devenu dépressif, et à l’époque, cela se traitait à coups d’électrochocs dans les asiles psychiatriques.
Il avait découvert la foi, ce qui lui a permis de supporter cette vie misérable.

Ce sont des amis communs qui les ont mis en contact.
Elle, jeune veuve, et lui, presque curé, avaient décidé d’avoir des enfants et de construire leur maison.
Ils se sont mariés le 5 juin 1965, et je suis né le 18 juillet 1965.
Mon frère est né 2 ans plus tard, le 20 septembre 1967.

Mon père était très heureux d’avoir rencontré cette femme, parce qu’elle s’appelait Maria (comme la vierge Marie), alors il avait acheté un carillon qui sonnait l’Ave Maria, c’était bien chiant.

Mon enfance

Mes parents gagnaient très mal leur vie, ce qui fait que mon frère et moi avons appris à vivre avec très peu d’argent.
Ma mère faisait des petits boulots, comme assembler des chaussons de danse, et elle est partie à la retraite après avoir travaillé dans une cantine à Ozoir.
Mon père faisait des petits boulots aussi, il était maçon et jardinier.
Comme mes parents construisaient eux-même leur maison, mon frère et moi devions aussi participer, ce qui m’a fait détester le travail manuel.
Mon père était en compétition avec son petit frère et rêvait d’une grande maison, il a passé presque toute sa vie à construire notre dernière maison.

Mon éducation

Mes parents ont projeté sur moi leurs frustrations scolaires.
Tout d’abord, j’ai suivi plusieurs années de catéchisme, ce qui fait que j’ai rejeté le christianisme.
Mais l’obsession de mon père était de « réussir les études ».
Ma mère rêvait que je devienne « fonctionnaire ».
Personnellement, je m’ennuyais intellectuellement à l’école.
Mon frère a aussi souffert de la situation, parce que nos parents comparaient nos notes.

La mort du père

Le 9 janvier 1984, mon père sur son vélo s’est fait écraser par un camion.

Ma mère n’a plus jamais cherché à reconstruire de relation, et a commencé à vivre sa vie à travers nous.
De mon côté, j’ai laissé tomber mes études pour me consacrer à ce qui m’intéressait: l’informatique.
Quand elle a vu que je ne voulais plus faire d’études, elle m’a traité comme une merde, et j’ai considéré que notre relation mère-fils était finie.

Les rêves de réussite

Mon frère, quant à lui, réussissait ses études et a fini par devenir fonctionnaire.
Pour ma part, je me suis lancé à corps perdu dans le jeu vidéo pour prouver à ma mère que je n’étais pas nul.
Résultat des courses: un burn-out massif.

La cassure

J’ai suivi une psychanalyse, mais ma mère disait que je n’étais pas « fou ».
Puis j’ai rencontré ma future femme, mais ma mère la critiquait sans arrêt.
J’ai donc décidé de ne plus jamais la revoir, et ça a duré 7 ans.

La réconciliation

Pendant ces 7 ans, mon frère a eu un fils, « le petit-fils » dont ma mère rêvait.
Ma femme a insisté pour que je revois ma mère, et j’ai fini par céder.
Le seul moment dont je me souviens de cette époque est quand ma mère m’a raconté sa vie sexuelle avec mon père, à ma grande surprise. J’ai beaucoup appris sur moi-même ce jour-là.

La fin de sa vie

Jusqu’à 86 ans, elle était toujours autonome, mais elle commençait à oublier.
Un an avant sa mort, elle est tombée par terre, s’est retrouvée en hypothermie, et a été sauvée in extremis par mon frère, mais à partir de là, la conscience disparaissait.
Elle ne nous reconnaissait plus et n’échangeait plus avec nous.
J’ai accepté ma mère comme elle était à ce moment-là, donc j’ai bien vécu la situation.
Mais mon frère refusait son état et essayait d’empêcher la dégénérescence cognitive, il a beaucoup souffert de la situation.

La fin

Elle est morte à 88 ans, le 24 septembre 2015, et elle sera enterrée mercredi 30 septembre 2015 au vieux cimetière d’Ozoir-la-Ferrière.
Bien que ma relation avec ma mère a été longtemps mauvaise, les gens que j’ai croisés m’ont dit que c’était une personne joyeuse et sympathique.

Qu’elle repose en paix.

Deuxième décès


Encore une triste nouvelle: ma mère est morte ce matin, le 24 septembre 2015.

Je vais être très franc: je ne suis pas triste.
Ma mère est morte à 88 ans, et elle avait déjà perdu toute sa tête, sa mort est plutôt une libération.

Mon frère est très triste, parce qu’il aimait beaucoup notre mère.
En plus, il a réalisé les rêves de notre mère: avoir un petit-fils et devenir fonctionnaire.

Pour ma part, je me sentais plus proche de mon père, et son décès avait été un cataclysme, surtout que j’avais 18 ans à l’époque.

Mon prochain article racontera l’histoire de la vie de ma mère, parce que son histoire est intéressante.

Un peu d’humour


Pour mes prochains articles, je vais essayer d’aborder des thèmes plus joyeux, notamment la sexualité.

En attendant, voici ma toute première présentation: « petit cours d’hygiène en entreprise ».

J’espère que vous n’apprendrez rien de nouveau !
Bizarrement, je n’ai plus jamais eu l’occasion de faire une présentation humoristique en entreprise par la suite…

Le processus de deuil


Ma femme est morte la semaine dernière et son corps sera incinéré demain.
Nous avions vécu ensemble 18 ans, et elle perdait son autonomie de plus en plus depuis 8 ans.

Dans cet article, je vais décrire les processus internes du deuil.

Préambule

Avant de décrire ces processus, je dois rappeler que je suis un pratiquant de l’Advaïta Védanta, donc:

  • je ne crois ni au Paradis ni à l’Enfer. Selon moi, le Paradis et l’Enfer se trouvent dans notre perception de la réalité.
  • je ne crois pas en la réincarnation, puisque selon moi, le corps n’existant pas réellement, il n’y a pas d’incarnation.

Ma femme a donc disparu à tout jamais.

Le choc

Comme j’ai assisté à sa mort, j’ai eu un choc, parce que ça m’a montré que moi aussi, je vais mourir.
Juste après ce choc, un sentiment de manque est apparu, ce qui m’a rendu triste.

Mon corps

Mon corps est très triste. Il n’arrête pas de pleurer, dès que mon esprit pense à ma femme.

J’ai remarqué qu’il vaut mieux laisser le corps pleurer, il arrête tout seul au bout d’un moment.
Je pense que le deuil se termine quand le corps a fini de pleurer, aussi ça va me prendre du temps.

Lors du deuil de mon père, je n’avais pas pleuré, ce qui fait que j’ai fini mon deuil 10 ans plus tard, en pleurant pendant ma psychanalyse, à 400 francs de l’heure.

Mon esprit

Personnellement, je ne me sens pas du tout malheureux, parce que mes processus mentaux autodestructeurs ont disparu.
Mais bien qu’ils aient disparu, je continue de percevoir des pensées autodestructrices.

Les pensées autodestructrices sont de 3 sortes:

  1. les doutes
  2. les remords
  3. les regrets

Les doutes

Quelques exemples:

  • pourquoi m’a-t-elle laissé seul ?
  • que vais-je faire sans elle ?

Cela indique que je suis dans le refus de la réalité.

Les remords

Quelques exemples:

  • à certains moments, j’ai souhaité sa mort, parce que je n’en pouvais plus
  • sa santé s’est détériorée depuis qu’elle s’est installée dans notre maison. J’ai eu tort de la faire venir ici.

Cela indique que j’ai du mal à me pardonner.

Les regrets

Quelques exemples:

  • avant de mourir, ma femme m’a dit que j’étais la personne la plus importante de sa vie. J’étais crevé, je ne lui ai pas répondu.
  • j’aurais dû la forcer à aller à l’hôpital plus tôt, elle s’y opposait

Cela indique que je refuse le passé.

Comment arrêter de souffrir

Ces pensées sont tout à fait normales, elles indiquent simplement que l’esprit essaye de trouver des réponses.
Malheureusement, il n’y a pas de solution aux doutes, remords et regrets.

Lors de mon premier deuil, je remuais ces phrases dans ma tête, et ça tournait, ça tournait.
Ça n’était jamais exprimé, ça ne sortait donc pas, et je me rendais malheureux.
Parler m’aurait aidé à extérioriser les émotions.

Maintenant, comme j’ai arrêté de souffrir, je perçois le processus dont je vais décrire les différentes phases.

La pensée apparaît

Ce processus est spontané.
Je ne suis d’ailleurs pas certain d’être à l’origine de cette pensée.

L’émotion apparaît

Mon corps se met à pleurer.

L’esprit s’empare de la pensée

L’esprit va se mettre à réfléchir, afin de trouver une solution.

Quand mon esprit est clair, je réalise que ce processus est inutile, et j’accepte la pensée.
Je pardonne à l’autre et à moi-même, cette pensée est « normale », c’est juste une pensée.

Quand mon esprit n’est pas clair, je refuse cette pensée.
Je la trouve trop monstrueuse, ou alors je refuse de pardonner à moi ou à l’autre.
Si cette pensée me semble insupportable, je vais la refouler.

L’émotion disparaît

Mon corps arrête de pleurer.

Le cycle

En fait, quand une pensée culpabilisante apparaît, elle réapparaît jusqu’à ce que j’arrive à l’accepter.
Dans mon cas, elle apparaît en général trois fois.
La première fois, je me mets à pleurer très fort, mais j’accepte ma pensée, aussi dure soit-elle.
La deuxième fois, les pleurs sont moins forts.
La troisième fois, ça ne me fait plus rien.

Conclusion

Depuis une semaine, j’ai croisé beaucoup de gens qui ont connu le deuil, et certains ne s’en toujours pas remis.

J’ai essayé ici de vous décrire le cycle des souffrances, parce qu’il est complètement évident lors d’un deuil.
Il n’y a pas de solution intellectuelle à cette souffrance.
La solution est de se pardonner, de pardonner à l’autre et d’accepter, mais cela ne se fait pas intellectuellement.
Le lâcher-prise apparaîtra quand tout sera en paix.
Le corps est triste, mais l’esprit reste serein.

Et vous, avez-vous connu un deuil ?
L’avez-vous accepté ou refusé ?
Comprenez-vous que le bonheur est simplement un état intérieur, possible à chaque instant ?