Le business de la mort


J’ai organisé la crémation de ma femme puis l’enterrement de ma mère, et je me suis dit qu’un petit article pour partager mes expériences de funérailles pourrait malheureusement vous être utile dans le futur.

Combien ça coûte ?

Contrairement à ce que je croyais, une crémation coûte plus cher qu’un enterrement (dans mon cas, 6500 euros pour la crémation et 5200 euros pour l’enterrement).
Mais pour l’enterrement, il faut aussi ajouter la location de la concession au cimetière, qui restera valable aussi longtemps que quelqu’un paiera.

Attention aux arnaques !

Ce que je trouve particulièrement lamentable est que beaucoup de Pompes Funèbres profitent de la détresse des gens.
Personnellement, j’ai eu pas mal de problèmes avec les PFG, alors que j’avais bien d’autres soucis.

Les Pompes Funèbres Générales

Pendant longtemps, les Pompes Funèbres Générales (PFG) avaient le monopole de l’organisation des funérailles.
En 1993, le business des funérailles s’est ouvert à la concurrence.

Les PFG ont un gros avantage par rapport à leurs concurrents: elles possèdent des funérariums et des crématoriums.
Donc si je veux stocker un corps ou si je désire une incinération, je suis presque toujours obligé de passer par elles, et leurs services ne sont pas donnés !
Pour information, stocker un corps dans un funérarium coûte 50 euros par jour, et une crémation coûte 800 euros.

En 2013, les PFG ont été rachetées par un fond de capital russe, et il y a maintenant une obsession de la rentabilité.
Par exemple, toutes les prestations sont sous-traitées afin de réduire les coûts et de dégager le maximum de bénéfice.

Leur technique favorite est d’insister sur l’urgence.
En réalité, il n’y a pas d’urgence, et je me suis fait avoir 2 fois !
Faire déplacer le corps puis le stocker coûte cher, bien que le corps peut rester à la maison quelques jours sans problème…

Leur deuxième technique est de proposer les produits les plus hauts de gamme, ce qui flatte plus les vivants que les morts.
Leurs prestations de base coûtent aussi très cher. Par exemple, gérer les papiers est facturé 300 euros.

Leur troisième technique est de proposer des produits fabriqués en Chine, mais au prix du « Made in France ». Ce n’est pas de la mauvaise qualité, mais leur marge est vraiment exagérée.

Un bon conseil

Mon conseil est d’aller voir les différents prestataires et de leur demander des devis.
Dans mon cas, il y avait une différence de 1500 euros entre mes deux premiers devis, sans aucune différence de qualité.

En dehors des PFG, j’ai eu plusieurs retours négatifs sur Roc-Eclerc, aussi je tiens à conseiller deux sociétés si vous habitez la région est-parisienne:

  • Pompes Funèbres de l’Est Parisien à Roissy-en-Brie
    http://www.pfep77.com/
  • Pompes Funèbres LCMD à Dammartin-en-Goële

N’hésitez pas à leur demander des devis, ils ont un excellent rapport qualité/prix.
Profitez des économies réalisées pour acheter plus de fleurs ou pour inviter les personnes présentes aux funérailles à un excellent restaurant.

Préparez votre mort

Peut-être que vous pensez que votre mort est lointaine, mais écrivez vos dernières volontés, afin que ceux qui restent ne se lancent pas dans des funérailles ruineuses.
Pensez aussi à mettre un peu d’argent de côté (10 euros par mois sur un livret A suffisent), histoire de pouvoir régler vos obsèques.

Le processus de deuil


Ma femme est morte la semaine dernière et son corps sera incinéré demain.
Nous avions vécu ensemble 18 ans, et elle perdait son autonomie de plus en plus depuis 8 ans.

Dans cet article, je vais décrire les processus internes du deuil.

Préambule

Avant de décrire ces processus, je dois rappeler que je suis un pratiquant de l’Advaïta Védanta, donc:

  • je ne crois ni au Paradis ni à l’Enfer. Selon moi, le Paradis et l’Enfer se trouvent dans notre perception de la réalité.
  • je ne crois pas en la réincarnation, puisque selon moi, le corps n’existant pas réellement, il n’y a pas d’incarnation.

Ma femme a donc disparu à tout jamais.

Le choc

Comme j’ai assisté à sa mort, j’ai eu un choc, parce que ça m’a montré que moi aussi, je vais mourir.
Juste après ce choc, un sentiment de manque est apparu, ce qui m’a rendu triste.

Mon corps

Mon corps est très triste. Il n’arrête pas de pleurer, dès que mon esprit pense à ma femme.

J’ai remarqué qu’il vaut mieux laisser le corps pleurer, il arrête tout seul au bout d’un moment.
Je pense que le deuil se termine quand le corps a fini de pleurer, aussi ça va me prendre du temps.

Lors du deuil de mon père, je n’avais pas pleuré, ce qui fait que j’ai fini mon deuil 10 ans plus tard, en pleurant pendant ma psychanalyse, à 400 francs de l’heure.

Mon esprit

Personnellement, je ne me sens pas du tout malheureux, parce que mes processus mentaux autodestructeurs ont disparu.
Mais bien qu’ils aient disparu, je continue de percevoir des pensées autodestructrices.

Les pensées autodestructrices sont de 3 sortes:

  1. les doutes
  2. les remords
  3. les regrets

Les doutes

Quelques exemples:

  • pourquoi m’a-t-elle laissé seul ?
  • que vais-je faire sans elle ?

Cela indique que je suis dans le refus de la réalité.

Les remords

Quelques exemples:

  • à certains moments, j’ai souhaité sa mort, parce que je n’en pouvais plus
  • sa santé s’est détériorée depuis qu’elle s’est installée dans notre maison. J’ai eu tort de la faire venir ici.

Cela indique que j’ai du mal à me pardonner.

Les regrets

Quelques exemples:

  • avant de mourir, ma femme m’a dit que j’étais la personne la plus importante de sa vie. J’étais crevé, je ne lui ai pas répondu.
  • j’aurais dû la forcer à aller à l’hôpital plus tôt, elle s’y opposait

Cela indique que je refuse le passé.

Comment arrêter de souffrir

Ces pensées sont tout à fait normales, elles indiquent simplement que l’esprit essaye de trouver des réponses.
Malheureusement, il n’y a pas de solution aux doutes, remords et regrets.

Lors de mon premier deuil, je remuais ces phrases dans ma tête, et ça tournait, ça tournait.
Ça n’était jamais exprimé, ça ne sortait donc pas, et je me rendais malheureux.
Parler m’aurait aidé à extérioriser les émotions.

Maintenant, comme j’ai arrêté de souffrir, je perçois le processus dont je vais décrire les différentes phases.

La pensée apparaît

Ce processus est spontané.
Je ne suis d’ailleurs pas certain d’être à l’origine de cette pensée.

L’émotion apparaît

Mon corps se met à pleurer.

L’esprit s’empare de la pensée

L’esprit va se mettre à réfléchir, afin de trouver une solution.

Quand mon esprit est clair, je réalise que ce processus est inutile, et j’accepte la pensée.
Je pardonne à l’autre et à moi-même, cette pensée est « normale », c’est juste une pensée.

Quand mon esprit n’est pas clair, je refuse cette pensée.
Je la trouve trop monstrueuse, ou alors je refuse de pardonner à moi ou à l’autre.
Si cette pensée me semble insupportable, je vais la refouler.

L’émotion disparaît

Mon corps arrête de pleurer.

Le cycle

En fait, quand une pensée culpabilisante apparaît, elle réapparaît jusqu’à ce que j’arrive à l’accepter.
Dans mon cas, elle apparaît en général trois fois.
La première fois, je me mets à pleurer très fort, mais j’accepte ma pensée, aussi dure soit-elle.
La deuxième fois, les pleurs sont moins forts.
La troisième fois, ça ne me fait plus rien.

Conclusion

Depuis une semaine, j’ai croisé beaucoup de gens qui ont connu le deuil, et certains ne s’en toujours pas remis.

J’ai essayé ici de vous décrire le cycle des souffrances, parce qu’il est complètement évident lors d’un deuil.
Il n’y a pas de solution intellectuelle à cette souffrance.
La solution est de se pardonner, de pardonner à l’autre et d’accepter, mais cela ne se fait pas intellectuellement.
Le lâcher-prise apparaîtra quand tout sera en paix.
Le corps est triste, mais l’esprit reste serein.

Et vous, avez-vous connu un deuil ?
L’avez-vous accepté ou refusé ?
Comprenez-vous que le bonheur est simplement un état intérieur, possible à chaque instant ?